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Le Conseil des Présidents


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mardi 14 janvier 2014

Épisode 9 : Le fantôme de l'Élysée

Résumé des épisodes précédents : Durant une bonne partie de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a fait des cauchemars lorsqu'il dormait à l'Élysée. Au cours de ceux-ci, il se retrouvait autour d'une table, avec tous ses prédécesseurs à la Présidence, dans un Conseil des Présidents qui permettait au Général de Gaulle d'exprimer ses pensées sur la situation politique d'alors et d'exposer les solutions qui permettraient de sortir de la crise.

Nous sommes dans la chambre de François Hollande.
Bien bordé dans son lit, coiffé d'un bonnet de nuit rouge, notre président semble plongé dans un sommeil agité.

François Hollande - Mais où suis-je ? C'est un cauchemar ? Je veux faire de beaux rêves moi ... avec des demoiselles dedans ... des actrices ... pas une journaliste ! Nonnn ! Pas des vieux ! ... Pas de cauchemar ! Des actrices ... que des actrices ...

Charles de Gaulle - Allez la Hollande ! On se réveille. Et que ça saute !

FH - Mais ... mais de quel droit réveillez-vous le Président ?

CdG - Fermez-la donc Flamand rose ! Ici et maintenant, le Président et le Droit, c'est moi ! Et je ne vous réveille pas ! Je vous contrôle ; dans votre sommeil ; pour désormais hanter vos nuits.

FH - Mais ... mais qu'est ce qui vous prend ?

Jacques Chirac - Salut corrézien ! T V A bien ?

FH - Oui ... euh ... merci Monsieur le Président. Je viens de l'augmenter. Vous savez ... j'ai toujours été un grand spécialiste de la fiscalité.

CdG - Dites donc Hollande ! Vous vous prenez pour qui ? Jamais un Président n'aura autant pris les Français pour des idiots. En matière de mensonge, mis à part Mitt'rand, vous surclassez tout le monde à cette table.

François Mitt'rand - Pfffff ! C'est petit.

FH - Euuuhh ! Je ne comprends pas. Non, ...

CdG - Que vous ne compreniez pas, je l'ai compris ! je vous rassure. Il est probable d'ailleurs que vous ne comprendrez jamais rien, le drame est là ! Comment donc expliqueriez-vous, alors que vous avez assuré à la France toute entière, le cœur sur la main, que "votre ennemi, c'est la finance", votre empressement à protéger et avantager cette dernière depuis votre prise de fonction.

FH - Mais j'essaie de faire mon devoir ...

CdG - Souffrez dès lors que je fasse le miens, misérable bonimenteur, en m'invitant dans vos rêves afin d'essayer de vous faire revenir à la raison. Sarko vous a qualifié de menteur la nuit de notre première rencontre. Il apparaît maintenant que le mot était un doux euphémisme. Vous êtes en fait un monumental menteur ! et, par là, indigne de la charge que les Françaises et Français vous ont confiée. Vous êtes un traitre. Vous méritez la destitution.

FH - Mais je compte bien ... moi ... rester Président jusqu'en 2017. C'est important ... Président.

FM - Bien dit mon petit François ! Je vois que tu es, tout comme je le fus, "pour le respect des mandats".

CdG - Mitt'rand ! Vous nous rappelez par votre brillante intervention que vous fûtes surtout un coquin sans honneur, ce qu'atteste, sans discussion aucune, votre vie passée à chercher le sens du vent.
Pour en revenir à vous l'Orange, je me dois de constater que, depuis mai 2012, les signes prouvant votre asservissement à la finance ne manquent pas. Cependant, avec le coup de l'Article 60 du dernier projet de loi de finance ( http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl1395.asp ), vous dépasser les bornes ! Comment osez-vous absoudre DEXIA du délit dont elle s'est rendue coupable, consistant à escroquer des centaines d'institutions et collectivités locales françaises.

FH - Mais ça, c'est pas moi ! C'est Mosco !

JC - Fayot !

CdG - Et bien dans ce cas, c'est pire ! Qui est le Président bon sang ?

JC - C'est pas moi ? Ou alors peut-être que c'est Bernadette ! Faut en fait que je demande à Claude.

CdG - Chirac ! cela ne vous dérangerez pas de vous lancer dans une petite sieste ?

JC - Bonne idée mon Colonel ! Mais avant, je prendrais bien une Corrona et une tête de veau.

CdG - Mais tout cela vient de vous être servi mon brave.

JC - Ah oui ! Alors je vais faire la sieste !

CdG - Ne vous gênez surtout pas.

JC - Ronn ... Ronn ... Ronn ...

CdG - Alors Hollande ! Pourquoi ne virez-vous pas ce Moscovici ? ancien membre d'un vague cercle néolibéral. D'ailleurs, son propre père, un des fondateurs de l'écologie politique en France, ne doit pas être très fier de son rejeton devenu lobbyiste pour les grandes entreprises financiarisées.

FH - Vous me dites de me défaire d'un ministre ... important pour le gouvernement. Je vais y réfléchir et ensuite ... peut-être, éventuellement ... je n'ai pas encore décidé ... je trancherai, pour savoir si je prendrai une décision qui, il faut l'avouer, sera importante pour l'avenir de notre beau Pays.

CdG - Dites moi Leerdamer, vous nous avez dit quelque chose là ? Parce qu'à ce qu'il me semble, si j'ai bien entendu des sons, ils sont seulement le bruit du vide sémantique.

FH - Ben, j'ai dit ce que me dit de dire mon conseiller en communication ... un ancien journaliste, un certain Terraillon, je crois.

JC - Ronn ... Ronn ... Balance ... Ronn

CdG - Si vous pesiez vos paroles vous vous rendriez compte qu'il vous en a fait assez dire. Il n'y a vraiment rien à attendre de vous. Je suis consterné. Enfin, heureusement ! le fils de Debré a retoqué votre scandaleux article 60. Donc, Mimolette, j'espère que vous avez compris que vous ne devez plus tenter d'attenter aux intérêts des Françaises et des Français.

FH - Je vais essayer de le comprendre ; en sachant que je n'ai pas beaucoup de temps car, au niveau vie privée, c'est le changement. Mouuuiiii ! Car le changement c'est maintenant ; comme je l'avais promis ; même si cela reste très compliqué et pas simple, parce que ma situation est complexe ... surtout depuis que j'en ai parlé à Valérie !

Valéry Giscard d'Estaing - Vous m'avez parlez de quelque chose ?

CdG - Mais Pompidou ! Dites moi que je rêve ! C'est des clowns !?

Georges Pompidou - Mon Général, je me dois d'intervenir, pour vous suggérer, plutôt que de perdre plus de temps à constater, et reconstater, le minable niveau de nos successeurs, de reprendre, là où vous l'avez laissé, votre exposé des solutions que vous préconisez pour sortir de la crise et ainsi permettre d'assurer un futur à la France.

CdG - Oui ! Cela vaut mieux. Merci Pompidou ! Encore une fois, vous prouvez votre stature de véritable homme d’État, cherchant toujours l'intérêt général, en vous élevant au dessus des basses querelles de personnes et de partis.

GP - Merci mon Général mais je crois plutôt que vous avez tant excité ma curiosité que j'ai hâte de connaître tout votre plan. Vous nous avez parlé de restructuration du paysage, de récifs artificiels, de récupé ...

JC - GNEUHHHH ! PFFFFFF ! PFFFFF ! Il n'est pas confortable ce fauteuil. Tiens ! Vous êtes là Poher ? Quelqu'un est mort ?

VGE - Pas encore mais cela ne saurait tarder.

JC - Ah bon ! Et qui va mourir ? Ah, Flamby ! Dis donc, j'ai cru entendre que t'avais de bons plans gonzesses ces temps-ci. Tu voudrais pas m'emmener sur ton scooter ? J'ai envie et le vit plein de vie !

CdG - Des fous ! Des fous paltoquets ! Et ragotins de surcroît ! Maintenant, démerdez-vous. Je préfère traverser le désert une seconde fois plutôt que de continuer à entendre les crucheries de pareils hommelets.

Le Général, complètement abasourdis par tant de nullités, fait disparaître le Conseil des Présidents.

(À suivre)

samedi 5 mai 2012

Épisode 8 : La fin d'un rêve

Résumé des épisodes précédents : Autour de la table du Conseil des Présidents, petite assemblée cauchemardée par Sarkozy, Charles de Gaulle en est venu à décrire la catastrophe écologique causée par l’économie financiarisée pour, finalement, commencer l'exposé d'un programme économique et de grands travaux d'un nouveau genre. Les autres présidents l'écoutent, parfois ironiques, parfois, passionnés, parfois distraits, parfois intéressés. Quant à Hollande, présent en observateur, il prend des notes.

Jacques Chirac – Pfutss ... uufff ... ronroooonnn ... il a pas fait un AVC et i a pas b c du ciboulot le vieux, avec son IABCÉ nouveau ! Ronronnn ... Ronronnn ...

Charles de Gaulle – Merci Chirac.
Mais je continue.
Un autre grand chantier sera la refonte complète de l'Agriculture !
Bien entendu, la restructuration du paysage par le rétablissement des trames vertes et bleues y contribuera largement. Mais nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin. Les acquis obtenus par une certaine partie de la communauté scientifique, qui tout en restant rigoureuse s'est voulue plus intuitive et expérimentale que théorique, nous montre qu'une agriculture nouvelle est possible.
Des français, comme Rabhi et les Bourguignon, ont grandement contribué à mettre au point certaines de ces façons de cultiver, bénéfiques à la fois pour les sols et notre santé, tandis que des associations se sont attachées à conserver et bonifier des semences adaptées à tous les climats, tout en développant elles aussi des méthodes de traitements et d'amendement écologique.
Il serait idiot de ne pas s'appuyer sur leur savoir pour, d'une part, retrouver dans nos assiettes des produits sains et nourrissants tels que ceux que nous mangions avant 1950 et, d'autre part, nous débarrasser du joug des multinationales empoisonneuses par leurs chimies et qui, en outre, ont établi des monopoles sur le vivant qu'elles n'ont cessé d'appauvrir.
Le temps de la normalisation des produits agricoles est terminé. Nous voulons de nouveau nous régaler des délices de la variété, qui viendra en abondance, puisque l'ONU nous affirme que l'agroécologie généralisée à l'échelle du Globe peut, en seulement 10 ans, doubler la quantité de nourriture produite chaque année.

