Ecodouble

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lundi 17 avril 2017

Le mot grand absent dans le discours politique

Nota : Cet article est paru sur le Blog de Paul Jorion le 21 avril 2017

Dans tous les pays, les campagnes électorales - ces mascarades qui nous font croire que nous vivons en démocratie (1) - se suivent et se ressemblent par le fait que la médiocrité s'affirme, les années passant, en pleine croissance chez les peuples, les candidats, les candidates et les médias.
Il est d'ailleurs frappant de constater que le néolibéralisme prospère d'autant plus que cette médiocrité s'étend et s'affiche. De là à penser que ce dernier ne peut se développer que si la médiocrité est imposée en tant que règle principale, il n'y a qu'un pas ; un pas que beaucoup ont franchi il y a belle lurette. Et il suffit de constater les ravages que la société de consommation et la publicité associée provoquent sur les cerveaux, puis de remarquer que, depuis les années 80 (2), les systèmes éducatifs produisent presque exclusivement des consommatrices et consommateurs acultivés, alors qu'ils ne devraient former que des citoyen(ne)s, pour comprendre que les choses ne vont pas aller en s'améliorant. Le néolibéralisme voulant coûte que coûte vivre et prospérer, fort de la toute puissance que lui procure l'argent qu'il concentre de plus en plus, il met tout en œuvre avec succès pour faire de nous de bons consommateurs boulimiques et techno-scientistes tout autant que de bien piètres citoyens ignorants des Lois immuables les plus fondamentales.

Maintenant englués dans notre crasse médiocrité - Peuple et zélites s'alimentant mutuellement en la matière - nous sommes devenus incapables d'analyser complètement la réalité de notre situation économique.
En effet, si le constat des crises sociale, environnementale, financière, climatique, est fait (plus ou moins bien ; faut préciser quand même !) par tous les candidats et tous les électeurs, les avis divergent, voire s'opposent, dès qu'il s'agit d'envisager des solutions. Certains et certaines veulent continuer dans la direction qui nous a conduit là où nous en sommes et d'autres veulent prendre le contre-pied, sans pour autant vouloir changer le cadre systémique favorisant la production qui est toujours resté le nôtre depuis le Néolithique. Les passions se déchainent ; les personnes candidates braillent plus ou moins fort qu'il faut tout changer, reconstruire en relançant l'économie et la croissance, à grand renfort de grands travaux et/ou de restrictions budgétaires et chacune, ou presque, ont même chiffré en bonne monnaie trébuchante leurs programmes.
Hélas, deux fois hélas, elles trébuchent toutes dans leur analyses en ne remarquant pas que ces crises ont un point commun : L'Énergie !
En grattant un peu en effet, quiconque voudra bien faire un petit effort intellectuel, sans même devoir disposer d'une culture scientifique, en viendra à reconnaitre son omniprésence dans tout, absolument tout, ce qui fait notre économie néolibérale.

Il est donc frappant de constater que le mot "Énergie" n'est jamais employé dans le discours politique sinon pour parler d'énergie au sens de "volonté" et "courage" des "entrepreneurs" ou bien pour évoquer la nécessité qu'il y aurait à "conserver à tout prix les centrales nucléaires parce qu'elles fournissent une énergie propre"(3). Nos "zélites" parleront aussi volontiers de développement durable, de transition énergétique, de solaire, d'éolien, de biomasse, d’hydraulique, d'hydrogène, de gaz naturel, de géothermie, d'électrique et de biocarburant. Certaines iront même jusqu'à citer l'osmose ou la pile à combustible lorsqu'elles voudront paraître très savantes. Mais elles le feront sans comprendre ce que signifient ces techniques en réalité, physiquement parlant ; et en tout cas, jamais, deux fois jamais, elles ne laisseront penser que l'Énergie abondante vient à manquer alors qu'elle reste, il faut sans cesse le répéter, l'indispensable carburant de notre économie néolibérale, quand bien même il s'agit de "produire" (4) de l'énergie dite renouvelable (5).
Mais comment donc en sommes-nous arrivés là ?
Il est vraisemblable que c'est parce que presque tous les politiques et financiers ne savent pas ce qu'est l'Énergie et que ces derniers n'ont pas la moindre once de conscience que sa présence reste la condition première pour que quelque chose se passe dans notre monde réel et, plus encore, dans une économie comme la nôtre.
Bien sûr, quelques personnes ayant des notions de Physique dans cette caste politico-financière savent bien que l'Énergie Mère De Toute Croissance, le pétrole, devient très rare, notamment au regard des monstrueuses envies de croissances et de consommations qui nous ont été "généreusement données". Mais ce n'est pas pour autant qu'elles utilisent le mot "Énergie" dans leur vocabulaire ; et parions que si ces rares lucides ne veulent ni parler ni décider et agir en prévision de la déplétion pétrolière, il y a des chances pour que ce soit parce qu'elles espèrent garder suffisamment longtemps, c'est-à-dire jusqu'à leur mort, le contrôle sur le "pétrole finissant", grâce à tous les moyens dont elles disposent, même violents, et ainsi ne pas devoir renoncer à leur style de vie si dispendieux de toutes les ressources naturelles. Après moi le déluge ! Telle est leur devise !

