Ecodouble

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vendredi 24 octobre 2014

Et si on arrêtait la télé à 20h00 tous les soirs

C'était lundi dernier, le matin, sur Europe1. J'attendais le moment de Nicolas Canteloup, ou peut-être autre chose, à savoir une parole qui ne serait pas de la non-information ou de la désinformation. C'est alors qu'un journaliste à annoncé que des soldats français opéraient désormais sur le sol irakien ; mais que bon, "la France, n'est pas seule puisque trois autres pays sont déjà là-bas avec nous".
Piqué par sa curiosité, un deuxième journaliste présent dans le studio - ou alors un simple animateur radio ; de toute façon ça n'a pas d'importance, c'est tous et toutes les mêmes - a demandé : "Quels sont ces pays ?"
Là, le premier, triomphant d'importance, répondit : "Je ne peux pas vous le dire, ce n'est pas officiel !"

Voilà ! Le pas est franchi ; assumé ! Ils ne se cachent même plus.
Aujourd'hui, ce qui n'est pas officiel ne peut être relayé par un journaliste.
Donc, acte ! Toute la profession journalistique des gros médias (*) soldent auprès du pouvoir néolibéral politico-industrialo-financier.
Mais dès lors, à quoi servent les journalistes des gros médias en France ?

Il faut se réveiller.
Pour cela, dans un premier temps, je propose qu'à 20H00, tous les soirs, on éteigne la télévision pour boycotter le JT et les publicités qui suivent. Mobilisons-nous !
___

(*) J'ai écrit "gros médias" et pas "grands médias". Les grands médias, ce sont les médias libres, ceux qui ne sont pas des sacs à pubs. Dans cette noble catégorie, souvent en difficultés financières, il y a, par exemple (la liste n'est sans doute pas exhaustive) :

La Décroissance ;
Siné Mensuel ;
Fakir ;
Zélium ;
La revue Silence.

Ainsi, il n'y a pas que dans le Canard et Charlie qu'on ne trouve pas de pub ! n'en déplaise à Monsieur Cabus. Ce dernier n'a en effet pas daigné citer les cinq titres qui précèdent en tant que journaux libres lors d'une de ses dernières invitations sur les ondes radiophoniques (les "Grosses têtes" ancienne mouture, il me semble).
Cabu serait-il croissanciste ? Et ainsi compatible avec le néolibéralisme !? Le doute est permis (je rigole bien sûr) !

mercredi 20 août 2014

Taxons le nouveau taxon (*) des robots !

Si nos médiocres gouvernants avaient voulu sauver notre pays, eux qui sont si forts pour inventer de nouvelles taxes, il y a longtemps que leur serait venue l'idée d'appliquer des charges sociales sur la productivité des machines automatiques et des robots. En effet, l'apparition de ces nouveaux êtres sans âme, que nous pourrions classer dans un taxon d'un nouveau genre, partout autour de nous (guichets et caisses automatiques (**), ordinateurs, poinçonneuses - des Lilas ?, conditionneuses, découpeuses, chaines de montage, élaboration de hot-dogs ...), qui de plus en plus nous remplacent à nos postes de travail, a pour conséquence essentielle une augmentation du chômage et, de fait, une diminution des recettes provenant des "cotisations sociales". Le néolibéralisme, toujours à l'affut de nouveaux gains, a bien compris que le robot s'avère l'employé parfait, jamais malade, infatigable, non assujetti au salaire et aux charges sociales associées.

Soyons en donc certain(e)s, nos minables et stupides gouvernants n'ont pas voulu sauver les travailleurs de notre pays.
Pour eux, il ne faut rien faire qui ne soit pas dicté par le néolibéralisme et imposé par lui. Voilà pourquoi "il ne faut rien changer à la politique actuelle" (dixit le roi Hollande et son Super intendant Valls) et espérer dévotement dans le pacte de responsabilité, véritable spoliation de la couverture sociale de solidarité. Et comme le capitalisme ne demande pas de taxe sur les robots alors il n'y aura ni taxe ni charges sociales sur les robots.
Soit !
Alors, mes sœurs et mes frères, prions :
En attendant le retour impossible, faute de pétrole, de la très Sainte Croissance, que l'effondrement soit et que la ruine de la "sécu" vienne.
Cette dernière pourra, dès lors, enfin être privatisée, cédée à - au hasard - Malakoff-Médéric, qui sera Notre Sauveur,
Il se fera une joie de faire main basse sur le beau pactole constitué par toutes les cotisations sociales de ceux qui auront encore un travail,
Et par une gestion "adaptée et saine" il ne remboursera plus rien de ce que rembourse encore - pour combien de temps ? - notre sécurité sociale,
Cela afin de pouvoir, en toute tranquillité, avec ses nouvelles divines liquidités, mieux spéculer sur les marchés financiers.
Et surtout, surtout ! n'exigeons pas que les robots soient taxés !
Ni même l'énergie qu'ils consomment !
N'imaginons pas que leurs maîtres puissent payer des charges sociales sur le revenu du travail en trois-huit que ces esclaves mécaniques insensibles fournissent chaque jour !
Ainsi, nous n'aurons pas besoin de demander que ces charges qui ne seront pas soient doublées en guise d'amende.
Enfin, nous veillerons au fait que la production de chômeurs par la robotisation reste légale, mieux ! qu'elle augmente,
Puisqu'en nuisant à la santé de la Société et de la Nature elle profite généreusement à celles des actionnaires.

Amen.

Et au fait ! Pourquoi les chefs de petites entreprises qui résistent à la robotisation, qui privilégient le dialogue social et l'emploi humain, ne bénéficieraient-ils pas, eux seuls, d'un allègement de charges ?

