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Agriculture industrielle

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vendredi 22 juin 2012

La Bretagne verte comme du lisier

Comme c'est bientôt les vacances, je vous envoie quelques photos du Sud-Finistère.
L'été semble enfin s'installer : le soleil brille.

Hélas ! les algues vertes se sont aussi solidement développées et durablement installées sur les rivages méridionaux de ce beau département. Le sable blanc reste invisible sous une chappe de vert !
Le green-washing, partout de rigueur dans l'économie et qui, c'est selon, donne bonne conscience ou enfume les esprits, est sans doute passé par là.

En tout cas, il y a fort à parier que certains peintres célèbres n'auraient pas aujourd'hui peint la Bretagne comme ils l'ont peinte au XIX ème.
Peut-être même qu'ils ne la peindraient pas du tout.
Quant à ceux de Barbizon, je crois qu'ils n'auraient pas souhaité prendre pour modèles des cochons bretons. Ni un poulet élevé pour l'entreprise Doux (*) d'ailleurs !

Mais voici les photos ! C'est dans un estuaire, barré par une digue, sur laquelle peuvent rouler les voitures.

Là c'est coté mer !

Algues vertes

Algues vertes détail

Et là coté terre !

Algues vertes amont

Au fait ! Comme les épreuvres du bac sont terminées : Bonnes vacances !

(*) Doux, ou l'échec patent de l'agriculture industrielle.

samedi 12 mai 2012

La charrue nous fera crever

Je n'en avais jamais vu des comme celle-là :

Charrue_blog.JPG

Huit paires de socs réversibles !
De plus en plus gros, de plus en plus grand, de plus en plus puissant ! Nous vivons la course au gigantisme, de plus en plus gourmande en pétrole.

Et les agriculteurs ne sont pas en reste pour finalement bien figurer dans cette course effrénée. L’agriculture intensive et industrielle voit toujours de plus en plus gros, surtout en ce qui concerne les charrues et les tracteurs qui les tirent.

Alors que dans les journaux, ou dans quelques émissions de radio, il arrive de plus en plus souvent que soient évoqués les méfaits du labour qui a pour conséquences de compacter le sol, de détruire la quasi totalité des micro-organismes qu’il contient et de favoriser son érosion, surtout lorsque le charruage se fait dans le sens de la pente, et bien rien n’y fait, on continue de plus belle.

Et à propos de charruages dans le sens de la pente ! Voyez cette photo prise il y a quelques heures !

IMGP0724_Sens_de_la_pente.JPG

Cela me fait penser à mon instituteur qui en 1975, au CM2, disait dans sa leçon que le charruage doit toujours s'effectuer perpendiculairement à la pente pour éviter l'érosion des sols qui nous nourrissent.
À l'évidence, les programmes ont dû changer !

Mais quand allons-nous donc devenir raisonnables et intelligents ?
Et quand donc adopterons-nous des techniques agricoles offrant un avenir ? Comme par exemple, le semis direct sous BRF, l'agroforesterie ou l'agroécologie ?

jeudi 12 avril 2012

Les champs oranges

La Terre est bleue comme une orange et les champs sont oranges d'argent de mort.

C'est la saison des champs oranges, de l'espéré doux printemps.
Hélas, les herbes perdent le vert et se parent d'une mortelle couleur,
Qui tache les yeux de larmes de chagrin et de douleur.
Se dessine alors la nature morte, dans l'orage de la fin des temps.

Peu concluant l'essai de poésie, n'est-ce pas ? Il est vrai qu'en photo cela parlera mieux.

Champ orange

Les herbicides sont de sortie, L'agent orange et ses enfants seront toujours vivants.

Pour produire plus, les tracteurs sont de la partie.
La criminelle potion, jusqu'au fossé, pour polluer plus, s'en est allée au vent.

IMGP0074.JPG

Tout ça pour dire que l'agriculture est devenue la principale source de pollution de l'eau potable.

mardi 10 avril 2012

La source des algues vertes

Dans les champs de nos pays, il se rencontre des monstres. Puissants, titanesques, gigantesques.
Ce ne sont, ni des loups, ni des ours, ni des lions. Non ! Ces monstres sont bien plus terrifiants.
Il s’agit d’énormes tracteurs ; qui charruent sans peiner, qui disquent et hersent tout azimut ! Ou plutôt, disons qu’ils broient, tranchent et laminent la terre et tout ce qu’elle contient.
Mais ils ne s’arrêtent pas là. Parfois, ils s’aventurent sur les routes et là ils intimident, dévorent l’asphalte, avalent des kilomètres, tractant des remorques grosses comme des maisons ou des citernes démesurées, toutes chevelées de tuyaux sales et puants.

À la sortie de Landivisiau, l’autre jour, je n'ai eu d'autre choix que d'en suivre un, si gros que les voitures paraissaient en avoir peur. Après comme une hésitation, elles le doublaient tout de même, alors que le risque était grand de le faire. En effet, la grande route devenait si petite, lui devant et les voitures derrière ! Ses roues menaçaient de vous écraser à la moindre inattention !

Mais voyez vous-même le géant :

Grosse tonne à lisier

Comme les autres qui me précédaient, je l’ai doublé.
Puis j’ai roulé et, à Hanvec, je me suis arrêté pour manger.
Je venais juste de m’asseoir à table quand un grand bruit et une ombre emplirent la salle du restaurant. Un train de roues colossales passait. Les deux grandes fenêtres devant moi ne suffisaient pas pour voir ce train dans son entier.
Ainsi, le prédateur des sols, ivre de gazole, m’avait suivi ! Sur 25 km.

Quelques minutes après, je revoyais le train une troisième fois lorsqu’il repassa dans l’autre sens. Un de ses essieux ne touchait plus la route. Il avait vidangé sa cargaison, dans un champ, quelque part, derrière le restaurant. Sans doute repartait-il faire le plein de déjections malodorantes et polluantes. Mais où ? À combien de kilomètres ?

En tout cas, je venais d’assister au grand spectacle de l'agriculture industrielle cultivant les algues vertes.
Et pour ce grand spectacle, la preuve était faite qu’il faut des tracteurs toujours plus gros, des citernes toujours plus volumineuses, des multitudes de pneus, de très larges routes, des champs à sacrifier, toujours plus au loin, et du pétrole, et du pétrole et encore du pétrole.