Résumé des épisodes précédents : Autour de la table du Conseil des Présidents, petite assemblée cauchemardée par Sarkozy, Charles de Gaulle en est venu à décrire la catastrophe écologique causée par l’économie financiarisée pour, finalement, commencer l'exposé d'un programme économique et de grands travaux d'un nouveau genre. Les autres présidents l'écoutent, parfois ironiques, parfois, passionnés, parfois distraits, parfois intéressés. Quant à Hollande, présent en observateur, il prend des notes.

Jacques Chirac – Pfutss ... uufff ... ronroooonnn ... il a pas fait un AVC et i a pas b c du ciboulot le vieux, avec son IABCÉ nouveau ! Ronronnn ... Ronronnn ...

Charles de Gaulle – Merci Chirac.
Mais je continue.
Un autre grand chantier sera la refonte complète de l'Agriculture !
Bien entendu, la restructuration du paysage par le rétablissement des trames vertes et bleues y contribuera largement. Mais nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin. Les acquis obtenus par une certaine partie de la communauté scientifique, qui tout en restant rigoureuse s'est voulue plus intuitive et expérimentale que théorique, nous montre qu'une agriculture nouvelle est possible.
Des français, comme Rabhi et les Bourguignon, ont grandement contribué à mettre au point certaines de ces façons de cultiver, bénéfiques à la fois pour les sols et notre santé, tandis que des associations se sont attachées à conserver et bonifier des semences adaptées à tous les climats, tout en développant elles aussi des méthodes de traitements et d'amendement écologique.
Il serait idiot de ne pas s'appuyer sur leur savoir pour, d'une part, retrouver dans nos assiettes des produits sains et nourrissants tels que ceux que nous mangions avant 1950 et, d'autre part, nous débarrasser du joug des multinationales empoisonneuses par leurs chimies et qui, en outre, ont établi des monopoles sur le vivant qu'elles n'ont cessé d'appauvrir.
Le temps de la normalisation des produits agricoles est terminé. Nous voulons de nouveau nous régaler des délices de la variété, qui viendra en abondance, puisque l'ONU nous affirme que l'agroécologie généralisée à l'échelle du Globe peut, en seulement 10 ans, doubler la quantité de nourriture produite chaque année.

Francois Hollande – Heuuu ! Vous allez trop vite ; je n’arrive pas à prendre mes notes.

CdG – Le grand chantier suivant sera de mettre en place des circuits courts de récupération de matériaux. Et comprenez tout d'abord que je n'évoque pas le recyclage qui consomme, lui, une énergie folle !
Bien que partout et pour toutes choses nous puissions trouver des objets ou des matériaux pouvant être récupérés, il est un problème qu'il faut résoudre et qui offre un horizon immense pour la récupération : Dans tout le Pays, des décharges sont pleines de terres, de pierres, de métaux. Lorsque techniquement c'est possible, lorsqu'il ne s'y révèle aucune pollution, ce qui imposerait alors d'utiliser des moyens plus importants, cela afin de ne pas exposer les ouvriers, il faut tout ou presque passer au crible, pour trier, à la force des bras, en s'aidant tout de même de petits engins peu puissants pour excaver.
Il y a dans cette mission vitale pour l'humanité, un gisement d'emplois considérables durant la période de transition de 25 années dont je vous ai parlé tout-à-l'heure.
Je veux que ces récupérateurs soient particulièrement bien payés, presque autant que ne le seront les médecins dans la société que j'imagine, à un niveau bien supérieur à celui que nous accorderons aux banquiers tenanciers de nos banques nationalisées.
Parmi les matériaux récupérés, une grande partie, quand il s'agira de terre, pourra être utilisée pour confectionner les merlons nécessaires à la plantation de haies autour des prés et des champs.
Et voyez-vous, cela me fait chaud au cœur de penser qu'un grand nombres de jeunes gens comme ma petite Anne, parfaitement encadrés parce que nous y veillerons, vont pouvoir trouver un emploi reconnu parmi ceux offerts dans ce secteur d'activité, et autant dans celui de la restructuration du paysage. Leur volonté et leur application fera merveille.
Ces travailleurs feront que nous disposeront de nouveau des montagnes de matériaux que la société de consommation a honteusement gaspillés, ou bien alors ils seront de magnifiques planteurs d'arbres, les égaux du Grand Elzéard Bouffier, mon héros.
Mais, je vous l'ai dit, d'autres voies pour la récupération sont à explorer, comme celle par exemple qui consisterait, pour un bâtiment, dès avant sa construction, d'avoir imaginé sa déconstruction, afin que ceux qui s'en chargeront, puissent réutiliser, le plus possible et tels quels, les éléments qui l'auront constitués.
Comme je ne veux pas m'attarder je passe au grand chantier suivant qui est celui de l'économie d'énergie. Il y a en eff ...

Nicolas Sarkozy – Pardon de vous interrompre mais je ne vous ai pas fait venir pour entendre de pareils discours gaulli … gauchistes.

CdG – Sarko, vous êtes un cauchemar pour la France. Vous êtes viré !

NS – Non ! Non ! Pas viré ! Pas viré ! C'est pas juste ! L'autre, il va faire comme moi avec mes amis et pourtant il reste.

CdG – Dehors ! Vous reviendrez à la prochaine séance. Vous ne serez alors plus le Président en exercice. Cela vous calmera peut-être. Dans le cas contraire, il se peut bien que je ne vous accorderai pas le droit de parler tant vous bouillez et explosez d'impolitesse. Bon à rien ! Dehors j'ai dit !

NS – Non ! Non ! Pas viré ! Pas viré !

Carla Bruni, qui s'était levée pour aller aux toilettes, rentre juste dans la chambre quand Nicolas commence à s'agiter.
- Mais qui y a-t-il mon toutou ?

Sarko se réveille en sursaut, bondit hors du lit et, tout nu, sort dans les couloirs de l’Élysée en criant :
- Je suis plus Président ! Je suis plus Président !

(À suivre)