Ecodouble

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samedi 2 janvier 2010

2009 : le réel bilan

Jeudi dernier, la télévision a vraisemblablement diffusé des rétrospectives de 2009 lors de ses derniers journaux (j'écris vraisemblablement car je n'ai pas la télé).
Des séries de faits bien franco-français ont dû ainsi être présentées, évidemment sans qu'aucun de ces faits ne soit expliqué réellement ni mis en relation avec les évènements du Monde et ses mauvaises lois économiques en vigueur : un nihilisme en matière d'information.

Pour ceux que cette médiocrité indispose, il faut trouver des sources d'informations plus satisfaisantes.
On peut alors faire le choix de lire quelques journaux, comme le Monde par exemple.
Mais hélas en France, même le nec plus ultra des médias ne rapporte pas la réalité et se contente le plus souvent de seulement publier quelques vérités, tant dans le milieu des journalistes on s'attache à ne pas vouloir heurter nos "puissants".
Il en résulte tout naturellement, pour une part importante des médias anglo-saxons, une meilleure qualité et un sérieux reconnu.

Dans notre pays, finalement, il ne reste plus que le Net pour accéder à une information digne de ce nom. Alors justement ! Profitons de ce que Paul Jorion a publié sur son blog un bilan 2009, sans aucun doute assez en accord avec la réalité.

Bien sûr, il s'agit d'un bilan économique mais l'économie c'est aussi la politique - la chose du peuple - et plus globalement l'écologie qui, en fait, se trouve à la base de tout.

En tout cas, dans ce bilan 2009 proposé par Paul Jorion il faudra retenir ce qu'a dit le gouverneur de la Banque d'Angleterre en paraphrasant Churchill : "Jamais tant d'argent n'a été dû par un si petit nombre".
Tout est dit ou presque.

La situation est grave ! De Grands chefs d'État nous manquent.
Et nous ne sommes pas prêts d'en voir arriver à la tête de nos pays : le capitalisme dans son ultime version, la société de consommation, l'individualisme, le non respect institutionnalisé de la Nature, le faible niveau d'éducation de nos jeunesses, tout cela empêche l'émergence de ce genre de personnages.

mercredi 16 septembre 2009

Aveu d'échec

Le Roi des indices, le PIB, vient de prendre un coup sur la tête.
La commission Stilglitz a remis hier son rapport après 18 mois d'études commandées par Monsieur Sarkozy.
Le rapport conclut que, dans le Monde tel qu'il est actuellement, l'indice indicateur de croissance n'est plus suffisant en l'état.
Il est temps en effet de se rendre compte que ce "truc" ne se soucie en rien des destructions de l'environnement causées par la toute puissante économie "croissanciste".

Mais si ce constat semble en passe d'être admis, cela ne veut pas dire que le PIB va être abandonné tout de suite. Il va rester la référence pour quantifier la santé de l'économie car il est trop utile aux financiers et aux économistes simplistes qui ne savent comprendre que des chiffres simples. N'oublions pas que se sont eux qui font la loi, pour tout.
Mais le fait même que notre Président ait demandé à une commission de plancher sur cet indicateur plein d'insuffisances montre que les politiques commencent à penser que l'économie de la croissance a peut-être des défauts. En tout cas, pour le moral, il vaut mieux croire cela même si l'on se souvient que pour le Grenelle de l'environnement dont on sait le résultat pitoyable, proche du statu quo, les mêmes techniques de communication avaient été employées pour lancer le débat et susciter l'espoir.
De toutes les façons, il restera de ce rapport comme le début d'un aveu que le système économique dans lequel nous survivons est un échec.

Pour autant rien de vraiment concret ne sort du rapport qui pose plus de questions qu'il ne trouve de réponses.

mercredi 9 septembre 2009

ECCE

Depuis quelques temps, "plus souvent que rarement" diraient nos compatriotes des Antilles, je vous oriente sur le Blog de Paul Jorion qui est l'un des rares endroits où l'on peut avoir les informations sur la réalité de l'économie du Monde.

