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mercredi 1 juin 2011

Anomalie notable

Il paraît que dans le système capitaliste, il y a une loi "qui dit" que ce qui est rare est cher.

Hier matin encore, un économiste-expert-en-sécheresse-invité-fort-à-propos le rappelait sur les ondes d'une radio au sujet des prix de la tonne de paille et de foin qui augmentent parce que c'est sec  en beaucoup d'endroits et que donc ça ne pousse pas, poussant ainsi à l'augmentation des prix sur le marché alors que notre ministre de l'agriculture pousse de son côté à la solidarité entre les régions où c'est pas sec et les régions où ça l'est, cela afin que les prix restent stables (je vous rassure si vous n'avez pas compris ! Celui qui causait dans le poste avait l'air de comprendre ce qu'il disait ; et c'est le plus important).

Mais à toute règle il existe - au moins - une exception ! Voyez plutôt.

Dans notre système capitaliste, ceux qui en profitent disent, font, imaginent, génèrent, conneries sur conneries et se révèlent par là d'immenses incapables.

Les années passent et au final les conneries sont innombrables, s'ajoutant les unes aux autres ; nous sommes même littéralement submergés de conneries : il y en a sur tous les étals, dans toutes les décisions officielles où le bon sens n'a pas cours, dans toutes les déclarations, et bon nombre sont encore en attente dans les neuronnes tordus de nos chers dirigeants incapables.
Dans le même temps, ces derniers restent toujours aussi nombreux, semblent même se reproduire, en tout cas se pistonnent, le piston valant la particule de l'ancienne aristocratie, tout cela alors que notre demande pour le produit qu'ils sont n'augmente pas, c'est-à-dire qu'elle reste nulle, du moins faut-il l'espérer : nous n'avons jamais voulu, nous ne voulons pas, et surtout, nous ne voudrons jamais des incapables pour nous diriger !
Dès lors, d'après la loi de l'offre et de la demande, autre fondamental de l'économie capitaliste, il devrait se trouver de moins en moins d'incapables sur le marché ; et en tant que consommateurs nous devrions  nous en trouver satisfaits.

Et bien non ! rien n'y fait !
Conneries et incapables augmentent en nombre, se payent fort cher et même toujours de plus en plus cher si l'on considère les réparations, toujours de plus en plus grosses, des dégâts causés par les conneries et les salaires, de plus en plus élevés, que nous payons à ceux qui les produisent.

Aller ! Arrêtons d'être négatifs et soyons optimistes.
C'est simple et personne n'y peut rien : il y a sans doute une "bulle incapable-connerie" en train de se former sur les marchés et il est normal que nous n'y comprenions rien car les marchés sont faits pour être seulement compris par les brillants économistes initiés.
Mais alors, vivement qu'elle explose ! cette bulle.
Et encore ! en espérant qu'elle sera la dernière à le faire.

Ah, au fait ! Pourquoi donc l'intelligence est-elle rarissime dans les médias et parmi les gens qui dirigent le Monde ?

Ne serait-ce pas parce qu'elle n'est pas chère payée ?
Alors qu'elle devrait être très chère puisqu'elle est rarissime ; à cause de l'offre et de la demande ; celle qui fait que ce qui est rare est cher !

Vous avez suivi ?

 

jeudi 7 avril 2011

Les traders, ils sont comme ça

Il s’appelle Romain Camus, il est français, il a 35 ans et c’est un pov’ type.


Il y a une quinzaine de jours, à Londres, une de ces villes du Monde pourries par l’argent et déshonorées à jamais parce qu’elles ont tout permis à la finance, des médecins et des infirmières manifestaient pour dénoncer les licenciements massifs de personnels soignant dans les hôpitaux, ces dégraissages résultant des coupes budgétaires décidées par Cameron.
Il faut là préciser qu'il s'agit du Cameron-Premier-Ministre qui ne s’appelle pas James mais qui fait tout de même un Titanic, en matière sociale celui-là ; le Cameron qui en ces temps de crise préfère finir d’appauvrir les pauvres pour assurer aux plus riches d'être encore plus riches.

Lorsque le cortège des blouses blanches passa au pied de l’immeuble de la Deutsche Bank, les manifestants remarquèrent un individu en col blanc faisant de grands gestes et agitant, hilare, un billet de banque de 10 livres, pour les narguer.
Les précieux humains tout dévoués dans leur métier à soigner les malades et les blessés furent même apostrophés par l’arrogant et pervers personnage : il leur cria d’aller chercher un boulot, « un vrai ».
Sans doute n’existe-t-il pas de mot assez fort pour qualifier pareille bêtise et semblable vilenie car personne avant ce type n’avait dû montrer une telle inintelligence.
Et pour cause ! Ce crétin, c’était un trader, un de ces abrutis qui vivent déconnectés de toutes les réalités et qui infestent la capitale de la perfide Albion, celle-ci les laissant libres de faire les actes les plus amoraux de l’Histoire de la finance.
Dès lors, pas étonnant que ces gugusses soient devenus débiles, forts du pouvoir qui leur a été laissé, même s’ils ont fréquenté les plus grandes écoles du Monde, qui devraient - soit dit en passant - se sentir salies par les comportements de leurs anciens sales rejetons.

Ainsi, le taré qui a agi de la sorte, parce qu’il est français, est peut-être sorti de Polytechnique ou de Centrale, toutes deux financées par nos impôts et toutes deux générant ce genre de profil très apprécié par les « banksters ».
En effet, alors que ces écoles devraient s’employer avec tous leurs moyens à former des élites toutes au service de notre Pays, elles fabriquent en fait des "mal-neuronés" destinés à devenir de super-parasites affairés à détruire les Peuples et les Pays ; quand bien même fussent-ils les leurs.

Il y a fort à parier que les peuples n’oublieront pas.
Ce type risque de devenir, dans l’esprit des citoyens, l’image même du trader et de la finance.
D’ailleurs ses chefs ont bien vu le risque et ils ont viré le « mal-cérébré » presque sur le champ et se sont ensuite empressés de diffuser un communiqué laissant entendre que les banques, c’est les gentilles et que les méchants, c’est les traders.

