Pour le Monde d'après

Pour "le monde d’après" tant de fois évoqué durant le confinement du printemps dernier, si tant est qu'il y en ait un qui advienne, puisque son avènement dépendra en grande partie de l’honnêteté, de la capacité de remise en question et, donc, de l'intelligence de nos dirigeants (et là c'est pas gagné !) il est nécessaire de changer quantité de choses en matière économique, en particulier les pratiques qui nous ont engagées dans la spirale négative de l'épuisement des ressources et du réchauffement climatique, qui nuisent très gravement à nos intérêts sur le long terme. Et je ne parle pas seulement de nos intérêts financiers : Je parle avant tout de notre intérêt à pouvoir bénéficier d'un monde capable de nous permettre de vivre en paix, au sein d'une société de solidarité respectueuse des écosystèmes terrestres.

En tout premier lieu, ce qu'il faut changer, c'est le principe de fonctionnement de l'agriculture, car, "secteur primaire" par définition, elle est à la base de tout le reste de l'économie.
Et c'est le moins qu'on puisse dire aujourd'hui, l'agriculture déconne !
Il n'est que de constater la situations économiques, sociales et environnementales dans ce secteur. Ainsi, celles et ceux qui travaillent dans les champs, partout dans le Monde, sont sous-payés, endettés et contraints, par des lobbys industriels omnipotents, à polluer sols, eau et air et, dans les pays dits riches, obligés de consommer des quantité astronomiques d'énergie fossile.

En Europe, l'agriculture déconne parce qu'elle détruit les haies et les mares, pollue à tout craint - on ne le répétera jamais assez - par l’épandage en quantité de miriades de pesticides différents, éliminant ainsi des pans entiers de notre biodiversité, augmentant l'érosion des sols arables et diminuant la ressource en eau potable.
Ensuite, elle déconne à l'échelle de la Planète ! Pour s'en convaincre, il suffit juste d’évoquer les faits suivants :
- les vaches que nous élevons en Europe dépendent de production de soja qui poussent en Amérique du Sud sur des terres qui étaient occupées, il y a peu de temps encore, par la forêt amazonienne et son incommensurable biodiversité, la destruction de cette forêt et le transport du soja accélérant considérablement le réchauffement climatique ;
- la monoculture du maïs pratiquée en Europe ne fourni pas de protéines et elle parvient souvent - c'est fou ! avec dix passages de tracteur avant les semailles, à consommer plus de joules-pétrole qu'elle ne produit de joules-nourriture au final 1.
Enfin, pour finir de se persuader de l'absurdité du système agricole mondial, il n'est que de constater - c'est très bien documenté, que les atteintes portées aux différentes biodiversités partout sur la Planète, accélèrent le rythme des épidémies, tant humaines qu'animales 2, puisque les épizooties sont de plus en plus fréquentes elles aussi, dans les élevages concentrationnaires, barbares, cruels, véritables ignominies, réacteurs à pathogènes potentiels, tout autant que le sont les marchés africains et asiatiques de viandes de brousses et d'animaux vivants soumis à aucun contrôle sanitaire. Les ébolas, covids et autres non encore connus ou pas encore apparus ont de beaux jours devant eux.

Il va donc falloir (juste si nous voulons vivre, ou, par altruisme minimal, si nous voulons assurer l'avenir de "nos chers bambins") se mobiliser pour imposer à nos gouvernants une grosse réforme et tant pis si cela revient à nuire à quelques ploutocrates dont je ne suis pas loin de souhaiter les voir au gibet s'ils continuent à corrompre nos dirigeants afin que toutes les lois nouvelles soient rédigées dans le seul but d'assurer leurs intérêts financiers.

Je propose donc que nos gouvernants s'occupent d'ores-et-déjà, en plein cette crise financière, économique et énergétique qui suit le confinement, de prendre les dispositions qui suivent et qui vont permettre le démarrage d'une économie salvatrice :
- l'interdiction totale de tous les pesticides ;
- le partage des fermes pour que plus aucune ne fasse une surface supérieures à 40 hectares (à 5 ou 6 hectares prés, suivant les configurations géographiques) et légiférer pour que sur chaque exploitation il y ait au moins un emploi pour dix hectares et que cet emploi soit justement rémunéré ;
- l'interdiction de la spéculation sur les denrées agricoles ;
- l'interdiction de la chasse ;
- la ré-introduction de grands prédateurs ;
- l'interdiction de l'élevage intensif en batteries ;
- l'interdiction du labourage ;
- l'Interdiction de l'épandage de lisiers et de méthanisats ;
- la remise à l'honneur du tas de fumier mais sous hangar (pour éviter la lixiviation par les eaux de pluie) ;
- l’interdiction des tracteurs de plus de 100 chevaux vapeur (73,6 kW) ;
- installation d'un abattoir dans chaque canton ;
- interdiction du transport, en vue d'abattage, d'animaux d'élevages sur plus de 15 kilomètres (ce qui implique la fermeture des abattoirs industriels) ;
- suppression de l'abusus dans le droit de la propriété privé, notamment pour ce qui est des sols, des haies, des murs en pierre sèche (sauf dans le cas d'une reconstruction ailleurs d'un linéaire égal), des bois et forêts, des plans d'eau, des cours d'eau et des bâtiments en terre, bois, paille, pierre et bique pleine ;
- encouragement à la polyculture et au poly-élevage extensif dans chaque ferme ;
- encouragement de la vente à la ferme ;
- encouragement aux commerces de proximité ;
- surtaxation des produits vendus en grandes surfaces ;
- encouragement à l’exode urbain ;
- interdiction des ordinateurs à l'école ;
- ré-installation des tableaux noirs dans les classes ;
- cours de jardinage au primaire et au collège ;
- encouragement à l'économie locale par la relocalisation des services publics ;
- arrêt total des délocalisations de cultures et d'élevages (chaque ferme doit "faire un peu de tout") ;
- installation dans chaque canton d'une pépinière de conservation et de commercialisation des plantes et arbres autochtones (hors espèces protégés) en privilégiant les emplois adaptés ;
- interdiction pour les jardineries et commerces en lignes de vendre des plantes allochtones.

Quand l'agriculture ne déconnera plus parce que elle aura été réformée, l'industrie et les services n'auront d'autre choix que de se réformer par eux mêmes.



1 Pour cela, la déplétion pétrolière bien entamée devrait mettre un peu d'ordre mais le prix économique et social risque bien d'être immense si la logique ne change pas grâce à une vigoureuse action de nos dirigeants en ce sens.
2 Les nuisibles que sont les chats domestiques qui errent dans les campagnes portent déjà le Covid-19. Et dans les forêts d'Asie, les humains s'affairent à exploiter tout ce qu'ils y trouvent sans se soucier des conséquences sanitaires très probables, comme l'explique Didier Sicard, professeur émérite à Sorbonne-Université, spécialiste des maladies infectieuses.

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