Paul Jorion est anthropologue et sociologue. Vous trouverez sur ce lien son CV et plus encore le concernant.
Ancien trader, il est l'un des cinq, dixit Jacques Attali (*), qui avaient prévu longtemps à l'avance la crise mondiale qui s'étend et qui n'en n'est qu'à ses débuts (oui ! oui !).

Connaissant bien le sujet "économie", grand humaniste, il travaille de toute son énergie à un projet ambitieux, celui de faire adopter une constitution pour l'économie commune à tous les pays du Monde.
Pour la rédaction de cette dernière, il a eu l'idée de créer, sur le Net, un espace collaboratif du type "wiki" où les internautes débattent et rédigent en concertation le texte qu'il est urgent de promouvoir.
En effet, il semble qu'il puisse être plus efficace pour moraliser vraiment l'économie et la finance, que ne le seront les mesurettes, toujours hypothétiques, du genre de celle qui concerne la rémunération des traders. En tout cas c'est ce que laisse espérer l'Article 10 qui propose, sans ambages, d'interdire la spéculation.

Paul Jorion, dans un article récent à la tribune (dernier paragraphe), a déclaré qu'il fallait désormais prendre en considération "les limites du Monde" car jusqu'à présent tel ne fut pas le cas. Dans le projet de constitution pour l'économie, dès le préambule, cette idée est affirmée et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Je me permets de joindre à cet article une copie du Préambule et de l'Article 10 tels qu'ils étaient rédigés il y a quelques jours encore.
 

Préambule

Considérant que l'économie s'inscrit dans le biotope Terre qui est le berceau ainsi que le seul cadre de vie et de développement de l'Humanité ;

Considérant que doit être résolument écarté le risque de voir se reproduire pour l'Humanité des désastres résultant de pertes de contrôle de certains secteurs de l’économie ;

Considérant qu'une constitution pour l'économie peut être une étape primordiale dans l'Histoire de l'Humanité ;

Considérant que cette constitution peut laisser à l'Humanité la possibilité de reconnaître et d'affirmer sa propre nature ;

Considérant que dans un système complexe, l'équilibre de chacun dépend de l'équilibre de tous les autres ; que l'anticipation des besoins de l'autre est reconnue comme le premier principe devant être appliqué à la régulation des systèmes d'échange ;

Considérant que la démocratie constitue un bien fondamental et que donc toute forme d'organisation économique doit renforcer la démocratie et rechercher le développement humain ;

Le G192 se donne une Constitution pour l'économie, à laquelle les États, comme toute autre forme d’association, pourront se référer tant pour assurer le développement et l’innovation dans leur mode d’organisation économique que pour discuter entre eux de la validité d'un projet économique et pouvoir, si nécessaire, le mettre en cause auprès des juridictions compétentes.

Article 10

Les paris sur la fluctuation des prix sont interdits.

Mais vous avez tout le loisir de visiter vous-mêmes le site de l'ECCE (Espace Collaboratif vers une Constitution pour l'Economie).

(*) Les quatre autres sont, Nouriel Roubini, Andy Xie, Raghuram Rajan et Martin Wolf, ce dernier pensant, comme Paul Jorion, que le problème écologique est maintenant incontournable.

lundi 7 septembre 2009

Un diagnostic de vétérinaire

Paul Jorion donne souvent la parole à des personnes qui présentent des points de vue toujours intéressants sur l'actuelle situation économique mondiale.

Le lien en bas de page vous offrira l'analyse d'un vétérinaire qui fait un parallèle entre la crise de la vache folle et ce que nous vivons aujourd'hui sur le plan économique : C'est imparable et très agréable à lire !

Peut-être qu'un médecin aurait pu nous faire un parallèle semblable avec le scandale du sang contaminé et ainsi démontrer, de la même façon, l'incompétence et l'immobilisme de nos dirigeants.
En tout cas, si les crises se succèdent, chez les politiques rien ne change dans les méthodes de décisions et ils ne font rien pour mettre en place des dispositions qui pourraient éviter les catastrophes : Ils restent incapables d'apprendre d'un échec !

Bonne lecture.

mercredi 19 août 2009

Pétrole : baisse annoncée ... de la production

En catimini, profitant des vacances, l'AIE (l'Agence Internationale de l'Énergie) a annoncé s'être trompée dans les prévisions qu'elle a faites sur les capacités mondiales de production d'or noir.

