Si nos médiocres gouvernants avaient voulu sauver notre pays, eux qui sont si forts pour inventer de nouvelles taxes, il y a longtemps que leur serait venue l'idée d'appliquer des charges sociales sur la productivité des machines automatiques et des robots. En effet, l'apparition de ces nouveaux êtres sans âme, que nous pourrions classer dans un taxon d'un nouveau genre, partout autour de nous (guichets et caisses automatiques (**), ordinateurs, poinçonneuses - des Lilas ?, conditionneuses, découpeuses, chaines de montage, élaboration de hot-dogs ...), qui de plus en plus nous remplacent à nos postes de travail, a pour conséquence essentielle une augmentation du chômage et, de fait, une diminution des recettes provenant des "cotisations sociales". Le néolibéralisme, toujours à l'affut de nouveaux gains, a bien compris que le robot s'avère l'employé parfait, jamais malade, infatigable, non assujetti au salaire et aux charges sociales associées.

Soyons en donc certain(e)s, nos minables et stupides gouvernants n'ont pas voulu sauver les travailleurs de notre pays.
Pour eux, il ne faut rien faire qui ne soit pas dicté par le néolibéralisme et imposé par lui. Voilà pourquoi "il ne faut rien changer à la politique actuelle" (dixit le roi Hollande et son Super intendant Valls) et espérer dévotement dans le pacte de responsabilité, véritable spoliation de la couverture sociale de solidarité. Et comme le capitalisme ne demande pas de taxe sur les robots alors il n'y aura ni taxe ni charges sociales sur les robots.
Soit !
Alors, mes sœurs et mes frères, prions :
En attendant le retour impossible, faute de pétrole, de la très Sainte Croissance, que l'effondrement soit et que la ruine de la "sécu" vienne.
Cette dernière pourra, dès lors, enfin être privatisée, cédée à - au hasard - Malakoff-Médéric, qui sera Notre Sauveur,
Il se fera une joie de faire main basse sur le beau pactole constitué par toutes les cotisations sociales de ceux qui auront encore un travail,
Et par une gestion "adaptée et saine" il ne remboursera plus rien de ce que rembourse encore - pour combien de temps ? - notre sécurité sociale,
Cela afin de pouvoir, en toute tranquillité, avec ses nouvelles divines liquidités, mieux spéculer sur les marchés financiers.
Et surtout, surtout ! n'exigeons pas que les robots soient taxés !
Ni même l'énergie qu'ils consomment !
N'imaginons pas que leurs maîtres puissent payer des charges sociales sur le revenu du travail en trois-huit que ces esclaves mécaniques insensibles fournissent chaque jour !
Ainsi, nous n'aurons pas besoin de demander que ces charges qui ne seront pas soient doublées en guise d'amende.
Enfin, nous veillerons au fait que la production de chômeurs par la robotisation reste légale, mieux ! qu'elle augmente,
Puisqu'en nuisant à la santé de la Société et de la Nature elle profite généreusement à celles des actionnaires.

Amen.

Et au fait ! Pourquoi les chefs de petites entreprises qui résistent à la robotisation, qui privilégient le dialogue social et l'emploi humain, ne bénéficieraient-ils pas, eux seuls, d'un allègement de charges ?

(*) Un taxon est une entité conceptuelle qui est censée regrouper tous les organismes vivants possédant en commun certains caractères bien définis.
(**) VINCI - encore lui - me semble être en course pour le titre de champion de la caisse-robot. Par exemple, depuis qu'il a acheté une bouchée de pain les autoroutes, il n'y a plus, aux sorties, les caissiers et caissières, qui pouvaient nous faire un sourire ! Et que dire des parkings que cette entreprise mafieuse a en gestion !