Ecodouble

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samedi 21 octobre 2017

La Pierre Sèche

En France, comme partout dans le Monde, la Pierre Sèche a largement participé à l’aménagement du territoire dès que de la pierre pouvait être fournie en abondance par le contexte géologique local. Ainsi, là où il y a de la pierre, des murs clôturèrent des parcelles pour contenir les troupeaux, des abris de bergers furent construits, des routes purent être accrochées aux montagnes tandis que leur pentes devenaient des « champs en escaliers », des berges de cours d’eau ont été stabilisées, des quais de ports construits et des biefs ainsi que des chaussées de moulins établis ; des digues s’élevèrent aussi alors que de petits ponts franchirent des torrents et des ruisseaux et que des sols se retrouvèrent stabilisés par des calades. Et lorsque vint le temps du chemin de fer, il y a 150 ans, nombre de remblais et de déblais se virent protégés par des perrés ou des murs sans mortier.
Hélas, en France et en Europe, dès le début de l’exode rural et l’avènement du béton, tous ces aménagements furent laissés sans entretien et parfois même détruits, leurs matériaux ayant alors été utilisés en remblai, et le savoir-faire se perdit presque complètement.
Ailleurs dans le Monde, dans certaines régions montagneuses reculées, des paysans restèrent dépendants de ces techniques pour assurer leur survie. Leurs descendants, gardiens d'un savoir-faire empirique transmis de génération en génération, entretiennent aujourd'hui encore des murs de soutènement qui, construits parfois depuis plusieurs siècles, portent des chemins et des routes mais aussi des terrasses superposées sur lesquelles poussent des cultures très variées et souvent vivrières.

Heureusement, de nombreuses association œuvrent désormais à la redécouverte et la conservation des techniques de constructions en pierres sèches.
Et pour que la Pierre Sèche revive pleinement, certaines ont voulu aller au-delà d’une simple démarche de conservation du savoir-faire et du patrimoine vernaculaire et paysager.
Ainsi, les Artisans Bâtisseurs en Pierre Sèche (ABPS), les Muraillers de Provence et la Confrérie des Bâtisseurs en Pierre Sèche, en collaboration avec L’École Nationale des Travaux Publics de l’État à Lyon (ENTPE), se sont lancés dans une étude scientifique de la techniques de la Pierre Sèche, cela avec le soutien de la Direction du Commerce, de l’Artisanat, des Services et des Professions Libérales (DCASPL), de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) et, enfin, de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Vaucluse (CMA84). Cela a débouché sur une définition des Règles de l’Art, publiées en 2008 dans le « Guide de bonnes pratiques de construction de murs de soutènement en pierre sèche » (Cf. bibliographie sommaire en bas de page).
Ensuite, ces organismes et associations ont proposé des formations, dont certaines sont qualifiantes. Aujourd’hui, aux termes de ces dernières, des Certificats de Qualifications Professionnelles d’Ouvriers et de Compagnons sont délivrés donnant une habilitation à répondre à des marchés publics pour les artisans qui en sont détenteurs.
Plus récemment, l’École centrale de Lyon a produit une étude qui permet de comparer les prix et les impacts écologiques et énergétiques du béton armé, du gabion et de la pierre sèche quand il s’agit de construire un mur de soutènement.
Tous les efforts de recherche, de coordinations, d’information et de formation, produits par toutes les parties citées plus haut, semblent aujourd’hui porter leurs fruits dans notre pays par le fait que de plus en plus de collectivités et de particuliers font appel aux artisans muraillers (ou murailleurs), pour restaurer ou pour réaliser des ouvrages neufs, ces derniers pouvant parfois présenter des aspects très modernes et contemporains (Cf. par exemple, le site Internet des ABPS : www.pierreseche.fr , onglet « Le marché », rubrique « Chantiers »).