Francois Hollande – Heuuu ! Vous allez trop vite ; je n’arrive pas à prendre mes notes.

CdG – Le grand chantier suivant sera de mettre en place des circuits courts de récupération de matériaux. Et comprenez tout d'abord que je n'évoque pas le recyclage qui consomme, lui, une énergie folle !
Bien que partout et pour toutes choses nous puissions trouver des objets ou des matériaux pouvant être récupérés, il est un problème qu'il faut résoudre et qui offre un horizon immense pour la récupération : Dans tout le Pays, des décharges sont pleines de terres, de pierres, de métaux. Lorsque techniquement c'est possible, lorsqu'il ne s'y révèle aucune pollution, ce qui imposerait alors d'utiliser des moyens plus importants, cela afin de ne pas exposer les ouvriers, il faut tout ou presque passer au crible, pour trier, à la force des bras, en s'aidant tout de même de petits engins peu puissants pour excaver.
Il y a dans cette mission vitale pour l'humanité, un gisement d'emplois considérables durant la période de transition de 25 années dont je vous ai parlé tout-à-l'heure.
Je veux que ces récupérateurs soient particulièrement bien payés, presque autant que ne le seront les médecins dans la société que j'imagine, à un niveau bien supérieur à celui que nous accorderons aux banquiers tenanciers de nos banques nationalisées.
Parmi les matériaux récupérés, une grande partie, quand il s'agira de terre, pourra être utilisée pour confectionner les merlons nécessaires à la plantation de haies autour des prés et des champs.
Et voyez-vous, cela me fait chaud au cœur de penser qu'un grand nombres de jeunes gens comme ma petite Anne, parfaitement encadrés parce que nous y veillerons, vont pouvoir trouver un emploi reconnu parmi ceux offerts dans ce secteur d'activité, et autant dans celui de la restructuration du paysage. Leur volonté et leur application fera merveille.
Ces travailleurs feront que nous disposeront de nouveau des montagnes de matériaux que la société de consommation a honteusement gaspillés, ou bien alors ils seront de magnifiques planteurs d'arbres, les égaux du Grand Elzéard Bouffier, mon héros.
Mais, je vous l'ai dit, d'autres voies pour la récupération sont à explorer, comme celle par exemple qui consisterait, pour un bâtiment, dès avant sa construction, d'avoir imaginé sa déconstruction, afin que ceux qui s'en chargeront, puissent réutiliser, le plus possible et tels quels, les éléments qui l'auront constitués.
Comme je ne veux pas m'attarder je passe au grand chantier suivant qui est celui de l'économie d'énergie. Il y a en eff ...

Nicolas Sarkozy – Pardon de vous interrompre mais je ne vous ai pas fait venir pour entendre de pareils discours gaulli … gauchistes.

CdG – Sarko, vous êtes un cauchemar pour la France. Vous êtes viré !

NS – Non ! Non ! Pas viré ! Pas viré ! C'est pas juste ! L'autre, il va faire comme moi avec mes amis et pourtant il reste.

CdG – Dehors ! Vous reviendrez à la prochaine séance. Vous ne serez alors plus le Président en exercice. Cela vous calmera peut-être. Dans le cas contraire, il se peut bien que je ne vous accorderai pas le droit de parler tant vous bouillez et explosez d'impolitesse. Bon à rien ! Dehors j'ai dit !

NS – Non ! Non ! Pas viré ! Pas viré !

Carla Bruni, qui s'était levée pour aller aux toilettes, rentre juste dans la chambre quand Nicolas commence à s'agiter.
- Mais qui y a-t-il mon toutou ?

Sarko se réveille en sursaut, bondit hors du lit et, tout nu, sort dans les couloirs de l’Élysée en criant :
- Je suis plus Président ! Je suis plus Président !

(À suivre)

mardi 1 mai 2012

Épisode 7 : Un programme de rêve

Résumé des épisodes précédents : Autour de la table du Conseil des Présidents, petite assemblée cachée au fond des rêves dérangés de Sarkozy, Charles de Gaulle en est venu à décrire la catastrophe écologique causée par l’économie financiarisée. Puis il a affirmé qu’être gaulliste en 2012 c’est avant tout être un écologiste décroissant, cela avant de reprocher au Petit Nicolas de ne pas tenir compte de la finitude de la Terre.

Valéry Giscard d’Estaing – Vous venez de nous confesser vos incompétences et vous vous permettez de donner des leçons.

Charles de Gaulle – Mon pauv’ Valéry, si je n’ai certes pas eu, à mon époque, la vision qu’il fallait pour prévoir l’économie sur le long terme au moins ai-je toujours réussi à faire de justes analyses pour ce qui était des situations qui se sont présentées à la France dans le contexte prévalant entre 58 et 69, en même temps que j’ai su me rendre compte de mes fautes, même si cela n'a été qu’a posteriori.
A contrario, vous, vous n’avez toujours pas compris que tout votre septennat apparaît comme une faute, car tout ce que vous avez décidé l’a été à contre-pied de ce qui aurait du l’être. Par exemple, les deux crises pétrolières, survenues lors de votre mandat, n’ont pas suffit à vous faire comprendre que nous étions rentré dans un monde de raréfaction de cette ressource. Tout comme vos avions renifleurs, vous n’avez rien reniflé !

François Mitt’rand – En tout cas, Monsieur le dictateur permanent, j'avais raison !
En effet, même si tout le monde disait : « Vive de Gaulle !», « Vive de Gaulle !», « Vive de Gaulle ! », j’ai toujours su que c’était Moi le meilleur, Moi le plus cultivé, Moi le plus grand, Moi le plus merveilleux, Moi le plus visionnaire, Moi le plus intelligent, Moi le plus courageux, Moi le plus …

CdG – Vous avez fini, Môssieur le plus ridicule orgueilleux ?

Jacques Chirac – Ronronrr … euch … pchhh … Eh ! Tonton. Reste modeste ! Ou alors, s’il te plait, dans ton auto satisfecit remplace « plus » par « moins » pour faire la description de ta petite personne. Tu seras plus dans le vrai et moins dans le faux. À moins que plus que tout tu veuilles me tenir éveillé.

CdG – Silence ! Tous ! Je n’ai pas fini ! Giscard ! Je ne donne pas des leçons ! J’exhorte ! Je vais même aller jusqu’à dire que j’ordonne.
S’il est un Chef ici, c’est moi ! L’Histoire l’a prouvée.

JC – Ron ronrr … ron ronrr …ron ronrr

CdG – Comprenez bien que si aujourd’hui j’avais été le Président en exercice, compte tenu du peu de ressources naturelles que le Monde recèle encore, j’aurais mis en place un gouvernement hétérodoxe, c’est-à-dire lucide, pour faire sortir la France du paradigme de la croissance. Ceux qui n’ont toujours pas compris que la Décroissance se présente désormais comme la seule voie possible pour l’Humanité ne sont pas aptes à diriger un pays, fût-il seulement de la taille d’une petite commune.

Georges Pompidou – Et qu’auriez vous donné comme consignes à ce gouvernement Mon Général ? C’est cela qui m’intéresse ... et qui, sans doute, nous intéresse tous.

CdG – J’y viens Pompidou.

VGE – Je crois que nous allons bien rire à l’énoncé de ces consignes.

JC – Ah ! ben c’est bien qu’on rigole un peu, parce que je m’emmerde moi.

CdG – Comme je vous l’ai dit dès le début de cette réunion, la nationalisation des Banques reste la première chose à faire, accompagnée d’une interdiction des paris financiers, par l’abrogation de la loi de 1885 portant sur l’exception de jeu.
Mais nous devons aussi, dans le même temps, nationaliser les transports, les télécommunications, ainsi que les secteurs de l’énergie, de la recherche, de l’eau et des déchets.
Enfin, et ce n’est pas le moindre, il nous faut reprendre le contrôle des industries d’armements, qui, si nous laissons faire, auront bientôt mis notre Armée sous tutelle complète. Il n’y aura pas loin alors que des guerres soient déclarées pour seulement contenter des intérêts privés, tels ceux d’un fonds d’investissement qui aurait à la fois en sa possession des usines d’armements et des entreprises de Génie Civil.

GP –Vous avez idée du montant de ces nationalisations Mon Général ?

CdG – Pompidou, veuillez considérer que le prix n’est pas un problème. Pour ce qui est des banques, nous savons que leurs caisses sont vides, ceci faisant qu'elles ne valent donc rien.
Pour le reste, les privatisations, imposées par l'inique OMC, s’étant apparentées à de véritables spoliations conduites par les conglomérats financiers et la plupart des engagements contractuels auxquels ces derniers étaient tenus n’ayant pas été respectés, comme ceux, par exemple, d’assurer le maintien du Service Public ou d’investir dans l’entretien des infrastructures, personne ne pourra nous tenir rigueur d’annuler les contrats et de reprendre ainsi le contrôle de ce que vous avez abandonné aux ploutocrates.

VGE – Il n’y rien de nouveau dans votre programme : c’est le communisme ! communisme qui spolie et maltraite les consommateurs.

