Ecodouble

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mercredi 12 août 2009

Naturalistes en herbe

Dans l'ancienne ferme où je réside en Bretagne, depuis cinq ans je me suis consacré à replanter des haies sur talus, à aménager des points d'eau, à construire des murets de pierres sèches, à installer divers nichoirs et à confectionner des abris pour les insectes.

Tout ne donne pas immédiatement un résultat mais assez rapidement, finalement, on se voit récompensé de son travail.
Ainsi, il y a peu, des amis et leurs enfants m'ont rendu visite.
Leur petit garçon, de 4 ans et demi et déjà très débrouillard, jouait autour de nous avec sa sœur quand il a dit un peu étonné :
- "J'ai vu un animal ! Une sorte de lapin en trait. Un insecte."
Nous avons ri tout en continuant notre conversation puis nous avons nous aussi vu l'animal qui se faufilait entre de gros cailloux : c'était une belette !
Nous pouvions voir une hôte de marque, qui sans aucun doute, bénéficie des aménagements des lieux faits toujours dans l'esprit de favoriser la biodiversité.

Mais voici le portait de la Belette tel qu'il a été croqué par le papa du naturaliste sous la houlette de son fiston plein de talent.
Si la description de notre spécialiste en comparaison anatomique était de toute première qualité, il faut avouer, hélas, que nous ne pouvons pas en dire autant du dessin (la belette, c'est le truc au milieu qui a deux pattes, une bouche, un oeil et une sorte de bigoudi sur la tête).

Pour le gouvernement, la belette est nuisible et les banquiers doivent être sauvés.
Dans une ferme de Bretagne, on pense tout le contraire !

mercredi 22 juillet 2009

Un joyau comme suspendu

C'était il y a 40 ans. Deux humains marchaient sur la Lune. Dix autres allaient suivre. Tous étaient pilotes sauf le dernier qui était géologue (*).
Au cours de ces missions Apollo, de nombreuses photos de la Terre ont été prises. Celle figurant en en-tête de ce blog en fait partie.

Il est bien dommage que les financiers, les industriels et les politiques ne se rendent pas compte que ces clichés montrent l'extrême fragilité de notre planète.
Notre Terre, toute petite, est un très rare ? et immense trésor de biodiversité entouré de la froidure inhospitalière du vide sidéral infini.
Nous devons la préserver.


(*) Harrison Schmitt, Apollo XVII, décembre 1972.

mercredi 10 juin 2009

Petite théorie amusante

Lorsque nous regardons le ciel d'une nuit sans nuages, le spectacle est toujours grandiose. Juste au-dessus de nous, à la campagne, nous pouvons voir des insectes (autour d'un réverbère), des chauves-souris et, quelquefois, une chouette ou des canards sauvages qui sont d'heureux détenteurs d'une qualification "Vol de nuit". La vie est là. C'est encore la biosphère.

Juste en arrière plan, à cause de l'intense trafic aérien qui caractérise notre époque, immanquablement, des clignotements signalent un ou plusieurs avions. Parfois, mais plus éloigné, comme tiré par une ficelle invisible, le point lumineux d'un satellite artificiel glisse sur la voute et s'éteint.
Et si ces deux types d'objets intègrent le meilleur de notre technologie, ils restent pourtant très proches, dans "l'humano-technosphère" désespérément petite.

Au-delà, sur le noir, trône la Lune bien en avant du flou de La Voie lactée et de ses quelques milliers d'étoiles visibles à l'œil nu.
Là, certaines planètes de notre Soleil se camouflent par leur lenteur à se déplacer sur le fond étoilé.
Avec un peu de chance, nous pouvons aussi admirer le trait lumineux d'une météorite entrant dans l'atmosphère et, périodiquement, contempler une comète.
L'Univers s'étale ; inaccessible ; pour toujours !?
Il a sa Constante : l'ensemble des Lois de la Physique.
Il contient des milliards de milliards d'étoiles avec, pour un grand nombre d'entre elles, un système planétaire.
En effet, des exoplanètes sont découvertes très régulièrement depuis quelques années.
Il y a peu, une de ces exoplanètes, petite, a été détectée pas très loin d'ici, à 400 années lumière à peine.
Il y a 2 ans, on en avait trouvé une tout à côté, à 20,5 années lumière (c'est du moins ce que l'on peut comprendre à la lecture de cette très "maladroite" communication du Ministère de la recherche).