Oui ! espérons bien que notre mémoire collective n’est pas un gouffre sans fond d’où plus rien ne ressort. Il est des images qui doivent rester !
Le méchant employé a été pris en photo dans ses agissements - tant mieux - avec un de ses copains qui rigole (voyez la photo)(*) mais qui, lui, n’a pas pour autant été viré.
Regardons bien la photo (voir le lien plus haut) et souvenons-nous. Il va bien venir un moment où il ne fera plus bon être trader et dirigeant de banque.

Il est trader, il s’appelle Romain Camus et il a plein de petits copains qui s'emploient à faire en sorte que le Monde n'est pas ce qu'il devrait.
Ne les oublions pas.

(*) Il existait sur un site une photo agrandie où le visage du fou était bien visible mais elle n'est plus en ligne : big brother veille toujours !       

mercredi 9 mars 2011

Le triomphe de l'agroécologie

L'ONU a publié cette semaine un rapport montrant que l'agroécologie est la voie à prendre pour réussir à nourrir tous les habitants de la Terre car cette méthode d'agricuture a le pouvoir de doubler la production de nourriture mondiale en 10 ans.

Ce rapport, rédigé par le Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation Olivier de Schutter, est la démonstration qu'il n'y a aucun avenir dans la révolution verte et l'agriculture intensive issues de la reconversion de l'industrie de l'explosif des deux guerres mondiales en une industrie du pesticide et de l'engrais chimique (Cf. le film "Solutions locales pour un désordre global).

Ce document constitue aussi une victoire pour toutes les personnes (*) et les associations (**) qui travaillent depuis plusieurs décennies à la conservation des semences et à l'élaboration et la mise au point de cette technique de l'agroécologie, qui a pour but de faire en sorte que le sol, habité de ses micro-organismes, soit un allié du paysan et non un esclave, empoisonné et désert, considéré uniquement comme support, gavé de produits chimiques artificiels, ces derniers étant vendus très chers par les multinationales Bayer, BASF, Syngéta, Monsanto et consort.
C'est aussi une victoire sur la route menant à l'écodouble, cette économie écologique telle que je l'imagine, pas loin de ce qu'est la décroissance.

Désormais, tous nos dirigeants, politiques ou Haut-fonctionnaires, qui soutiendront encore le lobby du poison, devront être considérés comme des responsables de crimes contre la Biodiversité et contre l'Humanité, parce qu'ils auront semé et entretenu la faim dans le Monde et détruit les terres arables.

Au vu de l'actualité du moment, où un ancien Président échappe à un jugement, juste par le fait qu'il est un ancien puissant, rappelons que le crime contre l'Humanité est imprescriptible.

(*) Comme les époux Bourguignon par exemple.
(**) Je citerais notamment Via Campesina, les Colibris et Kokopelli.

samedi 5 février 2011

Un petit point qui clarifie les esprits

Voici, à lire sur le blog de Paul Jorion, un remarquable article récapitulant la situation financière des banques françaises.

C'est clair, précis et concis ! Mais ça fait peur !

La fête ne devrait plus durer longtemps.

jeudi 13 janvier 2011

Ils sont partout

Vous les avez vus ? Ils sont partout, sur toutes les routes, à la télé, dans les évènements sportifs, dans votre chauffage, dans votre eau ou votre énergie, dans votre maison. Vous ne les voyez pas ?

- Mais qui donc ?

- Mais les "bigs companys", les majors, les grands groupes ! Ceux qui s'assurent les monopoles ! Ceux qui corrompent ! Ceux qui ramassent à tous les étages ! Ceux qui ont tout verrouillé ! Ceux qui nous envoient une facture presque tous les mois ! Ceux qui n'en finissent jamais de nous plumer toujours davantage !
Allez ! je vous les montre sur les photos qui suivent. Après les avoir vus, peut-être regarderez-vous mieux autour de vous, comme équipés de lunettes spéciales, du genre de celles que l'on voit dans le film "Invasion Los Angeles" de John Carpenter.

"Ils vivent. Nous dormons." Ce slogan a inspiré ce film qui critique les années Reagan et le néo-libéralisme.

Réveillons-nous ! Ouvrons les yeux et agissons !


samedi 1 janvier 2011

Une année qui commence bien comme prévue

Un petit article sorti tout droit de chez Jorion pour bien garder le rythme de la crise qui va redémarrer de plus belle.

Depuis plus d'un an, Paul Jorion écrivait et parlait de temps à autre, en montrant de beaux graphiques officiels, des difficultés à venir dans l'immobilier industriel américain : ben ça arrive !

Que vont donc bien pouvoir nous dire tous nos guignols de la politique pour nous expliquer leur incompétence à ne pas savoir prévoir ce qui est prévisible ?

vendredi 26 novembre 2010

L'information du siècle

"A y est !" Nous y sommes !
Le pic du pétrole est dépassé ... depuis 2006 ... et c'est l'AIE qui l'annonce, ou plutôt qui l'avoue (*), enfin, en se faisant un peu "pipikaka" dans le pantalon ... mais c'est seulement un journaliste indépendant qui relaie l'information ... du siècle ... et peut-être du millénaire.
Ces jours-ci, les autres journalistes - ceux des grands médias - nous rendent compte des chutes de neige et des régimes amaigrissants ; pour amaigrir l'esprit sans doute.

Vous trouverez aussi sur le blog de ce vrai journaliste quantités de liens intéressants. Et les commentaires de l'article lui-même sont tout aussi intéressants.
Âmes à volonté d'ignorance et d'insouciance, autruches et autres optimistes béats, s'abstenir. Regardez la météo !

(*) Résumé du rapport de l'AIE, trouvé sur le blog de Aérobar Films.

mercredi 24 novembre 2010

La destruction s'accélère

Toute notre économie se fonde sur la destruction de la Nature : je ne cesse de le répéter depuis mon premier article sur ce blog.

