Orly ouest, ce jour, à 11H10. Assis sur mon sac, dans un coin, je lis le dernier Charlie dont la une, sur fond noir, montre Dieu en assassin qui court toujours. Une jeune femme d'environ 25 ans, jolie, bien vêtue, brune, type européen, propre, parfumée, m'interrompt dans ma lecture. Elle m'explique qu'elle est SDF et qu'elle et son copain auraient besoin d'une petite pièce pour manger ce soir. Elle est en effet flanqué d'un type, resté un peu en retrait mais qui, pour autant, ne perd rien de ce qui est dit.
Ne croyant pas un mot de son histoire, sans doute pour acheter une tranquillité, je me lève pour voir si des rondelles monétaires ne sédimentent pas dans mes poches. Dans la manœuvre, la dame découvre mon Charlie hebdo. Tout net elle me lance, en se dévoilant le plus naturellement du monde :

- Ah, c'est Charlie. Moi je ne le lis pas. Ce qui leur arrive c'est leur faute. En plus dans ce numéro ils insultent la religion et disent que Dieu est assassin.

Abasourdi, la regardant tout en sondant mes poches, je lui dis que je n'ai rien pour elle (ce qui était vrai du reste, je n'ai pas eu besoin de mentir -alaouacbar !) et je me rassois sur mon sac. Visiblement agacée elle me lance un "c'est pas grave" hypocrite et s'éloigne avec son ombre masculine à ses basques.

L'obscurantisme religieux s'avère, au même titre que celui de la finance (l'argent n'est-il pas un dieu ?), le plus prégnant des côtés obscurs de la Force.

Au fait, les bourses sont agitées ces temps-ci. Ça sent, comme en 2008, un nouveau sacrifice des peuples sur l'autel du capitalisme. Il va falloir très bientôt sauver les banquiers une nouvelle fois.

Obscurantisme quand tu nous tiens, la raison est le diable !