Ainsi, jamais prononcé par les politiques, "Énergie" semble être le plus gros des gros mots. Et entendre ce mot dans son acception scientifique au cours du spectacle politique ou durant le cirque d'une campagne électorale relève de l'impossible (même en France où "impossible" n'existe pas) car il ne faut ni ennuyer l'auditoire - la médiocrité encore, ni affoler les masses qui doivent rester concentrées sur la consommation, dût-elle conduire à l'effondrement de la Civilisation.

Le problème que nous avons avec l'Énergie étant éludé dans le débat public, comment dès lors discuter de ses solutions pour résoudre La Crise ? La réponse reste à trouver.
Néanmoins, pour avancer un peu dans la recherche de la réponse, il faut savoir et admettre que le Pic du pétrole a été dépassé en 2006 (6). Il faut aussi savoir que les banques sont peu enthousiastes à l'idée de se lancer dans le financement des infrastructures nécessaires à l'exploitation des deux derniers grands gisements de pétrole sur Terre, en Arctique et en Sibérie, dont les retours énergétiques sont très mauvais (7), tout cela nous condamnant à manquer très bientôt de notre "drogue préférée".

Il y a donc urgence. Sauf à adopter rapidement une économie écologique, dans laquelle tout se déciderait en fonction des coûts énergétiques, les versions les plus primaires de l'esclavage risquent bien de vite réapparaître, juste parce que le Pétrole, Père De Toutes Croissances, vient à disparaître et qu'après lui il ne restera plus que l'énergie musculaire (8).
En fait, si nous souhaitons vraiment "du changement"- dans le bon sens, cela va de soi - il faut changer de système - ce serait une première depuis le Néolithique - et, plus qu'en terme d'argent, il nous faut raisonner et compter en terme d'Énergie ; qui se compte en Joule (9), le Joule étant la seule monnaie qui devrait valoir désormais.
Tout cela revient à dire que pour arriver à résoudre les problèmes sociétaux de notre époque, de façon globale, nous devons impérativement commencer par sortir du cadre, évoluer en nous-même et repenser notre rapport à l'Énergie.

(1) Une réelle démocratie désigne ses représentants par tirage au sort.
(2) Surtout que maintenant les écrans ont envahi les écoles à la plus grande joie, hélas, des parents d'élèves.
(3) Un scientifique rigoureux se demande bien ce qu'est de l'énergie propre.
(4) On ne sais pas produire de l'énergie ; on sait seulement récolter, transporter, transformer, voire, parfois, stoker de l'énergie.
(5) Un scientifique très rigoureux se demande bien ce qu'est de l'énergie renouvelable.
(6) Cf. le rapport de l'année 2010 de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE).
(7) Cf. le blog "Oil Man" de Mathieu Auzanneau.
(8) Selon JM Jancovici, grâce à sa consommation de pétrole, un humain moyen à l'équivalent de 200 personnes à son service 24 heures sur 24.
(9) Le Joule, lorsque des systèmes interfèrent entre eux, peut être assimilé à une monnaie d'échange avec laquelle il est impossible de tricher.

vendredi 10 avril 2015

Le troisième et ultime choc pétrolier s'annonce !

La production de pétrole aux USA baisse, semaine après semaine.

L'Arabie Saoudite fore de plus en plus pour maintenir sa production qui baisserait autrement.

Tout cela était prévu depuis longtemps mais combien parmi nous se sont inquiétés ?

Si quelqu'un me dit que ce n'est pas la fin du Monde, je lui répond : Si ! Le début de la fin de notre économie croissansiste ! Avec l'ultime choc pétrolier en guise de préambule.

