Le Foll, porte parole du très gauche, pour ne pas dire nul et néolibéral, gouvernement actuel, était l'invité d'une grande radio, il y a deux ou trois semaines.

Le moins que l'on puise dire, c'est que le Stéphane, il ne manque pas d'air quand il répond aux auditeurs-citoyens qui lui posent des questions. Après avoir caressé, bien dans le sens du poil, un agriculteur qui s’était épanché sur sa crainte de ne plus pouvoir épandre assez de pesticides (*), Monsieur Stéphane Le Foll traita de menteur un paysan bio, éleveur de 18 vaches sur 18 hectares (**), parce que ce dernier lui affirmait que les subventions qui lui sont attribuées avaient baissées.
Notre bon ministre s'emporta même en direct, ne supportant pas qu'un gars qui n'est pas dans l'industrie de la "merde-alimentaire" puisse mettre en doute tout le beau discourt officiel qu'il tient depuis 2 ans sur les mérites de l'agroécologie et les efforts du gouvernement pour encourager la filière bio. Plusieurs fois, le puissant à dépassé les bornes dans sa réaction et le paysan n'a pas eu le droit de s'expliquer en détail.
Après enquête des journalistes de Radio-Paris-nouvelle-formule, cette dernière a pris soin de défendre son cher ministre et a donc déclaré, quelques jours plus tard, que l'agriculteur avait bien menti, ses aides ayant bien augmentés en 2014, de quelques 500 ou 600 euros.
Maintenant, si le paysan a été imposé par ailleurs de 700 ou 800, ou même 1000 euros supplémentaires en 2014 par rapport à 2013, cela expliquant la baisse qu'il évoquait, nous ne le saurons jamais.
Ouf ! L'honneur de notre ministre est sauf. Mais personnellement parce que j'ai pu constater, de mes propres yeux et oreilles, la distorsion extrême entre la réalité à Notre-Dame-des-Landes et les compte-rendus qui étaient diffusés sur Radio-Paris-nouvelle-formule, je préfère encore croire le paysan bio. Surtout qu'en ce qui concerne, par exemple, les pesticides, on nous avait certifié que la situation s'était améliorée, alors qu'au final l'année 2013 aura vu la consommation de ces produits augmenter de 9,2%, sans compter la consommation non déclarée dont les bidons auront été achetés en Espagne par des agriculteurs, viticulteurs et arboriculteurs très fidèles aux produits d’antan.

Ah, le beau discourt officiel !
Dans ces conditions, quel culot il a Le Foll, de mettre en avant un rapport sur l'agroécologie qu'il a lui même commandé et dans lequel ne figure ni le nom de Pierre Rabhi ni ceux de Claude et Lydia Bourguignon mais où figure bien les noms de grands tenants de l'agro-industrie (l'INRA, dans la page d'introduction, puis, dès la page 6, Terrena, Triskalia et Agrial, mais aussi le groupe ESA, dont les partenaires sont, entre autres, Crédit Agricole, Lactalis, Sander, Jardiland, Roullier).

Mais ce n'est pas fini !
Lors de cette intervention radiophonique, un autre auditeur lui a demandé quand son gouvernement allait enfin se décider à "mener une politique de gauche".
Outré par la question, le Sieur partit dans une tirade qu'il voulait sans doute grandiose mais qui ne fut que pompeuse. Il énuméra, avec emphase, des mesures ou des mesurettes, toutes en projets ou bien si futiles, dans le contexte économico-énergétique actuel, qu'il était bien inutile d'en faire le moindre cas, fussent-elles de gauche. Et de finir par la preuve des preuves que son gouvernement est bien un gouvernement de gauche en disant, presque triomphant, que "jamais on avait mis autant de moyens dans l'éducation nationale".

