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jeudi 9 juin 2011

La faux

Dans les années 1981-1984, j'ai eu la chance de côtoyer un paysan de l'Ariège qui eût la bonté de m'apprendre à faire trois choses matérielles importantes, et peut-être essentielles, pour "ma vie de dans très bientôt" :
- confectionner des paniers de lanières de noisetier tressées sur ossature en branches de châtaignier ;
- greffer les arbres ;
- piquer les faux.

La semaine dernière, après le boulot, je m'étais invité chez un couple d'amis qui vit dans une belle petite ferme en cours de restauration avec des matériaux locaux mis en oeuvre à l'ancienne.
Une vieille faucheuse, d'une ancienne marque réputée, achetée sur Internet il y a quelques mois, venait juste de faire son premier essai dans les mains de mon ami, le "heureux" nouveau propriétaire.
Elle pissait de l'huile par tous ses joints ! Une très grosse révision s'imposait, très coûteuse en temps.

J'étais arrivé dans un petit moment de déception bien compréhensible. Et tout autour de nous, l'herbe qui menaçait de nous étouffer !
Comment faire pour survivre ?

Nous allâmes chercher une faux récente, achetée au magasin moderne des environs, faux qui bien sûr n'avait jamais été piquée, et qui, de ce fait, n'ayant pas déclenché l'entousiasme propre à chaque nouvel achat, s'était retrouvée reléguée dans un coin.

Mon ami, très occupé par les travaux sur la maison, n'avait jamais eu le temps de marteler le tranchant de l'engin de coupe.
Pourtant, il savait bien qu'il fallait le faire.
D'ailleurs, il avait récupéré une de ces vieilles petites enclumes, outil indispensable pour bien lameller le métal tout le long du tranchant.
Mais, en plus du temps qui lui avait manqué, s'il ne l'avait pas fait, c'est qu'il savait aussi que piquer une faux est affaire délicate.

Dès lors, fort de ma petite expérience pyrénéenne (merci Urbain), j'étais son sauveur !

On sépara faux et manche ; l'enclume fut plantée dans un gros bout de bois devant un confortable tabouret.

En moins d'une heure, entre enclume et marteau, le tranchant était, sur 3 à 4 millimètres de largeur, fin comme une fine feuille de papier et, précision importante, non ondulé.

Faux et manche furent ré-assemblés.
Un coup de pierre à faux fut donné et, tout de suite, "la bête" s'essaya au service. Nul effort était nécessaire pour couper l'envahisseuse.
Le bruit était bon. L'engin, sous réserve de quelques autres petits piquages, se trouvait sur la voie de la perfection.

Nous étions contents et nous partîmes consulter le Net, pour voir le vrai sur la faux.

L'herbe pouvait bien continuer de pousser : il serait toujours temps de la faucher ; avec la faux et un peu d'énergie humaine ; avec pour résultat de garder la forme et de s'entraîner au travaux des champs, qui reviennent en force.

La faux ! c'est la tondeuse du futur ! Essayez-là !

Et le plus beau, le plus poétique, pour la fin ... du pétrole.

samedi 26 février 2011

Les têtards

Si dans votre jardin vous avez une haie de saules ou de frênes et que le temps est venu pour vous de les tailler, vous ferez un geste considérable en faveur de l'environnement si vous optez pour une taille en têtard.

Vous offrirez gîte et couvert à quantité d'animaux de tous poils, de toutes peaux, plumes et élytres, tout en vous façonnant une haie qui, au bout de quelques années, sera de toute beauté.

samedi 13 novembre 2010

Coccinelle et coccinelle

Le monde bouge et ses espèces habitantes se déplacent.
Les humains immigrent, voyagent, migrent et font des affaires ; toujours avec des bagages.

Un jour, lors d'une promenade sur les berges de la Loire à Nantes, à la recherche d'une fleur sauvage, j'ai rencontré un de ces bagages d'humains, un de la catégorie très spéciale "je fais du business avec n'importe quoi et peu importe les conséquences".
Vous allez me demander ce qu'est cette catégorie de bagages !
Pour vous répondre simplement, ledit bagage est au centre de la photo suivante, au milieu de son garde-manger, rouge avec des points noirs.




















