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samedi 8 novembre 2014

Les abeilles ont faim !

Ils sont nombreux, les amoureux de la Nature, à vouloir aider les abeilles dont on nous dit qu'elles sont en danger du fait des pollutions qui imprègnent tout notre environnement.
Alors, voulant agir au lieu de rester les bras croisés, ils décident de se lancer en apiculture et mettent en place des ruches dans leur jardin.

L'intention est bonne mais cela s'avère ne pas être la bonne solution. En effet, d'après certains entomologistes, parmi lesquels des "naturalistes en colère" ayant participé à l'impressionnant inventaire contradictoire de Notre-Dame-des-Landes, ce qui nuit autant aux abeilles en général que les insecticides, c'est le manque de nourriture disponible dans notre environnement. En d'autres termes, il n'y a pas assez de haies arbustive et arborées, de prairies fleuries naturelles, de bosquets, de landes sauvages ou de jardins un tantinet ensauvagés.

En outre, nous ne devons pas oublier que les abeilles, ce ne sont pas seulement celles qui remplissent les ruches des apiculteurs.
En effet, plus de 90% des abeilles sont des abeilles dites solitaires, c'est-à-dire qu'elles ne vivent pas en colonie, et que toutes seules elles doivent trouver logis et couvert pour leur progéniture. Lorsque ces pauvresses se trouvent mises en concurrence avec des colonies, de plus en plus nombreuses, de nos abeilles domestiquées, bien choyées dans des ruches, les vaillantes solitaires se retrouvent en danger de disparaître car elles demeurent incapables de lutter contre la formidable productivité qui caractérise une ruche en bonne santé, les centaines de milliers ou millions d'ouvrières d'un rucher du genre Apis ne laissant, dans leur zone d'action urbanisée, ou semi-urbanisée en secteur d'agriculture intensive, que peu de nectar et de pollen à leurs collègues des autres genres, pourtant très bonnes pollinisatrices elles aussi.

En l'état donc, hélas, multiplier le nombre de ruches dans les jardins risque fort d'appauvrir considérablement la biodiversité. Paradoxe ennuyeux mais il en est ainsi avec nous les Humains : quand nous prenons conscience d'un problème écologique, nous essayons d'y remédier en adoptant une réponse simpliste, ou trop simple, ce qui au final renforce le mal contre lequel nous entendons lutter, par le fait d'un manque de connaissances concernant la Nature et la complexité de son fonctionnement.

Il faut donc apprendre et apprendre encore sur notre environnement. Et dans le cas des abeilles, qui sont effectivement en grandes difficultés, nous devrions plutôt nous consacrer à leur fournir des espaces sains, certes, mais aussi bien pourvus en nourriture plutôt que nous précipiter dans les magasins de jardinage, pour acheter le très onéreux matériel du parfait apiculteur.
Ainsi, nous tous, si nous voulons vraiment sauver les abeilles, nous devons planter des arbres et des arbustes qui ne viennent pas de chez Mickey (expression imagée pour dire : laissons tomber les fleurs hybrides et les arbres et arbuste exotiques vendus dans les supermarchés du jardinage). Devenons des jardiniers intelligents, admiratifs devant un pissenlit, un sureau, une renoncule, une ronce, une carotte, une chicorée, une épiaire, une épilobe, une molène, un noisetier, qui aurait la bonne idée de pousser dans notre jardin, toutes et tous sauvages et bonnes sources de nourritures pour nos indispensables amies et alliées de la classe des insectes.
En même temps, laissons du bois mort sur pied ou en tas dans des coins de nos parcelles, ainsi que des tas de briques ou de cailloux, pour les abeilles solitaires. Accessoirement, installons quelques petits hôtels à leur intention composé d'un morceau de bois percé de trous.
Enfin, mais surtout, n'hésitons jamais à rendre visite à notre maire, pour lui dire qu'il est temps :
- d'arrêter avec les pesticides épandus partout, payés avec nos impôts à des multinationales génocidaires ;
- de concevoir les espaces verts communaux autrement que ceux réalisés d'ordinaire ;
- d'envisager aussi, très sérieusement, une politique communale de plantation de haies bocagères, de restauration de prairies fleuries et de rétablissement des zones humides.
Là, il faudra lui préciser que tout cela devra se faire sous la conduite de bureaux d'études en Génie écologique et surtout pas sous la direction imbécile d'un architecte paysagiste, véritable spécialiste du béton végétal. Et à propos de béton, il ne faudra pas manquer de lui signifier, enfin, que la politique du bétonnage généralisé que l'édile moyen français a l'habitude de mener ne doit plus être la règle.

Un fait est certain : seulement ces actions feront que, peut-être, les abeilles survivront.

lundi 27 octobre 2014

Le grand jour des frelons

Le soleil brillait ce matin et la colonie de frelons qui s'était établie depuis le printemps dans le nichoir dédié, modèle La Hulotte, en a profité pour faire son vol nuptial, tout comme, sans doute, toutes les colonies des alentours.

Le spectacle était impressionnant, ça volait en tous sens. Heureusement, mes voisins n'ont pas vu - comme quoi les frelons sont discrets d'ordinaire - bien qu'ils fussent dans leur jardin, à moins de 15 m du nichoir, ce dernier bien visible depuis chez eux.
S'ils avaient vu, gageons qu'ils eussent été fous de rage, eux qui avaient été importunés, à la mi-septembre, lors d'une soirée gauche-caviar qu'ils organisaient, avec force lumières dans la nuit, car les ouvrières - pas folles les guêpes :-) - avaient profité de l'aubaine pour s'inviter à la fête afin de chasser l'insecte autour des ampoules nucléaires.
Notons que le lendemain de cette fête, à laquelle les hôtes étaient venus avec de grosses berlines allemandes noires (Deutch Qualitat ! Ya Volt !), le voisin m'était tombé sur le poil pour me dire qu'il avait un problème et qu'il entendait que je le résolusse.
Faut dire que le voisin, est ancien commissaire de police et ancien prof d'économie - croissanciste, par là habitué à déléguer et imposer, sans se rendre compte.
Et de me dire que c'est dangereux et blablabla ... et ... blablabla ... et qu'il fallait que je détruisisse le nid (il fut abasourdi quand je lui avouais que je savais où il se trouvait) et blablabla ... et de finir en me disant qu'il aime ses petits enfants et que donc le frelon ne peut être toléré dans l'espace où ils jouent.
Erreur fatale ! Quand on reproche faut avoir les cuisses propres.
Je lui répondis, avec tout l'aplomb que je pouvais (un commissaire quand même !), que j'avais vu l'an dernier un de ses petits-enfants, bébé, assis parterre dans sa cour, des graviers à la bouche, pour goûter comme aiment goûter les bébés, et que s'il aimait réellement ses petits-enfants il ne s'appliquerait pas à traiter minutieusement au désherbant leur espace de jeu.
L'économiste-commissaire, on s'en doute, n'en eut pas la chique coupé pour autant mais j'arrivais à m'en aller en lui disant que je règlerai "son" problème dès que je le pourrai.
Bingo ! Aujourd'hui, le problème s'est réglé tout seul : ce fut la fin de l'année pour les frelons, dans un magnifique envol nuptial. Il est bon d'être fainéant et d'avoir de bonnes relations avec ses voisins. On gagne du temps !