La terre agricole, alors qu'elle est très recherchée par certains pays qui en manquent ou par certaines entreprises pour investir mais surtout spéculer sur du long terme - une fois n'est pas coutume - continue en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine de disparaître à bon train.
Pour ce qui est du cas de la Chine, qui "achète" des terres - le plus souvent, c'est de la spoliation de paysans - dans des pays si pauvres qu'ils en sont réduits à vendre leur sol, leurs dirigeants affamant ainsi leurs populations mais en s'en mettant plein les poches, cela relève d'une volonté d'expansion et de colonialisme nouveau.

Toujours est-il que les surfaces détruites chaque année sont dantesques.

En France, chaque jour, 230 hectares sont consommés et perdus pour de très longues périodes car il faut des millénaires pour constituer un bon sol arable. Sur une année, cela fait 86 000 hectares, soit l'équivalent d'un département tous les 4 ans. Dans les année 90, nous en détruisions 61 000.
L'Allemagne est sur un rythme de 40 000 hectares par an, les USA font disparaître 300 000 hectares sur la même période tandis que la Chine en consomme 800 000 (*).

Notons qu'au regard de la surface détruite par rapport à leur surface totale, de ces 4 pays, c'est la France qui est la plus dispendieuse.
Nos dirigeants sont fous, il ne faut plus en douter ! Quant au Grenelle I et II et ceux à venir : ce sont des mensonges.

En tout cas, au rythme actuel, en 2050 la Planète aura perdu 400 millions d'hectares sur les 1 400 millions qu'elle compte, c'est-à-dire 30 % en gros.
Il y a des gens, géographes, économistes et autres, qui ont fait de brillantes études et qui disent que nous seront 9 milliards d'Humains à cette date.
Une chose est certaine : ces gens se trompent.

Quant aux financiers et certains pays, ils ont compris où se situe désormais la richesse ; ils étaient en réunion à Genève il y a peu, pour mieux s'organiser à mieux voler et spolier partout dans le monde, afin de s'accaparer les terres agricoles.
Ils étaient pourtant déjà très efficaces mais cela ne leur suffisait pas.

La révolte gronde en moi. Il y a des coups de fusils qui se perdent.

(*) Source pour tous ces chiffres : Un Ouest France de fin octobre ou début novembre 2010.

lundi 22 novembre 2010

Les médias se réveillent mais ...

Mardi 16 novembre 2010 était programmée à 20H30 sur France 2 une émission faite spécialement pour nous expliquer de façon simple les dessous de la crise économique actuelle.

L'émission n'a pas été diffusée : Monsieur Notre Président avait monopolisé les trois chaines majeures pour faire son spectacle post-remaniement.
Et il s'est même payé le luxe de poser lui-même des questions aux journalistes qui étaient là pour l'interroger, leur demandant, avec l'insistance que lui donne sa position, d'y répondre de telle sorte qu'il en soit satisfait : le monde à l'envers !
Quant à nous, nous avons été privés d'un reportage qui aurait pu, à une heure de grande écoute, nous aider à comprendre à quel point nous sommes spoliés par la finance, "Président", un de ses grands serviteurs, n'ayant pas hésité à donner de sa personne pour nous laisser dans l'ignorance.

Espérons que ce reportage sera reprogrammé, un jour sans match de football, et que nulle diversion ou qu'aucune combine empêchera qu'un grand nombre de téléspectateurs la regarde.
Après sa diffusion, il se peut que la colère monte d'un cran dans le pays tout entier.

vendredi 19 novembre 2010

Réparer l'environnement

Mettre sur pied une économie alternative permettant, entre autres, de réparer les dégâts que l'actuel système a causé à la biosphère, je vous ai souvent dit dans ce blog que c'était possible.
J'avais d'ailleurs posé une question en ce sens à Paul Jorion lors de son passage à Quimper en mai dernier (*).

En tout cas, bonne nouvelle, ce dernier commence à évoquer cette économie de la réparation de l'environnement sur son blog (Cf. les deux dernières lignes du premier paragraphe de l'article en lien ci-avant ; article par ailleurs très intéressant et premier d'une série de cinq).
Vive l'économie écologique ! Vive le génie écologique ! Vive la technodiversité ! Vive l'écolocalisme !
Si nous optons pour cette voie, la finance ne pourra plus, normalement, être ce qu'elle a été jusqu'à présent. Elle ne nous volera plus et, tous, nous garderons le fruit de notre travail, dans un environnement sain pour notre santé.

Faut être joyeux de temps en temps !

 

(*) La question était :  « L’économie actuelle mondialisée est fondée sur la destruction des écosystèmes pour favoriser le génie civil et sur une consommation croissante de pétrole. Peut-on envisager une économie fondée sur les techniques de l’économie d’énergie et sur le génie écologique allié au génie civil ? »
Monsieur Jorion répondit : « C’est bien à ça qu’il faudrait arriver ! Mais le cadre actuel ne le permet pas. »

mercredi 7 juillet 2010

Les shadocks ramassent

Les algues vertes en Bretagne ! Voilà bien un fléau qui nuit à l'économie ! Et au tourisme en particulier.

Mais ne serait-ce pas plutôt une nuisance de l'économie envers l'environnement ? Et aussi envers l'économie ? Une sorte de serpent qui se mordrait la queue.

Vous trouverez à la suite quelques photos montrant ce qui se passe sur les plages de Saint-Michel-en-Grèves dans les Côtes d'Armor (22 ; voilà les algues) (*).
Depuis le temps que nos "pourritiques" - pardon - nos politiques nous parlent de développement durable et de la nouvelle économie verte !
Au regard de ces photos, en Bretagne, la verte économie durable, nous y sommes !
Et comment y sommes-nous parvenus ? Et bien je vais vous le dire.

