Si vous passez à Saint-Lyphard, au bord des marais de Brière en Loire-Atlantique, arrêtez-vous donc au Moulin de la fée. (*)
Cet ancien moulin à vent, construit dans le hameau de Kerbourg, à quelques distances d'un magnifique dolmen, est l'objet depuis 2000 d'une remarquable et prometteuse restauration. Il a été transformé en aérogénérateur entièrement automatisé (**) par son propriétaire, qui a assuré lui-même la conception et la réalisation, avec passion et abnégation. Le résultat est là !
Alliant techniques anciennes et récentes, comme entre autres, des ailes Berton en bois inventées au milieu de XIXème siècle couplées à un aimant permanent avec un onduleur truffé d'électronique, ce prototype en phase ultime de mise au point est unique au monde. Il constitue un espoir pour démontrer la validité du concept de production d'énergie renouvelable à petite échelle, qui de surcroît, réhabilite le patrimoine bâti ancien par la même occasion.

Mais maintenant, il ne reste plus qu'à trouver le moyen de produire en série, des kits aérogénérateurs fabriqués sur la base de ce prototype. L'affaire est ardue !
Il y a trois ans environ, lorsque à Saint-Nazaire tout proche, les Chantiers de l'Atlantique battaient de l'aile, un partenariat d'entreprises sous-traitantes de la construction navale avait failli voir le jour sous la houlette d'un de mes collègues géologue.
Quand les Chantiers furent rachetés, tout tomba à l'eau : le nouveau propriétaire promettait 10 ans de travail à ses sous-traitants.
Seulement voilà ! 10 ans dans notre économie productiviste à outrance, ça peut être plus court que ... 10 ans. Aujourd'hui, les Chantiers rebattent de l'aile. Il faut donc espérer que le souvenir du Moulin de la fée reviendra à l'esprit de certains patrons désenchantés par la crise actuelle. Ils pourraient alors se lancer dans la construction de kit à l'échelle industrielle.
Des propriétaires, des associations ou des communautés, partout dans le Monde, attendent en effet un tel équipement, pour voir leur moulin s'animer de nouveau.
Après un investissement de départ assez conséquent certes, pour restaurer et adapter la maçonnerie ainsi que pour acheter le kit, ils auraient la possibilité de produire et vendre de l'énergie renouvelable, à un prix qui ira en augmentant, c'est sûr.
De plus, c'est un grand nombre d'emplois de techniciens de maintenance qui pourraient voir le jour.

Enfin ! Même si cela semble difficile, l'espoir est permis ! EDF semble vouloir piloter la restauration d'une centaine de moulins en France.
Les moulins auraient donc la possibilité de retourner, non plus pour moudre du grain mais pour générer la fée électricité. Et pour cela, toute une activité naitrait, s'inscrivant parfaitement dans le cadre de l'écodouble. Il faut s'en réjouir.

En tout cas n'hésitez pas, vous qui passez sur la Route 51, entre Guérande et Saint-Lyphard, à droite, à la hauteur de Kerbourg ! Vous verrez ! Il y a un moulin avec des ailes blanches et une girouette sur son toit, bien dans le vent.
Vous pourrez le visiter pour un petit prix si vous vous annoncez (***), à la suite de quoi, il vous sera possible de manger dans le petit resto qui va ouvrir dans la maisonette qui lui est accolée.
Bonne visite, avec en tête la devise du Moulin de la Fée : Bonheur, bonne humeur, bon temps, bon vent.    

(*) Sur Google Earth, coordonnées : 47° 21' 51.84" N ; 2° 21' 41.37" O
(**) Dans l'article de ce lien, il faut lire : "50000 kWh à 70000 kWh" et non "50000 kW à 70000 kW". (L'énergie produite, n'est pas la puissance fournie. L'énergie produite, en kiloWattheure, est calculée en multipliant la puissance, en kiloWatt, par le nombre d'heures de fonctionnement du moulin.)
Le Moulin de la Fée a été adapté au faibles et moyens vents. Il peut donc fonctionner jusqu'à 6500 heures par an, avec une puissance maximum limitée à 20 kW. Cela correspond à un revenu de 5000 euros à l'année.
Le prototype du Moulin de la Fée est évolutif. Pour l'instant, il est réglé pour produire 1 kW dès que le vent atteind 2 mètres par seconde. C'est dans les vents moyens qu'il est à son optimum. Ce prototype est donc tout le contraire des énormes éoliennes qui tournent désormais dans nos campagnes. Il est plutôt leur complémentaire.
(***) Renseignements au 06 74 54 08 47, à partir de Mars.