Lors de sa dernière intervention télévisée jeudi soir, Monsieur Sarkozy a affirmé vouloir relancer la construction de nouveaux supermarchés, cela afin de faire baisser les prix en faisant jouer plus efficacement la concurrence.
Que c'est beau la théorie économique !
Sur le terrain par contre, la réalité ne sera pas belle à voir. D'immenses surfaces agricoles seront encore dévastées et imperméabilisées. Les nouveaux bâtiments vont engloutir de colossales quantités de matières premières. Les camions roulerons plus nombreux pour assurer les livraisons dans les anciens et nouveaux magasins. Certains de ces magasins dans les villes, seront construits en lieu et place de quartiers résidentiels vétustes, ce qui mettra des gens modestes à la rue et diminuera l'offre de logement ... en y causant l'augmentation des loyers.
Bref ! Un désastre écologico-social s'annonce, même s'il ne se doublera pas, du moins je l'espère, d'une seconde affaire URBA qui fut dans les années 1980 un vrai scandale financier, lié à la première grande vague d'invasion de ce type de magasin (Cf. le livre "François Mitterrand et les 40 voleurs" de Jean Montaldo).
Monsieur le Président ! Les grandes enseignes de distribution sont si peu nombreuses, qu'il leur est très facile de se concerter commercialement. Leurs patrons s'entendront au cours de belles réceptions, dans de superbes résidences, sans générer les preuves écrites qui pourraient servir à condamner en justice, l'entrave qui sera faite aux règles de la libre concurrence. Voyez le cas de la téléphonie mobile.
La concurrence était réelle il y a 60 ans, quand plusieurs dizaines de milliers de grossistes assuraient l'approvisionnement et la distribution des marchandises dans le pays. Aujourd'hui, alors qu'il ne reste qu'une demi-douzaine de distributeurs, il est illusoire de penser qu'elle puisse être rétablie par une mesure dont les conséquences ne sauront qu'être néfastes pour l'environnement car les prix ne baisseront pas. Au contraire, ils augmenteront plutôt, du fait de la croissance des surfaces de vente à entretenir, pour un flux de marchandises à vendre qui demeurera lui, constant. (En effet, une augmentation du nombre de consommateurs ne se décrète pas). Et les chiffres d'Allemagne le prouvent : il y a chez nos voisins moins de surface de vente par habitant qu'en France, d'où des relèvements de prix moindres que ceux constatés chez nous. (Rendement de surface). 
Monsieur le Président ! Vous venez il y a quelques jours de réaffirmer votre attachement aux conclusions du très ambitieux, mais aussi très minimaliste Grenelle de l'environnement.
Avec pareille décision, vous êtes en totale contradiction avec ce dernier.