Et si vous n'y croyez pas, lisez donc le dernier article de Matthieu Auzanneau et puis réfléchissez ; avec votre bon sens !

jeudi 8 janvier 2015

Une idée de l'avenir en 10 questions

Pour en remettre une couche après l'article Des certitudes certaines du 12 décembre dernier, je ne résiste pas à la tentation de vous inviter à lire le dernier article de Bruno Thévard, publié sur son blog Un avenir sans pétrole.

Vous découvrirez ainsi ce qui ne sera certainement pas dans notre futur.
Vous imaginerez alors que la solution pourrait être l'écodouble.
Bonne lecture.



La crise pétrolière en 10 questions, par Benoit Thévard.

samedi 8 décembre 2012

Comment les médias nous désinforment et nous nuisent

Lundi dernier, les médias nous ont annoncé que TOTAL venait de trouver en Norvège un gisement de pétrole contenant 25 à 75 millions de barils exploitables.
Il fallait voir comme elle était enthousiaste la journaliste qui trompétait la nouvelle sur France Inter ! Quel beau jour de sa vie c'était que ce lundi !
Elle se voyait déjà, sans doute, prendre l'avion à Notre-Dame-des-Landes, pour aller passer 3 jours aux Seychelles, avec la capitaliste bénédiction de "notre" JM Ayrault, futur salarié de VINCI.

Mais sait-elle seulement, elle mais aussi ses collègues, que chaque jour, aujourd'hui, les Humains consomment 85 à 90 millions de barils ; que cela représente, en volume, un cylindre de 50 cm de diamètre et de 72 000 km de hauteur, qui culmine deux fois plus haut que l'altitude où se trouvent les orbites des satellites géostationnaires de télécommunication.

Dès lors, pour beaucoup tempérer la joie inconsidérée de la presse (à neurones), si nous intégrons le chiffre de consommation mondiale donné juste ci dessus, Total vient de trouver de quoi faire tourner le monde actuel sur une durée de 7 à 22 heures.
Le Monde capitaliste, dont le sang est le pétrole, va-t-il s'en trouver sauvé ?!?
Et ce n'est pas en nous annonçant quelques jours plus tard, le 5 décembre, qu'un autre gisement vient d'être découvert dans le golfe du Mexique, que la situation du capitalisme s'améliorera.
Car il faut du temps pour sortir ces huiles du sol et il faut aussi, et surtout, considérer le Taux de Retour Energétique (ERoEI en anglais), notion de rendement en la matière, que nous explique parfaitement Benoit Thévard dans son blog "Un avenir sans pétrole".
En effet, forer le sous-sol sous 1300 mètres d'eau et ce jusqu'à 10 kilomètres et demi de profondeur, comme cela s'avère nécessaire pour ce nouveau gisement mexicain, cela demande beaucoup d'énergie, tellement qu'une bonne partie de ce qui en sera extrait n'ira jamais dans le fonctionnement de l'économie.
Comme l'explique parfaitement Benoit Thévard, de plus en plus, nous pompons du pétrole pour pomper du pétrole.

En y pensant bien, Homo sapiens sapiens ne fut jamais. Seul aura existé Homo shadok shadok, qui aura pompé pour remplir des futs toute sa vie, cela afin de finir très prématurément aux pompes funèbres des espèces.

La seule voie eut été l'écodouble.
Sûr que de belles choses eusses pu être faites si nous n'avions pas seulement été des pompeurs fous ; si les journalistes nous avaient toujours donné la totalité des bons chiffres pour que nous pussions, sur tout, réfléchir correctement, en citoyens éclairés.
Nous eussions pu alors être autres choses que des Shadoks.

lundi 14 mai 2012

C'était dans le télégramme

Telegramme_du_3avril2012.JPG

Petit rectificatif le 3 avril dernier dans le Télégramme.
Une erreur s’était glissée dans un article de la veille ... et le 2 avril, on ne plaisante pas !
Il fallait vite rassurer les lecteurs qui avaient pu lire - le lendemain du 1er avril donc - que la Bretagne entrerait en décroissance électrique : L’horreur absolue !

Heureusement pour la croissance, ce n’était donc qu’une erreur ... de calcul.
En effet la croissance, si elle ne divise pas l'opinion, peut néanmoins être divisée, même si les consommateurs, les politiques, les financiers, les socialistes, les UMP, les profs, les communistes, les verts, les fachos, préfèrent la voir être multipliée, à l'infini ... comme les petits pains de Jésus.