CdG – La nouveauté que vous n’imaginez pas Monseigneur le technocrate, j’y arrive.
Elle consiste à abandonner le PIB en tant qu’indicateur de santé économique, car il s’est révélé être une véritable incitation à la destruction de l’environnement, pour instaurer à sa place, l’IABCÉ, l’Indice d’Amélioration Brute du Cadre Écologique.
Ce nouvel indicateur, durant une période prévisible d’environ 25 ans, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que les capacités de résilience de Dame Nature s’expriment, mesurera la création des richesses biologiques et humaines qui seront utiles et utilisables pour le futur.
À ce point de ma présentation, j’insiste sur le fait que substituer l’IABCÉ au PIB change fondamentalement le processus économique et ouvre la voie à un nouveau paradigme, dans lequel la concentration des richesses dans un faible nombre de mains devient difficile, voire impossible.
Dans ce nouveau cadre, fort d’avoir repris les cartes en main par les nationalisations, il nous sera possible de lancer une séries de grands travaux afin de retrouver notre espace ; et quand je dis « retrouver notre espace », bien entendu, je ne parle pas d’aller sur la Lune, et encore moins sur Mars ! comme des hurluberlus pourraient arriver à le penser et le faire croire. Je veux dire seulement que nous devons nous réintégrer dans la biosphère et les cycles du vivant. Nous devons revivre en symbiose avec la Planète ! Abandonner notre statut actuel de parasite tout azimut !

GP – On sent la force dans vos propos Mon Général, mais en quoi consisteraient ces grands travaux ?

FM – Oui ! Tiens, c’est vrai ! De quoi s’agirait-il ?

VGE – Si la réincarnation de Roosevelt voulait bien nous expliquer.

François Hollande – Pas si vite ! Comme je n’ai pas de programme pour ma campagne présidentielle, je vais prendre des notes.

Nicolas Sarkozy – Toi, tu la fermes ou j’te casse. T’as pigé ?

JC – Ronnn …. Psuiiii …. Ronnn … Psuiiii

CdG – Ces grands travaux seront novateurs !
Il n’est pas question en effet de construire des ponts, ni des autoroutes ou des TGV et encore moins des aéroports.
Ces infrastructures, toutes couteuses en argent, énergie et surfaces agricoles perdues à jamais, ne seront plus d’aucune utilité d’ici une dizaine d’années lorsque le pétrole sera hors de prix. Il serait donc idiot, pour ne pas dire stupide et criminel, de réaliser de tels projets.
Ce que nous devons faire, en tout premier lieu, c’est restructurer le paysage et mettre en place des récifs artificiels tout le long de nos cotes. Il faut créer des biotopes, des biotopes et encore des biotopes, tous interconnectés, en une magnifique trame verte et bleue.
Pour cela, des centaines de milliards d’arbres et d’arbustes doivent être plantés sur les pourtours des champs, des millions de mares et de zones humides peuvent être rétablies et des dizaines de millions de caissons de bétons pourront être immergés pour que s’y installent des myriades de poissons.

VGE – Et pourrions-nous savoir à quoi cela servirait-il ?

FM – Des logements sociaux pour les poissons ! C’est assez drôle comme idée. Cela dit, à votre âge, quelques dysfonctionnements cérébraux peuvent s’excuser.

GP – Allons messieurs ! Laissez parler Le Président.

CdG – Giscard et Mitt’rand, vous êtes décidément consternant d’inintelligence.
Réalisés par des centaines de milliers d’ouvriers, dont beaucoup sont chômeurs à l'instant où je vous parle, sous la gouverne de spécialistes du Génie Écologique, avec l’appui et le soutient du Génie Civil, ces aménagements épureront l’air et l’eau, agraderont les sols tout en les protégeant de l’érosion, fourniront pour nos enfants du bois d’œuvre et de chauffe, le tout en constituant des milieux fonctionnels pour la faune et la flore. Enfin, ils seront des puits de carbone, qui devraient pouvoir ralentir un peu le réchauffement climatique, surtout si l’Europe toute entière nous emboite le pas.

NS – Dites ? Vous n’avez pas fini avec toutes vos élucubrations ? J’ai un vrai travail à faire moi. Je suis sérieux moi.

CdG – Si vous m’interrompez encore Sarko, je vous vire.

Toc-Toc !

JC – Entrez !

Alain Poher – Bonjour messieurs.

CdG – Mais qu’est-ce que vous venez foutre ici Poher ?

AP – Et bien mon Général, il me semble que vous venez de dire que vous alliez virer le Président en exercice. Je me présente donc pour le remplacer.

NS – Gloup !

CdG – J’ai dit que je le virerai mais … greugneugneu … mais pas tout de suite.

FH – Et bien voilà ! Maintenant, avec toutes ces interruptions, je ne sais plus ou j’en suis dans mes notes pour mon programme.
Et c’est qui qu’il faut remplacer d’abord ?

JC – C’est le nabot qu’il faut remplacer. Et ne te fais pas de soucis Flamby ! Pour dimanche j’ai dit à Bernadette qui vote pour moi de voter pour toi. Tu es sympathique, tu sais. Et puis t’es de la Corrèze !
Au fait ! Ton pédalo ? Il vole bien ton pédalo ? Avec le Jean Mélenchon qui te pousse au cul ! C’est tout un programme ton bateau à pédales. T’en as de la chance toi ! Il marche au poil le truc de Luc.
Hé ! Un conseil : Vous pacsez pas ! Mariez-vous ! Petits filous !

FM – Je me demande si je n’aurais pas préféré perdre la tête plutôt que la prostate. Il a l’air de bien s’amuser le Chirac.

GP – Allons Messieurs ! Le Président n’a pas terminé son exposé. N’êtes-vous pas impatients de connaître la globalité de son programme ?

JC – Ronnn … Ronnn … Ronnnn … Ronnnn …

CdG – Merci Pompidou. Dans l’intérêt de la France, je continue. Mais sachez Messieurs que vous êtes insupportables. Poher ! Trouvez un siège et veuillez, pour le moment, vous contenter de vous tenir prêt ; et en silence je vous prie.

(À suivre)

samedi 21 avril 2012

Épisode 6 : Un constat cauchemardesque

Résumé des épisodes précédents : Autour de la table du conseil des Présidents, qui n'existe que durant les phases de sommeil de Sarkozy, le général de Gaulle mène les débats en critiquant les politiques de ses successeurs, Chirac perd la boule, Mitt'rand s'amuse, Pompidou admire son prédécesseur, Giscard reste le médiocre et sournois personnage qu'il a toujours été, tandis que Sarko est à la lutte avec Hollande qui s'est invité à la réunion.

Charles de Gaulle – Messieurs, en l’état, à vous voir si minables, il ne reste plus que l’espoir. Alors j’espère !
Peut-être que le destin fera en sorte, comme il arriva qu’il le fît, qu’émerge du Peuple une personne d’exception. Seule cette personne, en chef incontesté, sera alors capable de réussir les réformes salvatrices que vous n’avez pas su faire, tout comme elle sera capable de mener les combats qu’il faut pour recadrer et assujettir la finance.
Hélas, il est à craindre, qu’encore une fois, il faudra attendre que la catastrophe soit établie complètement pour que le pouvoir échoie à ce guide providentiel.

Avant que de vous exposer mon plan, je veux vous rappeler que depuis qu’a commencé ma seconde, et donc définitive, traversée du désert, la Planète a changé. Aujourd’hui, il n’est pas un endroit de notre vaisseau cosmique, tant sur les continents que sur les mers et océans, qui ne subisse les assauts destructeurs de la machine économique devenue folle. Dans les faits, la finance ordonne l’exploitation outrancière des ressources naturelles, les multinationales organisent méthodiquement cette exploitation et, enfin, les Peuples, pris au piège de la mondialisation, se voient contraints d’exécuter ce qui s’avère le saccage systématique de la biosphère, c’est-à-dire que toujours, ils sont obligés de détruire les endroits qui, depuis la Nuit des Temps, leur ont permis de subvenir à leurs besoins les plus vitaux.

Georges Pompidou – Mon Général, je serai admiratif à jamais devant votre génie à résumer en une phrase les choses les plus compliquées.

Jacques Chirac – Ronron – Ronronpfuuuu – Ronronrrr – Fayot.

Nicolas Sarkozy – Et bien moi, j’ai pas compris où il est le résumé. La phrase est trop longue pour un jeune comme moi.

CdG – Pour vous expliquer autrement Sarko, la finance, totalement débridée depuis que les accords de Brettons Wood ont été jetés au pilori, dans une course irraisonnée à la croissance, s’emploie à faire exploiter tout ce qui peut l’être, y compris les êtres humains, sans aucune retenue, sans pitié, sans morale, sans une bribe de conscience du lendemain.
Il en résulte que partout, à perte de vue, tout n’est que gâchis et dévastations, que là où l’économie financiarisée passe, la vie laisse place à la mort, que les pollutions et la misère s’installent, que les humains deviennent des robots individualistes, que l’éducation des enfants n’est plus assurée, que dès lors ces enfants ne peuvent pas devenir des citoyens éclairés, et qu’enfin, la solidarité, l’entraide, la coopération ont disparues de la Société.

Valéry Giscard d’Estaing – Je m’amuse, Monsieur, en constatant que vous êtes désormais contre le progrès. Pourtant, vous l’avez vanté et encouragé sous votre présidence. Vous étiez si fier de la Révolution verte dont vous fûtes un ardent promoteur.
Pour le progrès, vous le savez bien, il a toujours fallu consentir à quelques sacrifices. En récompense, dans tous les cas depuis plus de 50 ans, il ouvre la voie à la consommation et il accorde un pouvoir d’achat aux travailleurs. Ces derniers deviennent ainsi des consommateurs et peuvent enfin vivre heureux.

CdG – Je crois que vous ne comprendrez jamais rien à rien Giscard. Si des citoyens peuvent vivre heureux, des consommateurs ne sont, au mieux, que satisfaits par leurs achats. Vous faites synonymes "croissance" et "progrès". Or, si vous y regardez bien, ces deux mots sont des contraires ! Lisez les ouvrages des objecteurs de croissance pour vous en convaincre.

(Silence)

Maintenant, je me dois de faire mon mea culpa.

