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Tag - cat:Le conseil des Présidents

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mercredi 5 janvier 2011

Épisode 3 : Le cauchemar continue

Résumé des épisodes précédents (1) et (2) :
Toutes les nuits, Sarkozy fait un cauchemar dans lequel l'économie s'effondre en brisant sa petite vie.
Pourtant, un soir, alors qu'il vient de s'endormir, il se retrouve dans un rêve qui commence bien : assis à une table avec tous ses prédécesseurs de la Vème République, il a l'occasion de pouvoir leur demander des conseils qui pourraient lui permettre de résoudre les problèmes qui se présentent à la France.
Hélas pour lui, son rêve devient cauchemar : Il reçoit une leçon de morale de la part de de Gaulle qui s'est "seulement" contenté de tancer les autres.

Charles de Gaulle  - Je disais donc qu'il faut nationaliser les banques.

François Mitt'rand - Et bien moi, moi, je l'ai déjà faite la nationalisation des banques et j'ai eu raison. J'ai été visionnaire sur cette affaire et ce n'est pas l'Histoire qui le contredira. Mais la droite a ensuite détruit mon chef d'œuvre. C'est pour cette raison que la crise est arrivée.

CdG - Allons Monsieur ! Un peu de modestie ! Vous ne fûtes ni ne serez jamais un Deus ex machina providentiel. S'il est vrai, Mitt'rand, que vous avez, au début de votre "quatorzaine" (*), acheté tous les établissements financiers de la Place de Paris, il est malvenu de vous en glorifier car vous l'avez fait en ruinant la France. Votre action n'avait pour moteur que l'idéologie et nullement la nécessité. Je vous rappelle qu'à cette époque la libre circulation des capitaux n'était pas autorisée ; et le fait que vous l'ayez légalisée au début de 1986, bien après "vos" nationalisations coûteuses et alors inutiles, constitue une des nombreuses preuves de votre incompétence et incohérence dans la gouvernance.

Jacques Chirac - Putain ! C'est vrai !
Quand je suis arrivé à Matignon en mars 86, j'ai hérité d'une escadrille d'emmerdements à cause de cette loi !
La dette n'avait plus que la possibilité d'augmenter !
Les marchés nous croquaient la richesse plus vite qu'on l'imposait ; et c'est un tour de force quand on connait le pouvoir de pompage que les acharnés du fisc développent à l'égard de l'oseille !
Tu sais quoi Tonton ? Entre 81 et 86, t'as fait museau devant les "ricains" et les "rosbifs" ! Tu aurais du leur dire merde avec une grande majuscule, aux deux dérangés des neurones. La perfide Thatcher et le rigolo cow-boy d'Hollywood, fallait les bouffer !
Au lieu de cela tu as baissé ton froc et joué tes rôles favoris : la girouette toujours dans le vent et les 40 voleurs d'Ali Baba.

CdG - Vous voyez Chirac que vous pouvez être sérieux quand vous le voulez ! Mais j'ai tout de même un peu de mal avec votre vocabulaire de charretier. Mon côté vieille France sans doute.
Cela dit, de nos jours, il semble qu'il faille faire du spectacle à grand renfort de grossièretés plutôt que de la politique, n'est ce pas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy - C'est vrai Président ... Général ? ... Euh ! de Gaulle ?

JC - Eh NicoS ! Faut pas faire ton timide comme ça ! T'es malade ? ou alors c'est "Charlie Golf" (**) qui te la coupe vraiment ?
Ce n'est tout de même pas un présentateur télé comme toi qui va bouffer sa langue !

NS - Lâche moi ! Pauv' con !

JC - Wouaf, wouaf ! Il est mignon le roquet !

