Résumé des épisodes précédents : Dans un cauchemar, Nicolas Sarkozy se voit autour d’une table avec tous ses prédécesseurs à la présidence. Il fait profil bas alors que le Président de Gaulle ne cesse de le ridiculiser. Mais arrive François Hollande, qui finalement s’assoie à la table du Conseil. Horrifié, Nicolas se réveille en sursaut et lorsqu’il demande à son épouse de l’aider (il le demande d’ailleurs à tous ses électeurs ces temps-ci), celle-ci lui répond que ce n’est pas sa petite voix qui changera le résultat de l’élection.

- Mais enfin Carlita, je te demande pas de chanter. Je voudrais juste que tu dises à tous tes amis artistes que François Hollande est un voyou et qu’il ne faut donc pas voter pour lui.

- Bon d’accord mon Moumou ! Je leur dirai. Mais maintenant il faut dormir. J’ai très sommeil.

- Ah bon ! Mais quelle heure est-il ma chérie ?

- 02H00 Nounou.

- 02H00 ! 02H00 ! C’est pas possible !? Si je me rendors maintenant, le cauchemar va recommencer, c’est sûr !

Carla a déjà sombré, son pouce bien callé dans la bouche. Dès lors, Nicolas n’a plus qu’à éteindre la lumière. Allongé contre son épouse, il regarde le plafond dont les moulures semblent bouger, balayées qu’elles sont par les ombres pénétrant par les fenêtres, les branches des grands arbres du parc étant doucement ondées par de petits souffles de vent.

Nicolas se rendort finalement, car il est fatigué. En effet, sa fille « ne fait pas encore ses nuits » et tous les jours il s’attèle à la corvée du biberon de 04H00 du matin. Et ce qu’il craignait se produit : il réapparaît dans son cauchemar, à la table du Conseil des Présidents !

Charles de Gaulle – Alors comme ça Sarko, vous êtes un déserteur !

Nicolas Sarkozy – Mais Hollande est là aussi maintenant ?

Jacques Chirac – Et avec votre esprit.

François Mitt’rand – Aaaamen. Que c’est drôle ! Mon Dieu … pardon ! Mon Moi que c’est drôle !

François Hollande – Y en a qui disent que je ne devrais pas être là. Je dis : ils ont tort ! Je reste là en observation.

FM – En observateur, imbécile.

FH – Oui ! C’est ça ! Dieu François. En otserbaveur. Non ! En obversateur ! Mheuu.

NS – Mais Président-chef ! Vous lui permettez de rester ? C’est un dangereux terroriste de la politique, vous savez. Et puis c'est un énorme menteur aussi. Et puis il n’est pas Président, lui !

CdG – Parce que Sarko vous croyez vraiment que vous en êtes un ! Avec votre façon de distribuer le pouvoir à vos riches amis ! Hollande n’est rien de plus qu’un arriviste, qui comme vous fait les yeux doux à la finance. Alors au point où nous en sommes ; un crétin-arriviste de plus ou de moins, la belle affaire !

NS – C’est pas juste ! Il faut s’en débarrasser ; au Kärcher s’il le faut. C’est un individu dangereux qui veut voler de l’argent à tous mes amis. Alors je vous pose la question : Vous pensez vrai …

CdG – La ferme Sarko ! Gardez votre rhétorique pour vos agitations médiatico-télévisuelles. Et sachez que, vos amis, j’attends avec impatience qu’ils se retrouvent dans l’au-delà pour que je puisse les faire passer par les armes.

FH – Vous dites Monsieur qu’il faudrait me kärchériser. Je dis que c’est …

CdG – La ferme « Pays-Bas » ! Un observateur, ça ne cause pas !

Georges Pompidou – Mais Monsieur le Président. Vous me semblez énervé et découragé. Et si hélas tel était le cas, cela vous empêcherait-il de nous expliquer ce que vous feriez si vous étiez le Président en exercice ? Dès le début de ce Conseil, vous nous avez dit qu’il fallait arrêter les banquiers et nationaliser les banques. Mais après ? Peut-être que si vous nous exposiez votre plan, l’actuel Président pourrait commencer à le mettre en pratique et le prochain Président, ici présent lui aussi, se chargerait d’en continuer la mise en œuvre.

NS – Gloups !

FH – Y en a qui dise que je serai Président. Je dis : Merci ! Je suis d’accord !

CdG – Mais vous allez la fermer « la platitude » ! Pompidou, je ne suis en rien découragé. Je ressens seulement une profonde tristesse pour la France qui ne méritait pas d’aussi mauvais hommes d’État. Qui de fait n'en sont pas. Mais regardez-les donc !
Tant que nous ne nous libèrerons pas du carcan qu’imposent les partis politiques, nous assisterons à de pareils spectacles, toujours plus ridicule et vide de sens. Et les Français n’auront d’autre choix que de voter, soit pour un crétin, soit pour une hystérique, soit, et c’est pire, pour un fou, ou alors pour un étalon sur-hormoné. Quant aux banquiers, ils resteront les maîtres, se chargeant de mettre en scène, voire de financer, cette mascarade, juste pour laisser croire au Peuple que la démocratie est toujours en vigueur.

JC – Putain ! On se fait chier ici. Vous ne trouvez pas ? Y en a pas un qui voudrait aller au Salon ? J’ai une de ces envies de bouffer du saucisson, de descendre un bon pinard de vigneron et de taper sur le cul des vaches moi.

CdG – Mon Pauvre Chirac ! Vous voilà devenu comique croupier.

JC – Mais ! Mais il fautt aussi que j’aille me reposer.

CdG – Et en plus, vous recouvrez vos esprits ! Cela faisait bien longtemps que vous n’aviez eu une parole sensée.

Chirac s’assoupit dans son fauteuil.

JC – Ronrrrr ronnnn, Ronrrrr ronnnn, Ronrrrr ronnnn …

CdG – Ce n’est plus un Conseil ! C’est l’Hospice !

Enfin bon ! Nous n’avons que trop perdu de temps. Si certains d’entre vous sont encore capables de comprendre, qu’ils m’écoutent. Et que ceux qui n’ont jamais rien compris fassent de même. Peut-être qu’un miracle se produira et qu’alors ils pourront saisir tout le sens de mes propos.
Messieurs ! Je crois que si le programme que je vais vous exposer est mis en application, la France sera sauvée et, qu’en outre, elle redeviendra un phare puissant éclairant les esprits du Monde, comme au temps des Lumières. Mais bien entendu, seul un vrai Président sera en mesure de mener à bien un tel programme. Ce Président devra être fort et grand.

NS – Moi, je suis un vrai et un grand président.

FH – Oui, c’est vrai ! Nous sommes de grands et vrais présidents.

FM – Imbécile ! Pas vous ! Toi !
Enfin. Surtout Moi !

CdG – Pitoyable ! Il ne s’en trouve pas un pour rattraper l’autre.

(À suivre)