Techniquement parlant

Un mur en pierre sèche est un véritable mur-poids mais l’absence de liant (mortier) entre ses éléments constitutifs oblige, pour calculer sa stabilité, de tenir compte, en plus des règles de stabilité externes, de règles de stabilité interne.
Pour ce qui est de la poussée de l’eau, le mur en pierre sèche est auto drainant, d’autant plus si sur son arrière est mis en place un remplissage de cailloux et graviers qui jouera, en outre, le rôle de filtre, en limitant ainsi l’arrivée de particules limoneuses et argileuses dans le mur.
Des études réalisées au XIXème siècle et d’autres menées depuis 2002, notamment sur des murs sacrificiels spécialement construits, en schiste ou en granite, et sur lesquels on a mesuré jusqu’à la rupture le comportement sous des poussées contrôlées induites par des vérins, montrent que la partie haute bascule vers le vide en un seul bloc, la partie basale restant en place sous un plan de rupture, interne à la maçonnerie, incliné vers le pied du mur.
Autrement dit, sous l’action d’un sol, qui pousse à l'arrière d'un mur en pierre sèche sous-dimensionné, ce mur se comporte en partie haute comme un bloc monolithique en renversement, l'arrangement soigné des pierres faisant oublier l'absence de mortier. Ceci fait apparaître un plan de rupture à la base du mur qui, incliné vers le pied de ce dernier, peut favoriser, dans certaines conditions, un glissement de cette partie haute monolithique avant son complet basculement.

Il résulte de ces observations, un ensemble de règles constructives destinées à :
- Augmenter la densité du mur en minimisant le pourcentage de vide grâce à un bon remplissage entre le parement extérieur et le parement intérieur (25 % de vide est un objectif à viser) ;
- Augmenter la cohésion interne du mur, notamment en croisant systématiquement les joints d’un lit à l’autre et en liant entre eux les parements intérieur et extérieur ;
- Augmenter la stabilité propre du mur grâce à un parement extérieur présentant un fruit ;
- Contrer la tendance au glissement pierre-sur-pierre, notamment à la base (là où s’établit le plan de rupture lors du basculement, celui-ci devenant un plan de glissement dans certaines conditions), en inclinant vers l’arrière du mur les lits de maçonnerie. Dans un « Guide de bonnes pratiques », ces règles constructives sont récapitulées en dessin et largement expliquées.

Pour finir, l’expérience montre que le dimensionnement d’un mur en pierre sèche nécessite la prise en compte de cinq paramètres :
- Son rôle (soutient d’une route, ou d’un bâtiment, ou d’une culture …) ;
- Sa hauteur ;
- Le type de pierre utilisé pour sa construction (il y a des variations notables de densité entre les roches et il est facile de comprendre que des pierres de schiste ou de micaschistes, au toucher lisse voire soyeux, ne frottent pas les unes sur les autres comme le font des pierres de granite dont le toucher rugueux ; et le gneiss, le calcaire, le silex, le basalte, etc, ont aussi leur propre valeur de frottement) ;
- Le terrain en arrière du mur ;
- La quantité de terre venant en surcharge au-dessus du mur.

En fonction de tous cela, afin de permettre aux artisans muraillers (ou murailleur) de dimensionner facilement les murs les plus courants, des abaques ont été établis par le SETRA (devenu DTecITM, Direction Technique Infrastructures de Transport et Matériaux) et l’ENTPE et sont présentées dans le « Guide de bonnes pratiques ». Ces abaques permettent, pour une hauteur de mur à construire, de trouver son épaisseur à sa base en fonction de l’angle de frottement interne du remblai à soutenir et cela :
- Pour trois fruits de maçonnerie différents (0, 10 ou 20%) ;
- Pour différentes configurations géométriques à l’arrière du soutènement (présence ou pas de surcharge au-dessus de la tête de mur) ;
- Pour deux types de pierre (calcaire et schiste) servant à la maçonnerie (le granite ayant un angle de frottement pierre sur pierre meilleur que la plupart des roches, dimensionner un mur en granite sur les abaques du calcaire va dans le sens de la sécurité).
Il est à noter ici que pour le calcul des abaques du calcaire, l’angle de frottement pierre sur pierre retenu est de 37°, avec un poids propre de la maçonnerie moyennée à 16 kN /m3. Pour le schiste (ou micaschistes), les valeurs sont, respectivement, 28° et 18 kN/m3.

