Ecodouble

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mercredi 9 septembre 2015

Pour résumer le blog écodouble

Si tout s'est bien passé, alors que vous lisez ces lignes, je suis à bord d'un bateau mythique, le Marion Dufresne 2, pour une mission de 2 ou 3 mois aux Kerguelen.
Ma chance est immense !
Néanmoins, j'ai le pressentiment que tout ce que je verrai là-bas ne pourra que me conforter dans l'impression qui ne me quitte pas depuis plus de 30 ans, à savoir que le Monde ne tourne pas rond.
Alors il me vient l'envie de faire une sorte de bilan, ou plutôt une synthèse de tout ce que j'ai essayé d'exprimer, depuis presque 8 ans.
Ainsi, s'il fallait résumer le message transmis grâce à écodouble, je vous dirais ce qui suit :

- Nous sommes entrés dans le tournant le plus important de toute l'Histoire de l'Humanité parce que, pour la première fois dans les temps humains, une économie de croissance n'est plus possible par le fait que nous avons consommé quasiment toutes les ressources énergétiques et métallifères facilement exploitables sur Terre ;

- Nous allons dans les années, ou les mois qui viennent, vivre un effondrement de notre civilisation thermo-industrielle (les lectures de Effondrement de Jared Diamond, de L'effondrement des sociétés complexes de Joseph A. Tainter et de Comment tout peut s'effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens m'ont rassuré, paradoxalement, car j'ai compris que je ne suis pas seul à être réaliste - je ne suis donc pas fou ! - et j'ai eu confirmation qu'il reste encore un mince espoir) ;

- Désormais, seule une économie fonctionnant comme un être vivant, une économie écologique que j'appelle "écodouble", c'est-à-dire qui respecte les Lois de la Physique, parviendra, peut-être, cela dépend de nous tous, à assurer un avenir à l'Humanité ;

Dès lors, pour nous assurer cet avenir, qui peut être supportable :

- Nous devons, tout de suite, éliminer les financiers actuels, sans regret, et tous les types de spéculations doivent être interdits ;

- L'argent ne doit plus pouvoir être accumulé et taux d'intérêts et usure doivent être interdits ;

- Nous devons, tout de suite, admettre qu'un des buts de l'économie peut être d'économiser l'énergie, ceci étant le meilleur moyen d'arriver à instaurer une économie socialement juste et équitable ;

- Nous devons, tout de suite, restaurer un système éducatif permettant aux Humains de devenir des êtres éclairés, citoyennes et citoyens ;

- Nous devons, tout de suite, stopper tous les réacteurs nucléaires (condition primordiale, il en va de la résilience de l'Humanité et de tous les biotopes) ;

- Nous devons, tout de suite, interdire tous les pesticides ;

- Nous devons, tout de suite, interdire l'agriculture industrielle pratiquée par les agriculteurs, qui n'ont plus aucun bon sens ;

- Nous devons, tout de suite, rendre la terre aux paysans et paysannes qui en ont été spoliés ;

- Nous devons, tout de suite, favoriser et généraliser l'agroécologie - la réelle ! pas celle du ministre Le Foll ou de l'INRA et consorts - et tous les modes d'agricultures s'appuyant sur les associations de plantes et la biodiversité des sols ;

- Nous devons arrêter tous les projets de Génie Civil et nos habitations doivent désormais être construites ou restaurées avec des matériaux locaux, conçues passives et/ou à "température de confort" basse ;

- Il nous faut commencer, tout de suite, la réparation de la Nature par l'emploi du Génie Écologique, afin de restaurer nos paysages tout en rétablissant les cycles de l'eau, de l'azote et du carbone qui permettent que nous soient rendus les services écosystémiques ;

- Nous devons, tout de suite, entamer un programme global de restauration des zones humides partout sur Terre ;

- Toutes décisions, politiques et économiques - aux sens nobles, doivent être prises à l'aune du rendement énergétique global ;

- Nous devons en finir avec l'ingénierie de la complexification et mettre en place une ingénierie de la simplification qui sera la seule capable d'évaluer un rendement énergétique global et d'aider à la mise en place d'une économie respectant les Lois de la Physique ;

- L'énergie utilisée pour le fonctionnement des économies futures doit être prélevée dans le flux de l'énergie solaire incidente en ne perdant pas de vue que les meilleurs capteurs d'énergie solaire sont, et resteront, le chauffe-eau solaire et l'arbre, local et non OGM ;

- L'usage des énergies fossiles doit être réservé pour les nobles activités que sont la recherche, l'éducation, les services de secours, la santé et l'agriculture réellement écologique.