Les "spécialistes" compétents (?) en costards-cravates de cette agence, titulaires de diplômes et de titres à n'en plus finir, se sont plantés. Et les conséquences sont gigantesques.
En effet, sur la foi de leurs travaux, nos politiques ont laissé se développer un système économique fondé sur la consommation effrénée de pétrole tout en empêchant l'émergence de tout autre système pouvant représenter une alternative à l'après-pétrole.
Ce temps là arrive. Et si, peut-être, il arrive par surprise pour certains il faut souligner qu'il avait été bien prévu et annoncé par des gens de bon sens dès 1972 (Cf. le Rapport Meadows par exemple).

Le problème est là !
Alors que le pic du pétrole est dépassé, comment nos dirigeants vont-ils pouvoir gérer la crise économique qui découle directement de la crise énergétique qui commence ?
Comment mener la Révolution Économique et sur quelles bases la mener ?
Car la croissance, c'est fini ! La fête est terminée pour les financiers !
Le monde doit changer pour simplement pouvoir continuer.

Pour finir, soyons-en donc certains, le prix du pétrole ne va pas baisser ; il ira toujours en augmentant.

mercredi 29 juillet 2009

Trois ans pour sauver le monde

Il y a quelques temps je vous signalais la parution d'un livre "choc".

Je l'ai lu !

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, deux polytechniciens, nous parlent avec brio du réchauffement climatique et de ses conséquences mais aussi et surtout de l'épuisement des ressources énergétiques fossiles.
Après avoir parlé "du calme avant la tempête", le livre est un déferlement de bonnes remarques rendant compte de la réalité du Monde et, la plupart du temps, de bonnes idées qui pourraient diminuer l'impact de l'Humanité sur la Planète.
Ils préconisent en fait, un changement profond de la société où l'accent serait mis sur l'économie d'énergie.

Dès le début (p. 32), ils se désolent que des travaux français, équivalents de ceux de Nicholas Stern en Grande-Bretagne (travaux conclus par un rapport annonçant un coût pharaonique pour la crise écologique), soient passés aux oubliettes médiatiques occultés par le fameux ou plutôt le fumeux rapport Attali (*).

A propos des médias, les auteurs leur font le reproche "de tendre un micro" à des gens bien mal inspirés, qui sur le fond ne sont rien, tant leur incompétence est grande en matières scientifiques. Claude Allègre et Bjorn Lomborg en prennent ainsi pour leur grade. Et d'accuser les journalistes (p.41) de confondre "je n'y comprends rien" avec "personne n'est sûr de rien". C'est drôle tout en étant bien vrai.

Viennent après cela, une explication et une dénonciation des pratiques financières puis, grâce à l'exemple de l'île de Pâques (Cf. le livre "Effondrement" de Jared Diamond), une critique de l'argent tel qu'il est actuellement considéré et une démonstration de l'aberration qu'il y a à croire que le PIB est un bon moyen d'indiquer la santé d'une économie.
Ils nous proposent alors de prendre en compte comme un actif dans la comptabilité d'un état, la totalité des ressources naturelles. Pour eux en effet, il parait urgent de considérer les destructions et les consommations de ces dernières comme autant de pertes de richesses dans le bilan que constitue un PIB (p.95). Ils introduisent ainsi la notion "d'optimum pour un PIB", pour que l'économie puisse durer et "éviter un retour au Moyen Age".

Jeu de mots amusant (p.115), ils écrivent que "les trente glorieuses" ont été suivi par "les trente piteuses" (**).

Ils affirment ensuite que l'état doit avoir un rôle moteur (p.163) dans la réforme nécessaire de l'économie (***) tout autant que pour encourager la désormais urgente prise de conscience par les citoyens des problèmes énergétiques.
D'ailleurs pour que l'état puisse mener au mieux ces missions, ils suggèrent aux partis politiques de n'investir, pour les prochaines élections, que des candidats ayant des formations scientifiques (p.197) les mieux à même, à leurs yeux, de les aider à prendre les meilleures décisions puisqu'ils pourront alors comprendre les rapports qui leur parviendront, sur le réchauffement climatique, les ressources naturelles et les pollutions.
De même, ils insistent sur le fait que les élites de l'état devraient savoir ce qu'est l'énergie dans le sens de grandeur physique et qu'il faudrait, pour qu'il en soit ainsi, qu'elles suivent toutes les formations qui seraient nécessaires.