Aujourd’hui, la recherche sur la technique de construction en Pierre Sèche continue. Ainsi, le 30 mai 2017, sur le site d’expérimentation de l’École de la Pierre Sèche des ABPS , un mur en pierres de calcaire, long de 5 m, haut de 1,8 m et épais de 50 cm, soutenant sur toute sa hauteur du gravier roulé, a été soumis à une contrainte contrôlée induite grâce à un vérin qui appuyait verticalement sur le gravier. Une caméra spéciale a enregistré très précisément la déformation du mur en fonction de la charge, ce qui a permis une modélisation précise du comportement du mur en fonction de la contrainte qui lui était appliquée.

En tout cas, une nouvelle édition enrichie du « Guide de bonnes pratiques de construction de murs de soutènement en pierre sèche» paraitra d’ici la fin 2017. Elle offrira notamment plus de lisibilité au niveau des abaques pour les artisans et ces derniers auront plus de facilités à dimensionner les murs de faible hauteur qui sont ceux qu’ils construisent le plus souvent.

Financièrement parlant

L’étude permettant de comparer les prix de murs « équivalents », un premier en béton armé, un deuxième en gabions et un troisième en pierre sèche, étude menée par l’École centrale de Lyon, montre que la pierre sèche est compétitive. Il ressort même que dans un contexte, souvent réel, où de la pierre est disponible sur le lieu de la construction, elle peut même être très compétitive. Cette compétitivité financière de la Pierre Sèche va de pair, toujours d’après cette étude, avec un très bon bilan carbone, des coûts d’entretien faibles et une durabilité meilleure que pour les deux techniques concurrentes.

www.professionnels-pierre-seche.com/userfiles/files/Etude_Soutenement_2014_Rapport_Complet.pdf

Avantages de la Pierre Sèche

La Pierre Sèche offre nombre d’avantages que l’on peut mettre en avant pour la promouvoir. Ses avantages sont :
- L’esthétique indéniable des constructions qui la mettent en œuvre, ce qui offre des cadres de vie agréables et recherchés ;
- L’attrait touristique des paysages qu’elle engendre ;
- La simplicité des installations de chantier ;
- La réduction considérable, pour un chantier, de la circulation des camions ;
- La simplicité de mise en œuvre, nécessitant un outillage simple et manuel, des mini-pelles pouvant néanmoins exécuter les terrassements et aider à la pose des blocs cyclopéens à la base des murs ;
- Qu’elle constitue de parfaits biotopes pour la flore et la faune ;
- Une très efficace capacité à gérer les eaux de pluie en zone montagneuses, les murs de soutènement ralentissant considérablement le ruissellement, tout en réduisant les risques de glissement de terrain, en minimisant l’érosion des sols arables et en emmagasinant beaucoup d’eau, retardant ainsi la survenue des sècheresses, ce qui, au final, diminue la puissance des crues dans les plaines ;
- Sa capacité à constituer des dispositifs efficaces de captage des eaux superficielles ;
- Sa très grande résistance ;
- Son coût d’entretien très faible ;
- Sa durabilité ;
- Sa souplesse mécanique (cas de vibrations, séismes ou fondations sur sols peu compacts) ;
- Son coût de mise en œuvre potentiellement très réduit lorsque la pierre de construction est disponible sur place ;
- Son intérêt économique, car elle génère de l’emploi par le simple fait que 85 à 90 % de son prix représente de la main d’œuvre, souvent locale et non délocalisable ;
- La possibilité qu’elle offre, grâce au maintien du savoir-faire qu’elle implique, d’espérer voir la restauration progressive du patrimoine vernaculaire laissé à l’abandon depuis la fin de l’exode rural, patrimoine dont une bonne partie pourrait redevenir très utile dans la cadre de la transition énergétique ;
- Son faible bilan carbone en tant que matériau ;
- Son faible bilan énergétique pour sa mise en œuvre ;
- L’autonomie relative qu’elle redonne aux territoires isolés où elle est employée, qui ne dépendent plus dès lors d’une grande partie des matériaux devenus classiques dans l’économie (ciment, granulats, aciers, …), ceux-ci étant difficilement recyclables ;
- Sa capacité à être récupérée, après ruine ou déconstruction, pour ensuite pouvoir être réutilisée ;
- Le plaisir qu’il y a à la mettre en œuvre (ce n’est pas polluant, ni bruyant ; c’est peu salissant, et le résultat du travail fait par les ouvriers et ouvrières est gratifiant car tout de suite visible pour celles et ceux qui l’on réalisé, cela donnant de grandes satisfactions) ;
- Sa capacité à être facilement recyclée en remblai.