Nos pourritiques ... Décidément ! Je disais : Nos politiques ont d'abord favorisé l'agriculture productiviste qui a détruit en deux décennies le réseau bocager et l'ensemble des cours d'eau, mares et zones humides dans les campagnes. Un développement exponentiel de l'élevage hors sol a été encouragé, avec tous les rejets azotés que cela implique, tout comme fut encouragée l'utilisation d'engrais chimiques (et de pesticides, pour les cancers).
L'urbanisation galopante a imperméabilisé et fait disparaître des surfaces filtrantes très importantes. Les stations d'épuration, réceptacles de toutes les eaux usées des humains, mal dimensionnées ou peu efficaces, ont déversé des quantités astronomiques d'azote et de phosphates directement dans les ruisseaux, rivières et fleuves.

Dès lors, à chaque pluie, les cours d'eau, tels de véritable égouts, se sont chargés de toujours plus d'azote : Direction la mer ! La mer qui a traité la pollution à sa façon : En produisant des algues vertes !

Alors nos politiques (j'ai fait attention), jamais à court d'idées, ont imaginé qu'il fallait ramasser les algues vertes plutôt que de replanter des haies, restaurer les zones humides, repenser l'assainissement, imposer des limites à l'urbanisme et aider les agriculteurs à redevenir des paysans plein de bon sens. L'écodouble, ce n'est pas pour eux. 

Enfin ! Tant qu'il y aura du pétrole, nos élus et nos gouvernants, c'est-à-dire nos pourritiques, tout comme des shadocks nouveaux, pomperont nos impôts pour vider la mer des algues vertes qu'elle aura produite à cause de leur incompétence mais, aussi, de leur habitude à s'arranger avec les industriels et financiers sans scrupule aucun envers l'écologie.
Ils auront créé quelques emplois durables ; les premiers emplois de la verte économie telle qu'eux l'imaginent, avec des chargeurs, des camions et des décharges, à des années lumière de l'écodouble qui pourrait nous éviter tout cela.

Tant qu'il y aura du pétrole, je le répète ! Car après, c'est vrai, toute notre actuelle économie ne sera plus possible mais il sera sans doute trop tard pour l'écodouble : Il faudra subir la Nature !

D'ailleurs ne commençons-nous pas à subir ses algues ?

(*) Notons, même si je n'ai pas de photos disponibles, qu'il se passe la même chose dans le Nord ou le Sud Finistère ; à Fouesnant, par exemple.

 

mercredi 26 mai 2010

Pour les cinéphiles

Deux films à voir pour prendre conscience qu'il n'existe pour les financiers qui asservissent le Monde aucune limite dans l'immoralité :

Capitalism : a love story de Michael Moore et Let's make money d'Erwin Wagenhofer.

Après les avoir regardés, il s'en est fallu de peu que je démissionne sur le champ de l'emploi qui me fait vivre depuis presque 20 ans : c'était juste comme une sourde envie de quitter "le système".
Finalement, le côté "alimentaire" du "job" m'a retenu.

Mais jusqu'à quand en sera-t-il ainsi ?

S'il y en a un avenir il me le dira. 

mercredi 3 février 2010

Vision claire

Voici à la suite le dernier des "étidos" posté sur le site ECCE par Jean-Luce Morlie, le créateur et gestionaire de ce site. Ce texte a aussi été publié sur le blog de Paul Jorion.
Jean-Luce Morlie est un universitaire belge. Il demande un changement économique, en faveur de l'écologie.


Le tournant où l'on nous attend déjà

"Les anciens qui savaient pratiquer le Tao n’allaient pas éclairer le peuple ;
mais ils voulaient le laisser dans l’ignorance.
Si le peuple est difficile à gouverner c’est parce que ses connaissances se sont accrues.

Gouverner un pays au moyen de la connaissance, voilà sa ruine.
Gouverner un pays sans l’aide la connaissance, voilà son bonheur."

Lao-Tseu, LXV
Ed. la Pléiade, p.68

En France, à cette nation à vocation universelle, le parti socialiste n’offre pas d’alternative. Il est trop tard pour la renaissance d’une gauche capable de mener la barque et passer la barre de la double crise de l’économie et de l’environnement. La gauche sera donc suiveuse. Si la traversée des crises vient à produire de l’émancipation et de la justice, les socialistes n’y seront pour pas grand-chose ! Pendant ce temps, la croissance verte et solidaire « enfonce » les décroissants et les altermondialistes sur leur propre terrain : IBM sponsorise la diffusion des « Talks de John Gerzema: The post-crisis consumer » afin de nous vanter la sobriété éthique du consumériste d’après crise. Il ne nous resterait donc que l’extrême gauche pour « prendre l’argent des riches » et régler les problèmes.

Ce renversement quasi instantané de l’idéologie mérite un peu d’attention, la droite mène le train, cette guerre-ci est déjà perdue, préparons la suivante. Ce spectaculaire (au sens de Guy Debord) retournement de veste fait oublier que nous sommes aujourd’hui devant l’alternative changer ou périr parce que la pensée écologique a été piétinée pendant plus d’un demi-siècle autant par le capital que par les sociaux-démocrates. Nous voici pourtant, presque "comminatoirement", mis dans l’obligation de changer du tout au tout, et il n’est plus question de réfléchir sur le processus historique ayant conduit à cette bifurcation. La nécessité de ce « scénario d’oubli » est aisée à comprendre, mais il faut d’abord réexaminer la bifurcation précédente. Il restera – mais c’est un autre sujet – à expliquer l’aisance avec laquelle le capitalisme phagocyte les 6 R de la décroissance (*)!