CdG - Quel beau français Monsieur ! Enfin ! il est trop tard pour réussir à changer vos manières.
Ce que vous avez perdu de vu Sarkozy, c'est que le droit absolu du Peuple est de manger à sa faim ; et si vous le privez d'éducation, comme c'est le cas depuis 25 ans, en plus du "pain", il exigera des "jeux".
Or, si vous êtes parfait pour faire du cirque à la télévision - ce qui pourrait bien, au final, me ressusciter de colère tant vous attentez à l'image de Chef de l'État - vous vous révélez incapable de fournir l'indispensable pain à l'ensemble du Peuple. Ce dernier s'est considérablement appauvrit durant les trois premières années de votre mandat et le nombre de miséreux ne cesse d'augmenter. Avez-vous une explication à cet échec ?

NS - Ben ! C'est la crise ?!?! C'est dur, vous savez. Et puis il y a l'Europe. 

CdG - Laissez donc l'Europe où elle est pour l'instant !
La crise, quant à elle, n'est pas une excuse ! d'autant que le système est maintenant façonné pour générer des crises, si bien qu'il faut s'attendre à des crises ; qui sont donc prévisibles !
D'ailleurs, j'ai ouïe dire qu'un certain Jorion, un Belge francophone, qui aime notre Pays, avait su prévoir et décrire bien longtemps à l'avance celle qui sévit actuellement. Cet anthropologue dit aussi que la crise n'est pas finie. Faites-vous cas de son analyse ?
Ensuite, Sarko, je vous ai parlé tout à l'heure du Rapport Meadows, qui lui aussi prévoyait, dès 1972, de mauvaises années à partir de 2010-2015. Avez-vous lu ce rapport ?
Enfin, du courrier parvient toujours, j'en suis sûr, à votre adresse ! Il doit bien se trouver parmi toutes les lettres qui vous arrivent, celles d'associations ou celles de quelques citoyens, éclairés ou préoccupés, qui vous font part de ce qu'ils constatent sur le terrain. Ces gens savent bien souvent faire état d'une situation, bien mieux qu'un énarque ne peut le faire assis à son bureau.
Je vous pose donc les questions suivantes : Allez-vous sur le terrain ? Êtes-vous soucieux et proche du Peuple ? Lisez-vous tout votre courrier et y répondez-vous ? Avez-vous les meilleurs conseillers ?
Voyez-vous Sarkozy, si à une seule de ces questions, vous répondez "non", alors vous êtes un mauvais Président.

NS - Ben, je me les ai jamais posées ces questions.

CdG - Alors Monsieur concluez ce que vous voulez mais je sais, moi, que nous ne figurons pas dans la même catégorie de personnalités politiques !

Valéry Giscard d'Estaing - Cher Nicolas, vous auriez dû faire comme moi ! Durant mes années à l'Élysée, je m'invitais chez des français ordinaires. Je trouvais cela très pittoresque. Anne-Eymone trouvait cela ennuyeux ; mais moi pas du tout ! J'étais fasciné. Ce côté simple qu'ils ont ; pas du tout raffiné.
J'étais aussi très intéressé par les pantoufles des français. Voyez-vous, je ...

JC - Eh ! L'atomiste ! Tu ne dégazonnerais pas des fois ? Faut pendre des bains de pieds ; ça pourrait te faire du bien à la tête.

VGE - Je ne vous permets pas Monsieur ! Si je n'avais pas le sens du devoir, je vous dirais bien ...je vous dirais bien : "au revoir".

JC - Du moment que tu nous fous la paix, si ça te chante tu peux même nous dire adieu.

FM - À Dieu quoi ? Dieu vous écoute. Qu'est-ce que vous voulez me dire ?

CDG - Décidément Messieurs, vous êtes au zéro absolu de la politique. Enfin ! Peut-être pas vous Pompidou. Mais peut-être n'est-ce qu'une impression dû à votre discrétion jusqu'à présent ?!

GP - Ma discrétion ?! Je crois qu'elle provient du fait que lorsque vous parlez mon Général, ce que vous dites est tellement vrai, tellement grand, que je ne trouve rien à redire.
Ou alors, c'est à cause de l'angoisse causée par le reproche que vous m'avez fait tout à l'heure ; car je ne vois toujours pas quelle faute j'ai bien pu commettre en 1973.