Voies à explorer

La pierre sèche ayant déjà été utilisée pour tellement de choses et de façons si différentes, il est bien possible que l’on puisse trouver d’autres usages pour cette technique, voire d’autres façons de la mettre en œuvre.
Ainsi, les parements de pierre sèche pouvant être très « poreux », par un « serrage lâche » des pierres ou une surface de parement volontairement très irrégulière, il est peut-être possible qu’ils puissent devenir d’efficaces murs anti-bruit dans certaines configurations de terrain et où de la pierre est disponible en abondance. L’idée serait à creuser et une étude pourrait être envisageable.
D’autre part, la capacité de la pierre sèche à accueillir la biodiversité est peut-être amplifiable, par l’aménagement de vides particuliers, étudiés spécialement par des écologues, pour des espèces à favoriser ; par exemple certaines chauves-souris, des mustélidés et d'autres mammifères, des oiseaux, des amphibiens et des reptiles.
Enfin, pour des chantiers très spéciaux, on peut imaginer de renforcer des portions de murs soumises à fortes contrainte par des nappes horizontales de géo-textiles. Et pour la même raison, là où la pierre offre un frottement pierre sur pierre faible, et que le fruit du mur ne peut être assez important, on peut imaginer de pouvoir augmenter artificiellement ce frottement, à la main ou à la machine, par rainurassions les lits de pose et d’attente.
Il est certain qu’avec de l’imagination, nombre d’usages semblent encore pouvoir être trouver.
Cependant, il faut tout de même veiller à conserver l’esprit « pierre-sèche », très écologique et minimaliste, pour ne pas transformer une belle technique en un « produit industriel » calibré et normalisé, qui viendrait à intégrer de plus en plus d’énergie grise au fur-et-à-mesure d’un développement technico-commercial, jusqu’à en devenir aussi nuisible, énergétiquement parlant, que les techniques actuelles qu’elle est à même de pouvoir concurrencer ou remplacer telle quelle.
La Pierre sèche et ses artisans se suffisent à eux-mêmes. L’ingénieur leur a déjà apporté quelque chose et il reste le seul capable de leur apporter encore, pour le dimensionnement, le suivi de chantier ou pour trouver des solutions à des problèmes ponctuels et particuliers sur des ouvrages sortant de l’ordinaire.

Conclusion

La Pierre Sèche, intégrée dans le vaste domaine de la technodiversité, est, dans tous les cas, une des activités clefs qui pourrait participer au sauvetage de l'Humanité et de sa biosphère associée. Du moins si nous nous décidions enfin à vouloir nous sauver de notre instinct mortifère. Dit autrement, la Pierre Sèche reste indispensable dans l'écodouble.