(*) Un taxon est une entité conceptuelle qui est censée regrouper tous les organismes vivants possédant en commun certains caractères bien définis.
(**) VINCI - encore lui - me semble être en course pour le titre de champion de la caisse-robot. Par exemple, depuis qu'il a acheté une bouchée de pain les autoroutes, il n'y a plus, aux sorties, les caissiers et caissières, qui pouvaient nous faire un sourire ! Et que dire des parkings que cette entreprise mafieuse a en gestion !

mardi 5 juillet 2011

Et si on s'habillait en jaune !

Après le message d'Alex, c'est au tour d'un artiste français qui vit au Japon depuis 19 ans de nous adresser un message.

Dans une vidéo, calmement et dignement, Laurent décrit ce que ressentent les habitants vivant comme lui dans la région de la centrale de Fukushima.
Dans sa voix, se devine l'angoisse permanente qui étreint les gens soumis aux radiations, leur peur de la contamination, les soucis qu'ils ont pour leurs enfants et pour eux-mêmes.

Mais outre l'envoi de son message plein d'humanité, ce français a initié au Japon un mouvement pacifique de protestation original et poétique pour dire NON au nucléaire : il demande aux gens de s'habiller en jaune tous les vendredis.

Désormais, je vais moi aussi me vêtir de jaune le vendredi ; et je dirai à tous ceux avec qui je parlerai pourquoi j'affiche du jaune ; en espérant qu'ils le feront aussi ; en espérant que vous ferez de même ; en faisant le rêve que nous serons des millions à le faire.
Peut-être qu'alors, les politiques comprendront qu'il faut fermer les centrales nucléaires, tout simplement parce qu'elles peuvent tuer la Vie.   

 

mercredi 13 avril 2011

La fin du dossier Lyonnaise des Eaux

Les coïncidences tout de même !

Je venais, quelques heures auparavant, de publier le mail reçu de la Lyonnaise des Eaux, en réponse à ma-belle-lettre-citoyenne, que je recevais une invitation de Madame Kocher, la "dirlo générale" de "la concurrente-de-la-Générale", et des écotartuffes Orsenna De-l'Académie, à ma gauche, et Ferry Qui-ne-s'appelle-pas-Jules, à ma droite (*), cela afin d'assister à la cérémonie de remise des Prix récompensant les meilleures idées de la campagne de Green Washing "Idées neuves sur l'eau".

Ne voulant absolument pas jouer le rôle du troisième écotartuffe, je ne répondrai pas à cette invitation.
Nous ne sommes pas du même monde !

Ce qui m'ennuie le plus dans toute cette histoire, c'est d'avoir consommé une enveloppe, 3 feuilles de papier pour écrire la lettre et aussi d'avoir fait dépenser de l'énergie pour les transporter jusqu'à Paris, tout cela pour qu'au final personne ne lise, hormis une "préposée à la lecture et à la réponse".
C'est pas écologique !
On ne m'y reprendra plus !

(*) Respectivement écotartuffes de "La Décroissance" de février 2010 et de décembre 2007

lundi 4 avril 2011

La réponse de la Lyonnaise des eaux

Bon !
La réponse est arrivée ! sous la forme d'un Mail.

J'avoue être un peu déçu ; je ne vais pas pouvoir enrichir ma collection d'autographes ; celle que j'avais décidé de commencer il y a quelques jours.
En effet, et sans vouloir offenser l'assistante de communication de la Lyonnaise chargée de rédaction, j'attendais plutôt une réponse de la patronne, Madame Kocher en personne.
Car n'étions nous pas avec cette dame, Monsieur Orsenna de l'Académie et huit blogeurs, assis à la même table, à égalité, le temps de deux heures de discussion sur un sujet de la plus haute importance ?
Alors quand bien même aurions-nous tous, les huits blogueurs, envoyé une lettre, nous aurions tous, je pense, mérité une réponse de la patronne elle-même, signée de sa plume.
Et n'allez pas penser que je suis vexé !
Comment pourrais-je l'être ?
Madame Kocher est seulement vraiment très occupée.
Ainsi, pensons seulement qu'elle fut un temps préssentie pour prendre la tête d'Areva (grand pollueur atomique) pour comprendre à quel point le jeu des chaises musicales l'accapare bien plus que la santé de la planète (d'ailleurs, imaginons un instant un site Internet "Idées neuves sur le Nucléaire", sorte d'isotope de communication du site "Idées neuves sur l'eau").

J'arrête là le mauvais esprit !
Lisez donc par vous-même la magnifique réponse ; avec mon explication de texte entre parenthèses ; sans ironie aucune, cela va de soi.


Monsieur,

Isabelle Kocher, Directeur général de Lyonnaise des Eaux, a pris connaissance du courrier que vous lui avez adressé et vous en remercie. Il est riche en réflexions sur les voies à explorer pour protéger la ressource en eau. Vous aviez également pris une part active au débat lors de la rencontre qui a eu lieu entre les blogueurs, Erik Orsenna et Isabelle Kocher en juin dernier, dans le cadre d'Idées neuves sur l'eau (Petite introduction pour vous faire croire que la lettre a été lue, le tout accompagné d'une grosse flatterie).

Idées Neuves sur l'Eau, démarche que Lyonnaise des eaux a initiée il y a quinze mois avec l'ensemble de ses parties prenantes contribue à construire un modèle de l’eau écologiquement responsable et économiquement soutenable. Agriculteurs, industriels, experts venus d’horizons très divers, mais aussi élus, personnalités institutionnelles, blogueurs, consommateurs ou encore collaborateurs de la Lyonnaise des Eaux, la vision de chacun est un atout pour imaginer le futur de l'eau et nous permettre d'élaborer des solutions radicalement nouvelles (Exercice de communication Développement-Durable, désormais classique pour une multinationale).

Je vous invite à poster vos idées sur la plateforme collaborative www.ideesneuvessurleau.net qui a été ouverte aux internautes en février 2010. Près de 400 contributions ont déjà été postées. Les 5 meilleures idées seront récompensées par un jury fin avril 2011 et une sélection de 50 idées neuves commentées par des experts seront éditées dans le cadre de la collection des cahiers de l'eau (Comment, en beauté, prendre quelqu'un pour un imbécile).