Voilà un "vaste programme" puisqu'il s'agit, en fait, d'éliminer les cons qui dirigent le Monde !

mercredi 9 avril 2008

Préambule, seconde partie

Du 3 au 9 avril 2008.

L'écodouble est bien plus que le développement durable ou l'économie soutenable.
Aujourd'hui, ces termes à la mode et dévoyés, ne désignent plus que des évolutions de l'économie actuelle, qu'il faut seulement considérer comme des outils de gestion pragmatique de la crise écologique qui commence. Ces outils seront tout juste capables de prolonger légèrement l'actuel système jusqu'à la fin totale et inéluctable du pétrole. Et encore, le feront-ils sans pouvoir éviter les violences extrêmes qui risquent de survenir en conséquence au réchauffement climatique.
Tels qu'ils sont maintenant envisagés et présentés, le développement durable et l'économie soutenable ne redéfinissent pas non plus la consistance de la richesse ni ses modes de répartition. Ils laissent aux financiers les moyens de s'approprier les réserves minérales disponibles partout dans le monde, et essayent seulement d'en rationaliser l'exploitation pour les faire durer. En fait, ils ne révolutionnent pas le système qui reste fondé sur la croissance à tout prix et les destructions écologiques collatérales qui vont toujours avec. Seuls quelques artifices apparaissent. Pour exemple, dans le développement durable, il reste possible de polluer et de détruire. La nouveauté est qu'il faut juste payer pour pouvoir le faire.
Convenons que cette nouvelle pratique n'est en rien une révolution, puisque la dévastation de l'environnement continue, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Pourtant, c'est bien d'une révolution dont l'humanité a besoin si elle veut survivre aux dérèglements à venir. Et cette révolution, il faudrait la mener rapidement, avec une ampleur dépassant  de beaucoup  toutes celles des révolutions passées. Les changements d'habitudes et de modes de vie devront donc, en nombre et qualité, surpasser ceux du Néolithique, qui furent bien plus importants que ceux engendrés par la Révolution industrielle.
Cette "Révolution de la vie", si elle se produit, devra faire en sorte que soient respectées pour l'économie des humains, toutes les Lois de la Physique et non plus quelques règles mathématiques. Son but sera d'aboutir à la mise en place de l'écodouble.

La principale particularité de l'écodouble est d'être ouverte vers l'espace et non pas, à l'instar de l'économie actuelle, enfermée dans le "petit" volume de la Terre.
Pour générer la richesse, l'écodouble vise donc à récupérer l'énergie solaire sous toutes ses formes tout en économisant drastiquement les énergies fossiles. Dans l'écodouble, l'argent n'est pas du pétrole ; c'est la captation de l'énergie solaire qui est l'argent (j'expliquerai plus loin dans le blog ce que je veux dire par le biais de ce slogan).
Mais la richesse dans l'écodouble intègre aussi la santé, le bien-être et le savoir.
Tout autant que l'énergie solaire, l'agriculture intelligente est un autre pilier de l'écodouble. Elle s'appuie sur les sciences, certes, mais surtout sur la science de la biodiversité. La monoculture par exemple s'avère donc une ineptie dans l'écodouble.
La récupération - différente du recyclage -  constitue un secteur d'activité important dans l'écodouble, permettant d'intégrer les exclus de notre système actuel en leur donnant une place économique indispensable et véritablement reconnue. Leur énergie humaine, louée et justement rémunérée, permet d'incroyables économies grâce à sa précision, sa souplesse et sa finesse.
Enfin, la culture, l'éducation, l'instruction, l'apprentissage sont des priorités dans l'écodouble, dispensées chacune à tous les niveaux de la société et pas seulement par une seule institution. 
Dans l'écodouble, le rendement énergétique, au sens physique du terme, est le seul indicateur pris en compte pour juger de la pertinence et de la performance d'un objet économique, ce qui ne peut qu'induire le respect des espaces, des populations, des cultures et des biotopes. Si le rendement énergétique se trouve posé comme arbitre dans les prises de décisions, alors les gaspillages dans tous les domaines disparaissent. Par exemple, n'existent pas les longs déplacements de matières, en masse et tout azimut, tout simplement parce qu'ils sont trop coûteux en énergie.

