Résumé des épisodes précédents : Une nuit, Nicolas Sarkozy fait un mauvais rêve dans lequel il se retrouve en Conseil avec ses prédécesseurs à l’Élysée. Le Général de Gaulle, qui mène le débat, a affirmé que les banquiers étant un danger pour la France et la stabilité du Monde il faut nationaliser les banques. Il a donc copieusement engueulé le petit "Nico" pour sa façon d’être président. D’ailleurs, tous en ont pris pour leur grade.

Charles de Gaulle – Maintenant que vous savez que les banquiers sont de réels ennemis pour la France et les Peuples en général, Pompidou, je vais vous dire quelle faute impardonnable fut commise sous votre présidence. Le 3 janvier 1973, une loi scélérate a été votée par le Parlement. Peut-être n’en avez-vous pas le souvenir mais voyez-vous Pompidou, je ne doute pas une seconde que votre successeur, lui, s’en souvient. N’est-ce pas Giscard ?

Georges Pompidou – Je suis désolé Mon Général, je n’ai pas le souvenir de cette loi, effectivement.

(Petit silence)

CdG – Alors Giscard ? Vous restez coi ?

Valéry Giscard d'Estaing – Je m’en souviens bien sûr ! Il s’agit de ma meilleure loi. En la faisant voter – j’étais alors un brillant Ministre des finances, adulé et admiré par la gent féminine, je tiens à le préciser - j’ai fait en sorte que notre pays soit mieux géré grâce à l’obligation qui lui est faite depuis d’emprunter à des banques privées, avec intérêts, au lieu de s’emprunter directement à lui-même, sans intérêt.

CdG – Giscard, vous êtes définitivement un con sans intérêt ! Et vous êtes aussi un traître envers la France et son Peuple ! Vous qui avez toujours une si haute estime de vous-même, en présentant cette loi, rédigée vraisemblablement au Mont Pèlerin, vous vous êtes fait le valet de la finance mondiale. D’ailleurs, le mot « valet » est faible. « Vil serviteur » serait plus approprié. De fait, vous resterez dans l’Histoire comme le domestique à particule de la ploutocratie et comme celui qui a mis les Françaises et les Français en esclavage.

VGE – Je ne vous permets pas de m’insulter ! Votre arrogance est toujours la même. Je suis, vous semblez l’ignorer, de ceux dont la brillance de l’intelligence ne peut être contestée.

CdG – Il suffit le suffisant ! Je vous insulte car il ne peut en être autrement. Et sachez qu’à une époque pas si lointaine, la trahison, c’était la mort.

François Mitt’rand – Heureusement, je suis passé par là ! Cher Valéry, je crois bien que je vous ai sauvé d’un funeste destin. Heuheuheu ! J’aime la langue ... et, surtout, mes bons mots.

Jacques Chirac – Mais oui François ! Tu es très gentil ! Et t’es aussi passé par Vichy, l’Algérie, Ouvéa et le Rwanda et, partout, tu as sauvé tout le monde. On le sait tous, tu sais. Je n’oublie pas encore tout, tu vois. Au fait ! Tu te souviens de la cinquantaine d’algériens que tu as fait raccourcir sur l’échafaud quand tu étais ministre de la justice.

FM – Mais qu’est-ce que vous dites ? Espèce de malotru !

CdG – J’ai dit : il suffit ! Vous, Sarko ! Vous allez, sans plus attendre, faire abroger cette loi perfide qui appauvrit notre Pays. En faisant cela, vos cinq ans auront au moins servi à quelque chose.

VGE – C’est ridicule. Sans cette loi ce serait la ruine complète.

CdG – Vous radotez Giscard. Je ne me suis pas encore mis en colère mais je pourrais bien me résoudre à le faire. Quant à vous Sarko, m'avez-vous bien compris ?

Nicolas Sarkozy – Et bien je vais voir avec mes amis s’ils sont d’accord et puis … et puis d’abord c’est comment qu’on fait pour abroger une loi ? Dans le cas où ils seraient d’accord !

CdG – Je vous ai dit de vous taire, bande de crétins ! Enfin, pas vous Pompidou !

JC – Et Charlot ! J’ai rien dit moi. Mais j’ai un truc à dire quand même, tu vois, parce que je commence à être fatigué de tout ce bordel. Alors les gonzesses !?! Elles sont où les gonzesses ? C’est que j’ai envie de jupettes moi ! Il y a trop de mecs par ici.

CdG – Chirac ! Ici, ce n’est pas le lupanar bling-bling qu’est devenue la Présidence depuis Giscard. Enfin, bon ! J’ai constaté que la vieillesse est un naufrage mais chez vous c’est plutôt une déliquescence cérébrale. Vous à l’Élysée, il était temps que cela se termine. Et je dirais presque de même au présent, pour ce qui concerne votre personne.

JC – Ah ! Merci mon brave. Vous êtes bien aimable. Je sentais que vous étiez un type bien. Mais une question me vient : vous faites quoi dans la vie gentil vieillard ?

GP – Le pauvre homme ! Il perd la tête. C’est triste. Sinon, vous savez Monsieur le Président, cette loi de 1973, ce n’était vraisemblablement pas mon initiative.