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués (Formule de politesse d'usage très sentimentale, qui par sa banalité ne se distingue en rien d'une autre).

 

Virginie GUTH
Direction de la Communication


Allez ! Finalement, je renonce à collectionner les autographes !
Idées neuves sur l'eau c'est du pipeau !
Et c'est sûr maintenant ! la Lyonnaise des Eaux est championne de Green Washing !

mercredi 2 mars 2011

Suivi de courrier

Voici plus d'un mois que j'ai transmis à Madame Isabelle Kocher, Directrice générale de la Lyonnaise des Eaux, une lettre résumant quelques idées nouvelles concernant l'activité de l'eau, relativement compatibles avec l'écodouble, idées que je lui avais présentées lors de la table ronde à laquelle elle m'avait convié avec quelques autres blogueurs s'exprimant sur le sujet de l'écologie et du développement durable.

J'avais informé l'agence de communication qui avait organisé la rencontre, de la parution sur "écodouble" de cette lettre ouverte .
Il y a quelques jours une réponse m'est parvenue.
Extrait :
"Nous avons effectivement lu votre billet lors de sa publication, puis transmis aussitôt à Lyonnaise des Eaux qui l’a également étudiée avec attention.
Nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons davantage de précisions quant à leur réponse".

Bon !
Visiblement je serais dans les tuyaux de la Lyonnaise des Eaux.
Ne mettons pas la pression.
Attendons encore un peu pour voir où cela va déboucher. 

samedi 5 février 2011

L'espoir fait vivre

Lundi 7 juin 2010. Il est 8H15.

Comme tous les lundis, je commence la journée par 230 km de bagnole en direction de l’Est.
Ce jour, pourtant, j’aurais pu rester chez moi puisque j’ai posé un congé mais la voiture semble être mon destin ; pas du tout écologique.
Arrivé à Nantes, je saute dans mon véhicule professionnel pour filer sur Rennes – demain je travaillerai là-bas - non sans avoir pris le temps de monter au bureau pour consulter mes messageries.

12H00.
Entrée dans la capitale de Bretagne, avec 100 nouveaux kilomètres au compteur.
La journée est bonne ! Une place s’est libérée devant moi, juste sous les murs de la prison, à 150 mètres de là où je veux aller. En faisant le créneau, j’ai une brève pensée pour les femmes qui sont détenues dans ce lieu, lieu que j’ai fréquenté 3 jours durant il y a presque 20 ans, lors d’une campagne de sondages géotechniques pour le VAL. Mais je suis déjà à l’arrière de la camionnette pour me changer en quatrième vitesse. Chemise blanche, jean propre, godasses bien cirées : pour une fois, Maman serait fière de ma tenue.
Après une dernière vérification pour être sûr de ne rien oublier, je sors dans la rue pleine de soleil, ferme mon vestiaire ambulant et d’un pas décidé rejoins la gare.

L’estomac crie famine : premier sandwich de la journée qui m’occupe presque jusqu’à 13H05, heure du départ vers Paris. Un seul souvenir du train : alors qu’il roule à 300 kilomètres par heure, j’admire les éoliennes qui animent le désert agricole qu’est la Beauce.

À l’heure exacte, le TGV décharge sur le quai de Montparnasse sa cargaison d’Humains agités et, presque au pas de course, porté par l’ambiance de la capitale, je gagne le métro qui, vers 15H45, me vomie finalement place de la Bourse.
Comme je suis largement en avance, je prends quelques minutes pour regarder, l’œil à la fois haineux et ironique, l’architecture imposante et arrogante du palais Brongniart, avec le secret espoir d’apercevoir un ou plusieurs des malades mentaux qui fréquentent l’endroit. Mais non, mis à part un gardien, dans une guitoune ridicule, personne n’est visible : les fous sont bien enfermés dans leur cage dorée. Alors je me mets à penser au jour où le Peuple prendra la Bourse d’assaut pour la raser dans la foulée. Bientôt ; j’en fais le rêve. Comme en 89 avec la Bastille !

Je pars ensuite en reconnaissance afin de repérer l’endroit où, à 18H00, j’ai été invité avec quelques autres blogueurs par Madame Isabelle Kocher, Directrice générale de la Lyonnaise des Eaux, et par l’Académicien Érik Orsenna. Ils nous convient à débattre sur les problématiques liées à l’eau et à exposer nos idées sur le sujet.
Le Bistrot Vivienne – c’est le lieu du rendez-vous - est vite trouvé et j’ai donc le temps de me promener dans le jardin du Palais Royal.
Un quart d’heure avant l’heure, je poirote le plus discrètement possible à proximité de l’entrée du bistrot : j’ai le trac ; la tension monte. Si mon bagou du Sud-Ouest passe bien d’habitude, j’espère que je saurais dire ce que je veux dire pour promouvoir l’écodouble et proposer mes idées, qui me semblent être réalistes pour une saine gestion de l’eau.
Une chose me détend : l’arrivée de "la Plume de Mitt’rand" en mototaxi.
Il rentre et je le suis, pas longtemps après lui.

Le très serviable comité d’accueil est là : on me demande mon nom, s'en suivent les politesses d'usage puis on m’informe que nous serons filmés ; je dois donc signer un papier pour abandonner mon droit à l’image : le stress atteint des sommets !

