Nous sommes rentrés, en 2008, dans une période de crise économique permanente. Notre système économique étant façonné pour ne pas être en crise seulement lorsqu'il y a de la croissance, la croissance étant désormais absente, le système restera en crise ; car la croissance ne reviendra pas.
Elle ne reviendra pas pour la simple raison que pour qu'il y ait de la croissance il faut que, un jour, nous les Humains, on brûle plus de pétrole que l'on en a brûlé la veille. Or, le pic du pétrole, qui se présente, dans la réalité, plutôt comme un plateau ondulant, a été atteint en 2006 ; c'est du moins ce qu'a bien voulu admettre l'Agence Internationale de l'Énergie en 2010, alors que jusqu'à cette date cette organisation avait toujours refusé l'idée même de ce concept de pic du pétrole.
Remarquons d'ailleurs l'enchainement des faits suivants :
- Le pic est atteint en 2006 ;
- Le "Marché" grand analyseur de chiffres et avide d'informations confidentielles s'en rend compte en 2007 (il faut un peu de recul pour ce genre de chiffres) ;
- Le "Marché" déclenche la crise financière en exigeant que l'on rembourse nos dettes car, jusqu'à ce moment, les prêts qu'il nous avait accordés, il comptait sur la croissance du futur pour se les faire rembourser.
La concomitance du pic du pétrole et de la crise n'est donc pas une coïncidence, même si d'aucuns en réfutent ou en ont réfuté l'idée. Elle constitue même la preuve que notre économie se fonde entièrement sur le pétrole. Ou, si vous préférez, en cinq mots et une apostrophe : Tout n'est que pétrole ! dans notre monde tel que nous voulons le conserver.

Et si vous ne voulez toujours pas croire que la croissance ne repartira pas c'est que vous ne savez peut-être pas encore qu'en 2013 la quantité de pétrole produite a baissée de 1,6% par rapport à l'année précédente et qu'une diminution de cette production, depuis qu'elle a débuté il y a 130 ans, n'avait jamais été constatée jusqu'alors. Et la baisse de production va continuer, pour toujours maintenant, les années passant, d'autant que les intenses prospections de ces dernières années n'ont données que de très, très, maigres résultats ; en laissant les plus grosses compagnies pétrolières fortement endettées.
Moins de pétrole veut donc dire croissance négative (et surtout pas "décroissance"), c'est-à-dire "crise", ou "dépression", dans notre système économique tel qu'il est construit.
En fait, nous entrons dans l'ère des emmerdes en cascades !

Dès lors, si nous voulons réellement sortir de la crise, l'occasion nous est donnée d'exiger des politiques qu'ils changent de système économique pour mettre en place l'écodouble, qui se trouve être, lui, un système économique qui cherche à faire la richesse en réparant la Nature, en éduquant tous les enfants, en économisant l'énergie et en captant l'énergie solaire seulement avec des moyens à haut rendement énergétique.

Mais j'entends déjà, maintenant que j'ai affirmé cela, la pléthore qui va me rétorquer : "Mais du pétrole, il y en a encore plein puisque son prix baisse, et même qu'il plonge, ces temps-ci sur les marchés !"
"Ola les faibles du bulbe, les croyants de l'abondance pétrolifère, les partisans du rêve prométhéen, les inconscients consommateurs béats ! Ni vos désirs ni votre analyse ne reflètent la réalité !" répondrai-je.

En effet, la réalité de la géopolitique du moment c'est que l'Arabie Saoudite, d'ordinaire aux ordres de Washington, prend des libertés, ou fait semblant d'en prendre, en inondant le marché de son pétrole alors que la demande s'affaiblit - austérité néolibérale afin de favoriser le remboursement des dettes oblige, cela juste pour nuire aux intérêts financiers de la Russie et de l'Iran, et accessoirement à ceux du Venezuela, ces trois pays ne pouvant faire tourner correctement leur économie qu'avec un pétrole cher. Les US pourront, eux,compenser leurs pertes du gaz de schiste plus assez cher avec la planche à billet (le gaz de schiste devient rentable à 80 dollars), comme d'habitude quand il y a des pertes au pays de l'oncle Sam.(*)
Il résulte de cette politique du court terme, hélas, que toutes les recherches et initiatives en matière d'économies d'énergie mais aussi en matière d' énergies renouvelables s'arrêtent, en laissant le pétrole toujours roi, lui l'instrument de la croissance, qui s'essaye à un presque dernier baroud d'honneur.
Car je vais même vous annoncer, sans prendre de risque, que d'ici quelques temps, quand le prix d'un baril sera de 60, peut-être même de 50 dollars, au bout d'une période qui dépendra d'on ne sait quoi (peut-être de la main invisible d'Adam, concept qui a toujours la cote), la croissance redémarrera très timidement.
Mais, hélas, à peine voudra-t-elle s'envoler de nouveau, notre croissance sacrée, que le cours du 158 litres et quelques bondira car l'offre déclinante ne pourra pas satisfaire, en aucune façon, la nouvelle demande d'abondance ; pic du pétrole oblige. La conséquence sera alors une nouvelle période de croissance négative ! Avec une dose supplémentaire d'austérité néolibérale, bien entendu, sous le prétexte qu'il faut faire, à tout prix, repartir la croissance. Le serpent qui se mord la queue !
Au final, parions qu'il n'y aura pas plus de 5 effets yoyo successifs de ce genre avant le complet effondrement de la civilisation thermo-industrielle et de son système économie conçu pour la croissance.
Et qu'un guignol ou qu'une cruche ne me dise pas : "Oui, mais ils trouveront autre chose !" car alors je répondrai :
"Qui sont ces "ils" et c'est quoi cet "autre chose" ? Les Lois de la Physique n'offrent pas d'autre solution. Si vous aviez étudié les sciences, en en comprenant réellement leur sens, en particulier sur le plan de la thermodynamique, vous le sauriez. Et vous n'en seriez plus à attendre bêtement la croissance ; la croissance, cette utopie de toujours !"

(*) Un de mes amis me dit même, que dans les circonstances que nous vivons sur le marché du brut, les faucons néolibéraux US sont bien contents de voir le prix du pétrole tomber. Cela va permettre à des gens forts riches de racheter à tout petits prix toutes les petites compagnies, les familiales, qui sont nées au moment de la ruée vers le gaz de schiste, car elles ne vont pas tarder à se retrouver en difficultés financières, voire en faillite. Le partage n'est jamais la norme dans le système croissanciste. Nous ne devons pas l'oublier. En tout cas, personnellement, je ne crois une seule seconde que les saoudiens agissent sans l'aval des USA. Après tout, tel que ça se passe, ils ont la planche à billets du pétro-dollar, du gaz de schiste qui reste dans leur sol pour plus tard et un prix du pétrole bas, ce qui leur permet de continuer à rouler avec de gros 4x4 imbéciles.