JC - Tu fayotes toujours, toi ! hein ?

CdG - Vous le verrez bientôt Pompidou ! Le moment n'est pas encore venu de vous dire en quoi consista votre faute. Et puis reprenons ! Nous nous dispersons !
Il faut donc nationaliser les banques disais-je. L'action en ce sens, avec toute la surprise que nous pourrons, est la seule chance qui reste pour sortir de l'impasse dans laquelle nous sommes engagés.

VGE - Si je puis me permettre, nous courrons à la catastrophe avec une telle mesure.

CdG - Giscard ! j'ai déjà dit qu'en l'état, c'est déjà le cas : la catastrophe est là ! Toutes les banques sont ruinées et les années qui viennent seront excessivement difficiles à cause d'une rareté du crédit. Et croyez bien que le crédit ne sera pas rare en tant que tel. Il sera simplement rare pour l'économie réelle mais il ne manquera pas à l'économie virtuelle, qui disposera autant qu'elle voudra des largesses des banques centrales. La déflation s'installera, l'économie se dégonflera et la spéculation fera se gonfler des bulles les unes après les autres. Les taux d'intérêts baisseront bien mais, dans un contexte de déclin économique, le ratio dettes-recettes de la France ne pourra qu'augmenter. Il en résultera un endettement pour l'éternité.
Voilà pourquoi je vous certifie que le premier pays qui, sans verser un sou bien sûr ! nationalise ses banques, prend une avance sur tous les autres. Par cette action, sa dette, comparée à celle des autres, n'en apparaîtra que plus sûre tout en redevenant purement nationale et donc possible à contrôler.
La France doit retrouver sa Grandeur ! De par son Histoire, elle a le devoir de montrer la voie et d'être le premier pays à retrouver son indépendance budgétaire, synonyme de liberté.
Sur le plan technique, pour arriver à cette reprise en main, il faut, par décret, interdire toute spéculation sur les marchés.
Vous verrez que les bénéficiaires de la crise, ceux qui vous ont, soit corrompus, soit abusés, ne pourront pas s'empêcher de continuer ces paris financiers, tout forts qu'ils sont de leur impunité passée. Dès lors, le piège pourra se refermer : les patrons des banques, vrais responsables de la déroute économique que nous vivons, pourront être arrêtés et leurs banques nationalisées dans la foulée. En 3 jours l'affaire pourra être pliée.
La finance a déclaré la guerre aux peuples. Les Peuples, et en tout premier lieu celui de la France, ont toute légitimité à vouloir se défendre, avec tous les moyens dont ils disposent et toute l'énergie qui leur reste.
Quant à tous ceux qui cherchent encore à sauver la finance en la maintenant dans sa situation actuelle d'omnipotence, ceux-là sont des collabos. Ils devront être jugés comme tels, dès qu'il se pourra.

(À suivre)

(*) Deux mandats de 7 ans, soit quatorze ans. Référence aux quatorzaines de sangliers dans l'album d'Astérix "Le chaudron".
(**) Charlie pour la lettre C et Golf pour la lettre G dans l'alphabet radio OTAN et OACI, initiales du Général et code d'identification du porte-avion Charles de Gaulle.

mercredi 15 décembre 2010

Épisode 2 : Un cauchemar plein de vérités

Résumé du premier épisode
Nicolas Sarkozy fait des cauchemars toutes les nuits.
Un jour, au début de son sommeil, il se retrouve autour d'une table avec tous ses prédécesseurs de la Vème République.


Charles de Gaulle - Je vous ai convoqués parce que la situation des finances de la France et des Français est au plus mal.
Vous n’êtes pas sans sav…

Nicolas – Euh, oui, bonjour. Sans vouloir vous interrompre ni même vous critiquer, je tiens à dire, comme je le pense, que c’est moi Monsieur qui vous ai demandé de venir tous pour me donner des conseils.