Madame Kocher parle avec Monsieur Orsenna à une table tandis qu’un escalier me conduit à l’étage. Des tables disposées en rectangle, des chaises pour le public. Je respire à fond pour essayer de penser que tout est normal ; je me souviens du temps où je jouais au théâtre. Allez ! Finalement, tout ça c’est du spectacle !
Petit moment de discutions avec les invités et le public où figurent des chefs de SUEZ.
Madame et Monsieur arrivent ; salutations ; installation ; voilà que je me retrouve à coté de Madame !
Elle a, à sa main gauche, une bague en métal gris-blanc incrusté d’assez nombreux morceaux de carbone cubique. C’est étrange cette attirance qu’ont les Humains pour les cailloux !
Nous nous présentons tous ! C’est parti ! La caméra tourne déjà depuis quelques minutes !
Madame Kocher entame la discussion ; je la sens sincère. Puis elle passe la parole à Monsieur « l’Immortel » et, dès lors, ça ne continue pas aussi bien que je l’aurais souhaité : Monsieur Orsenna, dans son introduction parle beaucoup de croissance, en bon économiste orthodoxe qu’il est, dans un discours trop conformiste pour être neuf. Va falloir la jouer fine !

J’arrête là le récit.
Il y a à la suite la lettre que j’ai envoyée à Madame Kocher la semaine dernière, dans laquelle vous pourrez lire ce que j’ai pu dire lors de ce débat. Du moins ce que je me souviens avoir dit ! Notons aussi que c’est une version épurée car il me semble que j’ai réussi à être un peu taquin ; mais je ne sais plus dans quelle mesure ; il faudrait que je revois la vidéo.
Je mets aussi les liens vers les blogs de mes camarades internautes invités comme moi et aussi le lien vers le site « Idées neuves sur l’Eau », les gestionnaires de ce site étant à l’origine de la petite aventure que je viens de vous conter. D’ailleurs, merci à elles d’avoir lu Écodouble.

Et maintenant ?!?
Faut-il penser que toutes les propositions sensées et réellement écologiques qui ont été faites inspireront dans le futur l'action de la multinationnale Lyonnaise des Eaux ?
Est-il raisonnable d'espérer une réponse, argumentée, à la lettre que j'ai écrite pour présenter mes propositions ?
L'espoir fait vivre ! sera la réponse à ces questions.
Mais enfin, si je reçois tout de même un courrier de la Lyonnaise des Eaux, vous en serez, bien entendu, les premiers lecteurs.

Et voici la lettre.


Nantes, le 26 janvier 2011.
Lettre ouverte d’Alain Gély, alias écodouble sur le Net,
à Madame Isabelle Kocher, Directrice générale de la Lyonnaise des Eaux.

Madame,
Le  7 juin 2010, dans le cadre de votre initiative « Idées neuves sur l’eau », parrainée par l’académicien Erik Orsenna, vous aviez convié à un débat une quinzaine de blogueurs et blogueuses, exprimant sur le Net des idées concernant la ressource en eau.
Ces internautes avaient été préalablement sélectionnés par l’agence de communication mandatée par vous pour animer « Idées neuves sur l’eau ».
J’étais un des huit blogueurs à avoir répondu à l’invitation.

Alors, bien qu’il soit un peu tard pour vous remercier, je tiens à le faire quand même.
Je veux vous remercier d’abord pour l’invitation, ensuite pour l’accueil que vous nous avez réservé et enfin, et surtout, pour l’attention que vous avez accordée à nos propos et votre écoute que j’ai sentie sincère.
Comme nous avions été filmés, j’ai attendu le moment où la vidéo du débat serait visible sur le site « Idées neuves sur l’eau ». Je voulais la visionner pour vous faire une lettre dans laquelle j’aurais précisé les propos que j’ai tenus mais la vidéo n’a finalement pas été mise en ligne ; et c’est très bien.
C’est donc seulement sur la base de mes notes prises durant le débat, et dans les heures qui ont suivi, que je vous écris cette lettre. J’y exprime aussi ce que je n’ai pas pu dire faute de temps.

Je rappelle que, dans votre prise de parole en introduction, vous nous aviez confié vos soucis devant le constat que la ressource en eau diminue tant en qualité qu’en quantité.
Dès lors, j’ai voulu insister durant ce débat, que Monsieur Erik Orsenna avait brillamment ouvert, sur le fait que vous ne pourrez résoudre les problèmes de quantité et de qualité qui se présentent à votre entreprise qu’en prenant conscience que vous dépendez complètement de la biodiversité.

C’est ainsi que, lors de mes interventions, je me souviens avoir évoqué le terrible défaut de l’eau qui est de pouvoir fixer tous les polluants qui trainent sur son passage. Voilà pourquoi, vues les quantités de pollutions que génère notre économie, je vous ai dit qu’il était normal que votre activité se voit confrontée à une baisse de la qualité de l’eau brute que vous prélevez dans les nappes et les rivières.
Et comme juste avant le début de notre table ronde je vous avais présenté l’ESR (document de 2009, émis conjointement par le Meridian Institute, le World Business Concil for Sustainable Development et le World Resources Institute), qui montre que toute activité économique dépend de la biodiversité et qui permet aussi à une entreprise d’évaluer et de quantifier sa dépendance vis-à-vis de cette formidable dynamique du vivant, j’ai pu vous dire aussi qu’il était tout aussi normal que votre activité soit la première à être réellement menacée dans la chaîne économique.
En effet, l’eau est à la base de tout. Ce n’est qu’après vous que tous vos clients industriels verront, eux aussi, leurs activités économiques affectées, voire menacées, parce que vous ne pourrez satisfaire leurs demandes que de moins en moins bien.
D’ailleurs, même si je sais que cela ne vous rassurera pas, je puis vous affirmer que vos concurrents ne sauront faire mieux, tout aussi victimes que vous qu’ils seront de la destruction de l’environnement.