Cependant, certaines lignes sont malheureuses.
C'est le cas lorsque le nucléaire est considéré comme une solution d'avenir alors que lui aussi dépend de ressources naturelles non durables.
C'est encore le cas lorsque, plusieurs fois, le stockage industriel du CO2 est prôné comme solution au problème du réchauffement climatique. Alors que les auteurs font, tout au long de l'ouvrage, de bonnes analyses sur les rendements énergétiques, il est curieux de constater qu'ils se sont laissés piégés par cette idée entropiquement non viable.
Il est en fait dommage qu'après tous leurs bons raisonnements, ils ne parlent absolument pas de l'énergie solaire en général.

Nous regretterons aussi les lignes qui présentent les responsables des grands groupes industriels et énergétiques comme de bons "écolos" puisque ils semblent, aux dires des auteurs, plus se soucier de l'avenir que ne le font les politiques. Le hic vient du fait que nos deux "compères" confondent quand ils écrivent cela, l'apparente préoccupation de ces "hauts décideurs" avec la raison première de cette préoccupation :
Oui, ces gens se font quelques soucis !
Mais ce n'est pas pour l'écologie à proprement parler.
S'ils sont angoissés, c'est juste parce qu'ils voient arriver, "à vitesse grand V", le moment où leur business arrivera à son terme.

La fin du bouquin, captivant malgré ces quelques passages critiquables, est un ensemble de 13 lignes d'actions, à charge pour les politiques, les financiers, les industriels et les citoyens, de les mettre en pratique.
En vrac, nous retiendrons qu'ils préconisent de "d'abord réduire, ensuite réduire, enfin réduire" la consommation d'énergie, de raser les banlieues pour concentrer les villes, de recoloniser les campagnes, de taxer l'énergie, de détaxer le travail, d'isoler sérieusement l'habitat, de donner aux enfants une éducation poussée sur les choses de l'énergie et de la nature, de réduire le nombre des voitures ainsi que leur puissance, d'arrêter le transport aérien de masse (****), d'user de la potentielle puissance politique de l'Europe et de remettre l'OMC sur la bonne voie.
Tout un programme ! Qui peut, c'est vrai, aider à la mise en place de l'écodouble car ils encouragent aussi les gens à accepter l'idée qu'il faudra à l'avenir changer de métier, plusieurs fois dans sa vie, le temps que se fasse la transition économique qu'ils appellent de leurs vœux, tout en leur demandant d'arrêter d'exiger toujours plus de vitesse dans la satisfaction de toutes leurs envies ... non vitales.
Un vrai défi, tant ces envies égoïstes sont tout à fait normales pour la quasi totalité des humains !

Le livre "C'est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde" est paru en janvier 2009.
Aux politiques, qui n'ont toujours pas compris qu'il faut agir tout de suite, nous pouvons dire qu'il reste 2 ans et demi.

 

(*) Dans Le Monde du 19 janvier 2008, "314 mesures pour relancer la croissance". Je préfère dire : "3,14 mesurettes pour tourner en rond !".
(**) Dans la lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, j'avais essayé "les trente non rieuses". C'était bien moins fin.
(***) En citant l'exemple inattendu, mais finalement assez convainquant, de certaines très peu orthodoxes mais très efficaces mesures de relance monétaire prises en Allemagne en 1933 et 1934 ... et bien sûr, cela n'a aucun lien avec le racisme et le fascisme que prônaient les nazis.
(****) C'est en train de se faire tout seul. Dès lors, il serait sage d'arrêter, tout de suite, le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

jeudi 7 mai 2009

Matinée à la Mairie

Quelque part en Bretagne, le samedi 24 janvier 2009 à 11H00, comme nous avons tous encore un peu l'âme paysanne, je me suis invité aux voeux prononcés par Monsieur le Maire aux agriculteurs de la Commune.