CdG – Qui parle, s’il vous plait ?

Nicolas – Ben, je vais vous le dire ; c’est moi ! le Président de la France, la cinquième puissance mondiale. Et c’est moi qui vous ai demandé de venir, je le répète.

CdG – Mais où êtes vous ? Je ne vous vois pas !

Nicolas – Je suis là, devant vous, dans le fauteuil juste en face du vôtre.

CdG – Ah ! Oui !  Maintenant que sur votre séant vous sautillez comme un cabri je vous aperçois et je constate qu’il vous faut un coussin, manifestement.
Appelez un huissier pour qu’il apporte ce qui convient. On m'avait dit que vous manquiez de grandeur mais je ne m’étais pas douté que c’était à ce point dans le deuxième sens du terme.
Maintenant, je pense qu’il est temps pour vous d’apprendre les bonnes manières. Désormais vous vous tairez lorsque je parlerai et vous ferez de même ensuite d’ailleurs. Vous ne vous exprimerez, si tant est que vous puissiez le faire sans gesticulation aucune, que lorsque je vous inviterai à le faire.
Me suis-je bien fait comprendre ?

Jacques Chirac – Il fait plus le malin maintenant le petit roquet, hein ?

Nicolas – Ben ... oui. Très bien ... Monsieur ... le Général !

CdG - Alors je reprends.
Comme je viens de vous le dire, et j’espère que vous l’avez constaté – je dis "j’espère" car il ne me semble pas évident que ce soit réellement le cas - la situation financière nous fait courir à la catastrophe. Cela résulte d’un enchainement de décisions calamiteuses, pour ne pas dire imbéciles, prises par vous tous lorsque vous occupâtes, à ma suite et chacun successivement, le poste suprême.
J'ai bien dit, tous, car même vous, mon cher Pompidou, vous avez commis une énorme faute au début de 1973.

Georges Pompidou – J'ai pourtant essayé de faire mon devoir vous savez. Mais je ne me suis jamais remis de votre décès. J'avais l'impression d'être veuf !

JC – Fayot !

CdG – Ah ! Chirac. Vous n’avez pas changé depuis vos débuts dans les cabinets de mes gouvernements : toujours comique troupier. Essayez donc de rester sérieux pour une fois.
De cette faute Pompidou, je reparlerai plus tard parce qu'il me semble plus urgent d'évoquer, et cela dès le début de ce Conseil des Présidents, votre manque de vision en 1972, qui fit que vous ne prêtassiez aucune attention au rapport de Monsieur Meadows ; et c’est bien dommage ! Car si vous aviez entendu, comme vous l'auriez dû, les avertissements du Club de Rome cette année là, la situation de la France s’en serait trouvée changée et nous ne serions peut-être pas là où nous en sommes aujourd’hui.
Lorsque j’étais à la tête de l’État, le Monde se reconstruisait après les épreuves douloureuses que vous savez. La conscience écologique n’avait pas encore émergée et, je vous l'avoue, je n'avais pas saisi à quel point les activités économiques dépendent de ce qui s'appelle désormais la biodiversité ; tout comme d'ailleurs, tous les Chefs d'États d’alors, mis à part, sans aucun doute, Sa Majesté le Roi du Bhoutan. Nous étions bien trop préoccupés à nous relever de la guerre. En disant cela, je ne cherche pas d’excuse ! J'affirme seulement que mon erreur, que dis-je ! ma faute ! est là.
Mais maintenant que notre Pays est en paix, considérant l'épuisement des ressources naturelles aujourd'hui évident, je ne doute plus de l'impérieuse nécessité qu’il y a à considérer la question écologique de façon globale, dans l’économie toute entière, c’est-à-dire l’économie à tous ses niveaux.
Cependant, la situation financière, dont je viens de vous dire la gravité, ne permet pas d’orienter la société dans la direction qu’il faudrait.
La finance, à cause de vos négligences et aussi, et surtout, de vos fautes enchainées, s’est emparée du pouvoir et n’est en rien résolue à le rendre, si désastreuse que soit sa santé.
Il faut donc lui reprendre le pouvoir, dussions-nous employer la manière forte, par la toute rigueur de lois et de décrets nouveaux. Je l’ai dit en 1966 lors d'une conférence de presse - vous semblez l’avoir oublié : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille".
La politique de la France, c’est moi qui l’ai conduite lorsque j'étais Président et votre devoir était que vous fissiez de même, chacun à votre tour. Hélas vous ne le fîtes pas. Ainsi Sarkozy, alors que la crise finale s'étend, vous restez passif !
Aussi ma question est la suivante : Vous attendez quoi ?

