Qu'il est difficile de trouver une personne digne d'être Défenseur de la Terre !
Et bon sang que les médias sont désinformateurs, ou menteurs, ou négligents, selon que nous les penserons asservis, complices ou stupides.

Ce que je vais vous révéler est un "scoup" ! comme on dit dans le jargon du journalisme d'investigation ou du journalisme "pipole", qui ont tendance à devenir les mêmes ; à moins que certains journalistes d'investigations n'aient plus les moyens de travailler !? Ce qui ne serait pas étonnant finalement : souvenons nous des pressions sur certains d'entre-eux visant à leur faire dévoiler leurs sources, du fichage selon l'opinion ou juste de la démission d'Hervé Kempf du Monde, puisqu'il ne pouvait plus informer sur Notre-Dame-des-Landes dans ce journal.

Mais venons-en au "scoup" !
Lorsque je vous propose, chaque année, une série de nom en vous demandant de désigner parmi eux celui qui sera Défenseur de la Terre, je prends bien garde de vérifier au préalable que tout est "clair", c'est-à-dire que la probité des personnes ou des associations que je vous propose ne peut être remise en cause.
Je passe donc beaucoup de temps à croiser les infos sur le Net.
En 2012, je vous avais proposé de désigner le Défenseur de la Terre de l'année. Il vous fallait choisir entre le journal La Hulotte, l'association L'école des talus, la CRIIRAD et Haïdar el Ali ; et vous aviez désignés ce dernier.
Son diplôme fut dessiné par Joshua mais je ne suis jamais parvenu à trouver, ne serait-ce qu'un contact, à qui envoyer le diplôme et les 50 euros du prix.
Le temps passait et je n'y arrivais toujours pas.
Puis, un jour, lors d'une conférence-formation à Brest sur les parcs marins à laquelle il me fut donné d'assister, j'ai eu le plaisir de rencontrer trois sénégalais qui suivaient aussi cette conférence-formation. Il y avait Monsieur Léopold Yancouba Coly, équivalent de Maire de la commune de Niamone, un capitaine de l'armée sénégalaise et une autre personne qui, si j'ai bon souvenir, est fonctionnaire.
Lorsque j'ai su qu'ils étaient sénégalais, je me suis empressé de leur parler d'Haïdar el Ali.
Leur réaction fut un grand rire, comme je les aime.
Après avoir bien ri, ils m'apprirent que ce dernier, qui venait tout juste d'être démis de sa fonction de ministre des pêches, aurait fait en sorte de s'attribuer tout le mérite de l'idée de replanter la mangrove dans leur région, qu'il n'aurait en rien été un initiateur de cette action et qu'il se serait arrangé, en outre, pour percevoir des fonds de compensations carbone émis par la société Danone (*). Le montant perçu serait de plusieurs millions d'euros, dont seulement une infime partie aurait été reversée aux habitants-planteurs de la région, représentés par l'association PGIEM-TOBOR, présidée par Monsieur William Diadhiou, véritable initiatrice de cette merveilleuse action de replantation (site www.pgiem-tobor.com, site qui se télécharge difficilement).

Les affirmations des trois messieurs, qui me semblent dignes de confiance, m'ont décidé à ne plus chercher à remettre le diplôme et les 50 euros à Haïdar el Ali. Cette personne, contrairement à ce que j'avais pu lire ou entendre partout sur les médias qui me sont accessibles, semble n'être qu'un politique du genre de ceux de chez nous, s'attribuant systématiquement les mérites d'actions menées par d'autres.
De fait, je l'exclue de l'Ordre des Défenseurs de la Terre et je nomme, à sa place, comme si elle avait été désignée par vous, chères lectrices et chers lecteurs, l'association PGIEM TOBOR émanation de la population de la "commune" de Niamone où la mangrove a été replantée.
Ainsi, c'est PGIEM TOBOR qui recevra non pas 50 mais 100 euros - pour me faire pardonner ma bévue - et le diplôme, que Joshua va s'attacher à redessiner.
En attendant, souhaitons que la Justice Sénégalaise pourra punir les responsables de ce qui semble être un détournement d'argent en bonne et due forme. Haïdar el Ali n'étant plus ministre, espérons que cela facilitera l'action des juges.