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Au printemps prochain, après que le nichoir aura été nettoyé, par des insectes spécialistes du nid de frelons, (oui, oui, c'est ainsi, que la biodiversité est belle !), je le changerai de place. Les frelons savent trouver les ampoules nucléaires à plus de 100 mètres de distance, heureusement ; et ça, ce n'est pas de ma faute.

Ce qu'il faut retenir c'est que les gens sont vraiment plein de contradictions : Ils aiment les grosses bagnoles qui viennent d'Allemagne mais pas les bonnes lois de ce pays, comme, par exemple, celle qui protège intégralement le frelon européen. Et chez nos voisins germains, cette bonne loi contrarie fortement le frelon asiatique qui fait tant de dégâts dans nos ruches. En effet, ce dernier progresse moins vite Outre-Rhin que chez nous, en France, où la destruction d'un nid d'autochtones est presque systématique dès sa détection. Une sale habitude qu'il nous faudrait rapidement abandonner si nous voulons continuer à manger du miel en quantité.

__

PS : Pour les amateurs de vin et les autres : Savez-vous que s'il n'y avait pas les frelons et les guêpes, des genres Vespa et Vespula, nous ne pourrions pas boire de vin ? En fait, le champignon qui permet la vinification n'arrive à survivre à l'hiver qu'à l'abri dans l'estomac des reines guêpes et frelons qui se gavent de raisins à l'automne. Celles-ci, le printemps revenu, quand elles cherchent, pour construire leur nid, du bois à mâcher sur les piquets dans les vignes, redéposent le champignon contenu dans leur salive sur ces piquets. Là, il se tient tout prêt à recoloniser les grains de raisins à venir. Lisez le lien suivant pour vous en convaincre ; en vous demandant aussi si le frelon asiatique peut fournir le service à la vinification que rend son homologue européen.
Une chose est certaine : en protégeant le frelon de chez nous, nous protégeons le vin.
Décidément oui ! la biodiversité est belle !

http://www.lavigne-mag.fr/actualites-viticulture-vin/recherche-les-guepes-inoculent-les-levures-au-raisin-62900.html

mardi 14 janvier 2014

Souffleurs de feuilles : suite

120 secondes : C'est le titre d'une émission satirique de la Télévision suisse !
Au mois d'octobre dernier, l'émission "traitait" le cas du souffleur de feuilles (Cf. mon article du 29 décembre 2013).
Un vrai régal !
C'est sous le lien suivant :

http://www.youtube.com/watch?v=YvwA_K9EQzM#t=236

dimanche 29 décembre 2013

Les feuilles mortes se ramassent à l'aspirateur

Vous l'avez déjà remarqué, depuis environ quinze ans, un super engin fait désormais partie de la panoplie du cantonnier municipal : Le souffleur ; de marque allemande de préférence, car "zé plu zolide et za vé plu zérieu".
Bien souvent cet instrument de progrès s'emploie par grand vent, de sorte qu'il disperse les feuilles plus qu'il ne les rassemble, son intérêt principal, de faire du bruit et de consommer de l'essence, apparaissant dès lors sans ambiguïté.
Dans tous les cas, nous nous retrouvons à ouïr un boucan peu courant offert par une équipe pléthorique de travailleurs du "développement durable".
Mais ce magnifique appareil ne sort pas tout seul. Les salariés jaunes et verts qui les pilotent mettent en œuvre après lui un aspirateur de voirie, tout aussi très audible, voire plus, intégré plus ou moins au véhicule à moteur thermique qui récupère les feuilles.
Voyez donc ci-dessous, un modèle en service dans la Communauté de Communes du Grand Toulouse :

Aspirateur à feuilles

Lorsque je faisais mon service militaire, il m'a fallu ramasser des feuilles, une bonne partie de l’automne 1988, avec des collègues appelés, sur les grands espaces verts d'une base aérienne.
Que nous étions sots, nous, les plantons !
Armés simplement de pauvres râteaux à gazon nous faisions de grands tas de feuilles que nous chargions dans de larges remorques à l'aide de minables bâches en plastique. Nous allions si vite, que les poses étaient nombreuses et ce malgré les continuelles discussions que nous avions tout en travaillant. Toutes les feuilles, enfin, finissaient en compost pour servir à amender les parterres de fleurs devant les bâtiments de la base.
Nous avons vraiment souffert à cette époque !

Alors, reconnaissons que c'est beau le progrès !
Au moins, les "ramafeuilleurs" d'aujourd'hui ont de la chance. La tête prise en étau dans un casque anti-bruit, ils ne se parlent plus. Ils font de l'exercice à porter des outils relativement lourds de haute technologie, ils respirent un air sentant bon la "vraie civilisation" et animent agréablement des quartiers entiers, les riverains les observant, le regard vide, sans leur adresser la parole, tandis que leurs récoltes de feuilles - c'est génial ! - finissent dans une décharge, en tas éparpillés parmi d'autres de terres, de balayures de voiries et de gravats divers.
Vraiment, oui ! espérons que le progrès ne s'arrêtera jamais !

jeudi 12 décembre 2013

Les chasseurs français plus "efficaces" que les talibans

Pendant la période de 2004 à 2012, l'armée française a perdu 70 soldats en Afghanistan. Dans le même temps, les chasseurs français, dans nos campagnes, ont tué 193 personnes.
Bon ! Certes il y avait quelques chasseurs parmi les victimes (je plaisante !) mais les autres ? Des promeneurs, des cyclistes, des automobilistes ! (*)

Faudrait vraiment empêcher les piliers de bars et viandards en tout genre de se promener armés dans la Nature. Ils y sèment du plomb à tout va (ça pollue) et par la même occasion sèment la mort, chez les animaux d'abord mais aussi chez les humains, dans un autre registre bien plus efficacement que les talibans parmi les forces françaises (je ne plaisante plus !).