(Grand silence)

J'ai compris, depuis presque une trentaine d’années, que lorsque j’étais à la direction du Pays, j’avais avec force, mais bien sûr sans le vouloir, initié des changements qui ont conduit à l’accablement et à la paupérisation du Monde, surtout après les réformes conduites par les anglais et américains au début des années 80. Ainsi, comme le rappelle l’accordéoniste de Clermont, j’ai œuvré à lancer dans notre Pays la Révolution verte qui se révèle être une catastrophe pire que la guerre. Les campagnes de France et d’ailleurs sont devenues des espaces agricolo-industriels sans âme.
Certes, il fallait après le second conflit mondial transformer les productions de guerre en production de paix. Ainsi les chars sont devenus des tracteurs ou des pelles mécaniques, les explosifs furent changés en engrais, les produits chimiques en herbicides et en insecticides. Mais avec le recul, il appert qu’il eut mieux valu restructurer l’industrie de guerre d’une façon radicalement différente, quitte à ce qu’elle en fût démantelée.

J’avoue bien volontiers que je n’ai rien vu venir ; que je n’ai pas voulu croire qu’au Mont Pèlerin se tramait la mise en esclavage du Monde, cela afin de servir la cupidité des financiers, qui dans le genre Humain sont parmi les plus fous qui se puissent trouver.
J’avoue enfin que j’aurais du comprendre que la grandeur réelle d’un pays ne se juge pas à la puissance de son nucléaire, militaire ou civil, surtout que cette énergie, les catastrophes survenues en Ukraine et au Japon nous le prouvent, menace la vie dans sa globalité.
À ce propos Sarkozy, comment se fait-il que vous n’ayez rien saisi de l’ampleur réelle de ce qui se passe à Fukushima ?

NS – Mais ce n’est pas vrai ! Grâce à Anne « Lorgnon » mais surtout à celui que j’ai mis à sa place, j’ai tout vu le problème et en fait c’est pas grave et c’est un problème réglé. D’ailleurs, on en parle plus du tout à la télévision et dans les journaux. Ils sont forts à AREVA, c’est pas croyable.

CdG – Vous êtes décidemment irresponsable et irrécupérable Sarkozy. Mais pour en revenir à mes propos, je tiens à dire que je n’avais pas perçu, c'est la finitude de notre Planète ! Et c’est cela que je me reproche le plus.
Après la guerre, nous n'aurions pas dû choisir de continuer dans la logique de la croissance économique. Alors à vous tous ici, qui tout au long de vos mandats, n’avez cherché qu’à vous réclamer de mes idées, parfois en me singeant littéralement, consciemment ou inconsciemment, j’affirme qu’aujourd’hui, être gaulliste c’est être écologiste, pour ne pas dire objecteur de croissance. C’est pourquoi, j’exhorte le prochain Président, et peu importe qui il sera, à mettre en place, dès son élection, des dispositifs administratifs et fiscaux permettant la naissance d’économies locales et écologiques, interconnectées, qui pourront offrir un avenir à tous les Français.
Ensuite, les Peuples du Monde nous suivront de nouveau !

NS – Je vous pose la question : J’ai cherché à vous imiter ? J’ai jamais payé les factures d’électricité de l’Élysée moi ! Et c’est pas vous qu’avez eu des bracelets en poils d’éléphant ! Ou des montres en or ! Je vais vous le dire comme je le pense : Là où je suis, je fais tout comme je veux. Et le gaullisme, ça commence à bien faire !

CdG – Et l’écologie aussi ! vous l’avez déjà déclaré.
Vous pensez mal Sarkozy ; vous êtes un idiot doublé d'un sagouin. Sachez que tous les écologistes que vous ignorez ou que vous dénigrez sans cesse me font penser à moi lorsque j'étais le seul à annoncer une future guerre dans les années 30. Mais je soutiens ces gens non pas seulement parce que je sais la solitude politique et médiatique dans laquelle ils sont laissés mais parce qu’ils ont raison, que cela vous plaise ou non, tant pour leur critique du capitalisme que pour les solutions qu’ils proposent.
Plus le temps passe, plus je vois la Planète se dégrader.
Depuis que je ne suis plus aux affaires, des travaux ou des ouvrages remarquables sont parus. J’ai ainsi pu lire le rapport Meadows, mais aussi les écrits de grands penseurs, parmi lesquels ceux de Gorz, Roegen, Illich, Rabhi ou Latouche, ou encore ceux d’Ariès. Même si de prime abord ces gens paraissent farfelus, marginaux ou utopistes, ce qu’ils ont annoncé, parfois avec beaucoup d’avance, ou ce qu’ils ont écrit, se révèle conforme à la réalité d'aujourd’hui.
Dès lors j’affirme que c’est eux qu’il faut désormais écouter, car ils ancrent leurs réflexions dans le réel, et non plus les vagues experts de la non-science économique qui errent dans d’improbables univers, dont on ne sait où ils se situent mais dont on est certain qu’ils n’existent pas.
Grâce à l’écologie j’ai désormais une certaine idée du Monde ! La France atomique, avec le recul, c’était et cela reste et restera une connerie. Si moi, Général de Gaulle, je n’ai pas su comprendre en mon temps que le Monde avait des limites, il est impardonnable que le Président d’aujourd’hui n’agisse pas en considérant complètement la finitude de notre Planète.

JC – Ronrrrr ronnnn …. Elle a un beau cul la Marguerite ! Ronrrrr ronnnn, Ronrrrr ronnnn … et la Chloé de Pierrot aussi …. Ronrrrr ronrrrr

(À suivre)

mardi 13 mars 2012

Épisode 5 : Le cauchemar recommence

Résumé des épisodes précédents : Dans un cauchemar, Nicolas Sarkozy se voit autour d’une table avec tous ses prédécesseurs à la présidence. Il fait profil bas alors que le Président de Gaulle ne cesse de le ridiculiser. Mais arrive François Hollande, qui finalement s’assoie à la table du Conseil. Horrifié, Nicolas se réveille en sursaut et lorsqu’il demande à son épouse de l’aider (il le demande d’ailleurs à tous ses électeurs ces temps-ci), celle-ci lui répond que ce n’est pas sa petite voix qui changera le résultat de l’élection.

- Mais enfin Carlita, je te demande pas de chanter. Je voudrais juste que tu dises à tous tes amis artistes que François Hollande est un voyou et qu’il ne faut donc pas voter pour lui.

- Bon d’accord mon Moumou ! Je leur dirai. Mais maintenant il faut dormir. J’ai très sommeil.

- Ah bon ! Mais quelle heure est-il ma chérie ?

- 02H00 Nounou.

- 02H00 ! 02H00 ! C’est pas possible !? Si je me rendors maintenant, le cauchemar va recommencer, c’est sûr !

Carla a déjà sombré, son pouce bien callé dans la bouche. Dès lors, Nicolas n’a plus qu’à éteindre la lumière. Allongé contre son épouse, il regarde le plafond dont les moulures semblent bouger, balayées qu’elles sont par les ombres pénétrant par les fenêtres, les branches des grands arbres du parc étant doucement ondées par de petits souffles de vent.

Nicolas se rendort finalement, car il est fatigué. En effet, sa fille « ne fait pas encore ses nuits » et tous les jours il s’attèle à la corvée du biberon de 04H00 du matin. Et ce qu’il craignait se produit : il réapparaît dans son cauchemar, à la table du Conseil des Présidents !

Charles de Gaulle – Alors comme ça Sarko, vous êtes un déserteur !

Nicolas Sarkozy – Mais Hollande est là aussi maintenant ?

Jacques Chirac – Et avec votre esprit.

François Mitt’rand – Aaaamen. Que c’est drôle ! Mon Dieu … pardon ! Mon Moi que c’est drôle !

François Hollande – Y en a qui disent que je ne devrais pas être là. Je dis : ils ont tort ! Je reste là en observation.

FM – En observateur, imbécile.

FH – Oui ! C’est ça ! Dieu François. En otserbaveur. Non ! En obversateur ! Mheuu.

NS – Mais Président-chef ! Vous lui permettez de rester ? C’est un dangereux terroriste de la politique, vous savez. Et puis c'est un énorme menteur aussi. Et puis il n’est pas Président, lui !

CdG – Parce que Sarko vous croyez vraiment que vous en êtes un ! Avec votre façon de distribuer le pouvoir à vos riches amis ! Hollande n’est rien de plus qu’un arriviste, qui comme vous fait les yeux doux à la finance. Alors au point où nous en sommes ; un crétin-arriviste de plus ou de moins, la belle affaire !

NS – C’est pas juste ! Il faut s’en débarrasser ; au Kärcher s’il le faut. C’est un individu dangereux qui veut voler de l’argent à tous mes amis. Alors je vous pose la question : Vous pensez vrai …

CdG – La ferme Sarko ! Gardez votre rhétorique pour vos agitations médiatico-télévisuelles. Et sachez que, vos amis, j’attends avec impatience qu’ils se retrouvent dans l’au-delà pour que je puisse les faire passer par les armes.

FH – Vous dites Monsieur qu’il faudrait me kärchériser. Je dis que c’est …

CdG – La ferme « Pays-Bas » ! Un observateur, ça ne cause pas !

Georges Pompidou – Mais Monsieur le Président. Vous me semblez énervé et découragé. Et si hélas tel était le cas, cela vous empêcherait-il de nous expliquer ce que vous feriez si vous étiez le Président en exercice ? Dès le début de ce Conseil, vous nous avez dit qu’il fallait arrêter les banquiers et nationaliser les banques. Mais après ? Peut-être que si vous nous exposiez votre plan, l’actuel Président pourrait commencer à le mettre en pratique et le prochain Président, ici présent lui aussi, se chargerait d’en continuer la mise en œuvre.

NS – Gloups !

FH – Y en a qui dise que je serai Président. Je dis : Merci ! Je suis d’accord !