C’est, en quelque sorte, les limites de notre système économique qui apparaissent là ; l’activité économique telle qu’elle est pratiquée, basée sur la destruction des milieux, génère sa propre perte par la destruction de pans entiers de biodiversité.
Hélas, ces destructions de l’environnement et du paysage bocager, toujours en cours, continuent d’amplifier la baisse en qualité de la ressource, les capacités filtrantes des milieux diminuant en rapport avec la disparition de ces derniers.
Et c’est aussi à cause de ces destructions que vous subissez la baisse de la quantité d’eau brute disponible car tous les aménagements du territoire réalisés depuis une cinquantaine d’années n’ont eu pour effet que d’augmenter le ruissellement.
Ainsi l’arasage des talus dans les campagnes, le drainage et l’imperméabilisation urbanistique font que le rechargement des nappes phréatiques n’est plus possible tandis que le remblaiement des zones humides équivaut à la destruction d’une grande partie des capacités de stockage de l’eau et dont le cycle est par tout cela accéléré.

Or, je me souviens que vous êtes convenue avec moi que vos barrages et vos usines de traitement de l’eau vieillissent très mal.
Je sais, de par mon métier, qu’à leurs frais de fonctionnement déjà lourds il faut donc allouer, en supplément, des sommes énormes pour leur restauration.
Je ne peux que penser qu’il va vous être difficile, et sans doute impossible, de pouvoir assumer la construction de nouvelles usines, plus chères car plus complexes, puisqu’il vous faut maintenant assurer une dépollution en sus d’un traitement normal.
Pourtant il faut que vous fassiez quelque chose !

Pour moi, il ne vous reste plus qu’une solution : vous « associer » avec le paysage et avec la biodiversité, cela afin de retrouver de l’eau en quantité et en qualité.
Et pour parfaire cette « association » je suis persuadé que le Génie écologique est l’Art qu’il faut mettre en œuvre.

Partout sur les territoires où vous fournissez de l’eau aux robinets, vous pouvez innover.

Ainsi, vous devez essayer de devenir des partenaires honnêtes des agriculteurs, d’abord pour les inciter à réduire leurs consommations de pesticides, en leur proposant et en les aidant à adopter des méthodes d’agricultures plus raisonnées, et pour, ensuite, toujours en concertation avec ces agriculteurs, sous la gouverne d’hydrologues, géologues et écologues, financer en partie la réfection des talus et la restauration des zones humides.
Vous aurez alors la charge de rémunérer vos partenaires annuellement, comme des cantonniers de l’eau, à la hauteur du service d’épuration qu’ils feront à votre place, parce que les schémas de traitement de vos usines s’en trouveront allégés.
Là, je précise que le bois qui d’ici 30 ans sera disponible sur les talus pourrait être en partie exploité par vous, dans une filière bois-énergie notamment : avec du bois on peut faire de l’essence, entre autres choses, essence qui sera toujours nécessaire pour certaines choses … essentielles.

À plus petite échelle, vous pouvez aussi imaginer des partenariats, honnêtes, avec les collectivités afin d’installer aux abords des bâtiments publics des citernes de récupération d’eau de pluie, dont vous auriez la responsabilité de l’entretien, l’eau recueillie pouvant servir aux municipalités ou à des associations pour l’arrosage, l’irrigation ou le lavage (terrains de sports, jardins ouvriers, mairies, lavages de véhicules, plates-bandes, …). Dans les villes, un immense gisement d’eau de pluie pourrait être exploité, dont le réseau de distribution serait assez facilement concevable de façon à ce qu’il puisse fonctionner gravitairement, du moins en partie (stockage en bâtiments ou en chaussées).

Enfin, vous pouvez aussi trouver d’honnêtes arrangements avec les particuliers qui veulent récupérer l’eau de pluie tombée sur leur toit, en proposant des services pour des installations de stockage et de traitement de cette eau.

Avec ces deux dernières idées, déployées sur une grande échelle, vous réussiriez à ralentir un peu le cycle de l’eau.
Et vous pourriez aussi réussir à faire baisser la consommation d’eau potable, trop précieuse, en augmentant tout de même les flux d’eau passant dans vos tuyaux. 

En tout cas, l’avenir sera seulement dans la simplification, à tous les niveaux, et nullement dans le sens de la mise en place de systèmes complexifiés par des gadgets.
Alors ne pensez pas que la pose de compteurs d’eau dits « intelligents » soit une bonne idée. Ce serait une complication très coûteuse en énergie.

L’avenir sera aussi à la proximité car l’énergie va devenir très chère.
Si vous vous engagez dans le paysage et dans des pratiques du genre de celles que je vous ai exposées, gageons que les renouvellements de vos marchés d’affermage auprès des collectivités seront plus facilement assurés (je suis au courant des difficultés que vous rencontrez, parfois, dans notre pays mais aussi en Hongrie en ce moment).

Ah ! Au fait ! Osez penser qu’il y a des services à vendre autour des toilettes sèches dans des bâtiments collectifs. Cela dit discrètement ; entre parenthèses ; bien entendu !

En conclusion de cette lettre, je dirai que le cycle de l’eau a été cassé ou du moins gravement endommagé du fait d’une accélération. Il faut aujourd’hui permettre qu’il se rétablisse à une vitesse plus lente. Si vous agissez en ce sens, votre métier ne pourra qu’en bénéficier.

Madame, je termine en écrivant qu’il vous fallait du courage pour nous inviter à débattre avec vous. Le faire, c’était un peu admettre que vous vous rendez compte qu’un mur arrive devant nous et qu’aucune méthode prônée par les experts économistes orthodoxes qui vous entourent ne constitue une solution pour éviter que nous le percutions.
Ce que je vous ai proposé n’est peut-être pas la solution mais il y a de fortes chances pour que cela en soit une partie. D’autres parties de la solution se trouvent sans doute sur le site « Idées neuves sur l’eau ».
Toujours est-il que je suis persuadé que c’est parce que vous êtes un patron-femme que vous avez eu le courage, l’intelligence et le bon sens d’aller voir ailleurs si des idées ne fleurissaient pas, aussi, loin des cercles dirigeants par trop déconnectés des vraies réalités.

Veuillez agréer, Madame la Directrice générale, mes plus respectueuses salutations.