Si ce spectacle est infini, il n'en demeure pas moins que nous ne verrons rien d'autre ! J'entends par là qu'aucune soucoupe volante pilotée par des extra-terrestres n'entrera jamais dans notre champ de vision.

Pourtant, une chose parait évidente pour le géologue que je suis : Ailleurs dans l'Univers, des planètes portent la vie, avec pour la régir, les mêmes "Lois de la Nature" qu'ici bas.
Dans ces endroits il y a comme "chez nous" des chaînes alimentaires avec, en bout de chacune, un super prédateur.
Sur notre planète, à notre instant du temps, ce prédateur c'est nous, Homo sapiens sapiens conscient de lui-même. Là-bas ce sera, pourquoi pas, "G Magellan 53219 (*) Carnivora rex" s'il n'est qu'un simple mangeur de viande, ou bien "G Vierge 33133 (*) Autochtonus sapiens" si, comme nous, il pense.

Par le fait qu'existe un nombre considérable d'étoiles du type de notre Soleil (type G, 4% du nombre total d'étoile), le nombre de planètes qui peuvent présenter des conditions favorables à la vie est immense. Et même si nous tenons compte des inévitables décalages chronologiques entre les "dates" d'apparition du vivant sur chacune d'entre elles, et bien il est certain que des êtres doués d'intelligence existent ailleurs, à l'instant où vous lisez ces lignes, fruits d'autres évolutions biologiques mais qui, je le rappelle, auront respecté les Lois de la Physique.

 

Mais pourquoi alors n'y a t-il pas des extra-terrestres qui viennent nous visiter ?

 

Pour moi, la réponse tient dans la petite théorie suivante :
Nous ne recevons pas la visite d'extra-terrestres parce que, sur les planètes où un être intelligent et conscient peut apparaître, ce dernier développe une économie qui est, au stade ultime de son évolution, basée sur la croissance telle que nous l'entendons dans notre propre économie.
Cette croissance, synonyme de facilité, est l'expression résiduelle de ce que nous appelons vulgairement la "Loi du plus fort" ou "Loi de la Nature".
Pour cette Croissance, l'espèce reine d'un monde dilapide toujours sur une très brève période la quasi totalité des ressources minérales et énergétiques à sa disposition.
Comme il est facile et rapide de consommer et long et difficile de faire de la recherche fondamentale, une espèce reine d'un monde se voit ainsi toujours empêchée d'accéder aux niveaux de connaissances qui lui seraient nécessaires pour aller coloniser d'autres mondes.

 

Ma petite théorie amusante est celle de l'isolement des biodiversités dans l'Univers. Elle affirme que les biodiversités des planètes sont protégées les unes des autres car une économie cause toujours la disparition de l'espèce intelligente qui l'a développée, sans lui laisser le temps de pouvoir expérimenter le voyage interstellaire.
"La Guerre des Mondes" n'est donc pas possible.

Ainsi sur Terre, parce que nous avons tout à fait naturellement choisi la croissance économique au lieu, grâce à notre conscience d'aller "contre nature" et d'opter pour le développement de l'Humain, nous sommes condamnés à rester à jamais sur notre planète.
Nous sommes déjà en phase de déclin (**) et nous rentrerons bientôt en phase de déclin définitif.
Pour les financiers et presque tous les économistes, qui sont du genre à croire que si nous manquons de pétrole nous irons en chercher ailleurs, leurs affaires et leurs théories s'annoncent respectivement mauvaises et ... mauvaises.

Ceci n'est qu'une théorie peu sérieuse, mais comme toutes les théories, il faut l'éprouver afin de voir s'il n'y a pas une situation (ou plusieurs) pour laquelle elle s'avèrerait fausse. En fait, il faut la voir plutôt comme un outil d'aide à la réflexion sur les possibilités d'évolution de l'Humanité.
Il revient à nos politiques de prendre les décisions qui peuvent arrêter notre course vers le bord du gouffre sans fond des espèces disparues.
Ainsi, peut-être arriveraient-ils ensuite à mettre en place les conditions légales qui permettraient l'émergence d'une nouvelle économie. Cette économie, écologique bien sûr, pourrait alors être le moyen de prouver que cette petite théorie n'est pas valide.