Une coccinelle, le bagage ?
Oui !
Mais pas une de celles qui vivent en Europe d'ordinaire. Il s'agit d'une coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), introduite par des gens qui prétendaient faire de la lutte biologique sur les cultures infestées de pucerons et qui l'ont préférée à la jolie coccinelle à 7 points, ou à la non moins jolie coccinelle à 2 points.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Maintenant, la nouvelle venue s'avère invasive et elle s'attaque aux larves de ses cousines européennes.
Qu'à cela ne tienne !
La commercialisation de "la terreur d'Asie" reste autorisée dans les jardineries de France (l'effet Grenelle de l'environnement sans doute), le fisc n'ayant pas l'intention de se priver d'encaisser 19,6% de TVA sur les ventes d'un "produit", fut-il à même de faire disparaître plusieurs espèces de coléoptères.

Au fait ! Il ne faut pas confondre la coccinelle à 22 points, ou celle à 14 points, avec une des variétés jaunes de "l'ogre d'Asie".
Un petit récapitulatif photos, pour en voir de toutes les couleurs ?

Le même jour, au même endroit, j'ai photographié le "bourreau" à côté de sa victime à 7 points.

Un peu plus loin, le "méchant" avait changé de costume.

Mais je l'ai reconnu.

   

mercredi 15 septembre 2010

La goutte d'eau

Il y a quelques semaines, lors d'une séance de débouchage d'un vieux puits maçonné, j'ai remarqué, sous une gouttière, une perle d'eau contenu dans un tapis de soie d'araignée.

La situation très instable de cette goutte, et sa limpidité, m'ont poussé à prendre quelques photos et alors que j'avais mis un crayon pour donner l'échelle du phénomène, une fourmi en prospection eut la bonne idée de passer dans le champs pour préciser naturellement la taille de la curiosité. Qu'elle en soit remerciée.

Derrière l'objectif, durant la scéance d'immortalisation, l'image de l'Humanité et de son actuelle position précaire me vint à l'esprit : Combien de temps avant la chute ?

Pour ce qui est de la goutte, elle tint une demi-journée : Un très fin crachin, propre à la Bretagne, fit croître la goutte et la croissance fit qu'elle chût.

samedi 10 juillet 2010

La fin dans 100 ans

Quand les vrais scientifiques parlent de la condition humaine, ce qu'ils disent est bien souvent un peu dur à entendre.

Franck Fenner, grand biologiste australien, un des Humains qui a éradiqué la variole, du haut de la sagesse que lui donnent ses 95 ans, tel une sorte de Lévi-Strauss de la biologie, affirme qu'il est trop tard pour empêcher la fin de l'Humanité. D'ici un siècle, selon lui, il n'y aura plus d'Homo sapiens sapiens, parce que nous sommes trop nombreux. Et ce n'est pas pour autant qu'il fait du malthusianisme.

Ce grand humaniste précise qu'il ne veut pas le crier trop fort à cause des personnes merveilleuses qui partout dans le Monde se battent pour améliorer les conditions d'existence de la grande majorité des Humains.

En tout cas, voici un lien pour vous faire une idée plus précise de la pensée de ce grand savant ainsi que de l'opinion de certains de ces confrères.

Hubert Reeves nous donne au maximum deux ou trois décennies pour changer complètement notre mode de vie.
Fenner, lui, nous donne la date de la fin du film.
Quand je pense que beaucoup me trouvent pessimiste alors que mon instinct de géologue "m'a toujours susurré à l'oreille" (*) que nous en avions pour environ 5000 ans avant de voir le dernier ou la dernière de notre espèce s'éteindre dans la solitude la plus absolue (**).

Aller ! Finalement les financiers et les pourritiques politiques auront réussi quelques chose : débarrasser la biodiversité terrestre de sa créature la plus encombrante, par la folie qu'ils ont toujours à considérer que l'éducation de tous les peuples, qui aurait constitué un des meilleurs moyens pour empêcher la surpopulation, c'est toujours trop cher et que donc cela nuit à leur satanée croissance économique.