S’il eut été maintenu jusqu’à aujourd’hui, le niveau de compréhension induit auprès du public par L’argent de Zola eut suffi à rendre impossible l’actuelle hégémonie mortifère du capitalisme financier. Au siècle dernier, le capitalisme entreprit de réduire nos capacités à comprendre le fonctionnement social et ainsi d’affaiblir nos possibilités d’agir sur lui. Pour la tranquillité des dominants, la perception des rapports de forces devait être noyée par la construction d’une représentation faussée des rapports sociaux, en s’appuyant d’abord sur une théorie erronée du marché, elle-même accompagnée de la généralisation de simulacres marchands. Sur le plan politique, à l’Est, le spectacle de « l’avenir radieux » fut centralisé par les bureaucraties totalitaires du « capitalisme » d’État. À l’Ouest, le spectacle diffus des médias amenait les salariés à jouer le jeu consumériste des capitalistes libéraux. La marchandise étendit son règne partout sur chaque lieu et à chaque seconde de la vie : elle médiatise aujourd’hui l’ensemble des rapports sociaux. Ajoutons que la mise en place de la société de consommation fut épaulée par la social-démocratie et portée par un groupe social tirant les avantages de son rôle de courroie de transmission. La médiatisation eut en outre l’avantage de discréditer la raison en substituant la logique affective de l’échange d’image au raisonnement discursif. La fusion aujourd’hui achevée des spectaculaires diffus et centralisés dans le spectaculaire intégré (CNN, Lagardère, Berlusconi …), prépare à la « consommation frugale » aussi bien qu’à celle de Coca-Cola. Nos cerveaux englués, tout comme ceux des économistes, des politiques et même celui des journalistes du 20H, gobent n’importe quoi, ne comprennent rien au fonctionnement de l’argent, jouent au tir à pipe sur les parachutes dorés et se laissent proprement arnaquer par les agissements foireux d’une bande de banquiers véreux !

Cette alliance réformiste masquait le développement de l’économie comme mode de domination, et non comme mode de satisfaction des besoins « élémentaires », condition de l’émancipation des individus pour correspondre au projet des lumières. Ainsi, parce qu’elle était contraire à « l’épanouissement humain » par le productivisme, l’écologie fut longtemps vilipendée par la gauche au nom de l’emploi et du pouvoir d’achat. Pour les productivistes capitalistes aussi bien que bureaucratiques, la question essentielle est de maintenir l’asservissement des salariés lorsque le développement de la production leur permettrait d’envisager de rendre la satisfaction des besoins indépendante de la logique interne d’accroissement illimitée du « capital ». Cette question est de nouveau terriblement d’actualité ! Le mouvement de la décroissance considère qu’il suffirait de retoucher l’organisation sociale pour atteindre à la satisfaction des besoins sans qu’il soit nécessaire d’en vouloir toujours plus. Triste ironie du moment, ceux qui depuis cinquante ans ont supporté d’être piétinés pour combattre l’hégémonie de la croissance comme fausse conscience de la raison économique se trouvent complètement dépassés par le surgissement d’investisseurs novateurs et activistes d’une croissance verte aux accents solidaires. Aujourd’hui, les sympathiques « bluettes » de la décroissance nous seraient aisément accessibles parce que la réévaluation de nos « véritables » besoins ferait s’évaporer les possibilités d’emprise du capital sur nos vies quotidiennes. En réponse aux adeptes de la simplicité volontaire, les sociaux-démocrates bon teint tentent de dévoiler l’obscurantisme de la pensée décroissante en avançant que celle-ci trahirait les valeurs éternelles de la gauche, à savoir : la science, le progrès … Curieusement la gauche n’a pourtant rien à proposer sinon la possibilité d’une croissance soutenable étayée cette fois par de vrais choix rationnels. Le plus drôle dans cette histoire est que le capitalisme s’est déjà mis au vert et que votre banquier de proximité fait déjà dans la relocalisation !

L’histoire avance, gonflée cette fois d’une crue démographique sans précédent alors que notre morale impose de ne pas laisser dans la misère deux tiers de nos semblables. Les néo-croissancistes façon Claude Allègre envisagent de généraliser notre niveau de vie à la planète, le foisonnement de l’inventivité scientifique et technique résoudra tout ; à l’inverse, les tenants de la sobriété façon Yann-Arthus Bertrand visent à l’adaptation éthique des modes de vie occidentaux aux limitations planétaires. La « vérité de leur opposition » est qu’ils tendent symétriquement à mettre en place les conditions d’une éventuelle survie de la bourgeoisie à l’occidentale.

La bourgeoisie à l’occidentale n’est pas nécessairement un mal (n’en déplaise au Tao : la raison et les lumières pour tous, c’est bien !). Seule une très petite minorité de la classe possédante occidentale voudra s’expatrier en Chine, en Inde pour y « suivre l’argent » et se faire homme lige de nouveaux tycoon ou de nouvelles féodalités. Les autres voudront conserver, sur place, leurs propriétés et leur statut dans la hiérarchie. Pour y parvenir, la bourgeoisie sédentaire devra affronter la masse toujours grandissante des sans emploi. Afin de calmer la foule des désoccupés, des « sans projet », la bourgeoisie sédentaire devra inventer de nouvelles formes de redistribution dont elle gardera le contrôle. Le jeu n’est pas perdu, la classe bourgeoise peut faire alliance avec la redoutable bureaucratie de l’aide sociale rodée depuis quarante ans au jeu qui consiste « à gagner sa vie » à faire semblant de s’occuper du malheur des autres. De cela, personne ne parle, mais tout le monde s’inquiète de tirer son épingle hors du jeu qui s’annonce : serrons-nous tous la ceinture, chacun au cran qui convient à son rang.

Tandis que chômeurs et chômeuses se font piéger dans les sociétés de repassage et les trappes du RSA, tandis que les Claude Allègre et Arthus Bertrand offrent le spectacle d’une opposition d’opérette sur l’idée du monde à venir, les capitaux jouent la vraie pièce. Le capitalisme (re)verdit avec l’inventivité du chacun-pour-soi et sans véritable plan d’ensemble. Toutefois, cette effervescence produit la réserve des solutions dans laquelle nous pourrons sélectionner ce qui marchera dans telle ou telle situation. Ainsi, devant le risque de crever de chaud, ou de disparaître avec le dernier ballet des seigneurs de guerre néo-féodaux, la classe possédante a la vocation de se transformer en la seule classe révolutionnaire disponible : c’est elle qui convertira les mentalités prédatrices vers plus de solidarité et de coopération. Mais pourra-t-elle assumer la mauvaise conscience d’une restauration et de la généralisation d’une néo-domesticité salariée destinée à calmer les colères qu’engendre la misère ? Il n’y aura plus et pour longtemps du travail émancipateur pour tous ! À part d’échapper à la gestion bureaucratique de la fin du monde par prédation et inversion violente de la couleur des cases sur l’échiquier, que pouvons-nous espérer ? Au terme d’un pénible accouchement, la classe inédite de ceux qui ont encore quelque chose à léguer, propriété, savoir ou décence est de ce fait en position de donner. En déclarant nécessaire l’alliance boroméenne entre liberté, égalité et fraternité, elle pourrait se « sur-vivre » en se transformant et transmettre ainsi notre héritage culturel par un projet non prédateur. Une constitution pour l’économie aiderait à préparer l’issue heureuse de cet accouchement « in extremis ».