CdG – Mais vous allez la fermer « la platitude » ! Pompidou, je ne suis en rien découragé. Je ressens seulement une profonde tristesse pour la France qui ne méritait pas d’aussi mauvais hommes d’État. Qui de fait n'en sont pas. Mais regardez-les donc !
Tant que nous ne nous libèrerons pas du carcan qu’imposent les partis politiques, nous assisterons à de pareils spectacles, toujours plus ridicule et vide de sens. Et les Français n’auront d’autre choix que de voter, soit pour un crétin, soit pour une hystérique, soit, et c’est pire, pour un fou, ou alors pour un étalon sur-hormoné. Quant aux banquiers, ils resteront les maîtres, se chargeant de mettre en scène, voire de financer, cette mascarade, juste pour laisser croire au Peuple que la démocratie est toujours en vigueur.

JC – Putain ! On se fait chier ici. Vous ne trouvez pas ? Y en a pas un qui voudrait aller au Salon ? J’ai une de ces envies de bouffer du saucisson, de descendre un bon pinard de vigneron et de taper sur le cul des vaches moi.

CdG – Mon Pauvre Chirac ! Vous voilà devenu comique croupier.

JC – Mais ! Mais il fautt aussi que j’aille me reposer.

CdG – Et en plus, vous recouvrez vos esprits ! Cela faisait bien longtemps que vous n’aviez eu une parole sensée.

Chirac s’assoupit dans son fauteuil.

JC – Ronrrrr ronnnn, Ronrrrr ronnnn, Ronrrrr ronnnn …

CdG – Ce n’est plus un Conseil ! C’est l’Hospice !

Enfin bon ! Nous n’avons que trop perdu de temps. Si certains d’entre vous sont encore capables de comprendre, qu’ils m’écoutent. Et que ceux qui n’ont jamais rien compris fassent de même. Peut-être qu’un miracle se produira et qu’alors ils pourront saisir tout le sens de mes propos.
Messieurs ! Je crois que si le programme que je vais vous exposer est mis en application, la France sera sauvée et, qu’en outre, elle redeviendra un phare puissant éclairant les esprits du Monde, comme au temps des Lumières. Mais bien entendu, seul un vrai Président sera en mesure de mener à bien un tel programme. Ce Président devra être fort et grand.

NS – Moi, je suis un vrai et un grand président.

FH – Oui, c’est vrai ! Nous sommes de grands et vrais présidents.

FM – Imbécile ! Pas vous ! Toi !
Enfin. Surtout Moi !

CdG – Pitoyable ! Il ne s’en trouve pas un pour rattraper l’autre.

(À suivre)

mercredi 29 février 2012

Épisode 4 : Cauchemar hollandais

Résumé des épisodes précédents : Une nuit, Nicolas Sarkozy fait un mauvais rêve dans lequel il se retrouve en Conseil avec ses prédécesseurs à l’Élysée. Le Général de Gaulle, qui mène le débat, a affirmé que les banquiers étant un danger pour la France et la stabilité du Monde il faut nationaliser les banques. Il a donc copieusement engueulé le petit "Nico" pour sa façon d’être président. D’ailleurs, tous en ont pris pour leur grade.

Charles de Gaulle – Maintenant que vous savez que les banquiers sont de réels ennemis pour la France et les Peuples en général, Pompidou, je vais vous dire quelle faute impardonnable fut commise sous votre présidence. Le 3 janvier 1973, une loi scélérate a été votée par le Parlement. Peut-être n’en avez-vous pas le souvenir mais voyez-vous Pompidou, je ne doute pas une seconde que votre successeur, lui, s’en souvient. N’est-ce pas Giscard ?

Georges Pompidou – Je suis désolé Mon Général, je n’ai pas le souvenir de cette loi, effectivement.

(Petit silence)

CdG – Alors Giscard ? Vous restez coi ?

Valéry Giscard d'Estaing – Je m’en souviens bien sûr ! Il s’agit de ma meilleure loi. En la faisant voter – j’étais alors un brillant Ministre des finances, adulé et admiré par la gent féminine, je tiens à le préciser - j’ai fait en sorte que notre pays soit mieux géré grâce à l’obligation qui lui est faite depuis d’emprunter à des banques privées, avec intérêts, au lieu de s’emprunter directement à lui-même, sans intérêt.

CdG – Giscard, vous êtes définitivement un con sans intérêt ! Et vous êtes aussi un traître envers la France et son Peuple ! Vous qui avez toujours une si haute estime de vous-même, en présentant cette loi, rédigée vraisemblablement au Mont Pèlerin, vous vous êtes fait le valet de la finance mondiale. D’ailleurs, le mot « valet » est faible. « Vil serviteur » serait plus approprié. De fait, vous resterez dans l’Histoire comme le domestique à particule de la ploutocratie et comme celui qui a mis les Françaises et les Français en esclavage.

VGE – Je ne vous permets pas de m’insulter ! Votre arrogance est toujours la même. Je suis, vous semblez l’ignorer, de ceux dont la brillance de l’intelligence ne peut être contestée.

CdG – Il suffit le suffisant ! Je vous insulte car il ne peut en être autrement. Et sachez qu’à une époque pas si lointaine, la trahison, c’était la mort.

François Mitt’rand – Heureusement, je suis passé par là ! Cher Valéry, je crois bien que je vous ai sauvé d’un funeste destin. Heuheuheu ! J’aime la langue ... et, surtout, mes bons mots.

Jacques Chirac – Mais oui François ! Tu es très gentil ! Et t’es aussi passé par Vichy, l’Algérie, Ouvéa et le Rwanda et, partout, tu as sauvé tout le monde. On le sait tous, tu sais. Je n’oublie pas encore tout, tu vois. Au fait ! Tu te souviens de la cinquantaine d’algériens que tu as fait raccourcir sur l’échafaud quand tu étais ministre de la justice.

FM – Mais qu’est-ce que vous dites ? Espèce de malotru !

CdG – J’ai dit : il suffit ! Vous, Sarko ! Vous allez, sans plus attendre, faire abroger cette loi perfide qui appauvrit notre Pays. En faisant cela, vos cinq ans auront au moins servi à quelque chose.

VGE – C’est ridicule. Sans cette loi ce serait la ruine complète.

CdG – Vous radotez Giscard. Je ne me suis pas encore mis en colère mais je pourrais bien me résoudre à le faire. Quant à vous Sarko, m'avez-vous bien compris ?

Nicolas Sarkozy – Et bien je vais voir avec mes amis s’ils sont d’accord et puis … et puis d’abord c’est comment qu’on fait pour abroger une loi ? Dans le cas où ils seraient d’accord !

CdG – Je vous ai dit de vous taire, bande de crétins ! Enfin, pas vous Pompidou !

JC – Et Charlot ! J’ai rien dit moi. Mais j’ai un truc à dire quand même, tu vois, parce que je commence à être fatigué de tout ce bordel. Alors les gonzesses !?! Elles sont où les gonzesses ? C’est que j’ai envie de jupettes moi ! Il y a trop de mecs par ici.

CdG – Chirac ! Ici, ce n’est pas le lupanar bling-bling qu’est devenue la Présidence depuis Giscard. Enfin, bon ! J’ai constaté que la vieillesse est un naufrage mais chez vous c’est plutôt une déliquescence cérébrale. Vous à l’Élysée, il était temps que cela se termine. Et je dirais presque de même au présent, pour ce qui concerne votre personne.

JC – Ah ! Merci mon brave. Vous êtes bien aimable. Je sentais que vous étiez un type bien. Mais une question me vient : vous faites quoi dans la vie gentil vieillard ?

GP – Le pauvre homme ! Il perd la tête. C’est triste. Sinon, vous savez Monsieur le Président, cette loi de 1973, ce n’était vraisemblablement pas mon initiative.

CdG – Je le sais Pompidou. Lorsqu’elle fut votée, la maladie vous affaiblissait déjà. Cependant je vous en veux tout de même parce que j’aurais aimé que, vous sentant malade, vous démissionnassiez, après avoir organisé au mieux votre succession. Poher, Chaban et même Debré auraient pu être élus à votre suite. Que vous n’ayez pas agi ainsi vous rend fautif car, malade et fatigué, vous êtes devenu une proie facile pour les financiers et leurs finasseries. Ces gens et leurs serviteurs sont à l’affut tout le temps de la moindre faiblesse. Le néo-noble ici présent a profité de la vôtre.

VGE – Espèce d’archéo-noble !

CdG – Silence ! le traître. D’ailleurs Pompidou, je peux vous confier que, moi-même, lorsqu’on m’a conseillé Rueff pour mener le redressement économique de la France en 58, je me suis un peu fait avoir. J’en voulais un autre mais ma faiblesse à ce moment consista à ne pas insister pour que, in fine, j’imposasse mon choix. En fait, j’ai voulu montrer qu’il n’était pas question qu’à 68 ans j’entamasse une carrière de dictateur, quand bien même cela aurait été dans le but d'interdire à un loup potentiel d’entrer dans la bergerie.

Toc ! Toc ! Toc !

CdG – Entrez !

François Hollande ouvre la porte et entre.

François Hollande – J’arrive. Veuillez excuser mon retard.

CdG – Mais ! En vertu de quel droit ? Dehors !

Hollande sort précipitamment.

NS – Gloups !

CdG – Ce n’est pas possible ! Un hollandais à la tête de la France ! Avec vous Sarko, on aura tout vu !

NS – Gloups ! Gloups !

FM – Sans compter qu’il est socialiste – ce qu’il n’est pas en réalité bien sûr ! et heureusement ; quelle idée aurait-il de l’être ? – mais voyez-vous, et c’est là qu’est votre inconséquence Sarkozy, à cause de vous il va y avoir un deuxième président socialiste. Pour moi c’est un drame personnel terrible ! En effet, le peuple de gauche va en avoir fini avec le monothéisme. Je ne serai plus Dieu !

CdG – C’est fini Narcisse ?

FM – Oui. Sniff ! Mais je devais le dire. Sniff !