Maintenant, je tiens à saluer les trois personnes du Sénégal qui m'ont ouvert les yeux, et grâce auxquelles l'Ordre des Défenseurs de la Terre n'est pas sali par la présence en son sein d'une personne indigne d'y figurer. Je leur souhaite bonne chance et grand courage pour mener à bien le projet qu'ils ont de créer un parc naturel marin dans leur région : Bon vent à ceux qui plantent des arbres et vive le Sénégal !

Cette mésaventure m'a décidé à ne plus vous proposer de personne pour le titre de Défenseur de la Terre mais seulement des associations. Il y aura moins de risques de se voir roulé dans la farine.

Moralité :

1 - Méfions-nous du Net, qui répète, qui répète, qui répète ...
2 - Le marché du carbone permet des détournement de fonds.
3 - Méfions-nous des médias.
4 - Les multinationales font rien que de la pub et de la com.

Mais tout cela, on le savait déjà ! Non ?

(*) Voici le texte de communication de Danone qui se trouve sous le lien, au cas où la page Internet viendrait à disparaître :

Le Fonds Danone pour la nature (FDN) est une initiative partenariale non partisane, conclue par le groupe Danone, la Convention de Ramsar et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le Fonds Danone pour la nature a été créé en 2008, avec un capital d’investissement s’élevant à un million d’euros.

Lutte contre le réchauffement climatique
L’objectif déclaré est de lutter contre le réchauffement climatique ainsi qu’en faveur de la préservation et de la restauration des zones humides et de la biodiversité. Le fonds est voué à soutenir des projets associant la gestion des ressources en eau à la conservation de la biodiversité, améliorant la qualité des denrées originaires des écosystèmes humides et renforçant l’aptitude naturelle de ces derniers à absorber de grandes quantités de CO2.

Intérêt du projet pour Danone
Le FDN nous fait profiter, au côté de nos partenaires de coopération, d’une plateforme privilégiée pour mener une action conjointe en faveur de la préservation de nos écosystèmes. L’affiliation au FDN met à la disposition de la Convention de Ramsar et de l’UICN un forum permettant de faire connaître l’importance des biotopes en zones humides dans la lutte contre le réchauffement climatique et de sensibiliser l’opinion publique à ce thème.

Critères de promotion
De manière générale, les projets susceptibles de bénéficier du soutien du FDN doivent satisfaire les trois critères suivants: • Contribuer à la réduction des émissions de CO2 et à l’obtention de crédits carbone en notre faveur. • Représenter une utilité réelle pour la population locale qui doit être intégrée de manière active à la réalisation des projets. • Contribuer concrètement à la préservation des zones humides et de la biodiversité dans le monde entier.

Projets sélectionnés: plantation de nouvelles forêts de mangroves au Sénégal
Dans le cadre d’un premier projet du Fonds Danone pour la nature, de nouvelles forêts de mangroves ont été plantées au Sénégal, celles-ci jouant un rôle de premier plan dans le stockage du carbone et la préservation de la biodiversité.

Les moyens financiers du Fonds Danone pour la nature ne sont toutefois pas alloués exclusivement à des projets ou à des activités autocréés, mais sont également reversés pour des programmes externes partageant les mêmes objectifs et visions.

Par ailleurs, l’ensemble des projets entrant en ligne de compte pour bénéficier du soutien du FDN doivent faire montre d’une orientation à long terme ainsi que d’un financement assuré à la fois pour la première mise en œuvre du projet et pour l’accomplissement des objectifs sociaux, écologiques et climatiques visés sur le long terme.

¹ La Convention de Ramsar désigne un traité international adopté en 1971, dans lequel les Etats membres s’engagent à participer activement à la protection et à la préservation des zones humides et de la biodiversité dans le monde entier.
² L’Union internationale pour la conservation de la nature est l’organisation la plus grande et la plus ancienne du monde à regrouper des milliers d’ONG, d’agences gouvernementales, de scientifiques et de particuliers soucieux de protéger l’environnement.