L'agitation sociale qui sévit en France provient du fait, en gros, que la finance demande encore des sacrifices aux petites gens. Et attention à La Note qui pourrait baiser baisser si nous n'acceptions pas de faire ces efforts ! Moody's, Fitch Ratings et Sandard & Poors veillent : nous serions punis et aurions au final à payer beaucoup plus.
Toujours est-il que les travailleurs français en grève sont, pour leur résistance face aux forces de l'argent, cités en exemple dans les médias de certains pays, notamment en Grande-Bretagne et en Russie (c'était dit ce matin sur les ondes, soit celles de France Inter, soit celles d'Europe 1).
Quant à Joseph Stiglitz, il approuve et il a aussi déclaré que les anglais et les américains devraient faire comme les français.

En fait, partout dans le Monde la finance exige, soit tout ou presque (c'est le cas en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie), soit toujours plus (c'est le cas en Europe et en Amérique du Nord).
Pour ce qui est de l'Europe, les grecs forts du tout récent "soutient" de la Chine en échange d'un port, mais aussi les Irlandais, viennent de se voir suggérer des mesures d'économies supplémentaires.
Quant aux Anglais, champions du libéralisme avec leur grande arène bancaire que constitue la City, leur gouvernement envisage de supprimer 500 000 fonctionnaires en quelques années.
Ces purges, ces délestages, ces coupes budgétaires, feront, à n'en pas douter, monter haut les bonus des banquiers et traders.

Pour autant, la crise n'est et ne sera en rien résolue.
L'érosion de la biodiversité continue, la destruction des milieux naturels s'amplifie, les pollutions sont traitées à coup de "green washing", les OGMs risquent de progresser grâce aux flous juridiques que tente d'imposer la Commission européenne, le pic du pétrole est dépassé plus tôt que prévu, nos enfants souffrent toujours d'un défaut d'éducation (*), les tensions religieuses et ethniques s'exacerbent partout dans le monde et l'été qui vient de se terminer a été le plus chaud de l'histoire de la météorologie.
Malgré cela tous nos dirigeants n'agissent pas dans le sens qu'il faudrait. Ils s'attachent juste à continuer d'obéir aux financiers qui, au final, se retrouvent bien plus forts encore qu'ils ne l'étaient au déclenchement de la crise en 2007 alors qu'ils demeurent toujours autant ruinés à cause des produits dérivés (**) qui dorment, en tentant de se faire oublier, dans les "avoirs" des banques.

En fait, aucun parti politique ne fait la moindre proposition, sinon celles de procéder à des raccommodages divers du système économique actuel. Et même les Verts ne proposent pas, mis à part Cochet, englués qu'ils sont à toujours soutenir les socialistes même lorsqu'ils sont les principaux partisans et artisans de projets déjà dépassés, comme par exemple l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (merci Monsieur le Député-Maire de Nantes).
Quel triste constat pour le Pays de la Révolution. Nos élites ne sont plus des élites : Mieux vaut désormais parler de "nullélites" ou "d'imbécélites".

Pourtant des dispositions qui seraient prises tout de suite auraient de grandes chances d'être bénéfiques pour l'économie.

Il faudrait réformer complètement la fiscalité (***) dans l'esprit de ne plus taxer le travail, de taxer à quasiment 100% les revenus du capital, de favoriser les activitées écologiques et enfin mettre en place une TVA sociale. Celle-ci aurait pour objectif la taxation des produits manufacturés dans des pays dépourvus de couverture sociale, produits que nous importons massivement.
Il faut faire en sorte qu'il y ait partout une obligation de résultat pour l'éducation de nos jeunes, qu'ils sâchent tous lire et écrire à la sortie du primaire.
Il faut réduire la publicité.
Il faudrait laisser les gens libres de travailler comme, quand et jusqu'à quand ils le veulent, par un système à points laissant part entière à la solidarité pour les accidents et maladies professionnelles, pour les temps de maternité des femmes et pour ceux ayant un métier pénible.
Il faudrait faire en sorte que l'on ne puisse être fonctionnaire que 20 ans et pas plus durant sa carrière.
Il faudrait préparer les gens, dès l'école, au fait qu'ils auront dans leur vie plusieurs métiers, le temps passant.

Ensuite, il faudrait privilégier l'emploi et mettre en place une nouvelle économie (je l'ai déjà écrit souvent sur ce blog), d'abord en parallèle de l'actuelle, qui toute tournée vers l'écologie pourrait mettre ou remettre au travail des millions de personnes en Europe.
Largement fondée sur le génie écologique, ce pan d'économie aurait pour but de réparer le plus possible les dégats faits à l'environnement et produire de la biodiversité, c'est-à-dire ce qui pourrait nous faire vivre dans 20 ou 30 ans, lorsque la fin quasi complète du pétrole sera advenue.
Ainsi, il faut reconstituer le bocage partout en Europe, planter des arbres le plus possible, restaurer les zones humides qui filtrent l'eau mieux que n'importe quelle usine. Et pourquoi ne pas créer un Service National Agricole rémunéré pour réaliser cela ?
De façon plus innovante, il faudrait, partout le long de nos côtes, lancer la fabrication et l'immersion de récifs artificiels comme ceux fabriqués par les japonais, cela pour changer la pêche et sauver les mers et océans.
Il faudrait révolutionner le bâtiment : tout nouveau bâtiment ne devrait être que passif, avec des formes efficaces sur le plan énergétique et encourager à la réfection sérieuse des isolations sur l'existant.
Enfin, il faut impérativement mettre en place une réelle politique de l'énergie et de l'économie d'énergie, faciliter les transports en commun et le télétravail, arrêter de construire des aéroports et des autoroutes, soutenir la recherche sur les solutions d'éclairages, sur le solaire thermique et thermo-électrique... 
Tout cela serait à faire ; en remettant  bien sûr en cause les règles de l'OMC et en interdisant toutes les spéculations financières.

Utopique, direz-vous ?
Pas autant que de vouloir relancer la croissance et espérer sauver les banques de la faillite.

(*) Chaque année, c'est désormais une constante, des semaines entières de cours sautent du fait d'agitations. Et cela ne risque pas de s'arranger par les décision prises puisque par soucis d'économie, en France, on ne prend même plus la peine de former à enseigner les futurs enseignants.
(**) Une lecture régulière du blog de Paul Jorion nous apprend cela.
(***) La fiscalité actuelle est anti-écologique.