CdG – Quand je pense Sarko que vous avez le toupet de vous représenter en en appelant à votre devoir de ne pas quitter le navire en difficulté. Vous n’avez jamais été aux commandes ! Ce sont les banquiers qui commandent ! Et vous n’avez, à aucun moment, fait un seul geste pour tenter de reprendre la barre. Votre quinquennat est un désastre ; une perte de temps qui pourrait bien s’avérer fatale pour la Civilisation. Des gens comme vous, Môssieur, il y en a plein les partis politicards, et autant que des chiures de mouches autour d’une fosse à lisier. N’importe quel citoyen, pris au hasard parmi les français, assumerait mieux que vous la fonction suprême. Je crois de plus en plus, qu’il eût mieux valu, en fait, que je fusse le seul à être élu au suffrage universel, car finalement moi seul le méritais. Pour mes successeurs, j’aurais dû faire en sorte qu’ils fussent tous désignés par tirage au sort au sein des listes électorales. La vérité est que je me suis fait trop d’illusions sur la valeur réelle des Hommes. Ainsi Sarko ! au lieu de vous représenter, vous auriez mieux fait de dire au revoir aux français, un « au revoir » du genre de celui, ridicule et pitoyable, annoncé à la télévision par le politico-technicien emparticulé du Puy-de-Dôme.

VGE – Si vous continuez, je vais … je vais le dire à Anne-Eymone.

JC – Fayot ! Toyaf ! Whouaff ! Whouaff ! Elle était bonne, dis ? ladidi pipi.

VGE – Je suis bien aise de constater, en vous voyant ainsi, que c’est vous, Monsieur mon Premier Ministre, qui dégazonnez ; et non moi, comme vous osiez l’affirmer tout-à-l’heure.

CdG – À la tournure que prend cette réunion, mon cher Pompidou, je puis affirmer qu’il y a plus valétudinaire que vous.

Toc-Toc !

JC – Toc-Toc ! Toc-Toc ! Toqué d’à côté. ENTREZ !

La porte s’entre-ouvre et la tête d’Hollande réapparaît.

FH – Y en a qui disent que je dois sortir. Je dis : Je ne suis pas d’accord !

NS – NON ! NOONNNNN ! Pas lui ! Pas luuiiii !! Pas Lui ! Pas ce type !

L’actuel président se réveille, en sueur, Carla à ses côtés, toute affolée.

- Mais qu’est ce qu’il y a mon Joujou ?

- Il voulait s’asseoir avec nous ; les Présidents ; c’était affreux !

- Mais tu rêvais Koukou. Qui voulait s’asseoir ?

- Hollande ! Hollande ! Il veut mon trône ; enfin mon fauteuil dans le bureau ovale ; enfin, non ; enfin, tu sais bien ! il veut être le Président à ma place. Dis ? Tu vas m’aider pas vrai ? Tu vas pas le laisser faire ! hein ?

- Tu sais mon Loulou, ce n’est pas ma petite voix qui va faire changer quelque chose à l’élection.

(À suivre)

mercredi 5 janvier 2011

Épisode 3 : Le cauchemar continue

Résumé des épisodes précédents (1) et (2) :
Toutes les nuits, Sarkozy fait un cauchemar dans lequel l'économie s'effondre en brisant sa petite vie.
Pourtant, un soir, alors qu'il vient de s'endormir, il se retrouve dans un rêve qui commence bien : assis à une table avec tous ses prédécesseurs de la Vème République, il a l'occasion de pouvoir leur demander des conseils qui pourraient lui permettre de résoudre les problèmes qui se présentent à la France.
Hélas pour lui, son rêve devient cauchemar : Il reçoit une leçon de morale de la part de de Gaulle qui s'est "seulement" contenté de tancer les autres.

Charles de Gaulle  - Je disais donc qu'il faut nationaliser les banques.

François Mitt'rand - Et bien moi, moi, je l'ai déjà faite la nationalisation des banques et j'ai eu raison. J'ai été visionnaire sur cette affaire et ce n'est pas l'Histoire qui le contredira. Mais la droite a ensuite détruit mon chef d'œuvre. C'est pour cette raison que la crise est arrivée.

CdG - Allons Monsieur ! Un peu de modestie ! Vous ne fûtes ni ne serez jamais un Deus ex machina providentiel. S'il est vrai, Mitt'rand, que vous avez, au début de votre "quatorzaine" (*), acheté tous les établissements financiers de la Place de Paris, il est malvenu de vous en glorifier car vous l'avez fait en ruinant la France. Votre action n'avait pour moteur que l'idéologie et nullement la nécessité. Je vous rappelle qu'à cette époque la libre circulation des capitaux n'était pas autorisée ; et le fait que vous l'ayez légalisée au début de 1986, bien après "vos" nationalisations coûteuses et alors inutiles, constitue une des nombreuses preuves de votre incompétence et incohérence dans la gouvernance.

Jacques Chirac - Putain ! C'est vrai !
Quand je suis arrivé à Matignon en mars 86, j'ai hérité d'une escadrille d'emmerdements à cause de cette loi !
La dette n'avait plus que la possibilité d'augmenter !
Les marchés nous croquaient la richesse plus vite qu'on l'imposait ; et c'est un tour de force quand on connait le pouvoir de pompage que les acharnés du fisc développent à l'égard de l'oseille !
Tu sais quoi Tonton ? Entre 81 et 86, t'as fait museau devant les "ricains" et les "rosbifs" ! Tu aurais du leur dire merde avec une grande majuscule, aux deux dérangés des neurones. La perfide Thatcher et le rigolo cow-boy d'Hollywood, fallait les bouffer !
Au lieu de cela tu as baissé ton froc et joué tes rôles favoris : la girouette toujours dans le vent et les 40 voleurs d'Ali Baba.

CdG - Vous voyez Chirac que vous pouvez être sérieux quand vous le voulez ! Mais j'ai tout de même un peu de mal avec votre vocabulaire de charretier. Mon côté vieille France sans doute.
Cela dit, de nos jours, il semble qu'il faille faire du spectacle à grand renfort de grossièretés plutôt que de la politique, n'est ce pas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy - C'est vrai Président ... Général ? ... Euh ! de Gaulle ?

JC - Eh NicoS ! Faut pas faire ton timide comme ça ! T'es malade ? ou alors c'est "Charlie Golf" (**) qui te la coupe vraiment ?
Ce n'est tout de même pas un présentateur télé comme toi qui va bouffer sa langue !

NS - Lâche moi ! Pauv' con !

JC - Wouaf, wouaf ! Il est mignon le roquet !

CdG - Quel beau français Monsieur ! Enfin ! il est trop tard pour réussir à changer vos manières.
Ce que vous avez perdu de vu Sarkozy, c'est que le droit absolu du Peuple est de manger à sa faim ; et si vous le privez d'éducation, comme c'est le cas depuis 25 ans, en plus du "pain", il exigera des "jeux".
Or, si vous êtes parfait pour faire du cirque à la télévision - ce qui pourrait bien, au final, me ressusciter de colère tant vous attentez à l'image de Chef de l'État - vous vous révélez incapable de fournir l'indispensable pain à l'ensemble du Peuple. Ce dernier s'est considérablement appauvrit durant les trois premières années de votre mandat et le nombre de miséreux ne cesse d'augmenter. Avez-vous une explication à cet échec ?

NS - Ben ! C'est la crise ?!?! C'est dur, vous savez. Et puis il y a l'Europe. 

CdG - Laissez donc l'Europe où elle est pour l'instant !
La crise, quant à elle, n'est pas une excuse ! d'autant que le système est maintenant façonné pour générer des crises, si bien qu'il faut s'attendre à des crises ; qui sont donc prévisibles !
D'ailleurs, j'ai ouïe dire qu'un certain Jorion, un Belge francophone, qui aime notre Pays, avait su prévoir et décrire bien longtemps à l'avance celle qui sévit actuellement. Cet anthropologue dit aussi que la crise n'est pas finie. Faites-vous cas de son analyse ?
Ensuite, Sarko, je vous ai parlé tout à l'heure du Rapport Meadows, qui lui aussi prévoyait, dès 1972, de mauvaises années à partir de 2010-2015. Avez-vous lu ce rapport ?
Enfin, du courrier parvient toujours, j'en suis sûr, à votre adresse ! Il doit bien se trouver parmi toutes les lettres qui vous arrivent, celles d'associations ou celles de quelques citoyens, éclairés ou préoccupés, qui vous font part de ce qu'ils constatent sur le terrain. Ces gens savent bien souvent faire état d'une situation, bien mieux qu'un énarque ne peut le faire assis à son bureau.
Je vous pose donc les questions suivantes : Allez-vous sur le terrain ? Êtes-vous soucieux et proche du Peuple ? Lisez-vous tout votre courrier et y répondez-vous ? Avez-vous les meilleurs conseillers ?
Voyez-vous Sarkozy, si à une seule de ces questions, vous répondez "non", alors vous êtes un mauvais Président.

NS - Ben, je me les ai jamais posées ces questions.

CdG - Alors Monsieur concluez ce que vous voulez mais je sais, moi, que nous ne figurons pas dans la même catégorie de personnalités politiques !

Valéry Giscard d'Estaing - Cher Nicolas, vous auriez dû faire comme moi ! Durant mes années à l'Élysée, je m'invitais chez des français ordinaires. Je trouvais cela très pittoresque. Anne-Eymone trouvait cela ennuyeux ; mais moi pas du tout ! J'étais fasciné. Ce côté simple qu'ils ont ; pas du tout raffiné.
J'étais aussi très intéressé par les pantoufles des français. Voyez-vous, je ...

JC - Eh ! L'atomiste ! Tu ne dégazonnerais pas des fois ? Faut pendre des bains de pieds ; ça pourrait te faire du bien à la tête.

VGE - Je ne vous permets pas Monsieur ! Si je n'avais pas le sens du devoir, je vous dirais bien ...je vous dirais bien : "au revoir".

JC - Du moment que tu nous fous la paix, si ça te chante tu peux même nous dire adieu.

FM - À Dieu quoi ? Dieu vous écoute. Qu'est-ce que vous voulez me dire ?