Donc pour les consommateurs : Ouf ! La croissance reste bien éternelle !

Et moi qui avais cru comprendre que la Bretagne était à la pointe ! Idiot que je suis.

vendredi 25 février 2011

Les schistes de l'enfer

J'essayerai de vous parler, en profondeur, des gaz de schistes dans un article à venir : en tant que géologue, c'est le moins que vous puissiez attendre de moi.

Mais dans l'immédiat, ce que je veux dire, c'est que si vous ne voulez pas croire qu'il n'y a plus beaucoup de pétrole, il vous suffit de constater avec quel empressement et frénésie "les acteurs fous de l'énergie" déposent des demandes de permis d'exploration des formations schisteuses en France, quitte à dévaster définitivement notre sous-sol, en injectant des quantités astronomiques de produits chimiques toxiques, pour que peut-être vous commenciez à reconsidérer votre opinion.

Et ce que je veux dire aussi à propos de ce qu'il faut désormais appeler le scandale du gaz de schiste (shale gas en anglais), révélé seulement il y a quelques mois, c'est que le premier permis accordé l'a été au début de 2006, pour une exploration en Ariège et en Haute-Garonne. C'est en quelque sorte la dernière nouvelle sur le sujet.

Ainsi, durant presque 4 ans, les pouvoirs publics nous ont menti ! Et ne nous ont rien dit du comment ils nous avaient vendus à des entreprises américaines, sans scrupule aucun en terme d'écologie.
Personne n'était au courant dans la population. Pas même les élus.
Nos dirigeants ont fait un rideau de fumée avec le Grenelle et les énergies renouvelables dont ils n'avaient de cesse de parler et nous ont caché qu'en fait ils n'avaient d'autres préoccupations que de nous emmener plus avant dans l'impasse que constitue l'exploitation des hydrocarbures, fussent-ils nommés non-conventionnels, bien qu'ils soient chimiquement les mêmes que les autres, cela afin de satisfaire tous les lobbies leurs amis.

Le premier permis, c'était donc sous Chirac ! qui en endossera la responsabilité au regard de l'Histoire ; lui qui nous avait laissé en 2004 la charte de l'environnement et son principe de précaution.
Mais peut-être avait-il déjà oublié tout ce qu'il avait déjà fait !

Pourtant, il y a de fortes chances pour que notre "Président-tapoteur-du-cul-des-vaches" ne soit en rien responsable de l'affaire car ceux qui délivrent ces permis sont des gens appartenant à une caste toute puissante dans notre pays : celle des ingénieurs des Mines.
Ils sont sûrs d'eux, certains de savoir ; du moins le grand âge de leur institution les enclinent à le penser.

Ce corps d'Etat fut créé en effet il y a plus de deux siècles et le fait d'avoir survécu à tous les changements de régime survenus depuis lors fait que, sans doute, ils se sentent infaillibles au point de pouvoir vraisemblablement oublier de rendre des comptes ou de demander des permissions.

La petite histoire montre par exemple que c'est l'un d'eux qui nous a lancé dans la course folle du nucléaire sans débat public, en convainquant de Gaulle et Messmer.
De même, c'en est un autre qui a délivré début 2010 le permis d'explorer dit "permis de Nant", Nant étant un bourg de l'Aveyron (il a signé pour "Borloo le courageux" mais je n'ai plus son nom en tête).
Dès lors, il doit bien s'en trouver un troisième qui aura donné celui de 2006, à moins que ce ne soit le deuxième : faut voir !
En tout cas, ce Monsieur qui n'est qu'un simple fonctionnaire (ce n'est pas péjoratif pour les petits fonctionnaires), n'a pas non plus daigné penser qu'un débat public s'imposait pour pareille décision et même s'il se trouve qu'on lui ait donné l'ordre de signer, il faut être certain d'une chose : la caste des Mines avait sans aucun doute largement oeuvré préalablement à convaincre nos politiques du bien fondé de cette "nouvelle" énergie.

Aujourd'hui, NKM (que finalement, vu son laxisme à l'égard des lobbies, je classe parmi les minables, avec tous les autres pourritiques), devant la Fronde qui se développe dans le Sud de la France, a demandé une enquête sur ces gaz de schistes et sur la façon qu'on a de les exploiter.
Et tout naturellement, parce que nous sommes en démocratie, l'enquête, elle l'a confiée à la caste ... des ingénieurs des Mines.
Si ce n'est pas la meilleure voie pour qu'on nous affirme, dans deux mois (c'est le délai), qu'il n'y a aucun danger (comme pour le nucléaire) à puiser dans cette ressource, alors je n'ai rien compris ! 

jeudi 23 décembre 2010

Quand un pétrolier m'apparaît comme presque sympathique

Le pic du pétrole était annoncé en novembre dernier.
Mais en novembre de l'année dernière le patron de Total était devant une commission du Sénat pour parler du réel et très peu brillant état des réserves de pétrole dans le Monde : c'était clair et concis.