Seuls des naturalistes compétents et patentés devraient avoir le droit de faire ce qu'il faut quand il faut pour suppléer l'absence des grands prédateurs dans la chaîne alimentaire de nos contrées.
D'ailleurs, ces grands prédateurs (les loups), nous devrions apprendre à les connaître, à les respecter et à les accepter, dans nos territoires les plus sauvages et reculés. Parce qu'en fait, sans eux, un écosystème n'est pas complet et, donc, en mauvaise santé.
Et soyons certains que leur présence créerait de l'emploi : là où il y a un berger ou une bergère, il pourrait dès lors y en avoir cinq où six, se relayant jour et nuit dans les estives, alliés avec des patous (comme la jolie Belle de Sébastien), le bétail rassemblé dans des enclos protégés.
Ce spectacle serait bien plus beau que celui du berger, ou de la bergère, roulant dans son 4x4 une heure ou deux par jour, pas tous les jours, sur les chemins de montagne.

Mais comment donc cela se passe dans les montagnes d'Italie et d'Espagne ? où les loups sont bien plus nombreux qu'en France ! La cohabitation s'y fait, avec tensions certes, mais on n'y préconise pas pour autant l'extermination de l'ancêtre de notre chien domestique.

http://www.loup.org/spip/Comment-la-cohabitation-homme-loup,1069.html

(*) Tous les ans la liste est longue de ceux qui sont victimes de ces "accidents". Savez-vous que de 2004 à 2012 les accidents de chasse ont occasionné 193 victimes mortelles soit près de 2.8 fois plus que le nombre de militaires français - 70 - tombés au combat en Afghanistan ?! L'association "CESSEZ le FEU" entend alerter l'opinion publique sur cette réalité.

Sur le terrain, la pratique de la chasse - notamment avec des carabines telles que celles utilisées pour la chasse au grand gibier, équivalentes à des armes de guerre - n'est pas encadrée de façon suffisamment rigoureuse. Le texte faisant autorité en la matière, une circulaire de 1982, a supprimé les périmètres de sécurité existant à l'époque. Il permet à tout porteur d'arme d'en faire usage en direction des habitations, des routes et des chemins s'il estime que ceux-ci sont hors de portée de son arme. Mais cette circulaire ne donne aucune valeur chiffrée précise pour la portée des armes ; notre sécurité ne repose donc que sur la seule appréciation du chasseur, même quand celui-ci dispose d'une carabine dont les balles peuvent avoir une portée de cinq kilomètres.

Les pouvoirs publics, y compris au plus haut sommet de l’État, n'ignorent rien de cette situation : ils ont été alertés, en de nombreuses occasions, aussi bien par des parlementaires que par des associations.

Nous demandons que l’État prenne ses responsabilités, abroge la circulaire 82-152, et encadre de façon rigoureuse l'usage des armes liées à la pratique de la chasse.

vendredi 26 juillet 2013

Janine Benyus - Les services rendus par la Nature

Janine Benyus présente et explique, dans son dernier ouvrage, les principes de la Nature œuvrant au bon fonctionnement du biotope Terre.
Ainsi, elle nous rappelle que la Nature fonctionne à l’énergie solaire, qu'elle n’utilise que l’énergie dont elle a besoin, qu'elle sait toujours adapter la forme à la fonction, qu'elle s'attache à tout recycler, qu'elle récompense la coopération ; tout cela en pariant sur la diversité.
Elle nous explique aussi que la Nature valorise des productions locales, qu'elle limite les excès de l’intérieur et qu'elle transforme les limites en opportunités.

Constatant que ces principes génèrent la richesse de la faune et de la flore, pourquoi ne nous vient-il pas à l'idée de nous en inspirer pour imaginer et mettre en place une économie nouvelle : Une économie écologique.

Car dans l'économie de la mondialisation qui est la nôtre, les principes de fonctionnement sont tout autres que ceux qu'énonce Janine Benyus.
En Chine, par exemple, dans certaines régions où il n'y a plus d'abeilles - la faute aux pesticides, des ouvriers pollinisent les fleurs des fruitiers et des légumes à l'aide de cotons-tiges.
Dans ce pays comme partout ailleurs, les humains s'emploient à faire du profit coûte que coûte. Pour cela, ils détruisent systématiquement la biodiversité, la conséquence étant la disparition des services écosystémiques rendus par la Nature, qui bien souvent s'avèrent être des services qui garantissent notre survie en tant qu'espèce.
Arrivé à ce stade, il ne reste plus qu'à payer des ouvriers pour faire, très mal, ce qui était bien fait et gratuit jusqu'alors.
Le profit instantané en faveur de quelques-uns est dès lors devenu une perte récurrente pour la Société toute entière.

mardi 23 juillet 2013

Une nichée de sitelles inconsciemment assassinée !

La place des Humains dans la Nature ? Voilà bien une question qui devrait être examinée dans les moindres détails.

L'actualité récente nous donne l'occasion d'y réfléchir. Une jeune fille a été capturée et dévorée par un requin à la Réunion. En représailles, un élu a décrété le massacre de 50 de ces poissons. Sûr que s'ils étaient à même de comprendre, les requins seraient terrorisés ! Sûr aussi que la plupart des gens n'ont pas compris que l'élu, en disant cela, était à la recherche de voix sur le dos de l'adolescente.

Indubitablement, ce drame est un drame !
Pour des gens de loi, avocats et consorts, il va s'en trouver qui vont chercher des responsables, chercher à savoir s'il y a eu défaut d'information ou défaut de signalisation, voire une volonté de nuire de la part de l'individu-requin. Et pourquoi pas proposer un panneau :"Requin ! Passez votre chemin !" à planter dans les profondeurs marines.
Toujours est-il qu'ils vont débattre, redébattre, et re-redébattre ! Et continuer encore ! Du moins jusqu'à la prochaine "affaire", qui leur permettra de recommencer à débattre et redébattre, etc.

Des consommateurs, eux, diront des choses du genre : "Mon dieu c'est affreux !

Personnellement, je préfère penser qu'il y a eu défaut d'éducation ; à tous les niveaux. Et de rappeler que les eaux de la Réunion sont surexploitées par la pêche industrielle, ce qui modifie le comportement des prédateurs.