CdG – Je le sais Pompidou. Lorsqu’elle fut votée, la maladie vous affaiblissait déjà. Cependant je vous en veux tout de même parce que j’aurais aimé que, vous sentant malade, vous démissionnassiez, après avoir organisé au mieux votre succession. Poher, Chaban et même Debré auraient pu être élus à votre suite. Que vous n’ayez pas agi ainsi vous rend fautif car, malade et fatigué, vous êtes devenu une proie facile pour les financiers et leurs finasseries. Ces gens et leurs serviteurs sont à l’affut tout le temps de la moindre faiblesse. Le néo-noble ici présent a profité de la vôtre.

VGE – Espèce d’archéo-noble !

CdG – Silence ! le traître. D’ailleurs Pompidou, je peux vous confier que, moi-même, lorsqu’on m’a conseillé Rueff pour mener le redressement économique de la France en 58, je me suis un peu fait avoir. J’en voulais un autre mais ma faiblesse à ce moment consista à ne pas insister pour que, in fine, j’imposasse mon choix. En fait, j’ai voulu montrer qu’il n’était pas question qu’à 68 ans j’entamasse une carrière de dictateur, quand bien même cela aurait été dans le but d'interdire à un loup potentiel d’entrer dans la bergerie.

Toc ! Toc ! Toc !

CdG – Entrez !

François Hollande ouvre la porte et entre.

François Hollande – J’arrive. Veuillez excuser mon retard.

CdG – Mais ! En vertu de quel droit ? Dehors !

Hollande sort précipitamment.

NS – Gloups !

CdG – Ce n’est pas possible ! Un hollandais à la tête de la France ! Avec vous Sarko, on aura tout vu !

NS – Gloups ! Gloups !

FM – Sans compter qu’il est socialiste – ce qu’il n’est pas en réalité bien sûr ! et heureusement ; quelle idée aurait-il de l’être ? – mais voyez-vous, et c’est là qu’est votre inconséquence Sarkozy, à cause de vous il va y avoir un deuxième président socialiste. Pour moi c’est un drame personnel terrible ! En effet, le peuple de gauche va en avoir fini avec le monothéisme. Je ne serai plus Dieu !

CdG – C’est fini Narcisse ?

FM – Oui. Sniff ! Mais je devais le dire. Sniff !

CdG – Quand je pense Sarko que vous avez le toupet de vous représenter en en appelant à votre devoir de ne pas quitter le navire en difficulté. Vous n’avez jamais été aux commandes ! Ce sont les banquiers qui commandent ! Et vous n’avez, à aucun moment, fait un seul geste pour tenter de reprendre la barre. Votre quinquennat est un désastre ; une perte de temps qui pourrait bien s’avérer fatale pour la Civilisation. Des gens comme vous, Môssieur, il y en a plein les partis politicards, et autant que des chiures de mouches autour d’une fosse à lisier. N’importe quel citoyen, pris au hasard parmi les français, assumerait mieux que vous la fonction suprême. Je crois de plus en plus, qu’il eût mieux valu, en fait, que je fusse le seul à être élu au suffrage universel, car finalement moi seul le méritais. Pour mes successeurs, j’aurais dû faire en sorte qu’ils fussent tous désignés par tirage au sort au sein des listes électorales. La vérité est que je me suis fait trop d’illusions sur la valeur réelle des Hommes. Ainsi Sarko ! au lieu de vous représenter, vous auriez mieux fait de dire au revoir aux français, un « au revoir » du genre de celui, ridicule et pitoyable, annoncé à la télévision par le politico-technicien emparticulé du Puy-de-Dôme.

VGE – Si vous continuez, je vais … je vais le dire à Anne-Eymone.

JC – Fayot ! Toyaf ! Whouaff ! Whouaff ! Elle était bonne, dis ? ladidi pipi.

VGE – Je suis bien aise de constater, en vous voyant ainsi, que c’est vous, Monsieur mon Premier Ministre, qui dégazonnez ; et non moi, comme vous osiez l’affirmer tout-à-l’heure.

CdG – À la tournure que prend cette réunion, mon cher Pompidou, je puis affirmer qu’il y a plus valétudinaire que vous.

Toc-Toc !

JC – Toc-Toc ! Toc-Toc ! Toqué d’à côté. ENTREZ !

La porte s’entre-ouvre et la tête d’Hollande réapparaît.

FH – Y en a qui disent que je dois sortir. Je dis : Je ne suis pas d’accord !

NS – NON ! NOONNNNN ! Pas lui ! Pas luuiiii !! Pas Lui ! Pas ce type !

L’actuel président se réveille, en sueur, Carla à ses côtés, toute affolée.

- Mais qu’est ce qu’il y a mon Joujou ?

- Il voulait s’asseoir avec nous ; les Présidents ; c’était affreux !

- Mais tu rêvais Koukou. Qui voulait s’asseoir ?

- Hollande ! Hollande ! Il veut mon trône ; enfin mon fauteuil dans le bureau ovale ; enfin, non ; enfin, tu sais bien ! il veut être le Président à ma place. Dis ? Tu vas m’aider pas vrai ? Tu vas pas le laisser faire ! hein ?

- Tu sais mon Loulou, ce n’est pas ma petite voix qui va faire changer quelque chose à l’élection.

(À suivre)