Cela fait pas mal de temps que nous n'entendons plus Monsieur Borloo dans les médias. En fait, depuis que la crise "a lancé" son offensive, notre Super Ministre d'État de l'Écologie et de beaucoup d'autres choses se contente de faire les salons. De là à dire que seulement il sert à tenir salon, il n'y a qu'un pas.
Sur le front de la bataille qui commence il paraît éteint ; comme la croissance du reste. Et ce n'est pas étonnant tant sur le fond ses propos et ses actes n'étaient pas à la hauteur en comparaison de ceux qui eussent été nécessaires pour remédier à la crise écologique à laquelle il était sensé s'attaquer.

Maintenant, la crise financière est là !
Même si cette dernière est aussi écologique car elle est la conséquence du caractère fini de la biosphère dans laquelle notre économie se veut croissante à l'infini, il n'est plus temps que notre Super Ministre tienne le haut du pavé. Les financiers et les géants de l'industrie n'ont plus la volonté en effet de le laisser tout repeindre en vert en appliquant la devise médiatique : "Vert sur finance égale écologie"(*). La peinture engendre quelques frais, supportables lorsque tout va bien mais plus du tout en temps de pertes financières.
Dès lors, notre Ministre d'État se voit finir au fossé, un peu comme toutes les choses qui gênent ou dont on n'a plus usage dans notre société de consommation. Il avait été ivre d'importance. Le voilà livré à l'oubli. Mais pourvu surtout qu'on s'abstienne de le recycler : Il nous a fait perdre trop de temps !

En tout cas, son inactivité actuelle montre à quel point, de Ministre d'État il n'a que le nom.
En fait, avant l'entrée dans la dépression économique, le souci d'écologie affiché par le Grenelle n'était que du decorum politicien : Borloo servait les industriels-financiers dans leur objectif de contrer la prise de conscience de l'opinion en matière d'écologie.
Maintenant il se retrouve au rebut, tel un objet très éphémère de la société de consommation. C'est sa dépression par la dépréciation ! La faute à la crise qui nécessite la relance des fondamentaux de la rentabilité.

Tant que la croissance contentait les politiques, les industriels, les syndicats, les médias et surtout les financiers, ces derniers accordaient à notre Ministre la possibilité d'évoquer le problème écologique mondial à la condition que les mesurettes qu'il envisageait n'entravent en rien la réalisation de leurs profits financiers.
Et l'exemple des thermomètres au mercure est en ce sens assez significatif. Il y a quelques années ils ont été retirés de la vente et des armoires à pharmacie des foyers français.
Monsieur Borloo, avec l'argument de l'économie d'électricité, a réintroduit ce métal dans nos maisons en favorisant et planifiant le commerce des lampes fluorescentes basses-consommations qui en contiennent.
Et qu'il l'ait fait consciemment ou non, le résultat est là : c'est le plein boum de ces ampoules, qui ont bien relancé la chimie du mercure et qui en plus, pour certaines utilisations, ne sont pas économes en énergie !

Alors, vu ce peu d'importance accordé en réalité à l'Environnement, ne serait-il pas souhaitable de rétrograder Monsieur Borloo au rang de sous-secrétaire d'État à l'occasion du prochain remaniement ministériel ? Et de nommer l'actuel Ministre de la Relance, Monsieur Devedjian, Ministre d'État de la Destruction des Biotopes, de l'Augmentation de la Pollution et de la Frénésie à Épuiser les Ressources Naturelles dans la Course Vers l'Abîme (MÉDBAPFÉRNCA) ?
N'est-ce pas là un beau titre aussi ronflant que celui actuellement attribué à Monsieur Borloo ? Et aussi un bel acronyme d'énarque ?

(*) Dans la Marine on dit : "Peinture sur crasse égale propreté".