 

Alain Gély, alias écodouble.


Voilà ! C'était la lettre.
Maintenant voici le lien vers le site Idées neuves sur l'eau.

Et enfin, ci-dessous, les liens vers les blogs invités.

Graine de Sésame

 

http://www.sesame-ouvre-toi.com

Myriam Bounouri

 

 

 

Econov

http://econov.blogspot.com/

Alexandre Goncukliyan

 

 

 

Cdurable.info 

http://www.cdurable.info/

Cyrille Siouche

 

 

 

Le blog de Marketing Durable

http://www.marketingdurable.net/

Katia Prassoloff

 

 

 

Les 4 éléments

http://les4elements.typepad.fr/

Eric Chauvelot

 

 

 

Blog Pierre Parillo

http://pierre.parrillo.over-blog.fr

Pierre Parillo

 

 

 

 

J'ai quitté les lieux à la fin du débat, vers 20H10, juste lorsque les petits fours arrivaient.

Il m'a fallu courir vite pour rejoindre la gare : le dernier train était à 21H00. Il partit bien à l'heure mais arriva avec plus d'une heure de retard, si je ne me trompe pas, car après avoir mis de l'ordre dans mes notes, j'ai dormi dans le train, puis, au radar, j'ai marché pour retrouver ma voiture et conduit de même, jusqu'à mon lit de cette nuit là. 

jeudi 28 octobre 2010

Des propositions

L'agitation sociale qui sévit en France provient du fait, en gros, que la finance demande encore des sacrifices aux petites gens. Et attention à La Note qui pourrait baiser baisser si nous n'acceptions pas de faire ces efforts ! Moody's, Fitch Ratings et Sandard & Poors veillent : nous serions punis et aurions au final à payer beaucoup plus.
Toujours est-il que les travailleurs français en grève sont, pour leur résistance face aux forces de l'argent, cités en exemple dans les médias de certains pays, notamment en Grande-Bretagne et en Russie (c'était dit ce matin sur les ondes, soit celles de France Inter, soit celles d'Europe 1).
Quant à Joseph Stiglitz, il approuve et il a aussi déclaré que les anglais et les américains devraient faire comme les français.

En fait, partout dans le Monde la finance exige, soit tout ou presque (c'est le cas en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie), soit toujours plus (c'est le cas en Europe et en Amérique du Nord).
Pour ce qui est de l'Europe, les grecs forts du tout récent "soutient" de la Chine en échange d'un port, mais aussi les Irlandais, viennent de se voir suggérer des mesures d'économies supplémentaires.
Quant aux Anglais, champions du libéralisme avec leur grande arène bancaire que constitue la City, leur gouvernement envisage de supprimer 500 000 fonctionnaires en quelques années.
Ces purges, ces délestages, ces coupes budgétaires, feront, à n'en pas douter, monter haut les bonus des banquiers et traders.

Pour autant, la crise n'est et ne sera en rien résolue.
L'érosion de la biodiversité continue, la destruction des milieux naturels s'amplifie, les pollutions sont traitées à coup de "green washing", les OGMs risquent de progresser grâce aux flous juridiques que tente d'imposer la Commission européenne, le pic du pétrole est dépassé plus tôt que prévu, nos enfants souffrent toujours d'un défaut d'éducation (*), les tensions religieuses et ethniques s'exacerbent partout dans le monde et l'été qui vient de se terminer a été le plus chaud de l'histoire de la météorologie.
Malgré cela tous nos dirigeants n'agissent pas dans le sens qu'il faudrait. Ils s'attachent juste à continuer d'obéir aux financiers qui, au final, se retrouvent bien plus forts encore qu'ils ne l'étaient au déclenchement de la crise en 2007 alors qu'ils demeurent toujours autant ruinés à cause des produits dérivés (**) qui dorment, en tentant de se faire oublier, dans les "avoirs" des banques.

En fait, aucun parti politique ne fait la moindre proposition, sinon celles de procéder à des raccommodages divers du système économique actuel. Et même les Verts ne proposent pas, mis à part Cochet, englués qu'ils sont à toujours soutenir les socialistes même lorsqu'ils sont les principaux partisans et artisans de projets déjà dépassés, comme par exemple l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (merci Monsieur le Député-Maire de Nantes).
Quel triste constat pour le Pays de la Révolution. Nos élites ne sont plus des élites : Mieux vaut désormais parler de "nullélites" ou "d'imbécélites".

Pourtant des dispositions qui seraient prises tout de suite auraient de grandes chances d'être bénéfiques pour l'économie.

Il faudrait réformer complètement la fiscalité (***) dans l'esprit de ne plus taxer le travail, de taxer à quasiment 100% les revenus du capital, de favoriser les activitées écologiques et enfin mettre en place une TVA sociale. Celle-ci aurait pour objectif la taxation des produits manufacturés dans des pays dépourvus de couverture sociale, produits que nous importons massivement.
Il faut faire en sorte qu'il y ait partout une obligation de résultat pour l'éducation de nos jeunes, qu'ils sâchent tous lire et écrire à la sortie du primaire.
Il faut réduire la publicité.
Il faudrait laisser les gens libres de travailler comme, quand et jusqu'à quand ils le veulent, par un système à points laissant part entière à la solidarité pour les accidents et maladies professionnelles, pour les temps de maternité des femmes et pour ceux ayant un métier pénible.
Il faudrait faire en sorte que l'on ne puisse être fonctionnaire que 20 ans et pas plus durant sa carrière.
Il faudrait préparer les gens, dès l'école, au fait qu'ils auront dans leur vie plusieurs métiers, le temps passant.