Bibliographie sommaire

- CAPEB, ABPS, Muraillers de Provence, CBPS, CMA84, ENTPE, Guide de bonnes pratiques de construction de murs de soutènement en pierres sèche, ISBN 2-86834-124-1, 2008.
- M. Descazeaud, T ; Faraggi, J. Soulage, tutorat d’Éric Vincens, Murs de soutènement - Comparaison environnementale et financière de différentes technologies, Rapport École centrale Lyon option Génie Civil et environnement, 2014.
- L.Cagin, L. Nicolas, Construire en pierre sèche, EYROLLES, 2011.
- C. Lassure, La pierre sèche, mode d’emploi, EYROLLES, 2014.
- P. Coste, R. Sette, C. Cornu, Pierre sèche, Le bec en l’air Édition, ISBN 2-91607-329-9, 2007.
- Boris Villemus ingénieur ENTPE, Étude des murs de soutènement en maçonnerie de pierres sèches, Thèse INSA Lyon n° ISAL 0015, 2004.
- Anne-Sophie Colas ingénieur ENTPE, Mécanique des murs de soutènement en pierre sèche : Modélisation par le calcul à la rupture et expérimentation échelle 1, Thèse Université de Lyon CNRS-ENTPE n° 2009-10, 2009.

samedi 3 janvier 2015

De l'eau potable sortie de la mer

On découvre parfois des personnes qui vous donnent de l'espoir. La dernière qui m'avait enthousiasmé, c'était Bunker Roy. Aujourd'hui, grâce à un ami écrivain, je peux vous présenter Gabriele Diamanti, un ange comme je les aime, un bijoux d'humanité, un diamant de l'inventivité.

Ce grand Monsieur a inventé l'eliodomestico, un petit appareil simple, pouvant être fabriqué artisanalement, capable de produire, sous le soleil, 5 litres d'eau par jour.
Bien que l'eliodomestico fonctionne déjà, Gabriele s'emploie encore à parfaire sa mise au point mais, soyons en certaines et certains, l'appareil ne manquera pas de se perfectionner puisqu'il est en "open-source" (en d'autres termes, il n'y a pas de brevet et il ne peut pas y en avoir), le génie de l'Humanité toute entière pouvant désormais réfléchir à développer une multitude de versions qui seront fonctions, pour une région donnée, des matériaux disponibles, de la culture et de la créativité du fabricant.
L'eliodomestico est donc un objet typique de la technodiversité, promis à un grand avenir. Une magnifique machine, réellement écologique, répondant à un réel besoin, capable de vous donner envie de résilier votre abonnement à la multinationale des eaux qui vous fournit.

Merci à toi Gabriele. Ton eliodomestico mérite le label écodouble. Tu es, par tes actes, un pionnier de l'économie écologique.
Je suis plus que tenté de te désigner Défenseur de la Terre.

lundi 9 avril 2012

Les vélos retrouvent vie

Nous n'en sommes pas encore aux habitudes des berlinois et berlinoises, ou à celles des habitants des cités nordiques en général, mais il faut reconnaitre que le nombre de bicyclettes en circulation dans les rues de nos villes est en nette progression. Il est des croissances qui sont bonnes ; même si, souvent, nous pouvons déplorer qu'elles trouvent en grande partie leur origine dans la récession économique du système croissanciste actuel.

Sans parler des Vélib et consorts, en plus des VDV (Vélo De Ville ; ne pas confondre avec les DVD) avec ou sans options que nous pouvons désormais croiser dans nos agglomérations il y a, loin de leurs campagnes pour lesquelles ils sont conçus, des VTT (*) et des VTC (*), mais aussi des BMX de jeunes du "Grand Cirque cyclopédique de Rue", et tout un tas de vieilles bécanes toutes rouillées, fraichement sorties du fatras des cabanes de jardins où elles étaient oubliées depuis plusieurs décennies.
Parfois, on rencontre même un drôle de vélo, comme celui ci-dessous, très original, mais qui, comme tous les autres, joue bien son rôle en transportant son cycliste d'un point A à un point B.

Drôle de vélo

Hélas, il arrive aussi de voir un vélo nucléaire, monté par un ou une "bobo", tout droit sorti des cerveaux féconds des génies mal inspirés du DD (Développement Durable), avec sa batterie électrique au lithium.
Heureusement, celle-ci étant de plus en plus difficile à remplacer lorsqu'elle est usagée, car les constructeurs utopistes de voitures électriques s'accaparent la presque totalité de ce métal rare (renseignement pris auprès d'un vendeur), un tel véhicules à deux roues n'a pas grand avenir.

