Il faisait très chaud dimanche dernier. Je somnolais donc sous le hangar, lorsque deux canards tombèrent du ciel pour amerrir dans un fossé à lisier que j’ai transformé en bassin d’ornement (si, si, c’est possible).

Le deuxième volatile me parut bien trop bariolé pour être un col vert. En tout cas, l’événement me permettait d’expliquer le pourquoi du désordre constaté depuis un mois et demi sur les bords du bassin. Les coupables, c’était bien des canards - même si je n’avais pas osé l’espérer - et il ne me restait plus qu’à connaître leur nom.

Tel un chasseur du paléolithique, à plat ventre, je réussis à m’approcher pour les démasquer. Une minute avant, je n’avais pas voulu croire ce que je vis quand ils descendirent du ciel, mais là, maintenant que j’avais vu sur eux, palmant tranquillement sur le long rectangle d’eau, il n’y avait plus de doute : c’était bien Madame et Monsieur Mandarin.

Le chasseur préhistorique d’aujourd’hui n’étant pas forcement des plus discrets ils me virent et, d’un coup d’aile, ils se retrouvèrent en position « marche-à-pied » sur le bord du bassin. Dérangés mais pas affolés, ballottant du croupion, ils gagnèrent, à une dizaine de mètres plus loin, la dépression que je fis creuser, dès mon arrivée il y a 7 ans, pour servir à l’infiltration des eaux qui ruissèlent autour de chez moi.
C’est à cet endroit, devenu une mare intermittente s’asséchant l’été, qu’ils se sont laissés photographier.

Le couvert était bon car Madame ne fit que très peu attention à moi, trop occupée qu’elle était à becqueter entre les herbes en partie inondées.

Comme je vous l’ai déjà dit à propos du « lapin-en-trait », c’est une immense et inestimable récompense que de voir des animaux aussi beaux semblant apprécier un espace que l’on a aménagé à leur intention. Et lorsque les animaux qui vous honorent de leur présence appartiennent à une espèce menacée - quelques rares coins d’Europe semblent devenir une terre d’accueil pour les mandarins - alors là, on se dit que l’on a été utile. Merci à vous jolis canards. J’attends de vous revoir bientôt ; et pourquoi pas avec vos petits d’ici trois mois.

Pour voir ce que j'ai vu, et bien c'est sur la photo ci-dessous.

Mandarin_mare.JPG