Au matin du 6 août, entre 6H00 et 10H30, à Saint-Hilaire-de-Riez, le club vendéen d’astronomie organisait le suivi en direct de l’amarsissage de Curiosity.

C’était génial ! Avec de magnifiques images de synthèses, des chronomètres en compte à rebours, des silences, des applaudissements. On se pensait là-bas, dans la salle de contrôle. Voire même la-haut, sur Mars !

Cela m’a rappelé les missions Apollo de 71 et 72, quand j’étais gamin. La belle aventure que c’était !
La différence entre cette époque et aujourd’hui : les ordinateurs aux pupitres des ingénieurs et la présence de nombreuses femmes ; dont celle qui a trouvé le nom de la sonde.
Sinon, c’était la même belle aventure qui continuait, avec successions d’angoisses et de soulagements, au fur-et-à-mesure des étapes avant le posé final. Et lorsque celui-ci a été confirmé, ici sur Terre, 7 minutes après sa réalisation sur la planète rouge, ce fut l'explosion de joie, à Pasadena, comme à St Hilaire mais aussi, sans doute, dans un lieu près de Paris, à Toulouse et dans les autres endroits du Monde où des gens s'étaient rassemblés pour suivre l'évènement.

À la médiathèque de St Hilaire, un astronome et deux astrophysiciens, passionnés et passionnants, nous ont fait vivre le moment. Leur enthousiasme très communicatif a ravi le public. Merci à eux ! Un jeune dans l'auditoire m'a amusé. Il n'arrêtait pas de dire : "Quelle chance j'ai ! Quelle chance j'ai ! d'être là".

En tout cas, durant la conférence de presse en Californie, qui a suivi l'amarsissage, un des patrons de la mission a rappelé qu’il n’y avait pas que les USA derrière Curiosity. Et il a bien insisté sur ce fait.
De fait, nous pouvons conclure que c’est l’Humanité qui envoie Curiosity.
Mais alors ! que de belles choses pourraient être faites dans un monde de coopération totale ! Avec de beaux rêves à la clé !

Mais venons-en maintenant à des considérations de vocabulaire.
Devons-nous dire que la sonde Curiosity a atterri ou bien qu'elle a amarsi ?
La question peut paraître futile, voire même imbécile, mais personnellement je la trouve aussi importante que cette autre : "Avons nous le droit d'envoyer du plutonium sur Mars ?", même si ce plutonium sert à fournir l'énergie de la sonde (en lien l'opinion de gen4 à ce propos, opinion que je ne partage pas complètement, car Mars n'abrite plus de vie).

Et bien je répondrai comme suit à cette question de vocabulaire.
Nous pouvons penser que l’anglais domine dans les échanges internationaux, entre autres choses par sa faculté à inventer des mots, cela afin de désigner sans ambiguïté des objets nouveaux ou des actions nouvelles.
Heureusement, le français n’est pas encore une langue morte, et l’apparition du verbe alunir en est une preuve, puisque ce verbe "arriva naturellement dans la langue", pour finalement être adopté, lorsqu'il fut nécessaire de parler du posé d’un objet à la surface de notre satellite, parce que ce posé allait se produire.

Dès lors, l'arrivée du verbe "amarsir" me semble aller dans la même logique d’enrichissement du vocabulaire. Et les éventuelles arrivées d' "avénussir" et d' "amercurir" aussi.
Par contre, les posés sur Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune étant impossibles puisque ces planètes sont gazeuses, les verbes associés n’ont pas lieu d’être créés ; ni les noms dérivés d'ailleurs.
Pour d’éventuels posés sur Pluton, Eris, Cérès ou les autres planètes naines, ainsi que des posés sur tous les satellites des géantes de notre système solaire, voire même sur Charon, je pense qu’il n’est pas non plus souhaitable de former les verbes découlant des noms des astres. On peut en fait se contenter de parler de posés ; posé, souhaitable de par les chances d'y trouver de la vie, sur Europe, ou sur Makemake, par exemple.

Pour des astres en dehors du système solaire, la question ne se pose pas encore.
Personnellement, je pense d’ailleurs qu’elle ne se posera jamais. Ils sont et resteront hors de notre portée vu l’état de notre économie et celui de nos ressources naturelles. Mais ce n’est qu’une petite théorie amusante ; que je suis tout de même prêt à défendre bec-et-ongles.
Entre parenthèses, je crois, pour les même raisons d'épuisement des ressources, qu'il ne sera même jamais question d'envoyer autre chose que des sondes sur les planètes de notre Soleil. Les Humains resteront bien sur Terre. Les visites sur la Lune, avec peut-être celle(s) que tentera le Parti Communiste chinois, dans le but de rouler des mécaniques, resteront des exceptions.

Je finirai en disant que je crois me souvenir qu’une de mes profs de français, au collège, nous avait dit que le premier groupe de la conjugaison française était ouvert pour pouvoir accepter tous les nouveaux verbes, tandis que le deuxième et le troisième groupe étaient des groupes fermés.
Mais alors ! pourquoi donc tous ces nouveaux verbes d’astronautique sont-ils du deuxième groupe ?
Y aurait-il ainsi à chaque règle une exception qui la confirme ?
Et par là, y aurait-il quelque espoir pour que l'Humanité vive encore longtemps ? parce qu'elle arrivera à comprendre qu'il faut arrêter de toute urgence avec la règle qui est la notre, à nous Humains, de toujours s'employer à détruire La Nature ; ce qui pourrait peut-être nous laisser le temps d’accéder aux techniques nécessaires pour des voyages interplanétaires.
En d'autres termes, est-ce que je me trompe ? à vouloir croire aux conclusions des vrais scientifiques et des vrais penseurs des deux derniers siècles et de celui en cours, qui savent notre dépendance envers la Nature.

Si quelqu’un peut répondre à toutes ces questions, merci de le faire.