Les pitoyables

Je voudrais parler dans ce billet de deux personnalités du monde d'avant : Alexandre de Juniac et François Bayrou.

Le premier, fils de diplomate-écrivain - ça aide pour faire carrière - était le PDG d'Air France dans la période de reprise économique d'après la crise de 2008.
Grâce à l'argent public injecté à l'époque dans l'économie, il lui fut facile de briller à son poste.
Mais il brilla plus encore par son discours aux Entretiens de Royaumont de 2014 - le rendez-vous annuel très couru des premiers de cordées, dirait le Bel-Ami de l’Élysée - lorsque, visiblement très éméché (l'alcool libère le naturel !), il fit un discours dans lequel il s'offusqua des contraintes imposées aux entreprises françaises par le Droit du Travail, s'interrogeant sur l'âge à partir duquel on n'est plus un enfant pour être un travailleur, sur l'utilité des 35 heures et sur l'ineptie d'avoir fixé un âge pour la retraite, proposant même de mettre les grévistes en prison, tout cela afin de pouvoir lutter, "concurenciellement" parlant, à égalité avec des pays très démocratiques tel que le Qatar.
Ce fut un grand moment de pensée patronale. Un magnifique discours d'ultra-néolibéral !
Puis le sieur de Juniac (d'une fausse noblesse du genre de celle VGE - notre très cher président "#himtoo") quitta Air France et prit la tête de l'Association Internationale du Transport Aérien. Et c'est à ce titre qu'il était sur une radio "non indépendante" il y a quelques jours. Les propos qu'il y tint furent beaucoup moins provocants et grandiloquents que ceux de Royaumont. Il se plaignit de l'obligation qui est faites aux compagnies aériennes de rembourser les billets d'avion achetés par des clients qui n'ont pu faire leur voyage à cause du Covid-19. Et de dire, qu'il fallait leur laisser du temps, sans quoi presque toutes les compagnies allaient faire faillite, et patati, et patata...
Et quand la préposée aux questions-pas-trop-gênantes lui rappela que le service n'étant pas rendu, il était normal de rembourser, le faux-noble, qui n'a jamais voulu croire à la fin du pétrole vu les différents postes qu'il a occupé, s'est abaissé comme jamais un ultra-libéral ne le fit dans le passé, sans aucune pudeur, la voix chevrotante presque, pour dire qu'il demandait, "à genoux" - "à genoux" ! comme un pénitent ! - aux clients de ne pas demander le remboursement de leurs billets.
Tous les pauvres (chômeurs, gilets jaunes, exclus, malades...) générés par le capitalisme (dont "Dejuniac" est un des bénéficiaires puisque ce gars a déjà émargé à plus du million d'euro de salaire annuel !) apprécieront, eux qui n'ont jamais eut la possibilité de passer à la radio pour demander à un huissier ou à un banquier un délai pour payer quelques dizaines ou centaines d'euros de retard de paiement.
Enfin bref ! L'emparticulé Juniac vient de nous montrer à quel point l'ultra-libéralisme est aux abois dans le secteur du transport aérien (secteur qui faisait, à lui tout seul, presque 3% des émissions mondiales de CO2 l'an dernier) et ce malgré les 7 milliards généreusement accordés à Air France par "la France" il y a quelques semaines, la plupart des autres grands états ayant eux aussi mis la main au porte-monnaie pour refinancer leurs compagnies nationales.
Hélas, tout cet argent a été injecté en pure perte, principalement parce qu'il n'y a plus de pétrole. Et si vous doutez de l'inutilité de pareils refinancements, il suffit de savoir que le milliardaire Warren Buffet a vendu, il y a plus d'un mois, la totalité des actions qu'il détenait dans les 4 plus grosses compagnies aériennes étasuniennes (soit 10% de leur capitalisation totale), ce qui donne une bonne idée de l'avenir du transport aérien dans l'après Covid-19.

Le second sbire dont je voulait vous parler, c'est Bayrou ! Bayrou, l'éternel presque-président-de-la-république.
Ce type, le ridicule, il ne connaît pas !
Il était hier matin sur "Radio-La-copine-à-Macron" et ses propos furent comme un océan de vacuité, en plus d'être ennuyeux, poussifs et presque bégayés.
Il était invité parait-il, pour exprimer une vision de l'après crise : Nous fûmes servi !
D'abord, pas une seule fois, il n'a prononcé le mot "écologie". Quant à la "crise climatique", il ne connaît pas non plus !
Ensuite, pour lui, la résolution de la crise, qui "est économique, et qui sera politique et démocratique si nous n'y prenons pas garde", "parce que personne et aucun pays en particulier n'est responsable de la crise du Covid-19" 1, ne s'obtiendra que par un emprunt "de 4 à 600 milliards" (sic), emprunt dont le remboursement ne devra commencer que dans seulement dix ans 2 (un ange déguisé en banquier passa en rigolant). Et de rajouter que surtout il ne faut pas songer une seconde à annuler la dette actuelle car ce serait très mauvais.
Il s'est aussi révolté contre le pouvoir parisien qui décide de tout, jusqu'à proposer qu'à l'avenir il n'y aurait plus qu'un aller-et-retour en avion par semaine entre Pau et Paris, alors qu'il y en avait parfois 12 par jour avant, et que cela faisait bien 80 ans qu'il en était ainsi (il est bien connu que l'aéronautique, dans le Sud-Ouest, elle a commencée tôt ! Certains disent même que c'est plus vieux que le foie gras).
Enfin re-bref ! Le paumé de Pau nous a prouvé qu'il était nul, complètement ignorant de la réalité énergétique et écologique du Monde, nous suggérant, sans le vouloir, qu'il est désormais temps pour nous de changer de A à Z toute notre classe politique.

En conclusion, au regard des dernières et récentes prestations médiatisées de Juniac et de de Bayrou - tous les deux dépassés complètement par les événements et représentatifs de notre classe dirigeante - on peut dire que la situation est très, très, mauvaise ; et que cela risque de mal tourner si, nous, nous ne prenons pas "les choses" en main, c'est-à-dire imposer la mise en place d'une économie écologique - l'écodouble - économie ni capitaliste ni socialiste qui s'astreint à respecter les Lois de la Physique pour éviter l'effondrement de la Biosphère, seul genre d'économie capable de nous offrir un futur heureux et durable.



1 Visiblement, le Pau'v "cave" de Pau ne sait pas que ce sont la marchandisation de tout le vivant et les atteintes faîtes à la Biodiversité par l'ultra libéralisme qu'il soutient qui génèrent les maladies émergentes, ce que montrent de très nombreuses études scientifiques.
2 Est-ce que quelqu'un parmi nos dirigeants sait ce qui se passera dans seulement une semaine ?

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