(*) J'avoue que cette pensée n'est pas très scientifique.
(**) 5000 ans certes, mais tout en pensant que le déclin commencerait en 2010-2015 et que cela irait quand même très vite durant le premier siècle suivant l'apogée ; sans doute l'influence du rapport Meadows sur mon esprit mais aussi la prise en compte de la bêtise des financiers et politiques qui, partout et de tout temps, ont toujours été assoiffés d'argent ; les pires en la matière étant ceux d'aujourd'hui.

mercredi 28 avril 2010

Petite théorie amusante (version II)

Avertissement :
J'ai voulu retravailler un texte déjà paru sur ce blog : je le trouvais un peu lourd et très maladroit dans sa première version. Et puis la réflexion que ce texte provoque chez moi me semble toujours d'actualité. Et puis aussi, j'aime bien voyager dans le ciel.
Certaines de mes connaissances n'apprécieront sans doute pas cette réédition car elles n'avaient pas aimé la première mouture. Mais bon ! Tant pis.

Le grand spectacle d’une nuit d’été sans nuage se regarde en levant la tête.

Près d’un réverbère nous pourrons voir des insectes et parfois les chauves-souris qui les chassent ; sur un chemin de campagne, nous apercevrons l’ombre blanche d’une chouette silencieuse ou, plus haut, des canards sauvages bien moins discrets.
C’est la couche supérieure de la biosphère qui s’offre ainsi à nous.

Au-dessus, à cause de l'intense trafic aérien qui caractérise notre époque, immanquablement, des clignotements signaleront un ou plusieurs avions. Parfois, plus éloigné encore, comme tiré par une ficelle invisible, le point lumineux d'un satellite artificiel glissera sur la voute et s'éteindra.
Mais même si avions et satellites intègrent le meilleur de notre technologie, ils restent relativement très peu éloignés, dans « l'humano-technosphère » désespérément petite.

Au-delà, sur le noir, trône la Lune bien en avant du flou de La Voie lactée ponctuée de ses quelques centaines d'étoiles visibles à l'œil nu, au milieu desquelles certaines planètes de notre Soleil se camouflent par leur lenteur à se déplacer.
Avec un peu de chance, nous pourrons aussi admirer le trait lumineux d'une météorite entrant dans l'atmosphère ou bien contempler une comète.
Partout l'Univers s'étale !
Inaccessible au-delà de la technosphère !??
Il a sa Constante : l'ensemble des Lois de la Physique.
Il contient, groupées en galaxies, des milliards de milliards de dollars d'étoiles avec, pour un grand nombre d'entre elles, un système planétaire, des exoplanètes étant découvertes très régulièrement depuis quelques années. On en dénombre plus de 400 désormais. En 2009, l’une d’entre elles, de deux fois la masse terrestre, a ainsi été découverte à « quelques » encablures : 20,5 années lumière, autour de la naine rouge Gliese 581.

Mais si le spectacle que je viens de décrire dans les lignes qui précèdent s'avère déjà infini, il n'en demeure pas moins que nous ne verrons rien d'autre ! J'entends par là qu'aucune soucoupe volante pilotée par des extra-terrestres n'entrera jamais dans notre champ de vision.

Pourtant, une seule chose parait évidente pour le géologue que je suis : Ailleurs dans l'Univers, des planètes portent la vie, avec pour la régir, les mêmes "Lois de la Nature" qu'ici bas.
Dans ces endroits il y a comme "chez nous" des chaînes alimentaires avec, au bout de chacune, un super prédateur.

Et par le fait qu'il existe un nombre considérable d'étoiles (que déjà elles sont 4% à être du type G, le type de notre Soleil), le nombre de planètes qui peuvent présenter des conditions favorables à la vie est immense. Et là où la vie est effectivement apparue, même si nous tenons compte des inévitables décalages chronologiques entre les "dates" de son apparition sur chacune d'entre elles, et bien il est certain que des êtres doués d'intelligence existent ailleurs, à l'instant où vous lisez ces lignes, fruits d'autres évolutions biologiques mais qui, je le rappelle, auront respecté les Lois de la Physique.

En tout cas sur Terre, à l’instant du temps qui est le nôtre, le prédateur c'est nous : Homo sapiens sapiens, conscient de lui-même. Ailleurs, ce sera pourquoi pas "G Magellan 53219 (1) Carnivora rex" s'il n'est qu'un simple mangeur de viande et "G Vierge 33133 (1) Autochtonus sapiens" si, comme nous, il pense.