Jean-Luce Morlie

(*) Pour Serge Latouche, il faut compter non pas 6 mais 8 "R".

samedi 2 janvier 2010

2009 : le réel bilan

Jeudi dernier, la télévision a vraisemblablement diffusé des rétrospectives de 2009 lors de ses derniers journaux (j'écris vraisemblablement car je n'ai pas la télé).
Des séries de faits bien franco-français ont dû ainsi être présentées, évidemment sans qu'aucun de ces faits ne soit expliqué réellement ni mis en relation avec les évènements du Monde et ses mauvaises lois économiques en vigueur : un nihilisme en matière d'information.

Pour ceux que cette médiocrité indispose, il faut trouver des sources d'informations plus satisfaisantes.
On peut alors faire le choix de lire quelques journaux, comme le Monde par exemple.
Mais hélas en France, même le nec plus ultra des médias ne rapporte pas la réalité et se contente le plus souvent de seulement publier quelques vérités, tant dans le milieu des journalistes on s'attache à ne pas vouloir heurter nos "puissants".
Il en résulte tout naturellement, pour une part importante des médias anglo-saxons, une meilleure qualité et un sérieux reconnu.

Dans notre pays, finalement, il ne reste plus que le Net pour accéder à une information digne de ce nom. Alors justement ! Profitons de ce que Paul Jorion a publié sur son blog un bilan 2009, sans aucun doute assez en accord avec la réalité.

Bien sûr, il s'agit d'un bilan économique mais l'économie c'est aussi la politique - la chose du peuple - et plus globalement l'écologie qui, en fait, se trouve à la base de tout.

En tout cas, dans ce bilan 2009 proposé par Paul Jorion il faudra retenir ce qu'a dit le gouverneur de la Banque d'Angleterre en paraphrasant Churchill : "Jamais tant d'argent n'a été dû par un si petit nombre".
Tout est dit ou presque.

La situation est grave ! De Grands chefs d'État nous manquent.
Et nous ne sommes pas prêts d'en voir arriver à la tête de nos pays : le capitalisme dans son ultime version, la société de consommation, l'individualisme, le non respect institutionnalisé de la Nature, le faible niveau d'éducation de nos jeunesses, tout cela empêche l'émergence de ce genre de personnages.

mercredi 16 septembre 2009

Aveu d'échec

Le Roi des indices, le PIB, vient de prendre un coup sur la tête.
La commission Stilglitz a remis hier son rapport après 18 mois d'études commandées par Monsieur Sarkozy.
Le rapport conclut que, dans le Monde tel qu'il est actuellement, l'indice indicateur de croissance n'est plus suffisant en l'état.
Il est temps en effet de se rendre compte que ce "truc" ne se soucie en rien des destructions de l'environnement causées par la toute puissante économie "croissanciste".

Mais si ce constat semble en passe d'être admis, cela ne veut pas dire que le PIB va être abandonné tout de suite. Il va rester la référence pour quantifier la santé de l'économie car il est trop utile aux financiers et aux économistes simplistes qui ne savent comprendre que des chiffres simples. N'oublions pas que se sont eux qui font la loi, pour tout.
Mais le fait même que notre Président ait demandé à une commission de plancher sur cet indicateur plein d'insuffisances montre que les politiques commencent à penser que l'économie de la croissance a peut-être des défauts. En tout cas, pour le moral, il vaut mieux croire cela même si l'on se souvient que pour le Grenelle de l'environnement dont on sait le résultat pitoyable, proche du statu quo, les mêmes techniques de communication avaient été employées pour lancer le débat et susciter l'espoir.
De toutes les façons, il restera de ce rapport comme le début d'un aveu que le système économique dans lequel nous survivons est un échec.

Pour autant rien de vraiment concret ne sort du rapport qui pose plus de questions qu'il ne trouve de réponses.

mercredi 9 septembre 2009

ECCE

Depuis quelques temps, "plus souvent que rarement" diraient nos compatriotes des Antilles, je vous oriente sur le Blog de Paul Jorion qui est l'un des rares endroits où l'on peut avoir les informations sur la réalité de l'économie du Monde.

Paul Jorion est anthropologue et sociologue. Vous trouverez sur ce lien son CV et plus encore le concernant.
Ancien trader, il est l'un des cinq, dixit Jacques Attali (*), qui avaient prévu longtemps à l'avance la crise mondiale qui s'étend et qui n'en n'est qu'à ses débuts (oui ! oui !).

Connaissant bien le sujet "économie", grand humaniste, il travaille de toute son énergie à un projet ambitieux, celui de faire adopter une constitution pour l'économie commune à tous les pays du Monde.
Pour la rédaction de cette dernière, il a eu l'idée de créer, sur le Net, un espace collaboratif du type "wiki" où les internautes débattent et rédigent en concertation le texte qu'il est urgent de promouvoir.
En effet, il semble qu'il puisse être plus efficace pour moraliser vraiment l'économie et la finance, que ne le seront les mesurettes, toujours hypothétiques, du genre de celle qui concerne la rémunération des traders. En tout cas c'est ce que laisse espérer l'Article 10 qui propose, sans ambages, d'interdire la spéculation.

Paul Jorion, dans un article récent à la tribune (dernier paragraphe), a déclaré qu'il fallait désormais prendre en considération "les limites du Monde" car jusqu'à présent tel ne fut pas le cas. Dans le projet de constitution pour l'économie, dès le préambule, cette idée est affirmée et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Je me permets de joindre à cet article une copie du Préambule et de l'Article 10 tels qu'ils étaient rédigés il y a quelques jours encore.
 