Dans le contexte de la raréfaction du pétrole, qui est le seul sang possible pour la mondialisation (cela peut augurer des jours plus heureux si nous renonçons volontairement à la société de consommation), la bonne machine, c'est le vélo ! Des gens l'ont bien compris et d'autres viendront à le comprendre, à plus ou moins long terme.

En tout cas, vous les lecteurs d'Écodouble qui êtes toujours à la pointe de la pensée, si aujourd'hui vous n'avez pas encore de vélo, si vous en avez un vieux que vous voulez remettre en circulation ou dont vous voulez vous débarrasser, si vous devez faire réparer celui que vous utilisez ou s'il vous est nécessaire d'en louer un, il existe ce qu'il vous faut. À Nantes - et peut-être que l'équivalent se trouvera ailleurs - allez chez ATAO !
Le mot sonne comme un prénom de Tahiti. C'est en fait une association qui redonne vie aux vieux vélos, pour vous rendre le service que vous espérez.
Cette association a déjà franchi le pas : elle est dans l'écodouble, parce qu'elle récupère et répare, sans grande consommation d'énergie, en donnant du travail et en formant des gens.
C'est au 3 rue François Coppée, 44100, ou au 0240928705, ou bien encore par : atao.atao@aliceadsl.fr
Le site officiel, c'est sur ce lien.

(*) Vélo Tout Terrain et Vélo Tout Chemin

mardi 5 avril 2011

Un site Internet à visiter

Le site Internet du Moulin de la Fée est de nouveau en ligne et actualisé.

Vous y trouverez de quoi vous faire une bonne idée de l'immense travail accompli par l'inventeur du concept de moulin à vent aérogénérateur entièrement automatique.

Et au moment où Fukushima fait trembler le Monde, à cause de la pollution planétaire et définitive à l'échelle humaine qui risque de se produire, vous découvrirez aussi, sur une des pages du site, qu'il vous est possible de devenir partenaire investisseur dans un projet touristique permettant de promouvoir la restauration des moulins à vent à des fins de production d'énergie électrique.

Bonne visite sur www.moulindelafee.com !  

jeudi 26 août 2010

Toilettes comme il faut

Tu auras un lieu hors du camp, et c'est là dehors que tu iras.
Tu auras parmi ton bagage un instrument, dont tu te serviras pour faire un creux et recouvrir tes excréments, quand tu voudras aller dehors.
Deutéronome 23:12,13.
Ou quand la Bible parle de choses sérieuses !

Nous avons tous des besoins quotidiens. A Liberté, Égalité, Fraternité on peut rajouter Manger, Digérer, Crotter.
"C'est chié ! Non ?" dirait Laurent Gerrat en imitant un ancien ministre de la Culture.

"C'est fondamental !" Nous avons toutes et tous l'obligation d'y aller, parce que nous mangeons. D’ailleurs, c’est expression d’une des règles fondamentales de la thermodynamique : aucun système viable ne peut fonctionner s’il n’est pas ouvert. En d’autres termes, pour qu’un système vive ou fonctionne, des choses doivent y rentrer, y transiter pour être transformées et d’autres choses doivent en sortir.

Dans l'économie du futur, nous ne pourrons pas nous permettre de gaspiller la moindre chose. Tout sera recyclé mais surtout, et c'est bien mieux, récupéré (*).
Déjà, aujourd'hui, les habitants de certains immeubles de Suède envisagent de pouvoir payer une partie des charges de copropriété par la vente de leurs urines, soigneusement séparée du "reste", car ce produit est très riche en phosphate. Les gisements de phosphate dans le Monde venant à s'épuiser (comme toutes les autres ressources naturelles, preuve que notre économie en l'état n'est que provisoire) les agriculteurs pourront s'approvisionner dans les villes.
Ce qui demeure un déchet à nos yeux, pourrait bien être regardé, d'ici quelques années, comme une source de revenu.

