Matignon a fait part de la nouvelle ce matin à 10H33, par l'intermédiaire du Directeur de Cabinet de Jean-Marc Ayrault, que le gouvernement ne soutenait plus le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Dans son communiqué, assez long, le gouvernement affirme qu'après une très "sérieuse réflexion", "il n'était pas raisonnable, finalement" de vouloir construire un aéroport supplémentaire, cela d'autant plus que "l'aéroport de Nantes est loin d'être saturé, qu'il est possible de doubler sa capacité d'accueil et de supprimer ses nuisances sonores sur la métropole par la construction d'une nouvelle piste orientée Nord-Ouest Sud-Est" (travaux évalués à 110 millions d'euros) et que depuis 2011 "le trafic aérien mondial semble vouloir s'orienter à la baisse".

Le communiqué précise aussi que le projet présenté par AGO VINCI (500 millions en Partenariat Public Privé, dont presque 300 fournis par le contribuable), qui comporte deux pistes convergentes, ce qui nuit gravement à la sécurité d'après tous les syndicats de pilotes de lignes, "paraît avoir été défini à la va-vite, avec un manque de professionnalisme et de connaissance des règles d'aménagements aéroportuaires", qui plus est "sans aucune concertation avec les populations concernées".

Le gouvernement, fort de cette mise au point, fait ensuite remarquer que les routes et voies ferrées qui devaient desservir le site de ce projet désormais caduc se trouvaient à la charge des contribuables et qu'il y avait donc, en annulant le projet, un gisement d'économies à la hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros, "toujours bons à prendre dans le contexte de restrictions budgétaires aujourd'hui nécessaire", sans compter que "des centaines d'hectares de terres agricoles s'en trouvent sauvées.
Il rajoute que la perte des ressources en eau qu'aurait inévitablement provoquée la réalisation du projet, situé au milieu d'une immense zone humide (rappelons que les zones humides sont normalement protégée par la loi), très riche en biodiversité, aurait dû être compensée par un prélèvement d'eau dans la Loire, en amont de Nantes, ce qui aurait nécessité la construction d'une usine de traitement de ces eaux pour un montant de 100 à 200 millions d'euros et qui, "bien sûr", ce serait retrouvée devoir être financée par la collectivité.

Le message continue en annonçant que les forces de l'ordre, qui en véritable armée d'occupation essayent de contrôler le site depuis le mois d'octobre, rappelant de très sombres heures de notre Histoire, vont, dans les heures qui viennent, rentrer dans leurs casernes et permettre ainsi un certain désengorgement des hôtels de la région, engorgement qui avait eu pour conséquence, durant l'hiver écoulé, d'empêcher le logement d'urgence de quelques familles laissées sans revenus du fait des rigueurs de la crise qui nous frappe.

Ensuite, et là c'est un fait nouveau, le communiqué précise que tous les élu(e)s et responsables socialistes ayant reçu des pots-de-vin de la part de VINCI s'engagent à les restituer à leur corrupteur, "jusqu'au dernier millier d'euros", et invitent leurs amis de l'UMP à faire de même, cela afin de prouver au peuple français que "la classe politique sait faire preuve de probité dans les périodes de crise".
De plus, il a été décidé que les partis politiques qui avaient soutenu le projet seront mis à contribution afin de rembourser à l’État les dizaines de milliers de nuits d’hôtels qui ont été nécessaires pour le logement des gendarmes et CRS de l'opération "César".
Enfin, il va être demandé aux élus qui ont signé avec VINCI, au nom de l’État, le contrat de Partenariat Public Privé, qualifié de "biaisé et particulièrement déséquilibré", surtout du fait des indemnité exigées par la multinationale en cas d'abandon du projet, de présenter leurs excuses au Peuple de France et de renoncer à tous leurs mandats électoraux en cours tout en promettant de ne plus jamais en briguer aucun.
Et le communiqué de finir en annonçant que dès demain, l’État déposera plainte contre VINCI, notamment pour "tentative de destruction de biotopes remarquables, volonté manifeste d'attenter à La Nature, destruction de bâtiments sans désamiantage préalable ainsi que pour malhonnêteté et volonté d'appropriation de bien public".

Est-ce un début de prise de conscience de nos dirigeants qui commenceraient à comprendre qu'il n'est plus temps de laisser faire le capitalisme ?
Toujours est-il que l'ensemble des personnalités politiques s'est déclaré en accord avec cette décision qui pourrait annoncer, peut-être, un changement de comportement des pouvoirs publics vis-à-vis des banques.