Nota : Ce texte parait sur écodouble le 21 février 2016, à l'heure juste où il y a 100 ans jour pour jour, un calvaire de 9 mois commence pour les hommes de France envoyés sur les lignes de défenses de Verdun. L'anéantissement de ces hommes résulta de l'infinie stupidité de politiques et de généraux assujettis au capitalisme débridé et amoral qui, encore aujourd'hui et sans exception aucune, fait son beurre sur des monceaux de cadavres et des destructions écologiques de masse, de sorte que toute l'Humanité se retrouve en péril.

Académie ! Houhou, Académie !?
Tu dors ? Pourquoi ne réponds-tu pas à mes lettres ouvertes ?
Tu es gêné aux entournures ?
Ou alors, dois-je commencer à croire que tu ne sais ni lire ni écrire, très chère Académie.

Très chère oui ! Car pour justifier ton retard à répondre, n'avance pas le manque de moyens financiers ; ce serait de la mauvaise foi !
En effet, si on regarde ce que tu nous coûtes, la crise, toi, tu ne connais pas ! Le chiffre est vertigineux : 2,6 millions d'euros par tête et par an ! Voilà ce que nous, citoyennes et citoyens, consentons à dépenser, sans que nous puissions faire autrement semble-t-il, pour chacun de tes pensionnés si l'on en croit la Cour des comptes, relayée par Le Figaro (*), journal où sévissait, et peut-être encore, un de tes locataires-médiatiques-à-titre-gratuit-et-intéressé qui nous barbe régulièrement à la téloche.

Chère Académie, en 17 mois tu as reçu 2 lettres ouvertes, datées du 22 août 2014 et du 22 août 2015, plus un courriel sur ton site Internet, concernant le désastre humain du 22 août 1914 dont la responsabilité incombe à deux maréchaux criminels qui ont trouvé refuge sous ta coupole.
Il est notable de constater qu'à ce jour il n'y a toujours pas de réponse à ces courriers dans lesquels il t'est suggéré d'exclure ces maréchaux.

Je sais bien que tu as le temps, que tu te sens immortelle.
Mais moi, je ne suis pas une créature immortelle.
Ni l'Humanité d'ailleurs, celle-ci ne l'étant plus à force de voir les "zélites" ne pas vouloir traiter les problèmes qui se présentent ! Et justement, Foch et Joffre sont parmi les problèmes : des problèmes de Morale et de Justice ; des problèmes qui traversent les siècles et qui pèsent bien trop sur les Peuples et la biosphère toute entière.

Mais bon ! Je suis bon prince ! Si tu es vraiment à ce point fauch ...ée (heureusement, pas par une mitrailleuse "qui fait pan,pan,pan") que tu ne peux acheter ni timbre ni enveloppe pour me répondre, j'offre les deux. Et aussi le papier et l'encre s'il le faut : tu n'as qu'à me le demander. (Par tous les saints, par ma générosité je m'étonne moi même !)
En tout cas, tes mots pour répondre à la proposition qui t'a été faite d'exclure Foch et Joffre, tu es en devoir de les donner car tu reconnaîtras volontiers avec moi, je n'en doute pas une seconde, que tu ne peux jouir des avantages que tu t’octroies sans t'imposer des devoirs en retour, fussent-ils "coûteux" pour l'apparat, le fatras et tout le reste. Sans quoi, ce serait une désertion devant le Peuple, Peuple qui t'oblige, chère Académie. Et avec ce mot "désertion" dit tout haut, j'entends déjà des généraux, dont certains "maréchalisés", qui se réveillent, verts de rage, pour fusiller sur le champ et à tour de bras.
Ah, les bougres ! Toujours prêts, ceux-là, à faire couler le sang, pourvu qu'il ne soit pas le leur.

Aller, très très chère Académie, un peu de grandeur, que diantre !
Écrit donc pour nous dire ton opinion sur cette proposition de renvoyer Foch et Joffre au rang des mortels.
Merci d'avance et salutations.




(*) Ce que l'on peut lire dans Le Figaro à propos de l’Institut et de ses Académies :

«Gestion du patrimoine peu rigoureuse», «fonctionnement interne marqué par des dérives»… La Cour des comptes dénonce la gabegie de l'Institut de France et des cinq Académies. Les sages de la rue Cambon évoquent ainsi une gestion qui «demeure très insatisfaisante», «malgré des progrès limités dans des domaines spécifiques», selon un rapport publié en fin de semaine.