Mais pourquoi alors n'y a t-il pas des extra-terrestres qui viennent nous visiter ?

Pour moi, la réponse tient dans la petite théorie suivante :
Nous ne recevons pas la visite d'extra-terrestres parce que sur une planète où un être intelligent et conscient apparaît, ce dernier développe une économie qui est toujours au stade ultime de son évolution basée sur la Croissance : en bref une économie comme la nôtre destructrice de tout son environnement.
Cette Croissance résulte de l'expression de ce qui reste au fond de nous de façon résiduelle et que nous appelons vulgairement la "Loi du plus fort" ou "Loi de la Nature".
Pour cette Croissance, l'espèce reine d'un monde dilapide toujours sur une très brève période la quasi totalité des ressources minérales et énergétiques fossiles à sa disposition. Et comme il est facile et rapide de consommer et long et difficile de faire de la recherche fondamentale, cette espèce se voit ainsi toujours empêchée d'accéder aux niveaux de connaissance qui lui seraient nécessaires pour aller coloniser d'autres mondes.

Ma petite théorie est celle de l'isolement des biodiversités dans l'Univers. Elle affirme que les biodiversités des planètes sont protégées les unes des autres parce qu’une économie cause toujours la disparition de l'espèce intelligente qui l'a développée, sans lui laisser le temps de pouvoir expérimenter le voyage interstellaire.
"La Guerre des Mondes" n'est donc pas possible et c’est tant mieux !

Ainsi sur Terre, parce que nous avons tout à fait naturellement choisi la croissance économique au lieu, grâce à notre conscience d'aller "contre nature" et d'opter pour le Développement de l'Humain, nous sommes condamnés à rester à jamais sur notre planète-berceau. Nous sommes déjà en phase de déclin (2) et nous rentrerons bientôt en phase de déclin définitif. D'ailleurs, les conclusions du rapport Meadows datant de 1972 annonçaient le déclin pour 2010-2015 si l'Humanité optait pour une économie "croissanciste", ce qu'elle a fait.
Aussi, pour les financiers et presque tous les économistes, qui sont du genre à croire que si nous manquons de pétrole pour que la croissance continue « nous irons en chercher ailleurs », leurs affaires et leurs théories s'annoncent respectivement mauvaises et ... mauvaises.

Bien sûr, ceci n'est qu'une théorie peu sérieuse mais, comme toutes les théories, il faut l'éprouver afin de voir s'il n'y a pas une situation ou des circonstances pour lesquelles elle s'avèrerait fausse.
En fait, il faut la voir plutôt comme un outil d'aide à la réflexion sur les possibilités d'évolution de l'Humanité et de son économie.

Si grâce à nos cultures et nos éducations, grâce aussi à notre conscience acquise au cours de l’évolution, nous décidons de ne pas nous laisser aller à la « facilité naturelle », propre à notre statut de super-prédateur, alors il nous revient de faire des propositions à nos politiques.
Ces propositions, nécessairement réalistes sur le plan énergétique, il reviendra à ces derniers, parce qu’ils sont normalement au service des Peuples, de les mettre en pratique, vite, pour permettre l’émergence d'une nouvelle économie.
Cette économie, écologique bien sûr, outre qu’elle pourra sans doute donner à Homo sapiens sapiens les chances de « vivre son potentiel génétique », pourrait aussi être le moyen de prouver, peut-être, que cette petite théorie n'est pas valide.

(1) Nom de la planète précédé de celui de l'étoile avec son type, le nom de l'espèce venant à la suite.
(2) Une preuve en matière de transport : l'avion Concorde. Certes très inécologique, ce trésor de technologie n'a pas eu de successeur si bien que pour la première fois dans l'Histoire de l'Humanité il faut aujourd'hui plus de temps que par le passé pour aller d'un point A à un point B.

mercredi 6 janvier 2010

Pour Hubert Reeves, c'est 30 ans !

Encore une déclaration à vous faire tomber le moral tel un plomb aux fond de la fosse des Mariannes.

Mais bon ! Autant le savoir :
L'érosion de la biodiversité, qui à terme nous fera disparaître, s'accélère (c'est un fait, même s'il va bien se trouver des "biodiversceptiques" qui seront vraisemblablement ceux qui affichent leur climatoscepticisme) et rien n'est fait pour arrêter cette perte irréversible du vivant.