Après les politesses d'usage, notre édile a exposé longuement le schéma directeur d'aménagement du territoire autour de la grande ville proche, tel que l'ont défini les "décideurs" locaux. Et de parler de développement comme s'il s'agissait de progrès et de croissance économique.
Alors tout naturellement, les agriculteurs se sont inquiétés pour leurs terres car bien sûr ils savent tous que les plans des décideurs, partout dans le Monde, empiètent sur des terres nourricières confisquées.

Lors de cette réunion très amicale, clôturée par une petite boisson, c'était criant : Vantée par les responsables politiques, qui bien souvent croient bien faire, la croissance toujours provisoire implique la destruction définitive de terres agricoles. Ou en d'autres termes, toujours plus de pertes pour toujours plus de précarité.

Comment peut-on imaginer alors que cela puisse durer si l'on veut par ailleurs assurer le bien-être des populations ?
Notre système économique est bien une voie sans issue.
Heureusement il reste l'écodouble. Mais il faut vite la mettre en place.

lundi 13 avril 2009

Ils sont pleins de ressources

Dans le billet de ce blog "Ils tournent autour du pot" paru le 11 avril, je vous disais que les élites financiaro-industrielles espèrent la violence.
Allez ! J'étais en retard sur la réalité ! Les fous qui constituent cette élite (mais peut-on parler "d'élite" ?) en sont déjà à la phase de la simulation.
Jugez plutôt.

mercredi 11 mars 2009

Question de vocabulaire

La crise - encore ce mot angoissant - s'installant, nos braves journalistes ont l'occasion depuis peu d'annoncer des chiffres économiques particulièrement mauvais.

Il s'est passé de nombreuses années où la phrase était :"La croissance a progressé le mois dernier de (par exemple) 0,4%".

Ce temps est révolu !
Néanmoins, les journalistes continuent à vouloir parler de croissance alors qu'il n'y a plus de croissance.
Ainsi, ils prennent l'habitude d'annoncer une "croissance négative" en disant "... la croissance a été le mois dernier de -0,3% ...", faisant ainsi en sorte de poursuivre notre conditionnement à penser que rien ne peut aller sans croissance.

Or, c'est tout le contraire qu'il faut admettre !
La croissance économique telle que recherchée dans notre actuel système ne peut que conduire l'Humanité au déclin et le rapport de 1972 du Club de Rome (*) nous le montre parfaitement.
Dès lors, les médias devraient s'interroger s'il ne serait pas possible que cette crise soit le début de l'effondrement de civilisation annoncé comme devant survenir en 2010-2015 dans ce rapport politiquement incorrect et occulté par tous les dirigeants du Monde.
Nos "informateurs" seraient sans doute bien mieux inspirés d'utiliser alors, les mots "déclin", "régression", "vieillissement", "épuisement" ou encore "dégénérescence". Ils qualifient et expliquent mieux que "croissance négative" les baisses de productivité qui nous plongent dans le marasme. Ils exprimeraient bien aussi, le très probable "caractère définitif de la croissance négative" et sans doute, inciteraient au sursaut en nous alertant sur les dangers de la croissance posée en synonyme de bonheur.

Il est encore temps de changer de système économique. Mais il faut aller très vite !
En tout cas pour y arriver, il faudrait commencer à utiliser les mots qu'il faut pour qualifier les maux.
Rendez-vous le 2 avril, pour le G20. Peut-être que les "Grands" sauront nous parler des bons remèdes.
Il faudrait ensuite accepter le traitement. Là débuterait une nouvelle Histoire, avec un futur possible.