 

(*) Nom (imaginaire) de l'étoile de type G autour de laquelle gravite la planète abritant l'espèce (imaginaire) citée ensuite.
Remarque : Sur une planète tellurique, des géologues trouveraient toujours des minéraux qu'ils connaissent sur Terre ; le "règne" minéral ne change pas d'une planète à l'autre. Les biologistes par contre, rencontreraient des végétaux et des animaux différents sur chaque planète qu'ils pourraient visiter.
(**) L'arrêt du supersonique Concorde (pas du tout écologique certes), qui n'aura pas de successeur, correspond au premier recul en matière de transport qu'ait connu l'Humanité.

mercredi 25 février 2009

Bikini en pleine forme

La Seconde guerre mondiale venait de se terminer. Dans les Iles Marshall conquises sur les Japonais en 1944, les Américains décidèrent de mener des expérimentations sur les armes nucléaires.
En 1954, le premier jour de mars, explosa sur l'atoll de Bikini, la deuxième bombe à hydrogène de l'Histoire des Humains : elle s'appelait "Bravo".
La puissance libérée par l'explosion dépassa les 5 ou 6 Mégatonnes que prévoyaient les calculs puisqu'elle atteignit l'équivalent de 15 Mégatonnes de TNT. Les expérimentateurs furent dépassés par l'évènement. Ils avaient joué aux apprentis sorciers. Il fallut mettre en place un périmètre de protection de 1200 kilomètres de rayon, représentant pas moins de 1% de la surface de Notre Terre. Folie totale ! Ce périmètre existe toujours. Pour pouvoir y pénétrer, il faut signer un engagement à ne pas poursuivre l'Armée américaine au cas où vous déclareriez un cancer.
Le cratère laissé par la bombe, qui avait été positionnée à quelques mètres au-dessus de l'eau, mesurait 2 kilomètres de diamètre et 70 mètres de profondeur. Tout était anéanti. Il ne restait rien des récifs de coraux.

En 1958, les expériences cessèrent. Les militaires évacuèrent les lieux et presque plus personne ne remet, depuis, les pieds à Bikini. D'ailleurs, les descendants des habitants évacués en 1946, attendent le jour où leurs descendants à eux pourront y revenir vivre. Pour que les risques n'existent plus, ce ne sera pas avant 50000 ans environ.

En 2002, une équipe de chercheurs (allemands, italiens et australiens) entreprit une étude du lagon de Bikini et effectua à cette fin des plongées au cœur même du cratère. Ce qu'elle découvrit dépassait toutes les espérances, même celles des plus optimistes : une myriade de coraux s'était réinstallée et la taille de ces derniers était impressionnante. Dans leur rapport publié l'an dernier, les scientifiques rendent compte que des quelques 183 espèces présentes avant le déchainement nucléaire, "seules" 42 manquent à l'appel.

L'an dernier toujours, en Italie, des chercheurs nous ont révélé que les crèmes solaires ont un effet dévastateur sur le corail.

Ces deux "petites" histoires nous montrent que si la Nature peut surmonter les pires "tempêtes humaines", elle a néanmoins du mal à gérer les atteintes chroniques conséquences des habitudes prises par les Humains modernes. Par contre, dès que ces derniers sont absents d'un lieu, même si celui-ci a été dévasté auparavant, la capacité de régénération de la Terre-Mère s'avère époustouflante.
C'est pourquoi, si les humains veulent continuer à jouir des beautés et des ressources végétales et animales de la Nature, il faudrait juste que les plus riches d'entre eux, changent leurs habitudes. Entre autres habitudes à changer, dans les régions corallifères par exemple, les humains ne devraient plus se baigner dans l'océan après avoir fait bronzette enduits de crème solaire. Il y a fort à parier que tous les récifs coralliens du Monde s'en porteraient bien mieux. Rappelons que ces organismes doivent aussi lutter contre le réchauffement climatique et contre les matières en suspension, par exemple en Nouvelle Calédonie, celles des mines de nickel.
Pour le moment en tout cas, qui dit corail, dit touristes crémeux, ce qui revient à dire corail mort à courte échéance.      
Dès lors, il faudrait accepter de rester à l'ombre lorsque le soleil est haut dans le ciel, de se couvrir légèrement la totalité du corps, pour ne surtout pas utiliser ces crèmes mortelles pour tous les biotopes coralliens.
Pour aller plus loin, si nous changions nos habitudes partout, si nous étions plus symbiotiques et donc moins agressifs avec notre environnement, nous assurerions notre avenir.
Soyons sûr que l'adoption de nouvelles habitudes peu consommatrices d'énergie et de produits chimiques s'accompagneraient de changements économiques aucunement nuisibles à l'emploi, qui ne seraient pas loin de ceux nécessaires à l'établissement de l'écodouble

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