L'année 2010 a été déclarée année de la biodiversité. Il est plus que temps d'agir. Mais on ne fait rien.
En France, par exemple, le Grenelle parle de l'urgence à mettre en place les trames vertes et bleues. Or, sur le terrain, encore une fois, rien ne bouge.
Autre exemple encore dans notre beau pays, gâché et détruit par les incohérences de son administration en matière d'urbanisme et d'aménagement du territoire (tous les 10 ans, disparaît une surface de terres agricoles équivalente à celle d'un département), cette dernière se résout à ne plus vouloir faire un contrôle sur la provenance des bois exotiques (*), parce que c'est trop compliqué.
Ben voyons ! Plus compliqué que notre fiscalité ?

En tout cas, la déclaration faite par Hubert Reeves hier a le mérite d'être claire : "Il nous reste 10, 20, 30 ans au maximum pour agir".

 

(*) Je suis désolé, je ne trouve plus ma source : dans les dernières semaines, Dépêche du Midi ou Ouest France il me semble. Mais pour la même chose au niveau de l'Union européenne, voici une source.

mercredi 23 septembre 2009

Petites maisons appréciées

Il est très facile de faire un grand geste pour l'environnement.

Si vous avez un jardin, si petit soit-il, avec une planchette, une chute de chevron ou n'importe quel bout de bois bien sec vous pouvez aménager votre lopin de terre en paradis pour insectes butineurs.
Il vous suffit de vous armer d'une perceuse pour, dans la pièce de bois, faire des p'tits trous.
Des trous de 5 millimètres, des trous de 6, de 7 et 8 millimètres, des p'tits trous, des p'tits trous vous en ferez tout plein.
Mais attention !
Ils ne devront pas être traversants ; tous seront en cul-de-sac.
Enfin, vous veillerez le plus possible à les réaliser perpendiculairement aux fibres du bois.

Ensuite, le bout de bois "vermoulu" par vous-même, vous l'accrocherez à la fin de l'hiver ou au début du printemps contre un mur, qu'importe le mur ou sous une avancée de toit, fût-il celui d'une cabane à outils ou celui d'un petit coin d'aisance près du tas de compost (*). Il faut juste que votre HLM à abeilles soit exposé Sud-Est ou Sud (Nord-Est ou Nord, si vous habitez dans l'hémisphère Sud).

Il ne vous restera plus qu'à admirer le spectacle : Un ballet d'osmies et autres abeilles solitaires qui iront constituer une boule de nectar et de pollen au fond de chaque trou pour finalement y pondre un œuf dessus. Suite à quoi les butineuses se transformeront en maçons pour obstruer leurs "couveuses", à l'aide d'un mortier de terre et de salive de leur composition.

Viendront ensuite les guêpes parasites, parfois spectaculaires comme un "Schawarzy-terminator", tel un ichneumon qui pondra son œuf dans la larve d'abeille, à travers le bois ou le bouchon maçonné, grâce à son ovipovisateur incroyable.
Mais vous verrez bien les va-et-vient de toute la clique !

Voici à la suite quelques photos de bois troués mis en place.

   

Ah ! Au fait ! N'oubliez pas de planter quelques fleurs dans votre jardin. Des vraies. De celles qui font du nectar ; la nourriture des abeilles et des papillons. Pas des hybrides donc.

(*) Les toilettes sêches. Super pour faire des économies.

mercredi 12 août 2009

Naturalistes en herbe

Dans l'ancienne ferme où je réside en Bretagne, depuis cinq ans je me suis consacré à replanter des haies sur talus, à aménager des points d'eau, à construire des murets de pierres sèches, à installer divers nichoirs et à confectionner des abris pour les insectes.

Tout ne donne pas immédiatement un résultat mais assez rapidement, finalement, on se voit récompensé de son travail.
Ainsi, il y a peu, des amis et leurs enfants m'ont rendu visite.
Leur petit garçon, de 4 ans et demi et déjà très débrouillard, jouait autour de nous avec sa sœur quand il a dit un peu étonné :
- "J'ai vu un animal ! Une sorte de lapin en trait. Un insecte."
Nous avons ri tout en continuant notre conversation puis nous avons nous aussi vu l'animal qui se faufilait entre de gros cailloux : c'était une belette !
Nous pouvions voir une hôte de marque, qui sans aucun doute, bénéficie des aménagements des lieux faits toujours dans l'esprit de favoriser la biodiversité.

