Notre premier éco-ignare de 2010 est avocat ; il s'appelle Alain Gauvin.
Il est éco-ignare parce qu'il ne sait pas qu'au-dessus de lui, au-dessus de ses clients, au-dessus de toutes les petites lois humaines qui font son beau petit quotidien, il y a des Lois qui ne peuvent être contournées : celles de la Physique.

S'il fallait le présenter, je dirais qu'il n'est pas de ces avocats qui noblement défendent les plus démunis, les plus faibles. Pas de ceux qui, souvent commis d'office, œuvrent à défendre les gens qui ne peuvent pas payer d'honoraires alors que, par exemple, victime de la mondialisation ils ont quitté leur pays et sont devenus, ici en Occident, des "clandestins" en attente de reconduite à la frontière. D'ailleurs et entre parenthèses, ne croyons pas qu'il n'y a que de jeunes avocats débutants pour défendre ses pauvres Humains à qui l'on a tout légalement volé dans leur pays : de nobles avocats, il s'en trouve de tous les âges.

L'éco-ignare Alain Gauvin est avocat d'affaire dans un grand cabinet parisien, cabinet qui après s'être payé sa normalisation "PIPO" 9001 qui, je peux le dire par expérience, garantit plus une qualité virtuelle que réelle, a décidé de s'offrir son bilan carbone pour être dans le vent du "Green Washing" dont l'un des grands Maître est son confrère Borloo.
Car le "green washing" se fait aussi dans les dossiers d'avocats ! Ne le saviez-vous pas ?
Mais que les auditeurs (payés par ceux qu'ils auditent ce qui est sans doute le gage d'une absolue impartialité) aient pris en compte le CO2 émis par les gros 4x4 et autres voitures de sport de nos riches avocats garées sur le parking du cabinet, peu importe ! Et peu importe aussi, s'ils n'ont pas compté le CO2 craché par les avions que les plaideurs ne manquent pas d'utiliser pour leurs voyages luxueux et lointains que leur permettent leurs confortables honoraires ! Qu'un mode de vie soit "inécologique" n'est pas important pour eux ; le principal est d'avoir fait son bilan carbone ! Pour être juste dans le tempo du green business, en phase avec des clients amoraux qui font croire aujourd'hui qu'en toutes choses leurs productions sont plus vertes que vertes, alors que leur activité principale est de détruire systématiquement la Nature et les Humains qui y sont associés.
Parions que d'ici peu, les grands avocats de ce grand cabinet plaideront en robe verte avec bavette verte, "manteaunée" d'une épitoge arc en ciel.
C'est très développement durable ! La planète sera sauvée ; et l'Humanité avec !

Mais revenons à nos moutons !
Alain Gauvin a écrit un livre sur les CDS qui sont tous, pour lui, de bons instruments financiers, utiles pour l'économie.
Sur le blog de Paul Jorion, un article explique bien pourquoi notre éco-ignare se trompe en affirmant cela.
Je ne domine pas assez le sujet des Assurances sur les Défauts de Crédit (traduction de CDS) pour critiquer Maître Gauvin sur les détails de la spécialité dans laquelle il est virtuose : Paul Jorion et ses collaborateurs s'en sont chargés avec brio et justesse, sans aucun doute.
Par contre, en tant que géologue, je me sens tout à fait en mesure de penser - si le droit de penser demeure - que le grand Maître du "produit dérivé" n'a pas compris que l'économie qu'il défend est virtuelle, au seul service des financiers, déconnectée en tout des réalités physiques et humaines. Il ne sait pas que ce qu'il défend n'existe pas thermodynamiquement parlant. D'ailleurs sa consœur Lagarde, ministre actuel de l'économie, ne le sait pas non plus.

En fait, Maître éco-ignare ne sait pas que des choses peuvent être légales tout en s'avérant létales à terme pour la Vraie économie (et peut-être même pour l'Humanité toute entière, mondialisation oblige). C'est le cas, sur les marchés financiers, des produits dérivés ou autres subprimes et des bidules scandaleux nommés CDS ou CDO.
Maître finance ne veut pas savoir qu'au-dessus des lois des Humains édictées par les lobbies - leurs valets les politiques les mettant en application ensuite - il y a les Lois de la Nature.
Notre éco-ignare n'en a que faire.
Et pourtant !
Ne sait-il pas que les peuples, en sortant du cadre de la légalité, se chargent parfois de faire revenir à une certaine morale lorsque la réalité devient par trop insupportable pour eux ?
Ne voit-il pas que la finance bafoue la réalité sans vergogne et sans répit ? Ne voit-il pas que des centaines de millions d'enfants, de femmes et d'hommes sont broyés et bien souvent assassinés par ses clients ?

En tout cas, Madame Angela Merkel n'est pas d'accord avec lui et c'est tant mieux.
Elle semble avoir compris que les Nations veulent savoir comment marche la finance qui leur coûte tant, en sang, sueurs, larmes et argent. Elle sait que les peuples ne peuvent comprendre le pourquoi et le comment des "produits" financiers abscons défendus par Maître Gauvin et dont la complexité mathématique ne permettra jamais la transparence nécessaire à la Justice et à la Démocratie.

Oui cet avocat a écrit des choses révoltantes et choquantes sur les CDS !
Mais pour autant, je n'en veux pas à ce grand défenseur du "veuf et de l'orphelin de la finance" (si tant est qu'il puisse s'en trouver) car ce personnage du Droit me fait, finalement et accessoirement, bien rire car il fait preuve d'une gauche ignorance des Lois de la Nature. Et puis il est vrai que toute personne a le droit d'être défendue, même les financiers, quand bien même seraient-ils devenus aujourd'hui les plus grands criminels de l'Histoire par les dégâts qu'ils font subir à la biosphère et à "l'humanosphère", leurs profits étant toujours la destruction de ces dernières.
En tant qu'avocat d'affaire, il est devenu un individu du virtuel à côté d'un Monde de réalités. Il est à côté de la plaque, rêvant peut-être à la loi des lois qui reste à faire adopter par nos politiques et qui pourrait faire en sorte que toutes les richesses de l'Univers puissent contenir dans les poches de ses clients ; les siennes se remplissant par voie de conséquence, bien entendu.

Alors cher Maître ! Pardonnez-moi si je vous arrache à vos rêves.
Nous vivons sur une petite planète dont les richesses ont été presque complètement dilapidées par des gens parmi lesquels figurent vos clients. La fête est bientôt finie pour eux. Gardez-vous bien d'être un jour assis sur le banc des accusés de l'Histoire.
Si cela advenait, je serais malgré tout, c'est promis, votre défenseur si vous n'en trouvez pas qui veuille plaider pour vous. Mais je vous avoue qu'il me sera difficile de mettre autant de zèle à votre défense que vous en mettez à défendre vos clients financiers dénués de toute conscience, de tout scrupule : question de Morale !
Morale que vous auriez dû, toujours, considérer au-dessus de Votre Droit des affaires.

"Bien cordialement".