En tout cas, il est temps maintenant que je vous raconte une petite histoire.
Au début de l'automne dernier, ma commune annonça se porter acquéreuse d'un bois, très riche environnementalement parlant, juste à côté de chez moi, cela afin de l'ouvrir au public.
"Mais les gens veulent voir ! C'est normal !", qu'elle a dit la conseillère municipale, lorsque je l’eus prévenue que l'ouverture au public s'accompagnerait de dégâts sur la biodiversité.

Quelques mois plus tard, l'acquisition faite, on a préparé une grande après-midi et sympathique soirée sylvestres avec un repas sous de magnifiques hêtres.
Dans un des hêtres, qui fut entouré de tables et de convives enchantés, des sittelles torchepot avaient des petits nouveaux nés.
J'observais ce couple d'oiseaux depuis plusieurs semaines. Au bout de quelques temps, le nid était devenu bruyant et à force d'allées et venues le ravitaillement était assuré.

La fête eut lieu mais les petits volatiles ne furent pas conviés. Ils sont même morts de faim et de soif, leurs parents les ayant abandonnés parce qu'ils ont été affolés par la déferlante humaine ; qui s'est répandue partout dans le sous-bois.

Allez, chevreuils et chevreaux, renards et renardeaux, belettes et blaireaux, sittelles et grimpereaux ! Dégagez ! Nous arrivons ! Nous sommes si merveilleux ! Si intelligents !

En cette saison, le bois est truffé de tiques. Alors, j'en viens à penser sans le souhaiter : Allez, les tiques ! Piquez et sucez ! Que ces envahisseurs grossiers apprennent à vous connaître avant que de vous piétiner sans conscience et sans précaution. Ils sont si possessifs ! Si destructeurs !

La morale de cette histoire, c'est que nous devons respecter la Nature. Nous devons lui laisser de la place.
Nous devons apprendre à la connaître pour en jouir ; de près quand c'est possible, de loin quand il le faut.
Oui ! Nous devrions faire ainsi au lieu de nous laisser transporter par l'actuelle économie qui veut tout et qui détruit tout.

Car dans notre économie, pour d'idiots bouffeurs de sushis pseudo-traditionnels et criminels parfumeurs : Ce ne sont que des baleines !
Pour d'imbéciles acheteurs d'objets en ivoire : Ce ne sont que des éléphants !
Pour de criminels couturiers emplumés : Ce ne sont que des oiseaux !
Pour des élus crétins et une multinationale mafieuse : Ce ne sont que des tritons, grenouilles et crapauds !
Pour un autre élu expert en intérêt général à la Réunion : Ce ne sont que des requins dangereux et inutiles ! Tuons-les !
Alors que pour moi, et d'autres, dans le bois, c'étaient des oiseaux très utiles même pas emplumés !

Mais pour moi, et d'autres, au sujet de la petite fille mangée par le requin, nous serait-il possible de dire que ce n'était qu'une adolescente en phase de conditionnement intense pour devenir une parfaite consommatrice de loisirs et d'objets à coûts écologiques révoltants ?
La réponse est NON ! car nous sommes des humains conscients. Conscients, entre autres choses, qu'il ne faut pas être que consommateurs ! Et surtout pas consommateurs ignorants !

Merci Monsieur Jorion ! J'ai bien compris votre remarque.

dimanche 13 mai 2012

Lichens

Il venait de pleuvoir.
Ils étaient beaux, sur le couronnement d’un vieux mur en pierres.
Je venais de penser à Fukushima.
Les lichens résistent bien à la radio activité. Les Humains, non !
La Terre, la planète des lichens. Bientôt ?!?

Vite, vite ! Arrêtons nos réacteurs nucléaires !
Et que le Monde entier aide le Japon pour essayer d'enrailler la progression de la catastrophe.
Sauvons la piscine du réacteur n°4 qui constitue une menace mortelle pour les grands mammifères de la planète.

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jeudi 10 mai 2012

Maison pour frelons

En ce début de mai, lorsque le soleil arrivera à percer au travers des lourds paquets de nuages, vous apercevrez peut-être un gros frelon jaune-orangé inspectant systématiquement, dans les arbres ou les murs, tout ce qui ressemble à une cavité. Alors, vous serez en présence d’une reine cherchant un endroit favorable pour s'installer.

Une fois qu’elle aura trouvé son abri, elle y construira un embryon de nid, avec une sorte de papier issu de sa mastication de fragments de bois, y pondra des œufs, d'où sortiront des larves qu'elle s'appliquera à nourrir, puis, dès que ces larves se seront transformées en gros frelons à l’aspect terrifiant, se fera tranquillement servir.
Elle n'aura plus qu’à pondre, pendant tout l’été, pour que naissent des centaines d'ouvrières, jusqu’à la ponte royale fin août, qui sera le début de la fin pour toute la colonie.

Le journal La Hulotte vient de consacrer trois de ses numéros à raconter la vie d’une de ces reines et c’est passionnant.
On apprend ainsi que le frelon n’aime pas piquer, que son venin est moins nocif que celui d’une abeille et qu’avoir un nid de frelon chez soi c’est s’assurer les services d’une division de chasseurs d’insectes "nuisibles", très efficaces contre les mouches de toutes sortes.
Enfin, on y découvre que des petites bêtes, très rares pour certaines, viennent occuper les nids de frelons avant et après leur abandon, qu'ils sont pour elles les seuls lieux aptes à les recevoir, ces petites créatures ne survivant donc que parce que les frelons font des nids.
La biodiversité, c’est fou !

En lisant cette histoire, j’ai eu envie de mettre un nichoir à disposition des reines frelons de passage chez moi.
Mais de là à me lancer dans la construction de la belle caisse spécialement étudiée dont le plan figure dans le N°95 de mon irrégulo-périodique préféré !

C’est finalement les circonstances qui m’y ont décidées.
En effet, en rentrant chez moi, samedi soir dernier, j’ai trouvé une majesté frelon qui s’était perdue dans mon salon. Et plutôt que de la mettre dehors, alors que nous venions tout juste de faire connaissance, je l’ai enfermée dans une boite ; avec aération, précision nécessaire.
Ensuite, toute "la journée du dimanche présidentiel", j’ai construit, selon le plan "hulottesque", le logis de ma reine ; sans pour autant être royaliste, seconde précision nécessaire.