Nicolas – Euh ! Qu’est-ce que j’attends ?

JC – Ça va chauffer.

CdG – Oui ! Qu’avez-vous l’intention de faire ? Car il est temps d’agir mon brave ! D'entrer dans la bataille ! Et d'écraser l'ennemi !

Nicolas – Ben … j’sais pas moi. En fait c’est pour vous demander ce qu’il faut faire que je vous ai tous fait venir.

CdG – Alors comme ça, jeune homme, vous ne savez pas ! Vous êtes le Président en exercice et vous ne savez pas ! Comprenez que je me retourne dans ma tombe.
Seriez-vous, comme il me vient à le penser, inconséquent et dégoulinant d’incompétence ?

Nicolas – Ben … je ne sais pas. Je me demande …

CdG – Décidément, vous ne savez rien. Les français sont bien des veaux de vous avoir élu.
Il n’est plus temps Monsieur de se demander quoi que ce soit. Sachez-le ! Il n'est que temps de faire mouvement et de frapper.
Et vous autres ! Que feriez vous ?

Silence.

CdG – Personne n’a une idée ? Mon pauvre Pays ! Où donc as-tu fait naufrage ?

Silence.

Valéry Giscard d'Estaing – Moi, j’ai, il ne faut pas s'en étonner, une idée lumineuse.

CdD – Ah ! Enfin ! Dites toujours Giscard.

VGE – Je demanderais au Ministre de l’économie de me remettre un rapport sur la situation. Ensuite je pourrais décider des actions à mener pour obliger la finance à être moins possessive.

CdG – Voyez-vous Giscard, je crains que cela ne suffise. Et à l’évidence, vous demeurez ce que vous fûtes toujours : un parfait homme d’administration, tout dévoué au pouvoir de l'argent !
D’autres idées ?
Chirac ? Non ?
Mitt'rand ? Un proposition ? La 111 ème peut-être ? Remarquez que je vous consulte alors que je sais bien qu'il vous est impossible de trouver une solution aux problèmes du Pays tant il est vrai que par le passé il ne fut pas dans votre nature d’aller contre le vent. Vous me comprenez, n’est-ce pas ?

François Mitt'rand – À vrai dire, Monsieur de Gaulle, je ne vois pas ce dont vous voulez parler.

JC – Collabo ! Voilà ce qu’il veut que tu comprennes.
Quand je pense que t’as eu le toupet de me traiter de colonialiste pour le coup de la grotte d’Ouvéa.

FM – Et bien Monsieur le Premier Ministre, dans les yeux, je vous le redis : vous n'êtes qu'un colonialiste. Wheuu !

JC – Mais au moins, regarde moi ! quand tu dis "dans les yeux" ; pétainiste !

CdG – Cessez ces bisbilles de cour de récréation ! Savez-vous seulement ce qu’est la grandeur ? Faudra-t-il que, toujours, je sois étonné par votre constance dans la médiocrité.
Reprenons. Pompidou ! Une idée ? ... Non pas ! ... Vous aussi !
C’est donc à moi, encore une fois, que revient la lourde tâche de redresser le Pays.
Pauvre de vous. Vous accablez la France par votre vacuité intellectuelle pesante et par l'affairisme qui vous aveugle.
Je vais vous dire ce qu’il faut faire : il faut nationaliser les banques ! Et sans payer bien sûr puisque leurs caisses sont vides, ou plus précisément, seulement pleines de dettes.
Quant à leurs patrons actuels, ils doivent être traduits en justice ; sur le champ ! Qu'ils soient condamnés à faire un choix : celui de travailler à leur poste, gratuitement et sous notre plein contrôle, au service de la France, ou bien d'aller en prison pour le restant de leur vie.