(*) Ce commentaire du rapport "Meadows & al." est difficile à lire mais éclairant.   

mercredi 3 décembre 2008

Un Président labelisé écodouble

Notre Président de la République a annoncé dans un beau discours largement médiatisé, des mesures fortes pour relancer l'économie. Ce sera donc un éventail (pour donner de l'air) de vieilles recettes ayant servi de nombreuses fois par le passé. La belle chose que voilà !
La vérité, c'est que dans le contexte actuel, tout cela va faire "Pschiiitt".
Certes, en des temps encore peu éloignés, de telles dispositions auraient pu relancer la croissance et la machine aurait, avec des ratés, redémarré.
Seulement, en ces temps là, il n'y avait pas de par le monde et de façon concomitante, crises de civilisations, tensions interreligieuses, effondrement total de la finance, crise alimentaire, épuisement des ressources naturelles, ainsi qu'un réchauffement climatique. Et surtout, il n'y avait pas la crise écologique globale que nous avons provoquée, qui voit Homo sapiens sapiens seule espèce de vertébré en expansion, au détriment de quasiment toutes les autres qui régressent, y compris celles d'invertébrés.
Notre Président n'a pas compris l'ampleur du problème.
Mais il est vrai qu'aux yeux de ce dernier, ainsi qu'aux yeux de presque tous nos autres politicards français et européens, l'important est de paraître dans les médias. Alors les crises peuvent bien passer au deuxième plan et les solutions valables pour les résoudre finir, au mieux au dernier plan, au pire rester inconnues et/ou ignorées.
Elle est bien médiocre notre classe politique !

Et la classe des journalistes de ne pas valoir mieux. En effet, mis à part le journal "La Décroissance" (et encore dans son dernier numéro, soit avec plus d'un an de retard), il ne s'est trouvé aucun de ses représentants pour relayer le discours du 24 septembre 2007 prononcé à l'ONU par Monsieur Evo MORALES AYMA, Président de la Bolivie.
Que n'a t'on pas dit, à juste raison du discours de Dominique de Villepin devant cette même Assemblée, juste avant la guerre de Bush en Irak. Mais de l'avis journalistique, sans doute que seuls les "puissants" peuvent faire de grands discours. Ce qui expliquerait pourquoi nous n'avons rien su de l'allocution de Monsieur MORALES. Pourtant, il est assurément un Grand Président car il a, lui, tout compris du problème économico-écologique mondial, si bien qu'il lui est facile de conclure que la seule solution pour le bien-être des humains consiste à protéger la "Mère Terre", en disciplinant l'OMC et les géants de la finance et de l'industrie.

Pourquoi n'a t-on pas en France et en Europe des dirigeants aussi clairvoyants que le Président bolivien ?
Pourquoi nos politiques restent-ils encore à défendre les positions indéfendables des multinationales, qui continuent à piller la Planète et ses Peuples ?
Avec de telles élites, le train va passer et nous ne serons pas dedans.
Même si nous pourrons nous consoler en pensant que nos gouvernants ne seront pas dans le train de l'Histoire, leur aveuglement commence à inquiéter.

En tout cas, depuis les hautes montagnes des anciens Incas et de leur Dieu Soleil, la nécessité d'une économie écologique (fondée sur l'énergie de Notre Étoile) est proclamée par un Grand Président. Peut-être que l'écodouble naîtra là-haut dans les Andes.
L'histoire n'en serait que plus belle car sur notre Terre, tout est boucles de Soleil, Rizos de sol. Et dans la même logique, tout ce qui est humain devrait aussi être solaire, même l'économie.

A la suite, le lien vers le discours du Président MORALES
(La forme souffre un peu de la traduction)
   

http://c.unitaire2007.34.free.fr/article.php?id_article=1485

mercredi 15 octobre 2008

Doha - Genève via Davos

Fin juillet, l'OMC tenait sa grande fête à Genève. Son Directeur, Monsieur Lamy, se faisait fort de trouver les moyens d'arriver à un accord sur la libéralisation de l'agriculture, pour enfin boucler le cycle de Doha (Doha est la capitale du Qatar). Neuf jours de négociations acharnées n'y auront pas suffi.

Les négociations ont achoppé, car sentant la menace et la mauvaise foi des USA, des pays comme l'Inde ont voulu garder la possibilité d'instaurer des barrières douanières là où les américains et l'OMC n'en veulent plus. Ces pays voulaient pouvoir mettre en place des taxes protectionnistes s'il advenait que l'agriculture américaine massivement subventionnée arrive à menacer la leur en proposant, chez eux, des produits à un coup moindre que ceux qu'ils produisent. 