Il faisait nuit et frais, lorsque j’installai Madame dans sa caisse, que vite je fermai.
Voulant immortaliser la scène, j’allai chercher l’appareil photo et lorsque je rouvris le nichoir, Son Altesse fondit sur moi, dans un fort vrombissement. Je sautai de l’échelle, elle accrochée à mes cheveux, puis, très vite, sans me piquer, elle s’envola dans la nuit.
Ah, quelle ingrate ! me dis-je.
Mais après réflexion, je pensai que son attaque était la preuve que j’avais bien travaillé, puisque quelques minutes lui avaient suffit pour réceptionner mes travaux et prendre possession du lieu.
En fait, elle m’avait juste dit merci à sa façon.

Heureusement, lundi et mardi, j’ai vu d’autres majestés, et peut-être était-ce « la mienne » (je ne le saurais jamais car en vol et en plein soleil il est difficile de reconnaître une reine frelon d'une autre), en train de tourner autour du palais.
Enfin, palais !
Disons plutôt forteresse !
Car l’apparence, convenez-en, n’est pas des plus engageantes !
Ce nichoir, on dirait une bretèche sur une courtine d'un château fort.
Jugez plutôt.

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Qui s'y frotte s'y pique !

mardi 27 mars 2012

Les visiteurs de rêve

Il faisait très chaud dimanche dernier. Je somnolais donc sous le hangar, lorsque deux canards tombèrent du ciel pour amerrir dans un fossé à lisier que j’ai transformé en bassin d’ornement (si, si, c’est possible).

Le deuxième volatile me parut bien trop bariolé pour être un col vert. En tout cas, l’événement me permettait d’expliquer le pourquoi du désordre constaté depuis un mois et demi sur les bords du bassin. Les coupables, c’était bien des canards - même si je n’avais pas osé l’espérer - et il ne me restait plus qu’à connaître leur nom.

Tel un chasseur du paléolithique, à plat ventre, je réussis à m’approcher pour les démasquer. Une minute avant, je n’avais pas voulu croire ce que je vis quand ils descendirent du ciel, mais là, maintenant que j’avais vu sur eux, palmant tranquillement sur le long rectangle d’eau, il n’y avait plus de doute : c’était bien Madame et Monsieur Mandarin.

Le chasseur préhistorique d’aujourd’hui n’étant pas forcement des plus discrets ils me virent et, d’un coup d’aile, ils se retrouvèrent en position « marche-à-pied » sur le bord du bassin. Dérangés mais pas affolés, ballottant du croupion, ils gagnèrent, à une dizaine de mètres plus loin, la dépression que je fis creuser, dès mon arrivée il y a 7 ans, pour servir à l’infiltration des eaux qui ruissèlent autour de chez moi.
C’est à cet endroit, devenu une mare intermittente s’asséchant l’été, qu’ils se sont laissés photographier.

Le couvert était bon car Madame ne fit que très peu attention à moi, trop occupée qu’elle était à becqueter entre les herbes en partie inondées.

Comme je vous l’ai déjà dit à propos du « lapin-en-trait », c’est une immense et inestimable récompense que de voir des animaux aussi beaux semblant apprécier un espace que l’on a aménagé à leur intention. Et lorsque les animaux qui vous honorent de leur présence appartiennent à une espèce menacée - quelques rares coins d’Europe semblent devenir une terre d’accueil pour les mandarins - alors là, on se dit que l’on a été utile. Merci à vous jolis canards. J’attends de vous revoir bientôt ; et pourquoi pas avec vos petits d’ici trois mois.

Pour voir ce que j'ai vu, et bien c'est sur la photo ci-dessous.

Mandarin_mare.JPG

jeudi 9 juin 2011

La faux

Dans les années 1981-1984, j'ai eu la chance de côtoyer un paysan de l'Ariège qui eût la bonté de m'apprendre à faire trois choses matérielles importantes, et peut-être essentielles, pour "ma vie de dans très bientôt" :
- confectionner des paniers de lanières de noisetier tressées sur ossature en branches de châtaignier ;
- greffer les arbres ;
- piquer les faux.

La semaine dernière, après le boulot, je m'étais invité chez un couple d'amis qui vit dans une belle petite ferme en cours de restauration avec des matériaux locaux mis en oeuvre à l'ancienne.
Une vieille faucheuse, d'une ancienne marque réputée, achetée sur Internet il y a quelques mois, venait juste de faire son premier essai dans les mains de mon ami, le "heureux" nouveau propriétaire.
Elle pissait de l'huile par tous ses joints ! Une très grosse révision s'imposait, très coûteuse en temps.

J'étais arrivé dans un petit moment de déception bien compréhensible. Et tout autour de nous, l'herbe qui menaçait de nous étouffer !
Comment faire pour survivre ?

Nous allâmes chercher une faux récente, achetée au magasin moderne des environs, faux qui bien sûr n'avait jamais été piquée, et qui, de ce fait, n'ayant pas déclenché l'entousiasme propre à chaque nouvel achat, s'était retrouvée reléguée dans un coin.

Mon ami, très occupé par les travaux sur la maison, n'avait jamais eu le temps de marteler le tranchant de l'engin de coupe.
Pourtant, il savait bien qu'il fallait le faire.
D'ailleurs, il avait récupéré une de ces vieilles petites enclumes, outil indispensable pour bien lameller le métal tout le long du tranchant.
Mais, en plus du temps qui lui avait manqué, s'il ne l'avait pas fait, c'est qu'il savait aussi que piquer une faux est affaire délicate.

Dès lors, fort de ma petite expérience pyrénéenne (merci Urbain), j'étais son sauveur !

On sépara faux et manche ; l'enclume fut plantée dans un gros bout de bois devant un confortable tabouret.

En moins d'une heure, entre enclume et marteau, le tranchant était, sur 3 à 4 millimètres de largeur, fin comme une fine feuille de papier et, précision importante, non ondulé.

Faux et manche furent ré-assemblés.
Un coup de pierre à faux fut donné et, tout de suite, "la bête" s'essaya au service. Nul effort était nécessaire pour couper l'envahisseuse.
Le bruit était bon. L'engin, sous réserve de quelques autres petits piquages, se trouvait sur la voie de la perfection.

Nous étions contents et nous partîmes consulter le Net, pour voir le vrai sur la faux.

L'herbe pouvait bien continuer de pousser : il serait toujours temps de la faucher ; avec la faux et un peu d'énergie humaine ; avec pour résultat de garder la forme et de s'entraîner au travaux des champs, qui reviennent en force.

La faux ! c'est la tondeuse du futur ! Essayez-là !

Et le plus beau, le plus poétique, pour la fin ... du pétrole.

samedi 26 février 2011

Les têtards

Si dans votre jardin vous avez une haie de saules ou de frênes et que le temps est venu pour vous de les tailler, vous ferez un geste considérable en faveur de l'environnement si vous optez pour une taille en têtard.