Préambule

Considérant que l'économie s'inscrit dans le biotope Terre qui est le berceau ainsi que le seul cadre de vie et de développement de l'Humanité ;

Considérant que doit être résolument écarté le risque de voir se reproduire pour l'Humanité des désastres résultant de pertes de contrôle de certains secteurs de l’économie ;

Considérant qu'une constitution pour l'économie peut être une étape primordiale dans l'Histoire de l'Humanité ;

Considérant que cette constitution peut laisser à l'Humanité la possibilité de reconnaître et d'affirmer sa propre nature ;

Considérant que dans un système complexe, l'équilibre de chacun dépend de l'équilibre de tous les autres ; que l'anticipation des besoins de l'autre est reconnue comme le premier principe devant être appliqué à la régulation des systèmes d'échange ;

Considérant que la démocratie constitue un bien fondamental et que donc toute forme d'organisation économique doit renforcer la démocratie et rechercher le développement humain ;

Le G192 se donne une Constitution pour l'économie, à laquelle les États, comme toute autre forme d’association, pourront se référer tant pour assurer le développement et l’innovation dans leur mode d’organisation économique que pour discuter entre eux de la validité d'un projet économique et pouvoir, si nécessaire, le mettre en cause auprès des juridictions compétentes.

Article 10

Les paris sur la fluctuation des prix sont interdits.

Mais vous avez tout le loisir de visiter vous-mêmes le site de l'ECCE (Espace Collaboratif vers une Constitution pour l'Economie).

(*) Les quatre autres sont, Nouriel Roubini, Andy Xie, Raghuram Rajan et Martin Wolf, ce dernier pensant, comme Paul Jorion, que le problème écologique est maintenant incontournable.

lundi 7 septembre 2009

Un diagnostic de vétérinaire

Paul Jorion donne souvent la parole à des personnes qui présentent des points de vue toujours intéressants sur l'actuelle situation économique mondiale.

Le lien en bas de page vous offrira l'analyse d'un vétérinaire qui fait un parallèle entre la crise de la vache folle et ce que nous vivons aujourd'hui sur le plan économique : C'est imparable et très agréable à lire !

Peut-être qu'un médecin aurait pu nous faire un parallèle semblable avec le scandale du sang contaminé et ainsi démontrer, de la même façon, l'incompétence et l'immobilisme de nos dirigeants.
En tout cas, si les crises se succèdent, chez les politiques rien ne change dans les méthodes de décisions et ils ne font rien pour mettre en place des dispositions qui pourraient éviter les catastrophes : Ils restent incapables d'apprendre d'un échec !

Bonne lecture.

mercredi 19 août 2009

Pétrole : baisse annoncée ... de la production

En catimini, profitant des vacances, l'AIE (l'Agence Internationale de l'Énergie) a annoncé s'être trompée dans les prévisions qu'elle a faites sur les capacités mondiales de production d'or noir.

Les "spécialistes" compétents (?) en costards-cravates de cette agence, titulaires de diplômes et de titres à n'en plus finir, se sont plantés. Et les conséquences sont gigantesques.
En effet, sur la foi de leurs travaux, nos politiques ont laissé se développer un système économique fondé sur la consommation effrénée de pétrole tout en empêchant l'émergence de tout autre système pouvant représenter une alternative à l'après-pétrole.
Ce temps là arrive. Et si, peut-être, il arrive par surprise pour certains il faut souligner qu'il avait été bien prévu et annoncé par des gens de bon sens dès 1972 (Cf. le Rapport Meadows par exemple).

Le problème est là !
Alors que le pic du pétrole est dépassé, comment nos dirigeants vont-ils pouvoir gérer la crise économique qui découle directement de la crise énergétique qui commence ?
Comment mener la Révolution Économique et sur quelles bases la mener ?
Car la croissance, c'est fini ! La fête est terminée pour les financiers !
Le monde doit changer pour simplement pouvoir continuer.

Pour finir, soyons-en donc certains, le prix du pétrole ne va pas baisser ; il ira toujours en augmentant.

mercredi 29 juillet 2009

Trois ans pour sauver le monde

Il y a quelques temps je vous signalais la parution d'un livre "choc".

Je l'ai lu !

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, deux polytechniciens, nous parlent avec brio du réchauffement climatique et de ses conséquences mais aussi et surtout de l'épuisement des ressources énergétiques fossiles.
Après avoir parlé "du calme avant la tempête", le livre est un déferlement de bonnes remarques rendant compte de la réalité du Monde et, la plupart du temps, de bonnes idées qui pourraient diminuer l'impact de l'Humanité sur la Planète.
Ils préconisent en fait, un changement profond de la société où l'accent serait mis sur l'économie d'énergie.

Dès le début (p. 32), ils se désolent que des travaux français, équivalents de ceux de Nicholas Stern en Grande-Bretagne (travaux conclus par un rapport annonçant un coût pharaonique pour la crise écologique), soient passés aux oubliettes médiatiques occultés par le fameux ou plutôt le fumeux rapport Attali (*).

A propos des médias, les auteurs leur font le reproche "de tendre un micro" à des gens bien mal inspirés, qui sur le fond ne sont rien, tant leur incompétence est grande en matières scientifiques. Claude Allègre et Bjorn Lomborg en prennent ainsi pour leur grade. Et d'accuser les journalistes (p.41) de confondre "je n'y comprends rien" avec "personne n'est sûr de rien". C'est drôle tout en étant bien vrai.

Viennent après cela, une explication et une dénonciation des pratiques financières puis, grâce à l'exemple de l'île de Pâques (Cf. le livre "Effondrement" de Jared Diamond), une critique de l'argent tel qu'il est actuellement considéré et une démonstration de l'aberration qu'il y a à croire que le PIB est un bon moyen d'indiquer la santé d'une économie.
Ils nous proposent alors de prendre en compte comme un actif dans la comptabilité d'un état, la totalité des ressources naturelles. Pour eux en effet, il parait urgent de considérer les destructions et les consommations de ces dernières comme autant de pertes de richesses dans le bilan que constitue un PIB (p.95). Ils introduisent ainsi la notion "d'optimum pour un PIB", pour que l'économie puisse durer et "éviter un retour au Moyen Age".