Alors que l'OMC prône l'interdiction des subventions pour dit-elle, favoriser le commerce, et par là une plus juste répartition de la richesse, elle laisse Bush accorder quelques 15 à 20 milliards de dollars par an aux agriculteurs de son pays, sans y trouver vraiment mot à redire. Ce dernier vient même de leur allouer une rallonge il y a quelques mois.
De même, l'OMC vante les mérites du libéralisme et du libre échange, sensés être des facteurs de paix et de richesses. Et en écho, l'Amérique de fustiger toutes les subventions, de dénoncer tous les protectionnismes et de toujours louer le libéralisme, sa religion.

Mais dans les faits, que pouvons-nous constater sinon que les États-Unis ne tolèrent rien des autres pays, de ce qu'ils font, eux, à grande échelle.
Qu'une entreprise américaine vienne à perdre un marché, gagné à la régulière par une concurrente, alors le marché est annulé. Exemple de Boeing contre Airbus pour des avions ravitailleurs de l'Air Force.
Qu'une banque ou qu'une compagnie d'assurance américaine soit en faillite, c'est l'injection de fonds publics ou alors une nationalisation sans scrupule qui fait passer Mitterrand et Chavez pour des amateurs de la spécialité car eux ils ont toujours payé ce qu'ils nationalisaient. Exemple de Freddy Mac, Fanny Mae et AIG.
Qu'un montage financier "hors la loi" comme ils en ont le secret mais qu'ils n'ont pas su faire eux-mêmes, les prive d'un gain et c'est leur justice qui condamne un pays et ses contribuables à verser des centaines de millions de dollars pour finalement permettre d'empocher le gain. Exemple de l'affaire "Executive Life" et des 770 millions de dollars payés par la France.
Que son acier soit menacé par un acier d'importation et c'est des taxes qui tombent sur le métal étranger. 

En fait, quand les USA perdent à leur propre jeu, ils changent toujours les règles pour gagner quand même.
Comment ne pas considérer alors l'OMC comme une arme économique américaine, puisque Monsieur Lamy ne proteste jamais à ce manque d'honnêteté patent des États-Unis.
Pourtant il y a tout lieu de protester contre cette organisation.
En effet vouloir imposer comme elle le fait que les denrées agricoles soient considérées comme de vulgaires produits manufacturés est une menace à terme sur la paix mondiale.
Un pays ne peut envisager d'être indépendant et respecté, que s'il est capable de produire la quasi totalité de la nourriture nécessaire à sa population. Un pays, c'est avant tout des paysans qui nourrissent leurs concitoyens. Surtout si le pays considéré n'a ni pétrole, ni gaz (encore que dans notre système économique, il peut se les faire voler, comme c'est le cas la plupart du temps en Afrique). Et il suffit pour s'en convaincre, de prendre le cas d'Haïti. Sa production de riz était la seule activité viable à la chute des Duvalier. Alors l'Amérique déversa son riz subventionné. Les paysans haïtiens disparurent. Ils étaient trop chers, ce qui "nuisait aux consommateurs haïtiens". Le résultat est qu'aujourd'hui ce pays crève dans l'indifférence et qu'il n'a plus de consommateur.

Dans ces conditions, que l'ami Lamy s'entête à "inclure" l'agriculture dans l'OMC doit conduire les chefs d'Etats à reconsidérer le bien fondé de cette organisation, surtout qu'elle laisse les USA tricher systématiquement.
L'Inde a compris le danger de la mondialisation des récoltes de nourriture et a refusé d'y souscrire. Tous les pays doivent le comprendre vite et faire de même. Le cycle de Doha n'a pas abouti, ni à Davos, ni à Genève. Il a maintenant plus de 4 ans de retard sur le calendrier prévu. C'est tant mieux et pourvu que ça dure car le libéralisme en matière agricole ne peut que faire pire que le libéralisme financier. C'est dire.
Dans l'écodouble, ni l'un ni l'autre ne sont possibles.
Passons à l'écodouble, pour lancer une saine économie, dans laquelle la richesse reste à ceux qui l'ont créée.

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