En tout cas, la chose est aussi sérieuse que l’alimentation, y compris dans les plus hautes sphères de l’administration mondiale, un fonctionnaire de l'ONU ayant, un jour, commencé un discours par : "L'Homme mange, l'Homme excrète".
Et que l'année 2008 ait été déclarée "Année internationale de l'assainissement" en est une autre preuve (voir la page 25 de ce rapport de l'AIA, qui parle du besoin de changement dans le domaine des égouts et du gisement d'emplois que ce changement pourrait générer).
Quant à cet autre rapport, de l'OMS, il présente de nombreuses techniques d'assainissement (à partir de la page 204, avec plein de petits dessins) peu coûteuses et génératrices d'engrais (lisons aussi la page 13 qui rend compte du problème des tabous sur le sujet).

Peu de gens sur Terre ont leurs toilettes équipées d’une chasse d’eau. Et encore heureux car la situation sanitaire mondiale serait bien pire que ce qu’elle est déjà !
Dans nombre de campagnes du Monde, l’habitude du compostage des excréments demeure.
Il y a quelques décennies encore, dans nos campagnes, la richesse d’un paysan se mesurait à la taille de son tas de fumier et son tas d’or, tous les jours, il l’augmentait de ses « bronzes », pour ne pas perdre d’argent. Le bon sens paysan !

Sans vouloir revenir en arrière ou, si vous préférez, forcément regarder derrière nous, des techniques modernes (**) peuvent nous permettre une gestion plus rationnelle des matières qui nous rappellent, péniblement pour certains, notre condition animale.

Alors, pour faire des économies et pour être écologique - ou l’inverse - si vous avez un jardin, pensez à l’agrémenter d’une petite cabane, au fond à droite, avec petit tas de compost attenant habité de locataires tranquilles (bactéries et vers), travaillant à vous fabriquer un substantiel apport pour votre potager.
De quoi, avouez-le, vous aider à vous régaler de votre (vos) production(s) que vous pourrez faire croitre ; jusqu'au juste optimum économico-écologique.

Je vous laisse ! Il faut que j’y aille.

(*) Il y a une différence entre recyclage et récupération : l'un consomme beaucoup plus d'énergie que l'autre.
(**) J'aurais dû parler de ces techniques dans l'article sur la technodiversité. Je n'avais pas posé osé.

mardi 23 mars 2010

Le vote utile

Chaque année depuis deux ans, à l'initiative de l'association Les Amis de la Terre, les internautes désignent les entreprises françaises qui ont eu les comportements environnementaux et sociaux les plus déplorables.

Le 24 novembre dernier, les prix pinnochio ont donc été décernés pour la deuxième fois.
Vous trouverez la liste de ceux qui avaient été nominés sous ce lien, avec la possibilité de vous informer du pourquoi de leur nomination : vous aurez juste à glisser la souris sur le nom de chaque entreprise pour connaître ses pratiques, au mieux délictuelles et au pire criminelles.

Nous avons de grands menteurs en France ! Il faut le savoir car il tremblent dès qu'ils sont découverts. Ainsi, vous pourrez constater en consultant le deuxième lien que le Crédit Agricole a eu vite fait de se désengager d'un investissement dans une entreprise vendant des armes à la Birmanie, simplement parce que Les Amis de la Terre avaient pointé du doigt ce fait scandaleux. Finalement, Internet peut avoir du bon.
Je vous invite à participer au vote de cette année, qui aura lieu sans doute à partir de septembre ou octobre, en vous connectant sur le site www.amisdelaterre.org .

mercredi 4 mars 2009

Un éditorial sorti de dessous les fagots

François Régis Hutin, le 21 février, nous a gratifié d'un éditorial de toute première qualité à la une de son Ouest France. Il a bien voulu republier un texte que lui a transmis un lecteur réellement préoccupé par la crise économique qui démarre. Ce texte date de 1972. Son auteur prévoit, rien de moins, ce que nous vivons aujourd'hui et donne des solutions pour éviter la crise que déjà il pressentait et qui, comme il avait prévu, vient de s'installer.