Je ne vais pas dès le préambule expliquer en totalité ce qu'est l'écodouble. Je pense d'ailleurs que j'en serais bien incapable. Peut-être même qu'il est impossible d'en faire la description complète, tant elle peut se deviner variée, au cas par cas adaptée à la variété des humains et des lieux, avec pour la mettre en pratique une ingénierie ingénieuse, c'est-à-dire tout l'opposé de l'actuelle ingénierie financière.
Dans ce blog, je souhaiterais simplement faire un relai supplémentaire pour des idées et des analyses déjà développées de façon brillante, par des économistes éminents, rigoureux et courageux à l'extrême. La qualité de leurs travaux est incontestable. D'ailleurs, le travail de l'un d'entre eux, à savoir celui de Nicholas Georgescu Roegen exposé dans son ouvrage de 1971 Economie et loi de l'entropie, fut reconnu comme bouleversant par Samuelson, premier lauréat, en 1970, du prix de la banque de Suède en sciences économique en mémoire d'Alfred Nobel. Ce dernier déclara à son propos : " je défie tout économiste informé de rester satisfait de soi après avoir médité sur cet essai " .

Il faut admettre qu'il sera très périlleux de substituer l'écodouble à l'économie actuelle.
Mais le point de départ de la nécessaire révolution sera obligatoirement, la réelle prise de conscience de la part de nos gouvernants, que nous nous trouvons engagés dans une voie économique sans issue. Forts de ce constat, il leur faudra ensuite reprendre le pouvoir des mains des financiers et des industriels auxquels ils se trouvent vilement inféodés.

A ceux qui m'auront trouvé naïf, je rappellerai que dans l'Univers, tout nait, vit et trépasse. Il ne faut donc pas imaginer qu'il en sera autrement pour notre économie et pour l'Humanité. En tant que géologue, je dois simplement dire que la fin de Homo sapiens sapiens viendra d'autant plus tard qu'il aura fait le bon choix pour son système économique. Pour l'instant, mais pour très très peu de temps encore, le choix reste ouvert, entre subir durement ou subir doucement les Lois de la Physique. Comprenez que je fais le rêve de l'écodouble, car pour mon reste de vie, je préfère devoir subir doucement.   
Et pour démontrer le bien-fondé qu'il y a à adopter l'écodouble, il me suffira de rappeler que si les lois des humains, y compris les lois économiques orthodoxes, sont contournables par d'autres lois humaines ou parce que quelqu'un, puissant, à le pouvoir économique de le faire, il n'en est pas de même pour les Lois de la Physique qui sont elles, incontournables et implacables ; pour tous, en tout lieu, pour tout déséquilibre.
Ces réalités sont, hélas pour les humains, irréfragables.

mercredi 2 avril 2008

Préambule, première partie

Du 18 mars au 2 avril 2008

A notre époque, presque tous les humains ont des difficultés à se projeter en dehors de l'intervalle de temps qui sera leur vie. Il en découle des perceptions assez simples du passé, du présent et du futur.
Le passé évoque plus souvent une jeunesse perdue que l'Histoire ou la Préhistoire, ce qui laisse penser qu'au-delà des souvenirs, le passé n'intéresse pas. Tout juste pour certains, le "lointain passé" va-t-il nous divertir le temps d'un reportage de télévision sur Arte, au sujet d'Orrorin ou du Great Zimbabwe.
Pour ce qui est du présent, il serait plutôt perçu comme un quotidien qui pour être satisfaisant, doit être vécu avec un pouvoir d'achat et une frénésie de la possession, malencontreusement modérés hélas, par les limites bancaires qui ont trop "le mérite ennuyeux" de ramener à une certaine réalité.
Le futur quant à lui, se trouve généralement très présent dans les pensées si le minimum vital du quotidien est assuré. Mais il n'est pas pour autant imaginé au-delà de ce qu'il nous reste à vivre. De plus, il se rêve et s'idéalise plus qu'il ne se prévoit, car bien souvent les limites bancaires ne sont pas imaginées, alors que pourtant, elles seront encore forcement présentes. Le futur dans nos esprits se voit comme étant libre de contrainte. Il n'est plus que loisirs et produits industriels de consommation, toujours éphémères.
Malheureusement, très peu d'humains ont véritablement conscience que pour leur fabrication et leur distribution, ces produits de l'économie nécessiteront toujours plus d'énergie et de matières premières. Ils causeront par là même d'incalculables et irréversibles destructions dans la biosphère. Cette inconscience égoïste s'avère être du mépris envers les humains à venir, auxquels nous sommes en passe de léguer une planète morte, vidée de ses richesses minérales et vivantes.