Mais voici le portait de la Belette tel qu'il a été croqué par le papa du naturaliste sous la houlette de son fiston plein de talent.
Si la description de notre spécialiste en comparaison anatomique était de toute première qualité, il faut avouer, hélas, que nous ne pouvons pas en dire autant du dessin (la belette, c'est le truc au milieu qui a deux pattes, une bouche, un oeil et une sorte de bigoudi sur la tête).

Pour le gouvernement, la belette est nuisible et les banquiers doivent être sauvés.
Dans une ferme de Bretagne, on pense tout le contraire !

mercredi 22 juillet 2009

Un joyau comme suspendu

C'était il y a 40 ans. Deux humains marchaient sur la Lune. Dix autres allaient suivre. Tous étaient pilotes sauf le dernier qui était géologue (*).
Au cours de ces missions Apollo, de nombreuses photos de la Terre ont été prises. Celle figurant en en-tête de ce blog en fait partie.

Il est bien dommage que les financiers, les industriels et les politiques ne se rendent pas compte que ces clichés montrent l'extrême fragilité de notre planète.
Notre Terre, toute petite, est un très rare ? et immense trésor de biodiversité entouré de la froidure inhospitalière du vide sidéral infini.
Nous devons la préserver.


(*) Harrison Schmitt, Apollo XVII, décembre 1972.

mercredi 10 juin 2009

Petite théorie amusante

Lorsque nous regardons le ciel d'une nuit sans nuages, le spectacle est toujours grandiose. Juste au-dessus de nous, à la campagne, nous pouvons voir des insectes (autour d'un réverbère), des chauves-souris et, quelquefois, une chouette ou des canards sauvages qui sont d'heureux détenteurs d'une qualification "Vol de nuit". La vie est là. C'est encore la biosphère.

Juste en arrière plan, à cause de l'intense trafic aérien qui caractérise notre époque, immanquablement, des clignotements signalent un ou plusieurs avions. Parfois, mais plus éloigné, comme tiré par une ficelle invisible, le point lumineux d'un satellite artificiel glisse sur la voute et s'éteint.
Et si ces deux types d'objets intègrent le meilleur de notre technologie, ils restent pourtant très proches, dans "l'humano-technosphère" désespérément petite.

Au-delà, sur le noir, trône la Lune bien en avant du flou de La Voie lactée et de ses quelques milliers d'étoiles visibles à l'œil nu.
Là, certaines planètes de notre Soleil se camouflent par leur lenteur à se déplacer sur le fond étoilé.
Avec un peu de chance, nous pouvons aussi admirer le trait lumineux d'une météorite entrant dans l'atmosphère et, périodiquement, contempler une comète.
L'Univers s'étale ; inaccessible ; pour toujours !?
Il a sa Constante : l'ensemble des Lois de la Physique.
Il contient des milliards de milliards d'étoiles avec, pour un grand nombre d'entre elles, un système planétaire.
En effet, des exoplanètes sont découvertes très régulièrement depuis quelques années.
Il y a peu, une de ces exoplanètes, petite, a été détectée pas très loin d'ici, à 400 années lumière à peine.
Il y a 2 ans, on en avait trouvé une tout à côté, à 20,5 années lumière (c'est du moins ce que l'on peut comprendre à la lecture de cette très "maladroite" communication du Ministère de la recherche).

Si ce spectacle est infini, il n'en demeure pas moins que nous ne verrons rien d'autre ! J'entends par là qu'aucune soucoupe volante pilotée par des extra-terrestres n'entrera jamais dans notre champ de vision.