Quand on voit que nos politiques sont incapables pour remédier à la crise de présenter des solutions autres que celles préconisées par les économistes qui nous y ont conduit ;
Quand on voit que dans notre système en crise on continue à rémunérer grassement les traders, les économistes et les financiers de tous poils, qui au mieux de leur chance ne savent faire une prévision qu'à quelques heures ;
Quand on voit que dans ce système, on dénigre toujours en les ignorant ceux qui ont prévu il y a presque 40 ans ce qui arrive aujourd'hui ;
Quand on voit tout ça, et bien on peut se demander s'il ne serait pas venu le temps de virer "les responsables", par la révolution s'il le faut, pour pouvoir garder une chance de sauver l'Humanité de la ruine totale.
Pourquoi nos dirigeants ne mettent-ils pas en œuvre les solutions proposées par ceux qui ne se sont pas trompés ? Comme ceux du Club de Rome (*) par exemple.
Pourquoi s'acharnent-ils à écouter les conseils des crétins qui ont fait preuve de la plus grande incompétence de l'Histoire ? 

En tout cas, pour une fois, vantons les mérites d'un journaliste, qui a bien voulu considérer qu'une "information" pouvait être donnée par un citoyen du peuple, parmi lequel il se trouve des personnes bien plus lucides, informées et intelligentes que nombre de celles que l'on peut trouver dans "l'élite" financiaro-politico-journalistique parisienne.
Merci donc à Monsieur Hutin. Tant de bon sens est rare parmi les gens de son métier.
Et voici à la suite son dernier éditorial.

L'éditorial d'OUEST FRANCE du 21 février 2009

(*) A propos du rapport du Club de Rome de 1972 : Ardu à lire mais hautement intéressant, comme tout le site d'ailleurs. Juste un peu trop scientiste parfois.

mercredi 10 décembre 2008

La cuisine au Soleil

De nos jours encore, un tiers de l'Humanité reste contrainte à utiliser le bois pour la cuisson de ses aliments.
Cette chose si banale et si vitale à la fois pose maintenant un immense problème écologique. En Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, la forêt recule en partie à cause de la gourmandise en bois des foyers des cuisines.
Il y a aussi un problème social grave, car la corvée de bois incombe souvent aux femmes, ainsi qu'aux enfants qui ne peuvent pas de ce fait aller à l'école.

Vers 1980, lors d'un Dossiers de l'Ecran (*), un invité du débat d'après-film avait suscité l'étonnement en affirmant qu'un des principaux défis de l'Humanité pour le siècle à venir, serait d'arriver à cuire sa nourriture.
Un quart de siècle après cette émission, il faut bien reconnaître que la "prédiction" se révèle vraie, tant aux dimensions écologiques et sociales du problème, s'ajoute aujourd'hui une dimension économique. En effet, des deux à trois milliards d'humains utilisant le bois pour cuire leurs aliments, une part non négligeable doit choisir entre acheter de quoi manger sans pouvoir en assurer la cuisson, ou bien acheter de quoi faire cuire ce qui ne peut plus être acheté pour remplir les gamelles.
Cependant, même en mangeant un jour sur deux, nos pauvres congénères font, malgré eux, que la forêt continue à disparaître, avec la plupart du temps en Afrique, le désert qui s'installe à sa place.

C'est pourquoi, il faut louer et aider les associations comme BOLIVIA INTI, qui forment des habitants de divers pays de par le Monde, à la technique de la cuisson solaire.
Les méthodes de cuisson enseignées sont simples à mettre en oeuvre pour la plupart, peu coûteuses, bénéfiques pour la vie sociale, capables de générer des industries locales de fabrication de cuiseurs solaires, le tout en protégeant l'environnement.

Voilà un bon début pour l'écodouble, d'où l'intérêt qu'il y a à encourager et aider une telle association.
Et rien ne nous empêche de nous aussi cuisiner solaire, au moins de temps en temps, pour le plaisir : C'est magique !

 

(*) Les Dossiers de l'Ecran : Émission de télévision célèbre, organisée en deux parties. qui dura de 1967 à 1991. Après la diffusion d'un film, s'ensuivait un débat entre quelques invités choisis pour leurs connaissances sur le sujet du film.