Jeu de mots amusant (p.115), ils écrivent que "les trente glorieuses" ont été suivi par "les trente piteuses" (**).

Ils affirment ensuite que l'état doit avoir un rôle moteur (p.163) dans la réforme nécessaire de l'économie (***) tout autant que pour encourager la désormais urgente prise de conscience par les citoyens des problèmes énergétiques.
D'ailleurs pour que l'état puisse mener au mieux ces missions, ils suggèrent aux partis politiques de n'investir, pour les prochaines élections, que des candidats ayant des formations scientifiques (p.197) les mieux à même, à leurs yeux, de les aider à prendre les meilleures décisions puisqu'ils pourront alors comprendre les rapports qui leur parviendront, sur le réchauffement climatique, les ressources naturelles et les pollutions.
De même, ils insistent sur le fait que les élites de l'état devraient savoir ce qu'est l'énergie dans le sens de grandeur physique et qu'il faudrait, pour qu'il en soit ainsi, qu'elles suivent toutes les formations qui seraient nécessaires.

Cependant, certaines lignes sont malheureuses.
C'est le cas lorsque le nucléaire est considéré comme une solution d'avenir alors que lui aussi dépend de ressources naturelles non durables.
C'est encore le cas lorsque, plusieurs fois, le stockage industriel du CO2 est prôné comme solution au problème du réchauffement climatique. Alors que les auteurs font, tout au long de l'ouvrage, de bonnes analyses sur les rendements énergétiques, il est curieux de constater qu'ils se sont laissés piégés par cette idée entropiquement non viable.
Il est en fait dommage qu'après tous leurs bons raisonnements, ils ne parlent absolument pas de l'énergie solaire en général.

Nous regretterons aussi les lignes qui présentent les responsables des grands groupes industriels et énergétiques comme de bons "écolos" puisque ils semblent, aux dires des auteurs, plus se soucier de l'avenir que ne le font les politiques. Le hic vient du fait que nos deux "compères" confondent quand ils écrivent cela, l'apparente préoccupation de ces "hauts décideurs" avec la raison première de cette préoccupation :
Oui, ces gens se font quelques soucis !
Mais ce n'est pas pour l'écologie à proprement parler.
S'ils sont angoissés, c'est juste parce qu'ils voient arriver, "à vitesse grand V", le moment où leur business arrivera à son terme.

La fin du bouquin, captivant malgré ces quelques passages critiquables, est un ensemble de 13 lignes d'actions, à charge pour les politiques, les financiers, les industriels et les citoyens, de les mettre en pratique.
En vrac, nous retiendrons qu'ils préconisent de "d'abord réduire, ensuite réduire, enfin réduire" la consommation d'énergie, de raser les banlieues pour concentrer les villes, de recoloniser les campagnes, de taxer l'énergie, de détaxer le travail, d'isoler sérieusement l'habitat, de donner aux enfants une éducation poussée sur les choses de l'énergie et de la nature, de réduire le nombre des voitures ainsi que leur puissance, d'arrêter le transport aérien de masse (****), d'user de la potentielle puissance politique de l'Europe et de remettre l'OMC sur la bonne voie.
Tout un programme ! Qui peut, c'est vrai, aider à la mise en place de l'écodouble car ils encouragent aussi les gens à accepter l'idée qu'il faudra à l'avenir changer de métier, plusieurs fois dans sa vie, le temps que se fasse la transition économique qu'ils appellent de leurs vœux, tout en leur demandant d'arrêter d'exiger toujours plus de vitesse dans la satisfaction de toutes leurs envies ... non vitales.
Un vrai défi, tant ces envies égoïstes sont tout à fait normales pour la quasi totalité des humains !

Le livre "C'est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde" est paru en janvier 2009.
Aux politiques, qui n'ont toujours pas compris qu'il faut agir tout de suite, nous pouvons dire qu'il reste 2 ans et demi.

 

(*) Dans Le Monde du 19 janvier 2008, "314 mesures pour relancer la croissance". Je préfère dire : "3,14 mesurettes pour tourner en rond !".
(**) Dans la lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, j'avais essayé "les trente non rieuses". C'était bien moins fin.
(***) En citant l'exemple inattendu, mais finalement assez convainquant, de certaines très peu orthodoxes mais très efficaces mesures de relance monétaire prises en Allemagne en 1933 et 1934 ... et bien sûr, cela n'a aucun lien avec le racisme et le fascisme que prônaient les nazis.
(****) C'est en train de se faire tout seul. Dès lors, il serait sage d'arrêter, tout de suite, le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

jeudi 7 mai 2009

Matinée à la Mairie

Quelque part en Bretagne, le samedi 24 janvier 2009 à 11H00, comme nous avons tous encore un peu l'âme paysanne, je me suis invité aux voeux prononcés par Monsieur le Maire aux agriculteurs de la Commune.

Après les politesses d'usage, notre édile a exposé longuement le schéma directeur d'aménagement du territoire autour de la grande ville proche, tel que l'ont défini les "décideurs" locaux. Et de parler de développement comme s'il s'agissait de progrès et de croissance économique.
Alors tout naturellement, les agriculteurs se sont inquiétés pour leurs terres car bien sûr ils savent tous que les plans des décideurs, partout dans le Monde, empiètent sur des terres nourricières confisquées.

Lors de cette réunion très amicale, clôturée par une petite boisson, c'était criant : Vantée par les responsables politiques, qui bien souvent croient bien faire, la croissance toujours provisoire implique la destruction définitive de terres agricoles. Ou en d'autres termes, toujours plus de pertes pour toujours plus de précarité.

Comment peut-on imaginer alors que cela puisse durer si l'on veut par ailleurs assurer le bien-être des populations ?
Notre système économique est bien une voie sans issue.
Heureusement il reste l'écodouble. Mais il faut vite la mettre en place.

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