Ah, que c'est beau !
Aaaah ! Les sacro-saints moyens socialistes pour le grand foutoir qu'est l'éducation nationale devenue, véritable machine à faire des consommateurs, des incultes et des illettrés ! C'est même le ministre Macron qui le sous-entend ! Car, c'est un fait, les ouvriers de GAD sont aussi passés par l'école de la République ! N'est-ce pas ? (Bon d'accord ! là, j'abuse un peu en abusant du sophisme. Mea culpa).
Sur le moment, j'eusse aimé rétorquer au très mauvais parleur du gouvernement que ce n'est pas seulement en mettent des moyens, c'est-à-dire de l'argent, dans l'éducation qu'on est forcément de gauche. La façon d'injecter de l'argent dans cette institution a son importance. Or, il se trouve que l'argent qui lui est consacrée en ce moment sert plus à acheter des ordinateurs et des tablettes aux apprentis-consommateurs, futurs parfaits consommateurs, qu'a financer une formation aux enseignants, avant leurs affectations, ainsi qu'une sélection de ces derniers faisant une large part à leurs motivations et à leurs compétences naturelles pour capter un auditoire. Car il ne faut pas qu'il perdre de vue, le ministre, qu'à l'école primaire les enfants doivent en priorité apprendre à lire, écrire, compter et s'exprimer, de façon à ce qu'ils sachent apprendre toute leur vie durant pour faire de bonnes citoyennes et de bons citoyens.
Alors sachez le, Monsieur Le Foll : Acheter en masse des ordinateurs et des tablettes, cela revient à accorder des subventions à des multinationales qui n'en n'ont pas besoin et qui, en outre, se sont toujours arrangées pour ne pas payer d'impôts sur notre territoire.

Sur ce, c'est-à-dire sur la base de ce qui précède, Monsieur le porte-mensonge du gouvernement en rien-social, je me permets d'affirmer que vous vous foutez des générations futures !
Vos intentions réelles pour l'agriculture sont uniquement de favoriser l'industrie des semences, pesticides, OGM et élevages de masse au détriment de l'environnement et de la santé de nos enfants. Vous n'avez pas hésité à détournez le mot "agroécologie" à cette fin. Vous modifier l'école pour qu'elle soit à même de former des consommateurs et consommatrices et non plus en charge de faire naître des citoyennes et des citoyens. Vous inondez les classes d'objets numériques à cette fin. Vous privez de terres nourricières nos enfants, petits-enfants et tous nos autres descendants, en autorisant et en appuyant par la force et la violence policière des projets dangereux ou imbéciles, qui n'anticipent en rien les changements climatiques et énergétiques à venir. Parmi les projets imbéciles et dangereux, ont peut citer ceux de Bure, de l'EPR, de la ferme des 1000 vaches, de la prolongation des centrales nucléaires françaises, d'un parc d'attraction, d'une multitude de barrages dans le seul but de garantir, provisoirement, de l'eau à des producteurs industriels de maïs.
Tous ces projets sont très symboliques de votre engagement à servir les multinationales. Vous allez jusqu'à violenter et emprisonner des jeunes et des syndicalistes et même jusqu'à devoir prendre la responsabilité de la mort d'un jeune naturaliste pacifique à cette fin.

Et à propos de symbole, le meilleur pour la fin !
Sur le site du projet de barrage de Sivens, le dimanche 14 septembre 2014, des enfants des alentours avaient replanté des arbres sur la zone dévastée par les tronçonneuses. Chaque petit arbre portait une étiquette sur laquelle le nom du planteur ou de la planteuse était écrit. Le lendemain, la gendarmerie multinationale a chargé les zadistes en piétinant, littéralement, la toute fraiche plantation.
Quand je vous le dis, Monsieur le Menteur, que vous n'en avez rien à foutre de la jeunesse ! Cette jeunesse, à qui vous êtes incapables de donner du travail ! Alors que vous le pourriez, si seulement vous vouliez sortir du système financier actuel ; en faisant défaut sur la dette par exemple !
Vous en avez tellement rien à foutre de cette jeunesse, que vous ne vous interdisez ni de l'empoisonner, ni de l'irradier, ni de la violenter, ni de la blesser, ni de la piétiner et pas même de la tuer !

Une chose est donc certaine : Vous n'êtes pas de gauche ! Vous ne l'avez jamais été ni ne le serez jamais !
Vous êtes seulement, parmi d'autres, un vil serviteur de la finance.
Vraisemblablement corrompu qui plus est, comme toute "notre" haute caste politique, quasi intouchable, car comment expliquer autrement l'empressement dont vous faites preuve, toutes et tous, pour toutes les décisions iniques, stupides, dangereuses, antidémocratiques que vous prenez ?




''(*) Malgré tout ce qu'on nous raconte, la quantité de pesticides épandue en France a augmenté depuis 2008 (chiffres de 2011, 2013)
Ah, la belle prise de conscience !''
(**) C'est marrant mais j'ai tendance à croire que ces seuls chiffres sont un gage de qualité pour la production de ce paysan.