Nicolas – Oui. Mais ça c’est pas possible. Parce que j’ai des amis qui perdraient la liberté et beaucoup d’argent dans cette affaire et …

CdG – Taisez-vous Monsieur ! Au poste qui est le vôtre, vous ne devriez avoir aucun ami. Le défilé de vos courtisans, qui quotidiennement se pressent à l’Élysée, déshonore la fonction de Président et bafoue la République. J’entends que vous mettiez un terme, au plus vite, à ces audiences d’impétrants de tous ordres. Votre cour est scandaleuse et n’est pas celle qui devrait.

(À suivre)         

mercredi 1 décembre 2010

Épisode 1 : Le cauchemar du Président

Si nous, les gens du Peuple, sommes maintenus dans l’ignorance quant au réel état du Monde, il n’en est pas de même de Monsieur Sarkozy.
Depuis qu’il est Président, il est au fait de tous les aspects de la crise, grâce à tous les moyens d'informations dont dispose le pays.
Ainsi, il sait que les tensions sur les marchés des matières premières ne vont pas cesser de s’amplifier et de s’exacerber du fait de leur raréfaction ; il est au courant que la crise énergétique est déjà là et que le nucléaire n’est pas une solution.
Il n’ignore rien des problèmes que vont générer la croissance démographique mondiale, le dérèglement climatique et le manque d’éducation des populations.
Il est au courant que les terres agricoles se raréfient elles aussi, ce qui rendra impossible, très bientôt, d’envisager de nourrir tous les Humains.
Enfin, certains conseillers lui ont expliqué l’invraisemblance du complexe financier mondial propre à créer crise sur crise.
Hélas ! Bien que parfaitement informé de tous ces problèmes, résultant tous des ravages qu'imposent les exigences de la finance, il s’obstine à défendre le système financier parce qu'il persiste à croire qu'il trouvera une solution à tous les maux.

Il faut dire, pour sa défense, qu’il a beaucoup d’amis et que ces derniers lui téléphonent régulièrement ou passent très souvent le voir dans son Palais pour lui faire un petit coucou et l’encourager, parce que son travail est très pénible.
Dans ces occasions, ils en profitent tous pour lui dire tout le bien qu’il y aurait à prendre des « mesures nécessaires » pour mener à bien des réformes qui permettront que très bientôt la situation s’améliore.
En tout cas, toujours très touché par leurs attentions et leurs encouragements, il n'a qu'une hâte : leur faire plaisir.
C’est bien sûr mauvais plaisir de sa part (au sens "louiquatorzien" contraire) mais il les écoute et fait tout selon les théories de ses amis en qui il a toute confiance. Et il s'en réjouit ! Il a en effet constaté que lorsqu’il fait ainsi ses amis sont heureux : ça le comble de joie !

