Vous vous souvenez que je vous avais expliqué que tous les jours, sur l'île française d'Amsterdam, au milieu de l'Océan Indien, un jeune scientifique s'emploie à mesurer la chimie de l’atmosphère. En d'autres termes, il mesure les proportions des différents gaz qui la composent.

En fin d'année dernière, le scientifique chargé de ces mesures m'avait confié qu'il craignait de voir la teneur en CO2 atteindre 400 ppm ''(*)'' à la fin de 2016.
Et bien au mois de mai 2016, cette valeur de 400 ppm était atteinte ; en avance de 7 mois.

Quelqu'un qui connaît un peu les Lois de la Physique ne s'en étonnera pas.
En effet, la température moyenne de la Terre (dite "température globale") bat record sur record depuis plus de 9 mois.
Cela veut dire que les mers et océans sont très chauds. El Niño et Blob en témoignent.
Comme la solubilité du CO2 dans l'eau diminue quand la température de l'eau augmente, le CO2 émit par l'économie est de moins en moins absorbée par les mers et océans.
Dès lors, le CO2 en surplus dans l’atmosphère augmente l'effet de serre, ce qui augmente la température des mer et des océans, et ainsi de suite. Bref ! un très fort effet boule de neige (je n'oserai pas dire "fondue") autrement appelé "effet exponentiel", nous conduisant à un basculement.

Vous aller me dire que ce raisonnement est simpliste.
Je vous répondrai qu'il l'est moins que n'importe quel raisonnement d'économiste néolibéral pour qui la bouffonnerie de la COP21 restera une grande victoire des capitalistes, eux qui ne se sont toujours pas rendus compte que tout est foutu au niveau du climat. Car un effet boule neige ne s'arrête pas d'un claquement de doigt lorsqu'il est amorcé : Telle est la dure réalité des exponentielles !

Nous allons maintenant subir le changement climatique, impuissantes et impuissants, jusqu'à l'établissement d'une nouvelle période climatique, qui, assurément, n'offrira pas les conditions thermodynamiques nécessaires à la vie de l'Humanité.

(*) ppm veut dire "partie pour million" ; dans le cas qui nous intéresse, la mesure indique que sur 1 million de molécules prises au hasard dans l'atmosphère, 400 sont des molécules de CO2.
Cela correspond à une concentration en CO2 de 0,04 %.
Pour rappel la concentration en CO2 qui provoque la mort est de 3 %. Les optimistes diront sans doute qu'on a encore du temps.