Pour la Petite Histoire

Mon boulot d'avant me menait parfois dans des lieux incroyables ; et Kerguelen fut le plus marquant de ces lieux, le plus magique : mes pensées y sont toujours.

En ce lendemain de décès présidentiel, je me souviens qu'en 2007, j'ai fait un diagnostic d'un mur du Château d'Estaing.
Ce mur de l'enceinte penchait "sévère" et, du reste, il penche toujours ; du moins il penchait encore il y a trois ans en arrière, date à laquelle je suis repassé sur le site en famille.
Mon boulot de cartographie du toit rocheux autour de ce mur fut si précis (données recueillies avec astuces et finesse, à l'aide de tiges de ferraille et divers objets sans valeurs, souvent récupérés ça et là, qui sédimentaient toujours dans ma caisse à roulettes de "bricolo"), et mon avis sur le mur si argumenté, que l'Architecte en Chef des Monuments Historique (lequel m'avais pris entre "qat-yeux" au bigophone pour me demander, la veille du début de mon intervention, d'être exemplaire dans ma conduite sur site - j'eue l'impression d'être un gamin à ce moment là !) ne nous passa pas commande de la très grosse campagne de sondages de sols qui devait suivre et dont mon chef se faisait déjà une méga joie à l'idée de la somme qu'il allait pouvoir en tirer.
Ainsi, à cause de moi, il ne fut pas nécessaire d'engager la grosse artillerie très rentable des sondeuses de sols. Il en résulta que mon chef me lyncha.
Cependant, et c'est le plus important, je fis ainsi économiser du pétrole ; et beaucoup d'argent à l’État, qui paye en partie les travaux sur les MoHists privés.
D'ailleurs, l'adjoint de l'Archi me félicita ; un Archi Chef des MH ne s'abaissant jamais à faire des compliments ; quoique qu'un m'en fit tout de même, un jour, à Dinard ; et puis aussi un autre à Châteaugiron. Mais bon ! je ne suis pas là pour me lancer des fleurs. Hein !?!

Durant mon diag qui nécessita plusieurs jours sur place, j'eue l'occasion de visiter le présidentiel château-de-famille-très-éloignée (la particule de Valéry fut rachetée par son père vers 1920, grâce à un lien au 17ème degré qu'il avait, si je me souviens bien, avec une cousine ou nièce de Louis XV).
Ce qui me plu le plus, ce fut quand je rentrai dans la pièce très haute, comportant un linéaire impressionnant d'étagères en bois, toutes vides, mais qui étaient destinées, me dit-on, à stocker les archives de l'auguste président. Là, le plancher était en très larges planches de peuplier, si usées par les chaussures des siècles passés, que les nœuds faisaient tous comme des bulles prêtes à sortir du sol en une sublime patine. Je rêve depuis d'avoir un plancher comme ça chez moi (Sauf qu'il faudrait d'abord que je songe à devenir président ! Et que je le devienne ! pour pouvoir me le payer, le loto n'étant pas une option, puisque je n'y joue pas).
Mais j'allai aussi dans le salon du sieur, où une plus que magnifique cheminée du XVIème, toute en pierres finement sculptées, était en train d'être remontée à sa place initiale (un abbé du couvent, que fut jadis le château, l'avait voulu, au XIXème, dans son logement situé dans une autre aile du monument) par des maîtres maçons "tip-top" (des gars qui ne font pas du béton mais plutôt du terre-chaux), et donc le plafond à la française, avec des poutres en chêne dont j'vous dis pas la longueur, ni la section en rapport (Lois de la Physique obligent), venait d'être refait.
A l'époque, j'amusais souvent la galerie avec des imitations d'hommes politiques. Mais je n'avais jamais réussi à faire un VGE correct.
Et bien, vous le croirez ou pas, en entrant dans ce salon tout en travaux, mais dont on devinait la superbe pièce qu'il allait être, j'ai senti "que la voix me venait" ; et je m'empressai alors de dire mon admiration pour le lieu et le travail déjà fait avec la voix du taulier-président ! Ce fut si réussi que des rirent vinrent ; et il me fut demandé de faire mon numéro habituel, inspiré par l'actualité d'alors (genre Guignols de l'info) ; ce que je fis avec plaisir.

Enfin ! Tout ça pour dire, in fine, une réalité qui sera peut-être mal reçue : le propriétaire des lieux, s'y connaissait en finance !
Il lui fallut en effet 10 mois pour payer la petite facture qui lui fut présentée pour "Mon" étude ; dont je rédigeai le rapport en temps masqué car je voulais très bien faire (celles et ceux qui ont sur le dos, toute la sainte journée, des contrôleurs de gestion - bons soldats du néolibéralisme tant loué par le défunt élyséen - comprendront ce que je veux dire). Le sire ne paya que lorsqu'il fut menacé d'une procédure.

Les riches sont riches car, bien souvent, ils ne payent pas ; ou très mal ; ou très en retard.
Et remarquez que je n'écris pas qu'en quittant ce bas monde, le haut personnage fait faire, pour une fois, de véritables économies au budget de l’État : entre son statu d'ancien et celui d'académicien, le gars nous coûtait un bras. ... ??! Oups ! Ben je l'ai écrit. Mais c'était à l'insu de mon plein gré, soyez en sûrs !
En fait, les jeunes présidents, ça coûte cher. Et on va s'en rendre compte encore une fois avec Bel-Ami. Surtout si ce dernier devient un des 40 dormeurs immortels après qu'il aura été "l'acheveur" de tous les services publics et contre-pouvoirs qui restent encore institutionnellement dans notre pays.
On ne devrait élire que des "vieux" ; seulement des vieux que les ans ont fait sages ; ce qui nous éviterait d'avoir à subir les coups bas de gens qui se disaient gouvernants alors que, l'élection passée, par leurs mensonges que l'on découvre chaque jours de leurs mandats, leurs trahisons successives, leurs abus de pouvoir et leur manque de conscience, il apparaît au grand jour qu'ils ne sont que des valets pervers de la finance mondialisée.

Voilà ! C'était un article pour la Petite Histoire. "Petite Histoire" avec des majuscules tout de même.

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