Pourtant, une chose parait évidente pour le géologue que je suis : Ailleurs dans l'Univers, des planètes portent la vie, avec pour la régir, les mêmes "Lois de la Nature" qu'ici bas.
Dans ces endroits il y a comme "chez nous" des chaînes alimentaires avec, en bout de chacune, un super prédateur.
Sur notre planète, à notre instant du temps, ce prédateur c'est nous, Homo sapiens sapiens conscient de lui-même. Là-bas ce sera, pourquoi pas, "G Magellan 53219 (*) Carnivora rex" s'il n'est qu'un simple mangeur de viande, ou bien "G Vierge 33133 (*) Autochtonus sapiens" si, comme nous, il pense.

Par le fait qu'existe un nombre considérable d'étoiles du type de notre Soleil (type G, 4% du nombre total d'étoile), le nombre de planètes qui peuvent présenter des conditions favorables à la vie est immense. Et même si nous tenons compte des inévitables décalages chronologiques entre les "dates" d'apparition du vivant sur chacune d'entre elles, et bien il est certain que des êtres doués d'intelligence existent ailleurs, à l'instant où vous lisez ces lignes, fruits d'autres évolutions biologiques mais qui, je le rappelle, auront respecté les Lois de la Physique.

 

Mais pourquoi alors n'y a t-il pas des extra-terrestres qui viennent nous visiter ?

 

Pour moi, la réponse tient dans la petite théorie suivante :
Nous ne recevons pas la visite d'extra-terrestres parce que, sur les planètes où un être intelligent et conscient peut apparaître, ce dernier développe une économie qui est, au stade ultime de son évolution, basée sur la croissance telle que nous l'entendons dans notre propre économie.
Cette croissance, synonyme de facilité, est l'expression résiduelle de ce que nous appelons vulgairement la "Loi du plus fort" ou "Loi de la Nature".
Pour cette Croissance, l'espèce reine d'un monde dilapide toujours sur une très brève période la quasi totalité des ressources minérales et énergétiques à sa disposition.
Comme il est facile et rapide de consommer et long et difficile de faire de la recherche fondamentale, une espèce reine d'un monde se voit ainsi toujours empêchée d'accéder aux niveaux de connaissances qui lui seraient nécessaires pour aller coloniser d'autres mondes.

 

Ma petite théorie amusante est celle de l'isolement des biodiversités dans l'Univers. Elle affirme que les biodiversités des planètes sont protégées les unes des autres car une économie cause toujours la disparition de l'espèce intelligente qui l'a développée, sans lui laisser le temps de pouvoir expérimenter le voyage interstellaire.
"La Guerre des Mondes" n'est donc pas possible.

Ainsi sur Terre, parce que nous avons tout à fait naturellement choisi la croissance économique au lieu, grâce à notre conscience d'aller "contre nature" et d'opter pour le développement de l'Humain, nous sommes condamnés à rester à jamais sur notre planète.
Nous sommes déjà en phase de déclin (**) et nous rentrerons bientôt en phase de déclin définitif.
Pour les financiers et presque tous les économistes, qui sont du genre à croire que si nous manquons de pétrole nous irons en chercher ailleurs, leurs affaires et leurs théories s'annoncent respectivement mauvaises et ... mauvaises.

Ceci n'est qu'une théorie peu sérieuse, mais comme toutes les théories, il faut l'éprouver afin de voir s'il n'y a pas une situation (ou plusieurs) pour laquelle elle s'avèrerait fausse. En fait, il faut la voir plutôt comme un outil d'aide à la réflexion sur les possibilités d'évolution de l'Humanité.
Il revient à nos politiques de prendre les décisions qui peuvent arrêter notre course vers le bord du gouffre sans fond des espèces disparues.
Ainsi, peut-être arriveraient-ils ensuite à mettre en place les conditions légales qui permettraient l'émergence d'une nouvelle économie. Cette économie, écologique bien sûr, pourrait alors être le moyen de prouver que cette petite théorie n'est pas valide.