Vous offrirez gîte et couvert à quantité d'animaux de tous poils, de toutes peaux, plumes et élytres, tout en vous façonnant une haie qui, au bout de quelques années, sera de toute beauté.

samedi 13 novembre 2010

Coccinelle et coccinelle

Le monde bouge et ses espèces habitantes se déplacent.
Les humains immigrent, voyagent, migrent et font des affaires ; toujours avec des bagages.

Un jour, lors d'une promenade sur les berges de la Loire à Nantes, à la recherche d'une fleur sauvage, j'ai rencontré un de ces bagages d'humains, un de la catégorie très spéciale "je fais du business avec n'importe quoi et peu importe les conséquences".
Vous allez me demander ce qu'est cette catégorie de bagages !
Pour vous répondre simplement, ledit bagage est au centre de la photo suivante, au milieu de son garde-manger, rouge avec des points noirs.




















Une coccinelle, le bagage ?
Oui !
Mais pas une de celles qui vivent en Europe d'ordinaire. Il s'agit d'une coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), introduite par des gens qui prétendaient faire de la lutte biologique sur les cultures infestées de pucerons et qui l'ont préférée à la jolie coccinelle à 7 points, ou à la non moins jolie coccinelle à 2 points.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Maintenant, la nouvelle venue s'avère invasive et elle s'attaque aux larves de ses cousines européennes.
Qu'à cela ne tienne !
La commercialisation de "la terreur d'Asie" reste autorisée dans les jardineries de France (l'effet Grenelle de l'environnement sans doute), le fisc n'ayant pas l'intention de se priver d'encaisser 19,6% de TVA sur les ventes d'un "produit", fut-il à même de faire disparaître plusieurs espèces de coléoptères.

Au fait ! Il ne faut pas confondre la coccinelle à 22 points, ou celle à 14 points, avec une des variétés jaunes de "l'ogre d'Asie".
Un petit récapitulatif photos, pour en voir de toutes les couleurs ?

Le même jour, au même endroit, j'ai photographié le "bourreau" à côté de sa victime à 7 points.

Un peu plus loin, le "méchant" avait changé de costume.

Mais je l'ai reconnu.

   

mercredi 15 septembre 2010

La goutte d'eau

Il y a quelques semaines, lors d'une séance de débouchage d'un vieux puits maçonné, j'ai remarqué, sous une gouttière, une perle d'eau contenu dans un tapis de soie d'araignée.

La situation très instable de cette goutte, et sa limpidité, m'ont poussé à prendre quelques photos et alors que j'avais mis un crayon pour donner l'échelle du phénomène, une fourmi en prospection eut la bonne idée de passer dans le champs pour préciser naturellement la taille de la curiosité. Qu'elle en soit remerciée.

Derrière l'objectif, durant la scéance d'immortalisation, l'image de l'Humanité et de son actuelle position précaire me vint à l'esprit : Combien de temps avant la chute ?

Pour ce qui est de la goutte, elle tint une demi-journée : Un très fin crachin, propre à la Bretagne, fit croître la goutte et la croissance fit qu'elle chût.

samedi 10 juillet 2010

La fin dans 100 ans

Quand les vrais scientifiques parlent de la condition humaine, ce qu'ils disent est bien souvent un peu dur à entendre.

Franck Fenner, grand biologiste australien, un des Humains qui a éradiqué la variole, du haut de la sagesse que lui donnent ses 95 ans, tel une sorte de Lévi-Strauss de la biologie, affirme qu'il est trop tard pour empêcher la fin de l'Humanité. D'ici un siècle, selon lui, il n'y aura plus d'Homo sapiens sapiens, parce que nous sommes trop nombreux. Et ce n'est pas pour autant qu'il fait du malthusianisme.

Ce grand humaniste précise qu'il ne veut pas le crier trop fort à cause des personnes merveilleuses qui partout dans le Monde se battent pour améliorer les conditions d'existence de la grande majorité des Humains.

En tout cas, voici un lien pour vous faire une idée plus précise de la pensée de ce grand savant ainsi que de l'opinion de certains de ces confrères.

Hubert Reeves nous donne au maximum deux ou trois décennies pour changer complètement notre mode de vie.
Fenner, lui, nous donne la date de la fin du film.
Quand je pense que beaucoup me trouvent pessimiste alors que mon instinct de géologue "m'a toujours susurré à l'oreille" (*) que nous en avions pour environ 5000 ans avant de voir le dernier ou la dernière de notre espèce s'éteindre dans la solitude la plus absolue (**).

Aller ! Finalement les financiers et les pourritiques politiques auront réussi quelques chose : débarrasser la biodiversité terrestre de sa créature la plus encombrante, par la folie qu'ils ont toujours à considérer que l'éducation de tous les peuples, qui aurait constitué un des meilleurs moyens pour empêcher la surpopulation, c'est toujours trop cher et que donc cela nuit à leur satanée croissance économique.

(*) J'avoue que cette pensée n'est pas très scientifique.
(**) 5000 ans certes, mais tout en pensant que le déclin commencerait en 2010-2015 et que cela irait quand même très vite durant le premier siècle suivant l'apogée ; sans doute l'influence du rapport Meadows sur mon esprit mais aussi la prise en compte de la bêtise des financiers et politiques qui, partout et de tout temps, ont toujours été assoiffés d'argent ; les pires en la matière étant ceux d'aujourd'hui.

mercredi 28 avril 2010

Petite théorie amusante (version II)

Avertissement :
J'ai voulu retravailler un texte déjà paru sur ce blog : je le trouvais un peu lourd et très maladroit dans sa première version. Et puis la réflexion que ce texte provoque chez moi me semble toujours d'actualité. Et puis aussi, j'aime bien voyager dans le ciel.
Certaines de mes connaissances n'apprécieront sans doute pas cette réédition car elles n'avaient pas aimé la première mouture. Mais bon ! Tant pis.

Le grand spectacle d’une nuit d’été sans nuage se regarde en levant la tête.

Près d’un réverbère nous pourrons voir des insectes et parfois les chauves-souris qui les chassent ; sur un chemin de campagne, nous apercevrons l’ombre blanche d’une chouette silencieuse ou, plus haut, des canards sauvages bien moins discrets.
C’est la couche supérieure de la biosphère qui s’offre ainsi à nous.