Ensuite, il faudrait privilégier l'emploi et mettre en place une nouvelle économie (je l'ai déjà écrit souvent sur ce blog), d'abord en parallèle de l'actuelle, qui toute tournée vers l'écologie pourrait mettre ou remettre au travail des millions de personnes en Europe.
Largement fondée sur le génie écologique, ce pan d'économie aurait pour but de réparer le plus possible les dégats faits à l'environnement et produire de la biodiversité, c'est-à-dire ce qui pourrait nous faire vivre dans 20 ou 30 ans, lorsque la fin quasi complète du pétrole sera advenue.
Ainsi, il faut reconstituer le bocage partout en Europe, planter des arbres le plus possible, restaurer les zones humides qui filtrent l'eau mieux que n'importe quelle usine. Et pourquoi ne pas créer un Service National Agricole rémunéré pour réaliser cela ?
De façon plus innovante, il faudrait, partout le long de nos côtes, lancer la fabrication et l'immersion de récifs artificiels comme ceux fabriqués par les japonais, cela pour changer la pêche et sauver les mers et océans.
Il faudrait révolutionner le bâtiment : tout nouveau bâtiment ne devrait être que passif, avec des formes efficaces sur le plan énergétique et encourager à la réfection sérieuse des isolations sur l'existant.
Enfin, il faut impérativement mettre en place une réelle politique de l'énergie et de l'économie d'énergie, faciliter les transports en commun et le télétravail, arrêter de construire des aéroports et des autoroutes, soutenir la recherche sur les solutions d'éclairages, sur le solaire thermique et thermo-électrique... 
Tout cela serait à faire ; en remettant  bien sûr en cause les règles de l'OMC et en interdisant toutes les spéculations financières.

Utopique, direz-vous ?
Pas autant que de vouloir relancer la croissance et espérer sauver les banques de la faillite.

(*) Chaque année, c'est désormais une constante, des semaines entières de cours sautent du fait d'agitations. Et cela ne risque pas de s'arranger par les décision prises puisque par soucis d'économie, en France, on ne prend même plus la peine de former à enseigner les futurs enseignants.
(**) Une lecture régulière du blog de Paul Jorion nous apprend cela.
(***) La fiscalité actuelle est anti-écologique.

vendredi 17 avril 2009

Conseil aux journalistes

Mesdames et messieurs nos informateurs, je vous suggère d'aller consulter le blog de Paul Jorion, voire même de l'inviter sur vos plateaux lorsque vous voulez parler d'économie.
Ainsi le 2 avril, vous nous avez annoncé que le G20 était un succès historique qui mettait fin à la sauvagerie capitaliste. Hypnotisés par l'apparat entourant les chefs d'État, vous n'avez pas vu que LE FAIT DU JOUR se déroulait en réalité à Washington. Là-bas, les banquiers dictaient une modification de la loi au Congrès américain, afin que les comptabilités de leurs établissements puissent paraître plus convenables.
Lors du G20 de Londres vous étiez parqués pour nous rendre compte, bien à l'écart des chefs d'État, devant des télévisions. Quel dur métier ! Des vaches regardant les trains passer.

En fait, vous auriez pu rester dans vos bureaux, devant une télé retransmettant des images du "sommet people londonien" tout en étant connectés par votre ordinateur au blog de P. Jorion, une des très rares personnes ayant, longtemps à l'avance, annoncé la crise.
Ainsi vous auriez fait l'économie de nombreuses tonnes de CO2 en évitant vos déplacements en avion, vous ne seriez pas apparus comme des naïfs et vous auriez pu nous relater la véritable INFO du 2 avril et qu'à ce jour vous n'avez toujours pas relayée. 

Alors journalistes ! Ne nous racontez plus des sornettes en n'allant pas chercher vos sources là où il faut ou auprès de qui il faut.
Par exemple, c'est bien trop souvent que nous entendons sur vos antennes Nicolas ... Bouzou, économiste orthodoxe, prof. à Sciences Po.
Certes ce Monsieur est amusant comme Zébulon dans "Le manège enchanté".
Mais nous ne sommes pas Pollux. En outre, l'économie mondiale ne nous enchante pas et surtout n'est pas à l'image de ce que nous présente ce sautillant prélat de la croissance et du libéralisme.
Ses explications sont si indigentes, si simplistes et il élude, oublie et ignore tellement de données, que nous pouvons nous demander s'il nous prend pour des crétins ou s'il est simple d'esprit. C'est un optimiste maladif qui ne jure que par la croissance, mortelle à terme.
Allez ! C'est Kenneth Boulding qui aura le mot de la fin car il a parfaitement décrit ce type de personne : "Celui qui croît qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste".

mercredi 29 octobre 2008

Et pourquoi pas le vent !

Même si actuellement le prix du pétrole est à la baisse, car la crise qui s'installe engendre une diminution de sa consommation, il ne pourra qu'augmenter le temps passant. En effet, la roche liquide "oil petroleum" n'est pas une énergie renouvelable et affirmer qu'elle sera rare dans le futur n'est pas une prévision d'économistes lambda : c'est une prévision fiable.

Or, des secteurs d'activités vitaux pour l'humanité dépendent complètement de cette énergie. C'est le cas de l'agriculture et de la pêche qui en consomment des quantités non négligeables.
Si l'on considère le cas de la pêche, les chiffres sont particulièrement mauvais. D'après la FAO, elle brûle 500 litres de gazole pour 1000 kilogrammes de poissons pêchés.
Il faut tout de même avouer qu'un aussi mauvais ratio poissons-gazole est inquiétant. Les humains pourront-ils encore manger du poisson lorsque le précieux liquide viendra à manquer ?
Ne faudrait-il pas conclure, dès lors, que les techniques actuelles de pêche sont caduques dans notre contexte de raréfaction du pétrole ?

Visiblement ce n'est pas ce que pensent les pêcheurs européens, puisque il y a quelques mois ils manifestaient contre le gazole cher, sans rien remettre en question sur leur façon de pêcher. Pourtant, afin d'améliorer leurs conditions professionnelles, ils auraient mieux fait de manifester contre leur statut alambiqué qui les rend esclaves des criées. Et comprendre aussi qu'en continuant la pêche industrielle telle que pratiquée le poisson risque de disparaitre et, par conséquence, leurs emplois dans la foulée. Le risque étant même qu'ils disparaissent avant le pétrole.