CDG - Décidément Messieurs, vous êtes au zéro absolu de la politique. Enfin ! Peut-être pas vous Pompidou. Mais peut-être n'est-ce qu'une impression dû à votre discrétion jusqu'à présent ?!

GP - Ma discrétion ?! Je crois qu'elle provient du fait que lorsque vous parlez mon Général, ce que vous dites est tellement vrai, tellement grand, que je ne trouve rien à redire.
Ou alors, c'est à cause de l'angoisse causée par le reproche que vous m'avez fait tout à l'heure ; car je ne vois toujours pas quelle faute j'ai bien pu commettre en 1973.

JC - Tu fayotes toujours, toi ! hein ?

CdG - Vous le verrez bientôt Pompidou ! Le moment n'est pas encore venu de vous dire en quoi consista votre faute. Et puis reprenons ! Nous nous dispersons !
Il faut donc nationaliser les banques disais-je. L'action en ce sens, avec toute la surprise que nous pourrons, est la seule chance qui reste pour sortir de l'impasse dans laquelle nous sommes engagés.

VGE - Si je puis me permettre, nous courrons à la catastrophe avec une telle mesure.

CdG - Giscard ! j'ai déjà dit qu'en l'état, c'est déjà le cas : la catastrophe est là ! Toutes les banques sont ruinées et les années qui viennent seront excessivement difficiles à cause d'une rareté du crédit. Et croyez bien que le crédit ne sera pas rare en tant que tel. Il sera simplement rare pour l'économie réelle mais il ne manquera pas à l'économie virtuelle, qui disposera autant qu'elle voudra des largesses des banques centrales. La déflation s'installera, l'économie se dégonflera et la spéculation fera se gonfler des bulles les unes après les autres. Les taux d'intérêts baisseront bien mais, dans un contexte de déclin économique, le ratio dettes-recettes de la France ne pourra qu'augmenter. Il en résultera un endettement pour l'éternité.
Voilà pourquoi je vous certifie que le premier pays qui, sans verser un sou bien sûr ! nationalise ses banques, prend une avance sur tous les autres. Par cette action, sa dette, comparée à celle des autres, n'en apparaîtra que plus sûre tout en redevenant purement nationale et donc possible à contrôler.
La France doit retrouver sa Grandeur ! De par son Histoire, elle a le devoir de montrer la voie et d'être le premier pays à retrouver son indépendance budgétaire, synonyme de liberté.
Sur le plan technique, pour arriver à cette reprise en main, il faut, par décret, interdire toute spéculation sur les marchés.
Vous verrez que les bénéficiaires de la crise, ceux qui vous ont, soit corrompus, soit abusés, ne pourront pas s'empêcher de continuer ces paris financiers, tout forts qu'ils sont de leur impunité passée. Dès lors, le piège pourra se refermer : les patrons des banques, vrais responsables de la déroute économique que nous vivons, pourront être arrêtés et leurs banques nationalisées dans la foulée. En 3 jours l'affaire pourra être pliée.
La finance a déclaré la guerre aux peuples. Les Peuples, et en tout premier lieu celui de la France, ont toute légitimité à vouloir se défendre, avec tous les moyens dont ils disposent et toute l'énergie qui leur reste.
Quant à tous ceux qui cherchent encore à sauver la finance en la maintenant dans sa situation actuelle d'omnipotence, ceux-là sont des collabos. Ils devront être jugés comme tels, dès qu'il se pourra.

(À suivre)

(*) Deux mandats de 7 ans, soit quatorze ans. Référence aux quatorzaines de sangliers dans l'album d'Astérix "Le chaudron".
(**) Charlie pour la lettre C et Golf pour la lettre G dans l'alphabet radio OTAN et OACI, initiales du Général et code d'identification du porte-avion Charles de Gaulle.

mercredi 15 décembre 2010

Épisode 2 : Un cauchemar plein de vérités

Résumé du premier épisode
Nicolas Sarkozy fait des cauchemars toutes les nuits.
Un jour, au début de son sommeil, il se retrouve autour d'une table avec tous ses prédécesseurs de la Vème République.


Charles de Gaulle - Je vous ai convoqués parce que la situation des finances de la France et des Français est au plus mal.
Vous n’êtes pas sans sav…

Nicolas – Euh, oui, bonjour. Sans vouloir vous interrompre ni même vous critiquer, je tiens à dire, comme je le pense, que c’est moi Monsieur qui vous ai demandé de venir tous pour me donner des conseils.

CdG – Qui parle, s’il vous plait ?

Nicolas – Ben, je vais vous le dire ; c’est moi ! le Président de la France, la cinquième puissance mondiale. Et c’est moi qui vous ai demandé de venir, je le répète.

CdG – Mais où êtes vous ? Je ne vous vois pas !

Nicolas – Je suis là, devant vous, dans le fauteuil juste en face du vôtre.

CdG – Ah ! Oui !  Maintenant que sur votre séant vous sautillez comme un cabri je vous aperçois et je constate qu’il vous faut un coussin, manifestement.
Appelez un huissier pour qu’il apporte ce qui convient. On m'avait dit que vous manquiez de grandeur mais je ne m’étais pas douté que c’était à ce point dans le deuxième sens du terme.
Maintenant, je pense qu’il est temps pour vous d’apprendre les bonnes manières. Désormais vous vous tairez lorsque je parlerai et vous ferez de même ensuite d’ailleurs. Vous ne vous exprimerez, si tant est que vous puissiez le faire sans gesticulation aucune, que lorsque je vous inviterai à le faire.
Me suis-je bien fait comprendre ?

Jacques Chirac – Il fait plus le malin maintenant le petit roquet, hein ?

Nicolas – Ben ... oui. Très bien ... Monsieur ... le Général !

CdG - Alors je reprends.
Comme je viens de vous le dire, et j’espère que vous l’avez constaté – je dis "j’espère" car il ne me semble pas évident que ce soit réellement le cas - la situation financière nous fait courir à la catastrophe. Cela résulte d’un enchainement de décisions calamiteuses, pour ne pas dire imbéciles, prises par vous tous lorsque vous occupâtes, à ma suite et chacun successivement, le poste suprême.
J'ai bien dit, tous, car même vous, mon cher Pompidou, vous avez commis une énorme faute au début de 1973.

Georges Pompidou – J'ai pourtant essayé de faire mon devoir vous savez. Mais je ne me suis jamais remis de votre décès. J'avais l'impression d'être veuf !

JC – Fayot !

CdG – Ah ! Chirac. Vous n’avez pas changé depuis vos débuts dans les cabinets de mes gouvernements : toujours comique troupier. Essayez donc de rester sérieux pour une fois.
De cette faute Pompidou, je reparlerai plus tard parce qu'il me semble plus urgent d'évoquer, et cela dès le début de ce Conseil des Présidents, votre manque de vision en 1972, qui fit que vous ne prêtassiez aucune attention au rapport de Monsieur Meadows ; et c’est bien dommage ! Car si vous aviez entendu, comme vous l'auriez dû, les avertissements du Club de Rome cette année là, la situation de la France s’en serait trouvée changée et nous ne serions peut-être pas là où nous en sommes aujourd’hui.
Lorsque j’étais à la tête de l’État, le Monde se reconstruisait après les épreuves douloureuses que vous savez. La conscience écologique n’avait pas encore émergée et, je vous l'avoue, je n'avais pas saisi à quel point les activités économiques dépendent de ce qui s'appelle désormais la biodiversité ; tout comme d'ailleurs, tous les Chefs d'États d’alors, mis à part, sans aucun doute, Sa Majesté le Roi du Bhoutan. Nous étions bien trop préoccupés à nous relever de la guerre. En disant cela, je ne cherche pas d’excuse ! J'affirme seulement que mon erreur, que dis-je ! ma faute ! est là.
Mais maintenant que notre Pays est en paix, considérant l'épuisement des ressources naturelles aujourd'hui évident, je ne doute plus de l'impérieuse nécessité qu’il y a à considérer la question écologique de façon globale, dans l’économie toute entière, c’est-à-dire l’économie à tous ses niveaux.
Cependant, la situation financière, dont je viens de vous dire la gravité, ne permet pas d’orienter la société dans la direction qu’il faudrait.
La finance, à cause de vos négligences et aussi, et surtout, de vos fautes enchainées, s’est emparée du pouvoir et n’est en rien résolue à le rendre, si désastreuse que soit sa santé.
Il faut donc lui reprendre le pouvoir, dussions-nous employer la manière forte, par la toute rigueur de lois et de décrets nouveaux. Je l’ai dit en 1966 lors d'une conférence de presse - vous semblez l’avoir oublié : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille".
La politique de la France, c’est moi qui l’ai conduite lorsque j'étais Président et votre devoir était que vous fissiez de même, chacun à votre tour. Hélas vous ne le fîtes pas. Ainsi Sarkozy, alors que la crise finale s'étend, vous restez passif !
Aussi ma question est la suivante : Vous attendez quoi ?

Nicolas – Euh ! Qu’est-ce que j’attends ?

JC – Ça va chauffer.

CdG – Oui ! Qu’avez-vous l’intention de faire ? Car il est temps d’agir mon brave ! D'entrer dans la bataille ! Et d'écraser l'ennemi !

Nicolas – Ben … j’sais pas moi. En fait c’est pour vous demander ce qu’il faut faire que je vous ai tous fait venir.

CdG – Alors comme ça, jeune homme, vous ne savez pas ! Vous êtes le Président en exercice et vous ne savez pas ! Comprenez que je me retourne dans ma tombe.
Seriez-vous, comme il me vient à le penser, inconséquent et dégoulinant d’incompétence ?

Nicolas – Ben … je ne sais pas. Je me demande …

CdG – Décidément, vous ne savez rien. Les français sont bien des veaux de vous avoir élu.
Il n’est plus temps Monsieur de se demander quoi que ce soit. Sachez-le ! Il n'est que temps de faire mouvement et de frapper.
Et vous autres ! Que feriez vous ?