La Cour rappelle que l'Institut et les Académies (française, sciences, beaux-arts, inscriptions et belles-lettres, et sciences morales et politiques) sont depuis une réforme de 2006 «libérés de toute tutelle» et «placés sous le contrôle de la Cour des comptes».

La Cour des Comptes s'étonne notamment que «l'apport de l'État au titre du ministère chargé de l'enseignement supérieur a été multiplié par 6,5 d'une année sur l'autre (2010-2011), sans que les missions dévolues à ladite académie aient été modifiées en quoi que ce soit». __Les Sages de la rue Cambon soulignent également «le coût représenté par les indemnités versées par l'État à chaque académicien, qui s'est élevé en 2013 à 2,6 millions d'euros». __ La Cour épingle par ailleurs la gestion du patrimoine immobilier «déléguée à quelques rares gestionnaires pour des durées anormalement longues et en l'absence de mise en concurrence et de tout contrôle».

Autre critique, la gestion du personnel et la politique salariale. Elles sont «marquées par une absence quasi totale de règles formalisées, notamment en matière d'attribution de primes et d'indemnités», estime la Cour. «Des logements sont attribués à des conditions particulièrement avantageuses, voire gratuitement, sans aucune justification et parfois sans que les instances dirigeantes aient été consultées», s'indignent ainsi les Sages de la rue Cambon. Ils citent l'exemple de Maurice Genevoix, élu académicien en 1949 puis secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1958 avant de démissionner en 1974, qui avait continué à bénéficier gracieusement d'un appartement de 137m2 même après avoir quitté ses fonctions. Plus étonnant encore, à sa mort, son épouse est restée dans ce logement aux mêmes conditions, jusqu'à son décès en 2012, les locaux ont ensuite été reloués pour un loyer mensuel de 3450 euros.

Autre situation pour le moins étonnante, l'exemple de Maurice Druon. Le secrétaire perpétuel de l'académie française avait annoncé qu'aucun appartement du parc immobilier de l'académie ne correspondait à ses souhaits, la commission l'avait alors laissé choisir un logement. Celui qui s'était opposé à l'entrée de la première académicienne en 1980, Marguerite Yourcenar, avait ainsi élu domicile, aux frais de l'Académie, dans un appartement de sept pièces dans le 7e arrondissement d'une valeur de 5400 euros par mois. Puis à la mort de ce dernier, l'Académie avait décidé de verser une participation financière de 3000 euros par mois à sa veuve sans justification. La Cour des comptes souligne ainsi que «de nombreux régimes de faveur sont accordés sans base juridique ou sans fondement objectif, notamment en matière de logement».

La Cour des comptes relève en outre que la masse salariale s'est accrue, depuis 2005, de 6 % à 60 % selon l'Académie «alors que l'effectif est resté globalement stable». Elle évoque ainsi la hausse exponentielle des salaires des présidents des fondations Claude-Monet et Marmottan Monet qui sont passées respectivement de 1300 en 2006 à 4000 euros en 2013 et de 1200 en 2007 à 5000 euros en 2013. En plus de ces indemnités, la Cour fait mention de «d'avantages en nature injustifiés».

Fort de ces constats, le rapport préconise «une meilleure coordination des institutions entre elles» et «une remise en concurrence de l'ensemble des mandats de gestion». La Cour recommande également de «procéder à une évaluation par l'État de la dépense fiscale liée aux mécénats reçus» par les quelque 1100 fondations abritées par ces institutions.

L'institut de France indique qu'il va suivre les recommandations de la Cour des comptes. Il souligne par ailleurs que le rapport de la cour des comptes a été réalisé sur une période allant de 2005 à 2013, et l'institut «a, depuis, pris des mesures afin d'améliorer l'efficacité de sa gestion», souligne une porte-parole. Ainsi «deux commissions ont été mises en place, depuis 2012, un audit et une démarche de certification des comptes sont en cours, ainsi que l'a recommandé la Cour des Comptes. Un rapport annuel doit en outre être publié».

Message laissé le 19 janvier 2016 à la page "contact" du site Internet de l'Académie française

Adressé au Secrétariat général

Bonjour Madame

Je m'étonne de n'avoir reçu, à ce jour, aucune réponse à deux lettres ouvertes (publiées sur mon blog "écodouble") concernant le statut d'immortel que conservent encore MM. Joffre et Foch.

Avez-vous réceptionné ces deux courriers qui datent des 22 août de 2014 et 2015. J'ai besoin de savoir. Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer mes respectueuses salutations.