 

(*) Nom (imaginaire) de l'étoile de type G autour de laquelle gravite la planète abritant l'espèce (imaginaire) citée ensuite.
Remarque : Sur une planète tellurique, des géologues trouveraient toujours des minéraux qu'ils connaissent sur Terre ; le "règne" minéral ne change pas d'une planète à l'autre. Les biologistes par contre, rencontreraient des végétaux et des animaux différents sur chaque planète qu'ils pourraient visiter.
(**) L'arrêt du supersonique Concorde (pas du tout écologique certes), qui n'aura pas de successeur, correspond au premier recul en matière de transport qu'ait connu l'Humanité.

mercredi 25 février 2009

Bikini en pleine forme

La Seconde guerre mondiale venait de se terminer. Dans les Iles Marshall conquises sur les Japonais en 1944, les Américains décidèrent de mener des expérimentations sur les armes nucléaires.
En 1954, le premier jour de mars, explosa sur l'atoll de Bikini, la deuxième bombe à hydrogène de l'Histoire des Humains : elle s'appelait "Bravo".
La puissance libérée par l'explosion dépassa les 5 ou 6 Mégatonnes que prévoyaient les calculs puisqu'elle atteignit l'équivalent de 15 Mégatonnes de TNT. Les expérimentateurs furent dépassés par l'évènement. Ils avaient joué aux apprentis sorciers. Il fallut mettre en place un périmètre de protection de 1200 kilomètres de rayon, représentant pas moins de 1% de la surface de Notre Terre. Folie totale ! Ce périmètre existe toujours. Pour pouvoir y pénétrer, il faut signer un engagement à ne pas poursuivre l'Armée américaine au cas où vous déclareriez un cancer.
Le cratère laissé par la bombe, qui avait été positionnée à quelques mètres au-dessus de l'eau, mesurait 2 kilomètres de diamètre et 70 mètres de profondeur. Tout était anéanti. Il ne restait rien des récifs de coraux.

En 1958, les expériences cessèrent. Les militaires évacuèrent les lieux et presque plus personne ne remet, depuis, les pieds à Bikini. D'ailleurs, les descendants des habitants évacués en 1946, attendent le jour où leurs descendants à eux pourront y revenir vivre. Pour que les risques n'existent plus, ce ne sera pas avant 50000 ans environ.

En 2002, une équipe de chercheurs (allemands, italiens et australiens) entreprit une étude du lagon de Bikini et effectua à cette fin des plongées au cœur même du cratère. Ce qu'elle découvrit dépassait toutes les espérances, même celles des plus optimistes : une myriade de coraux s'était réinstallée et la taille de ces derniers était impressionnante. Dans leur rapport publié l'an dernier, les scientifiques rendent compte que des quelques 183 espèces présentes avant le déchainement nucléaire, "seules" 42 manquent à l'appel.

L'an dernier toujours, en Italie, des chercheurs nous ont révélé que les crèmes solaires ont un effet dévastateur sur le corail.

Ces deux "petites" histoires nous montrent que si la Nature peut surmonter les pires "tempêtes humaines", elle a néanmoins du mal à gérer les atteintes chroniques conséquences des habitudes prises par les Humains modernes. Par contre, dès que ces derniers sont absents d'un lieu, même si celui-ci a été dévasté auparavant, la capacité de régénération de la Terre-Mère s'avère époustouflante.
C'est pourquoi, si les humains veulent continuer à jouir des beautés et des ressources végétales et animales de la Nature, il faudrait juste que les plus riches d'entre eux, changent leurs habitudes. Entre autres habitudes à changer, dans les régions corallifères par exemple, les humains ne devraient plus se baigner dans l'océan après avoir fait bronzette enduits de crème solaire. Il y a fort à parier que tous les récifs coralliens du Monde s'en porteraient bien mieux. Rappelons que ces organismes doivent aussi lutter contre le réchauffement climatique et contre les matières en suspension, par exemple en Nouvelle Calédonie, celles des mines de nickel.
Pour le moment en tout cas, qui dit corail, dit touristes crémeux, ce qui revient à dire corail mort à courte échéance.      
Dès lors, il faudrait accepter de rester à l'ombre lorsque le soleil est haut dans le ciel, de se couvrir légèrement la totalité du corps, pour ne surtout pas utiliser ces crèmes mortelles pour tous les biotopes coralliens.
Pour aller plus loin, si nous changions nos habitudes partout, si nous étions plus symbiotiques et donc moins agressifs avec notre environnement, nous assurerions notre avenir.
Soyons sûr que l'adoption de nouvelles habitudes peu consommatrices d'énergie et de produits chimiques s'accompagneraient de changements économiques aucunement nuisibles à l'emploi, qui ne seraient pas loin de ceux nécessaires à l'établissement de l'écodouble