Silence.

CdG – Personne n’a une idée ? Mon pauvre Pays ! Où donc as-tu fait naufrage ?

Silence.

Valéry Giscard d'Estaing – Moi, j’ai, il ne faut pas s'en étonner, une idée lumineuse.

CdD – Ah ! Enfin ! Dites toujours Giscard.

VGE – Je demanderais au Ministre de l’économie de me remettre un rapport sur la situation. Ensuite je pourrais décider des actions à mener pour obliger la finance à être moins possessive.

CdG – Voyez-vous Giscard, je crains que cela ne suffise. Et à l’évidence, vous demeurez ce que vous fûtes toujours : un parfait homme d’administration, tout dévoué au pouvoir de l'argent !
D’autres idées ?
Chirac ? Non ?
Mitt'rand ? Un proposition ? La 111 ème peut-être ? Remarquez que je vous consulte alors que je sais bien qu'il vous est impossible de trouver une solution aux problèmes du Pays tant il est vrai que par le passé il ne fut pas dans votre nature d’aller contre le vent. Vous me comprenez, n’est-ce pas ?

François Mitt'rand – À vrai dire, Monsieur de Gaulle, je ne vois pas ce dont vous voulez parler.

JC – Collabo ! Voilà ce qu’il veut que tu comprennes.
Quand je pense que t’as eu le toupet de me traiter de colonialiste pour le coup de la grotte d’Ouvéa.

FM – Et bien Monsieur le Premier Ministre, dans les yeux, je vous le redis : vous n'êtes qu'un colonialiste. Wheuu !

JC – Mais au moins, regarde moi ! quand tu dis "dans les yeux" ; pétainiste !

CdG – Cessez ces bisbilles de cour de récréation ! Savez-vous seulement ce qu’est la grandeur ? Faudra-t-il que, toujours, je sois étonné par votre constance dans la médiocrité.
Reprenons. Pompidou ! Une idée ? ... Non pas ! ... Vous aussi !
C’est donc à moi, encore une fois, que revient la lourde tâche de redresser le Pays.
Pauvre de vous. Vous accablez la France par votre vacuité intellectuelle pesante et par l'affairisme qui vous aveugle.
Je vais vous dire ce qu’il faut faire : il faut nationaliser les banques ! Et sans payer bien sûr puisque leurs caisses sont vides, ou plus précisément, seulement pleines de dettes.
Quant à leurs patrons actuels, ils doivent être traduits en justice ; sur le champ ! Qu'ils soient condamnés à faire un choix : celui de travailler à leur poste, gratuitement et sous notre plein contrôle, au service de la France, ou bien d'aller en prison pour le restant de leur vie.

Nicolas – Oui. Mais ça c’est pas possible. Parce que j’ai des amis qui perdraient la liberté et beaucoup d’argent dans cette affaire et …

CdG – Taisez-vous Monsieur ! Au poste qui est le vôtre, vous ne devriez avoir aucun ami. Le défilé de vos courtisans, qui quotidiennement se pressent à l’Élysée, déshonore la fonction de Président et bafoue la République. J’entends que vous mettiez un terme, au plus vite, à ces audiences d’impétrants de tous ordres. Votre cour est scandaleuse et n’est pas celle qui devrait.

(À suivre)         

mercredi 1 décembre 2010

Épisode 1 : Le cauchemar du Président

Si nous, les gens du Peuple, sommes maintenus dans l’ignorance quant au réel état du Monde, il n’en est pas de même de Monsieur Sarkozy.
Depuis qu’il est Président, il est au fait de tous les aspects de la crise, grâce à tous les moyens d'informations dont dispose le pays.
Ainsi, il sait que les tensions sur les marchés des matières premières ne vont pas cesser de s’amplifier et de s’exacerber du fait de leur raréfaction ; il est au courant que la crise énergétique est déjà là et que le nucléaire n’est pas une solution.
Il n’ignore rien des problèmes que vont générer la croissance démographique mondiale, le dérèglement climatique et le manque d’éducation des populations.
Il est au courant que les terres agricoles se raréfient elles aussi, ce qui rendra impossible, très bientôt, d’envisager de nourrir tous les Humains.
Enfin, certains conseillers lui ont expliqué l’invraisemblance du complexe financier mondial propre à créer crise sur crise.
Hélas ! Bien que parfaitement informé de tous ces problèmes, résultant tous des ravages qu'imposent les exigences de la finance, il s’obstine à défendre le système financier parce qu'il persiste à croire qu'il trouvera une solution à tous les maux.

Il faut dire, pour sa défense, qu’il a beaucoup d’amis et que ces derniers lui téléphonent régulièrement ou passent très souvent le voir dans son Palais pour lui faire un petit coucou et l’encourager, parce que son travail est très pénible.
Dans ces occasions, ils en profitent tous pour lui dire tout le bien qu’il y aurait à prendre des « mesures nécessaires » pour mener à bien des réformes qui permettront que très bientôt la situation s’améliore.
En tout cas, toujours très touché par leurs attentions et leurs encouragements, il n'a qu'une hâte : leur faire plaisir.
C’est bien sûr mauvais plaisir de sa part (au sens "louiquatorzien" contraire) mais il les écoute et fait tout selon les théories de ses amis en qui il a toute confiance. Et il s'en réjouit ! Il a en effet constaté que lorsqu’il fait ainsi ses amis sont heureux : ça le comble de joie !

Cependant, depuis quelques temps, parce que de nombreux pays d’Europe sont réduits à des situations de quasi faillite, toujours au moment du coucher, un doute hante l’âme de notre Président et ce doute le poursuit jusque dans son sommeil.
Et oui ! Le bonhomme se pose des questions !
Et pourquoi ?
C'est simple ! je vais vous le dire.
Alors que depuis 2 ans il dit partout que tout va aller mieux, il a bien remarqué que tout va, finalement, de mal en pis.
En outre, quelques uns de ses conseillers - certes les moins considérés ; ceux qu'il reçoit de temps en temps par pure politesse - ont osé lui dire que la crise n’en était qu’à son début, que d'autres tempêtes arrivent d'ici peu.
Bien sur il n’a jamais voulu entendre ces Cassandres puisque ses amis lui ont bien affirmé que ces gens ne comprennent rien.
Mais, quand même !
Si le jour tout va bien, le soir venu, tout cela tracasse donc notre piaf de l’État, surtout depuis que l’Irlande est sur le grill : le capitalisme triomphant ne triomphe plus, il faut bien se rendre à l’évidence ; même s’il n’est pas question, bien entendu de l’admettre en public.
En fait ce dont il a peur, c’est que nous nous souvenions de ses paroles, dites tout au long des deux années écoulées, annonçant le retour de la croissance et de l’emploi qui va avec (on nous a toujours dit que ces deux là faisaient la paire).
Et ce qui l’angoisse, c’est d'imaginer le jour où il se retrouvera devant les caméras des journalistes, à devoir reconnaître qu’il s’est trompé. Car il se souvient très bien de ce minable Georges Bush Junior, ridicule à essayer d’expliquer sur toutes les télés que « c’était comme un château de cartes qui s’effondre » alors que la bombe des crédits hypothécaires venait d’éclater.

Enfin bref ! Depuis plusieurs mois notre Prédisant fait des cauchemars. Tous les soirs, avant de dormir, il en parle à son épouse :
- Tu sais Carlita, j’ai de plus en plus peur de m’endormir. Chaque jour, c’est pire que la veille.
Je te l'ai déjà dit. Dans mon cauchemar, c’est toujours la même chose : tout le système s’écroule, tout le monde se moque de moi, tous mes amis sont ruinés. Et nous aussi, nous perdons tout notre argent.
- Mon pauvre Chouchou. Tu travailles trop et tu imagines à cause du stress des choses qui ne peuvent pas être. Tu devrais venir faire de la musique ou du cinéma avec moi ; tu ferais des rêves bien plus jolis.
- Mais non ! C'est pas ce que tu crois. Ils m’ont tout expliqué au bureau. Et tu sais pas la nouvelle ?
- Non, je sais pas mon Boubou.
- Et bien je vais te le dire. Il y a des méchants amis de mes amis qui n’ont pas respecté la « main invisible du marché » qui régule tout et maintenant c’est tout cassé dans le Marché et ça ne marche plus.
- Mais tout ça c’est des histoires ! Moi, j’écoute les informations tous les soirs à la télé et ils ne parlent pas de tout ça. Donc il n’y a pas de problème. Allez ! On dort maintenant mon Chouchou. Je suis épuisée. J’ai fait les boutiques toute la journée et tu sais combien cela me fatigue. Bonne nuit mon Foufou. Bais de feaux rêves.
- Ah ben non ! Ne dis pas ça ! Ça va être pire.
- Oh pardon mon Gougou. On en reparle demain, d’accord ? Bisous tout plein et bors dien

Une fois la lumière éteinte, Nicolas se sentit tout petit et seul au Monde : Carla dormait déjà, en suçant son pouce.
Il se passa un très long moment avant que le sommeil n’arrive à le submerger : longtemps il l’avait repoussé, à cause de la peur du cauchemar.
Mais maintenant, il est au pays des rêves. Et il lui vient une idée (heureusement avant le cauchemar) :
- Et si je demandais des conseils à tous mes collègues Présidents pour savoir comment il faudrait que je fasse ! La situation l’exige. Oui ! C’est ça ! Il faut que je les convoque tous. Ils me donneront de bons conseils eux. C’est des Présidents eux ! C’est pas comme tous les autres au bureau. Que des bras cassés et des cervelles vides !

Et voilà qu’à peine l'idée eue, émergeant de nulle part, ils arrivent tous !
En tête, Charles de Gaulle, suivi de Pompom, Précieux, Mitron et, fermant la marche, Jacquot le croquant .

Il y a une grande table, de beaux fauteuils et, tout autour, rien d'autre.
De Gaulle s’assoit et dit : « Messieurs ! Asseyez-vous. »

(À suivre)