Au-dessus, à cause de l'intense trafic aérien qui caractérise notre époque, immanquablement, des clignotements signaleront un ou plusieurs avions. Parfois, plus éloigné encore, comme tiré par une ficelle invisible, le point lumineux d'un satellite artificiel glissera sur la voute et s'éteindra.
Mais même si avions et satellites intègrent le meilleur de notre technologie, ils restent relativement très peu éloignés, dans « l'humano-technosphère » désespérément petite.

Au-delà, sur le noir, trône la Lune bien en avant du flou de La Voie lactée ponctuée de ses quelques centaines d'étoiles visibles à l'œil nu, au milieu desquelles certaines planètes de notre Soleil se camouflent par leur lenteur à se déplacer.
Avec un peu de chance, nous pourrons aussi admirer le trait lumineux d'une météorite entrant dans l'atmosphère ou bien contempler une comète.
Partout l'Univers s'étale !
Inaccessible au-delà de la technosphère !??
Il a sa Constante : l'ensemble des Lois de la Physique.
Il contient, groupées en galaxies, des milliards de milliards de dollars d'étoiles avec, pour un grand nombre d'entre elles, un système planétaire, des exoplanètes étant découvertes très régulièrement depuis quelques années. On en dénombre plus de 400 désormais. En 2009, l’une d’entre elles, de deux fois la masse terrestre, a ainsi été découverte à « quelques » encablures : 20,5 années lumière, autour de la naine rouge Gliese 581.

Mais si le spectacle que je viens de décrire dans les lignes qui précèdent s'avère déjà infini, il n'en demeure pas moins que nous ne verrons rien d'autre ! J'entends par là qu'aucune soucoupe volante pilotée par des extra-terrestres n'entrera jamais dans notre champ de vision.

Pourtant, une seule chose parait évidente pour le géologue que je suis : Ailleurs dans l'Univers, des planètes portent la vie, avec pour la régir, les mêmes "Lois de la Nature" qu'ici bas.
Dans ces endroits il y a comme "chez nous" des chaînes alimentaires avec, au bout de chacune, un super prédateur.

Et par le fait qu'il existe un nombre considérable d'étoiles (que déjà elles sont 4% à être du type G, le type de notre Soleil), le nombre de planètes qui peuvent présenter des conditions favorables à la vie est immense. Et là où la vie est effectivement apparue, même si nous tenons compte des inévitables décalages chronologiques entre les "dates" de son apparition sur chacune d'entre elles, et bien il est certain que des êtres doués d'intelligence existent ailleurs, à l'instant où vous lisez ces lignes, fruits d'autres évolutions biologiques mais qui, je le rappelle, auront respecté les Lois de la Physique.

En tout cas sur Terre, à l’instant du temps qui est le nôtre, le prédateur c'est nous : Homo sapiens sapiens, conscient de lui-même. Ailleurs, ce sera pourquoi pas "G Magellan 53219 (1) Carnivora rex" s'il n'est qu'un simple mangeur de viande et "G Vierge 33133 (1) Autochtonus sapiens" si, comme nous, il pense.

Mais pourquoi alors n'y a t-il pas des extra-terrestres qui viennent nous visiter ?

Pour moi, la réponse tient dans la petite théorie suivante :
Nous ne recevons pas la visite d'extra-terrestres parce que sur une planète où un être intelligent et conscient apparaît, ce dernier développe une économie qui est toujours au stade ultime de son évolution basée sur la Croissance : en bref une économie comme la nôtre destructrice de tout son environnement.
Cette Croissance résulte de l'expression de ce qui reste au fond de nous de façon résiduelle et que nous appelons vulgairement la "Loi du plus fort" ou "Loi de la Nature".
Pour cette Croissance, l'espèce reine d'un monde dilapide toujours sur une très brève période la quasi totalité des ressources minérales et énergétiques fossiles à sa disposition. Et comme il est facile et rapide de consommer et long et difficile de faire de la recherche fondamentale, cette espèce se voit ainsi toujours empêchée d'accéder aux niveaux de connaissance qui lui seraient nécessaires pour aller coloniser d'autres mondes.

Ma petite théorie est celle de l'isolement des biodiversités dans l'Univers. Elle affirme que les biodiversités des planètes sont protégées les unes des autres parce qu’une économie cause toujours la disparition de l'espèce intelligente qui l'a développée, sans lui laisser le temps de pouvoir expérimenter le voyage interstellaire.
"La Guerre des Mondes" n'est donc pas possible et c’est tant mieux !

Ainsi sur Terre, parce que nous avons tout à fait naturellement choisi la croissance économique au lieu, grâce à notre conscience d'aller "contre nature" et d'opter pour le Développement de l'Humain, nous sommes condamnés à rester à jamais sur notre planète-berceau. Nous sommes déjà en phase de déclin (2) et nous rentrerons bientôt en phase de déclin définitif. D'ailleurs, les conclusions du rapport Meadows datant de 1972 annonçaient le déclin pour 2010-2015 si l'Humanité optait pour une économie "croissanciste", ce qu'elle a fait.
Aussi, pour les financiers et presque tous les économistes, qui sont du genre à croire que si nous manquons de pétrole pour que la croissance continue « nous irons en chercher ailleurs », leurs affaires et leurs théories s'annoncent respectivement mauvaises et ... mauvaises.

Bien sûr, ceci n'est qu'une théorie peu sérieuse mais, comme toutes les théories, il faut l'éprouver afin de voir s'il n'y a pas une situation ou des circonstances pour lesquelles elle s'avèrerait fausse.
En fait, il faut la voir plutôt comme un outil d'aide à la réflexion sur les possibilités d'évolution de l'Humanité et de son économie.

Si grâce à nos cultures et nos éducations, grâce aussi à notre conscience acquise au cours de l’évolution, nous décidons de ne pas nous laisser aller à la « facilité naturelle », propre à notre statut de super-prédateur, alors il nous revient de faire des propositions à nos politiques.
Ces propositions, nécessairement réalistes sur le plan énergétique, il reviendra à ces derniers, parce qu’ils sont normalement au service des Peuples, de les mettre en pratique, vite, pour permettre l’émergence d'une nouvelle économie.
Cette économie, écologique bien sûr, outre qu’elle pourra sans doute donner à Homo sapiens sapiens les chances de « vivre son potentiel génétique », pourrait aussi être le moyen de prouver, peut-être, que cette petite théorie n'est pas valide.