Afin d'éviter ces perspectives inquiétantes il y a une solution simple, s'inscrivant dans l'esprit de l'écodouble.
Cette solution, à deux volets, permet tout à la fois de s'affranchir notablement de la dépendance au pétrole, de protéger la mer et d'assurer un avenir à la pêche.

Le premier volet consisterait à ferrailler (écologiquement) les bateaux actuels afin de les remplacer par des navires neufs, équipés de voiles modernes. En adoptant ce mode de propulsion les chaluts, destructeurs de poissons et de fonds marins et surtout gourmands en carburant, ne pourraient plus être utilisés. Les moteurs de faibles puissances qui équiperaient les nouveaux navires ne serviraient que d'appoint, lors de la phase de pêche proprement dite, qui utiliserait des filets plus sélectifs et de petites tailles.

Le deuxième volet, à mener de front avec le premier, serait de mettre en place des récifs artificiels en grand nombre le long des côtes européennes.
Ces récifs ont l'avantage de permettre une augmentation massive de la quantité de poisson dans les eaux où ils sont installés. Les Japonais sont des experts de cette technique.

Les dirigeants européens devraient comprendre que cette réforme nécessaire est à initier rapidement. Et comprendre aussi, s'ils la lançaient, qu'une fois la pêche récifale lancée, après les 5 à 10 ans nécessaires au complet établissement du poisson, il leur faudrait se garder d'ouvrir grand les portes du marché européen aux poissons pêchés autrement qu'avec ces nouvelles méthodes. Et tant pis pour la libre concurrence si chère à l'OMC. Entre du poisson "écologique" et du poisson qui ne l'est pas, il n'y a pas lieu de devoir appliquer ce principe, puisque les deux produits sont différents.

Ils auraient d'autant plus d'intérêt à le comprendre que cette réforme pourrait être une "petite" bouée de sauvetage pour le secteur du bâtiment qui vient de rentrer en période de récession. En effet, la construction de récifs en béton serait une très noble reconversion pour les "bétonneux", qui vont avoir de grandes difficultés à vendre les immeubles-clapiers banchés qui sont leur spécialité. Spécialité tout à fait nuisible écologiquement parlant, soit dit en passant.

Et pour le financement direz-vous ?

Même si le cycle de Doha, qui voulait supprimer les subventions agricoles, est un échec (heureux), il n'en demeure pas moins que ces subventions sont scandaleuses sur le fond puisqu'elles légitiment le fait que les agriculteurs n'ont pas le droit de voir leur travail justement rémunéré. Il faut donc supprimer progressivement les subventions de la PAC, en échange de la promesse expresse que les pays européens ne seraient nourris que par des paysans européens, qui auraient pris, eux, l'engagement de réduire notablement leurs intrants. En supprimant par la même occasion quelques intermédiaires "surnuméraires" ou en position de monopole dans le commerce des denrées alimentaires, agriculteurs citoyens et consommateurs citoyens s'y retrouveraient.

Il s'agirait alors de transférer les subventions à l'activité récifale en procédant comme suit :

1 - Les entreprises de Travaux Publics seraient subventionnées à produire et immerger des récifs le long des côtes, suivant les directions des courants pour les canaliser au mieux. Certains récifs pourraient être conçus comme fondations d'éoliennes off-shore. Toutes ces opérations se feraient sous l'entière direction de biologistes, de "courantologues" et d'ingénieurs du génie civil.

2 - Une fois complètement colonisés, les récifs seraient attribués en concessions exclusives à des pêcheurs, en association ou non avec des armateurs, propriétaires des bateaux à voiles décrits plus haut.
Les pêcheurs bénéficieraient en outre d'une formation en biologie marine, pour gérer au mieux leurs concessions.

3 - La production des récifs lancée, à charge pour les pêcheurs de payer un loyer d'acquisition de leurs récifs, qui rembourserait tout ou partie des subventions. Et si le récif supportait une éolienne, alors le pêcheur recevrait un revenu de la part du producteur d'électricité. 

4  -  Des hydroliennes pourraient aussi être mises en place entre les alignements de récifs artificiels.

Une telle refonte du secteur de la pêche et de la mer aurait tout pour contenter les acteurs de la filière. Un armateur rencontré la semaine dernière sur un quai du Morbihan m'a dit qu'il trouvait l'idée bonne. Et les chantiers navals ne pourraient qu'y trouver leur compte aussi. Ces derniers semblent d'ailleurs se recycler quelque peu. A Concarneau il y a deux ou trois ans, se construisaient encore de gros chalutiers, à gros réservoir de fioul, sans autre devenir possible, que celui de tas de ferraille. Il s'y construit aujourd'hui de petits remorqueurs. Certes ce ne sont pas encore des bateaux à voile mais cela risque bien d'advenir. En effet, l'été dernier, des vins de Bordeaux ont été livrés en Grande-Bretagne par voilier tandis qu'à Saint-Quay-Portrieux l'essai d'un chalutier à voiles commandées par ordinateur a commencé.
Il se pourrait bien, si ces expérimentations sont concluantes, que la demande en voiliers décolle.

Le vent, expression de l'énergie solaire, dans l'intérêt de tous, reprendrait donc du service sur la mer.
Il ne tient qu'à vous, pêcheurs, de vous organiser pour demander cette réforme et d'en être les principaux artisans.
Si vous l'obteniez, vous rentreriez dans l'écodouble. Vous travailleriez moins. Vous vivriez mieux. Vous gagneriez correctement votre vie. Et vous pourriez être plus nombreux dans votre très noble profession.

En fait, la Mer vous le rendrait.