Pourtant, croyez-vous que nos élus ont fait cas de sa déclaration ?
Ils l'auraient fait, ils auraient pu agir afin de préparer le Pays et lui permettre d'anticiper, pour que le choc soit moins brutal.
Et bien non ! Pendant que le plus lourd des PDGs du CAC 40 parlait, nos sénateurs devaient faire la sieste, ou bien alors, ils n'ont rien compris de ce qu'il disait ! Voire même s'en foutaient-ils tout simplement et s'en foutent sans doute encore !
Toujours est-il qu'ils ne pourront pas dire, à l'avenir, qu'ils ne savaient pas. Par avance, ils seront condamnables.

La vidéo du discours de Monsieur de Margerie devant nos représentants est ici, sur le blog "Aux infos du nain".

mercredi 5 mai 2010

Rencontre

Le 16 novembre dernier, j'étais à Paris.

Durant deux jours, j'ai eu le privilège de suivre une formation sur le sujet des rapports que l'entreprise entretient avec la biodiversité.
Le cadre était celui d'un bel immeuble haussmannien de l'Avenue Georges V : La grande classe !
Un bel escalier, de belles moquettes, de belles moulures, de beaux parquets et de belles portes sous de hauts plafonds. Bref ! des choses d'un autre temps, pas du tout écologiques tant elles consomment énergie et matières mais qu'il faut conserver néanmoins, sous réserve de très importantes améliorations des performances thermiques du bâti.

Les intervenants :
Il s'agissait de deux personnes ; la première chef d'une entreprise de génie écologique, la seconde directeur d'un Institut et occupant un poste de responsable à la ligue ROC.
Ils ont été forts. Ils sont brillants.

Le sujet :
Je ne m'attarderai pas sur le contenu de la formation car il m'est difficile de résumer deux jours aussi riches. Mais il nous a été démontré par A+B, que toute entreprise, et peu importe sa taille, dépend à 100% de la biodiversité.
Petite note négative, pas sur le sujet même : le repas de midi ! C'était des "cartons-repas" luxueux et d'un coût écologique déraisonnable : tout le monde en a fait la remarque.

Les participants :
Une dizaine.
Toutes et tous ingénieurs ; sauf moi ! (Cela m'a rappelé le temps de ma terminale D : j'étais le dernier en math et durant ces cours, ma chaise était toujours appuyée en équilibre contre la grille entourant le poêle à mazout ; au fond de la classe, faut-il le préciser).
Polytechnicien, Centralien, Ponts et quelques autres écoles. Essentiellement des consultants ou membres de cabinets d'audits.
Il y avait quand même une responsable de la SAUR (dommage qu'elle n'ait pas été accompagnée par certains de ses homologues de Véolia ou CEO ! Comme quoi qualité de l'eau et biodiversité ne vont pas encore ensemble, même pour ceux qui vivent de la distribution du précieux liquide, indispensable à tous les êtres vivants).
Donc ! Bon point pour la SAUR ! Et mauvais point à Véolia ! Véolia s'en fout car Véolia lave plus vert que vert. C'est le principal ; ou plutôt le capital, avec intérêt à 3 chiffres.