(1) Nom de la planète précédé de celui de l'étoile avec son type, le nom de l'espèce venant à la suite.
(2) Une preuve en matière de transport : l'avion Concorde. Certes très inécologique, ce trésor de technologie n'a pas eu de successeur si bien que pour la première fois dans l'Histoire de l'Humanité il faut aujourd'hui plus de temps que par le passé pour aller d'un point A à un point B.

mercredi 13 janvier 2010

2010 : année de la ...

...Biodiversité.

Pour notre indispensable et vitale biodiversité, mis à part un beau site pour la communication, nos gouvernants et notre administration ne feront rien, comme d'habitude, puisqu'ils sont, ce n'est plus à démontrer, dans le camp des financiers.
Par contre, Nous, toutes et tous, nous pouvons agir, dans notre jardin, dans notre maison, dans notre façon de consommer. Nous pouvons économiser l'énergie et, aussi, préserver voire favoriser la biodiversité grâce à des gestes inspirés par le bon sens et une connaissance de la Nature qu'il faut et que nous pouvons réacquérir assez facilement.
Tous les moyens, nous les avons.
L'espoir, c'est Nous ! Et personne d'autre.

mercredi 6 janvier 2010

Pour Hubert Reeves, c'est 30 ans !

Encore une déclaration à vous faire tomber le moral tel un plomb aux fond de la fosse des Mariannes.

Mais bon ! Autant le savoir :
L'érosion de la biodiversité, qui à terme nous fera disparaître, s'accélère (c'est un fait, même s'il va bien se trouver des "biodiversceptiques" qui seront vraisemblablement ceux qui affichent leur climatoscepticisme) et rien n'est fait pour arrêter cette perte irréversible du vivant.

L'année 2010 a été déclarée année de la biodiversité. Il est plus que temps d'agir. Mais on ne fait rien.
En France, par exemple, le Grenelle parle de l'urgence à mettre en place les trames vertes et bleues. Or, sur le terrain, encore une fois, rien ne bouge.
Autre exemple encore dans notre beau pays, gâché et détruit par les incohérences de son administration en matière d'urbanisme et d'aménagement du territoire (tous les 10 ans, disparaît une surface de terres agricoles équivalente à celle d'un département), cette dernière se résout à ne plus vouloir faire un contrôle sur la provenance des bois exotiques (*), parce que c'est trop compliqué.
Ben voyons ! Plus compliqué que notre fiscalité ?

En tout cas, la déclaration faite par Hubert Reeves hier a le mérite d'être claire : "Il nous reste 10, 20, 30 ans au maximum pour agir".

 

(*) Je suis désolé, je ne trouve plus ma source : dans les dernières semaines, Dépêche du Midi ou Ouest France il me semble. Mais pour la même chose au niveau de l'Union européenne, voici une source.

mercredi 23 septembre 2009

Petites maisons appréciées

Il est très facile de faire un grand geste pour l'environnement.

Si vous avez un jardin, si petit soit-il, avec une planchette, une chute de chevron ou n'importe quel bout de bois bien sec vous pouvez aménager votre lopin de terre en paradis pour insectes butineurs.
Il vous suffit de vous armer d'une perceuse pour, dans la pièce de bois, faire des p'tits trous.
Des trous de 5 millimètres, des trous de 6, de 7 et 8 millimètres, des p'tits trous, des p'tits trous vous en ferez tout plein.
Mais attention !
Ils ne devront pas être traversants ; tous seront en cul-de-sac.
Enfin, vous veillerez le plus possible à les réaliser perpendiculairement aux fibres du bois.

Ensuite, le bout de bois "vermoulu" par vous-même, vous l'accrocherez à la fin de l'hiver ou au début du printemps contre un mur, qu'importe le mur ou sous une avancée de toit, fût-il celui d'une cabane à outils ou celui d'un petit coin d'aisance près du tas de compost (*). Il faut juste que votre HLM à abeilles soit exposé Sud-Est ou Sud (Nord-Est ou Nord, si vous habitez dans l'hémisphère Sud).

Il ne vous restera plus qu'à admirer le spectacle : Un ballet d'osmies et autres abeilles solitaires qui iront constituer une boule de nectar et de pollen au fond de chaque trou pour finalement y pondre un œuf dessus. Suite à quoi les butineuses se transformeront en maçons pour obstruer leurs "couveuses", à l'aide d'un mortier de terre et de salive de leur composition.

Viendront ensuite les guêpes parasites, parfois spectaculaires comme un "Schawarzy-terminator", tel un ichneumon qui pondra son œuf dans la larve d'abeille, à travers le bois ou le bouchon maçonné, grâce à son ovipovisateur incroyable.
Mais vous verrez bien les va-et-vient de toute la clique !

Voici à la suite quelques photos de bois troués mis en place.

   

Ah ! Au fait ! N'oubliez pas de planter quelques fleurs dans votre jardin. Des vraies. De celles qui font du nectar ; la nourriture des abeilles et des papillons. Pas des hybrides donc.

(*) Les toilettes sêches. Super pour faire des économies.

mercredi 12 août 2009

Naturalistes en herbe

Dans l'ancienne ferme où je réside en Bretagne, depuis cinq ans je me suis consacré à replanter des haies sur talus, à aménager des points d'eau, à construire des murets de pierres sèches, à installer divers nichoirs et à confectionner des abris pour les insectes.

Tout ne donne pas immédiatement un résultat mais assez rapidement, finalement, on se voit récompensé de son travail.
Ainsi, il y a peu, des amis et leurs enfants m'ont rendu visite.
Leur petit garçon, de 4 ans et demi et déjà très débrouillard, jouait autour de nous avec sa sœur quand il a dit un peu étonné :
- "J'ai vu un animal ! Une sorte de lapin en trait. Un insecte."
Nous avons ri tout en continuant notre conversation puis nous avons nous aussi vu l'animal qui se faufilait entre de gros cailloux : c'était une belette !
Nous pouvions voir une hôte de marque, qui sans aucun doute, bénéficie des aménagements des lieux faits toujours dans l'esprit de favoriser la biodiversité.

Mais voici le portait de la Belette tel qu'il a été croqué par le papa du naturaliste sous la houlette de son fiston plein de talent.
Si la description de notre spécialiste en comparaison anatomique était de toute première qualité, il faut avouer, hélas, que nous ne pouvons pas en dire autant du dessin (la belette, c'est le truc au milieu qui a deux pattes, une bouche, un oeil et une sorte de bigoudi sur la tête).

Pour le gouvernement, la belette est nuisible et les banquiers doivent être sauvés.
Dans une ferme de Bretagne, on pense tout le contraire !

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