Le consumérisme était déjà très inquiétant, lorsqu'il sévissait uniquement dans les pays développés. Alors qu'il s'accélère et gagne "ailleurs", "créant" tel un dieu, de la croissance, nous serions bien inspirés de nous alarmer, car historiquement, croissance veut dire destructions écologiques.
La croissance depuis 150 ans a peut-être été belle pour certain mais elle ne s'est pas créée ex nihilo. Elle s'est faite au prix de la dévastation de la biosphère. Aujourd'hui il est évident que nos trop nombreux rêves de consommation hystérique ne seront pas tous satisfaits. Il ne reste que trop peu de choses à dévaster et les réserves minérales sont bien trop entamées.
Mais cette évidence est si refusée, si occultée et si refoulée dans l'esprit des consommateurs, sujets en la matière à un obscurantisme conditionné, qu'il est très difficile et douloureux d'en faire un sujet de discussion. En effet, si vous avez l'idée saugrenue de dire au cours d'une conversation que "futur" pour l'économie mondialisée, peut être synonyme de fin à cause de ses excès en termes de destructions écologiques, la réponse qui vient alors le plus souvent est : "c'est pas possible de revenir en arrière", dite sur un ton qui va de la réprobation à la moquerie, en passant par l'étonnement et l'agacement. Vous vous voyez considérés comme la victime d'un tracassin ou d'une déficience intellectuelle grave, car le dogme de l'économie bénéfique et éternelle tel qu'établi par nos doctes économistes orthodoxes, ne saurait être remis en question.
 
Ce qui est ennuyeux avec ce que je viens d'écrire, fruit de la pensée d'un humain, c'est qu'il va se trouver des foules de mes congénères qui pourront par de très justes raisonnements me contrer et me dire que j'ai tort. Et ils pourront le faire aisément car il y a dans notre naturel, une immense et habile capacité à approuver, soutenir et considérer avec moult "bons" arguments ce qui va dans le sens de nos souhaits. L'humain est en résumé, une machine à prendre ses désirs pour des réalités. Comme son désir naturel de confort et de sécurité se trouve changé, notamment par la publicité, en désir artificiel de consommation, il est facile de deviner, que les rares personnes comme moi, n'ont aucune chance d'interpeller les consciences dans un débat contradictoire.
Cependant et malgré tout, je veux par l'intermédiaire de ce blog, essayer de suggérer un regard plus réaliste sur la situation écologique du biotope Terre.
Je dirai donc qu'il est grand temps pour nous tous, de ne plus nous laisser conter des sornettes sur l'environnement et sur le potentiel à sauver l'humanité qu'aurait l'économie mondialisée.

Pour cette dernière en effet, il faut se résoudre à constater que son secteur le plus performant est celui de la production de pauvres en quantités industrielles et à des prix très concurrentiels. Bien que leur nombre soit en pleine croissance, les financiers et les économistes en vue, très savants dans l'utilisation des chiffres, ne s'en inquiètent pas du tout. Le chiffre de leur augmentation annuelle ne fait l'objet d'aucune publication claironnante de leur part. Il n'est d'ailleurs même pas traduit en pourcentage, tant il est ignoré et passé sous silence. Pourtant ne serait-il pas un bon indicateur du mauvais fonctionnement de l'économie ?
   
Mais, outre ce simple "problème d'indicateur" oublié, ou éludé parce que voué à être toujours mauvais dans le système économique actuel, l'heure est bien plus à l'urgence sur le plan environnemental.
Notre environnement subit de très graves dégradations irréversibles. Comme nous dépendons tous de lui, il faut admettre que notre situation en tant qu'espèce vivante s'est précarisée. Alors que des mesures immédiates devraient être décidées et mises en application, nos gouvernants s'arrangent, débattent et jouent sur les mots. Ainsi se succèdent, des conférences, des réunions et des auditions. S'ensuivent des missions d'études, des déclarations communes sans objectif, des études et leurs rapports toujours plus précis. Et alors que l'évidence pourrait presque être admise, des divagations de citoyens, anciens Ministres pour certains, sèment le trouble au milieu des très sérieux exposés, tant et si bien qu'en bout de chaine, les médias réfèrent une fois sur deux, à contre pied des exposés des savants (Cf. "Une vérité qui dérange", d'Al Gore). Et tout cela de n'aboutir, à aucune réforme de l'économie ni à aucune action visant à réduire ne serait-ce qu'un peu, les destructions qu'elle engendre.
Je vais donc dans ce blog, essayer de rappeler, tant qu'il faudra, l'urgence qu'il y a à agir, en jouant la dernière carte qu'il reste à l'humanité : La carte de l'économie écologique.
Cette économie écologique, je l'appelle l'écodouble.