Cependant, depuis quelques temps, parce que de nombreux pays d’Europe sont réduits à des situations de quasi faillite, toujours au moment du coucher, un doute hante l’âme de notre Président et ce doute le poursuit jusque dans son sommeil.
Et oui ! Le bonhomme se pose des questions !
Et pourquoi ?
C'est simple ! je vais vous le dire.
Alors que depuis 2 ans il dit partout que tout va aller mieux, il a bien remarqué que tout va, finalement, de mal en pis.
En outre, quelques uns de ses conseillers - certes les moins considérés ; ceux qu'il reçoit de temps en temps par pure politesse - ont osé lui dire que la crise n’en était qu’à son début, que d'autres tempêtes arrivent d'ici peu.
Bien sur il n’a jamais voulu entendre ces Cassandres puisque ses amis lui ont bien affirmé que ces gens ne comprennent rien.
Mais, quand même !
Si le jour tout va bien, le soir venu, tout cela tracasse donc notre piaf de l’État, surtout depuis que l’Irlande est sur le grill : le capitalisme triomphant ne triomphe plus, il faut bien se rendre à l’évidence ; même s’il n’est pas question, bien entendu de l’admettre en public.
En fait ce dont il a peur, c’est que nous nous souvenions de ses paroles, dites tout au long des deux années écoulées, annonçant le retour de la croissance et de l’emploi qui va avec (on nous a toujours dit que ces deux là faisaient la paire).
Et ce qui l’angoisse, c’est d'imaginer le jour où il se retrouvera devant les caméras des journalistes, à devoir reconnaître qu’il s’est trompé. Car il se souvient très bien de ce minable Georges Bush Junior, ridicule à essayer d’expliquer sur toutes les télés que « c’était comme un château de cartes qui s’effondre » alors que la bombe des crédits hypothécaires venait d’éclater.

Enfin bref ! Depuis plusieurs mois notre Prédisant fait des cauchemars. Tous les soirs, avant de dormir, il en parle à son épouse :
- Tu sais Carlita, j’ai de plus en plus peur de m’endormir. Chaque jour, c’est pire que la veille.
Je te l'ai déjà dit. Dans mon cauchemar, c’est toujours la même chose : tout le système s’écroule, tout le monde se moque de moi, tous mes amis sont ruinés. Et nous aussi, nous perdons tout notre argent.
- Mon pauvre Chouchou. Tu travailles trop et tu imagines à cause du stress des choses qui ne peuvent pas être. Tu devrais venir faire de la musique ou du cinéma avec moi ; tu ferais des rêves bien plus jolis.
- Mais non ! C'est pas ce que tu crois. Ils m’ont tout expliqué au bureau. Et tu sais pas la nouvelle ?
- Non, je sais pas mon Boubou.
- Et bien je vais te le dire. Il y a des méchants amis de mes amis qui n’ont pas respecté la « main invisible du marché » qui régule tout et maintenant c’est tout cassé dans le Marché et ça ne marche plus.
- Mais tout ça c’est des histoires ! Moi, j’écoute les informations tous les soirs à la télé et ils ne parlent pas de tout ça. Donc il n’y a pas de problème. Allez ! On dort maintenant mon Chouchou. Je suis épuisée. J’ai fait les boutiques toute la journée et tu sais combien cela me fatigue. Bonne nuit mon Foufou. Bais de feaux rêves.
- Ah ben non ! Ne dis pas ça ! Ça va être pire.
- Oh pardon mon Gougou. On en reparle demain, d’accord ? Bisous tout plein et bors dien

Une fois la lumière éteinte, Nicolas se sentit tout petit et seul au Monde : Carla dormait déjà, en suçant son pouce.
Il se passa un très long moment avant que le sommeil n’arrive à le submerger : longtemps il l’avait repoussé, à cause de la peur du cauchemar.
Mais maintenant, il est au pays des rêves. Et il lui vient une idée (heureusement avant le cauchemar) :
- Et si je demandais des conseils à tous mes collègues Présidents pour savoir comment il faudrait que je fasse ! La situation l’exige. Oui ! C’est ça ! Il faut que je les convoque tous. Ils me donneront de bons conseils eux. C’est des Présidents eux ! C’est pas comme tous les autres au bureau. Que des bras cassés et des cervelles vides !

Et voilà qu’à peine l'idée eue, émergeant de nulle part, ils arrivent tous !
En tête, Charles de Gaulle, suivi de Pompom, Précieux, Mitron et, fermant la marche, Jacquot le croquant .

Il y a une grande table, de beaux fauteuils et, tout autour, rien d'autre.
De Gaulle s’assoit et dit : « Messieurs ! Asseyez-vous. »

(À suivre)