Mais je reviens aux participants. Parmi eux, celle que j'appellerai TH.
Employée dans un cabinet d'audit et de bilan carbone, le nec plus ultra du genre en France.
La trentaine à peine et déjà un CV à faire pâlir tous mes très nombreux chefs.
Discrète, intelligente, attentive, modeste, humble, pondérée ... et charmante de surcroît ! Un esprit sain dans un corps sain ! Une humanité !
Lorsque, à un moment de la formation, l'un des intervenants a insisté sur le fait que le génie écologique, qui intervient sur le vivant, n'est pas une science exacte, que le résultat de son emploi n'est pas garanti ni planifiable et que les entrepreneurs à qui on présente ses potentiels hésitent par conséquent à décider de son emploi, TH a levé la tête de son ordinateur portable sur lequel elle s'appliquait à tout noter de ce que l'on nous dispensait. Elle a tout de suite su se projeter dans l'avenir (c'est beau les cerveaux bien fait) pour dire, en substance, qu'il revenait aux cabinets de conseils d'expliquer aux patrons, et à ces derniers de comprendre, que la situation énergétique et environnementale mondiale ne permettait pas d'attendre que tout soit modélisable et que d'ailleurs certaines choses ne pouvaient pas l'être. Qu'ainsi dans le domaine de la vie, l'incertitude sera toujours de mise. Que c'est un fait incontournable. Et que désormais, toutes les entreprises du monde doivent comprendre que leur intérêt passera avant tout par la protection de la biodiversité sans chercher à vouloir en percer le mystère du pourquoi : seul le bon-sens et l'observation devaient compter en la matière.
Je ne sais plus comment elle l'a dit exactement. Mais comme elle l'a dit, c'était concis et lumineux. Il y avait beaucoup de force dans ces paroles. Et beaucoup d'espoir aussi.

Durant les deux pauses, celle du matin et de l'après-midi, puis à la fin de la journée, TH a accepté de répondre à nos questions pressantes sur l'état énergétique du Monde et le niveau de prise de conscience écologique dans les sphères dirigeantes des multinationales pour lesquelles elle travaille tous les jours.

Réponses pas très encourageantes !
Les réserves sont à plus de la moitié entamées (= pic du pétrole dépassé) et les patrons des grandes boites, devenus financiers par le fait qu'ils sont rémunérés en grandes partie par "stock-options", ne sont pas du tout, mais pas du tout, disposés à penser écologie avant économie. Pour eux, les mesures environnementales restent des contraintes qu'ils cherchent à éliminer : ni plus, ni moins.
En expliquant cela, elle s'est même laissée aller à dire que parfois, devant le mur d'inconscience, elle préfèrerait planter des patates dans sa région natale.

Mais j'ai gardé ce que je crois être le meilleur pour la fin.
TH nous a en effet confié deux choses qui devraient ravir et conforter les antis-nucléaire.
D'abord, elle nous a raconté que son chef était début novembre (2009) dans le bureau de Nicolas Sarkozy, joyeux de son alors récente décision de faire construire un second EPR. Hélas pour lui ! Notre Président s'est trouvé fort déstabilisé et décontenancé quand son invité, expert en la matière, lui a affirmé que le nucléaire ne sera jamais une solution pour le long terme. Sarkozy est donc prévenu de l'ineptie de ce type d'énergie et il ne pourra pas dire, "dans pas longtemps", qu'il ne savait pas.
Ensuite, pour répondre à une question portant sur le bilan carbone total des centrales nucléaires, elle nous a informés que ce dernier venait d'être fait sérieusement depuis peu seulement.
En effet jusqu'alors, ce bilan n'était que partiel et très favorable à cette industrie. En réalité le bilan carbone total des centrales nucléaires est catastrophique.
Mais qui en doutait ?!?
 

mardi 27 avril 2010

Tant qu'il y aura du pétrole

Tout est redevenu normal : nous rebrulons du pétrole.
Nous sommes rassurés. La Nature a été domptée.
Il n'y a plus qu'à faire les comptes pour savoir combien ça nous a coûté quand nous ne pouvions pas en bruler comme il convient.

mercredi 21 avril 2010

Un ciel sans rayure

Il y a quelques jours, nous avons pu contempler le ciel comme le voyaient tous nos ancêtres, sans aucune déchirure de condensation marquant le passage des machines volantes à brûler du pétrole.
La faute à quoi ?
La faute à quelques misérables petits grains de sables qui ont tout grippé dans la machine infernale et trop complexe du transport aérien de masse, le truc sans doute le plus "inécologique" de l'Histoire de l'Humanité.
Simplement de tout petits grains de sable !
Espérons que le pic du pétrole, maintenant avoué par l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), ne sera pas un grain de sable trop gros. Le grippage pourrait être total et définitif : comme si une sorte de grippe mortelle frappait tout à la fois l'aéronautique, le naval et l'automobile ; sans la possibilité d'un quelconque vaccin.
En bref, la fin de l'actuelle économie qui est bien peu de chose face à la Nature et à ses Lois.
Ce serait là un évènement volcanique et explosif qu'aucun dirigeant n'aura vu venir.

Et, pour finir, quelques photos du ciel de Nantes ... juste à côté de l'usine Airbus. Sourire ironique.