La semaine dernière, notre-bon-président, flanqué des ministres de l'agriculture et de l'écologie ainsi que de quelques autres invités et non-invités, est allé faire une danse de la pluie en Charente, pour annoncer des mesures sensées pouvoir lutter contre les conséquences de la sécheresse actuelle.

Quelques jours après, c'est-à-dire ce week-end, il pleuvait : Il est très fort !

Du moins à ce qu'il semble dans l'immédiat ! car sur le fond, il n'a rien changé.
Les nappes, les cours d'eau, les étangs, ne se rempliront pas avec les pluies de ces derniers jours et rien n'est résolu pour le futur. Ces précipitations ne seront qu'un court répit !
Lors de ce déplacement, le roi-chaman et sa cour n'auront parler que d'argent, assurer mettre l'Armée et la SNCF à disposition pour transporter des fourrages et de la paille et dire qu'ils organisaient la solidarité entre les agriculteurs.
Surtout, ils n'auront pas parlé de changer quoi que ce soit au système de l'industrie-agricole très destructrice d'environnement, gourmande en eau et en énergie.
En fait, ils ont juste dit qu'il fallait mettre un pansement sur une jambe ... en plastique.

Et pourtant ! Il y avait bien d'autres choses à dire, le contexte révélant les faiblesses de notre système.
Par exemple, s'ils avaient été de bons dirigeants, ils auraient évoqué le problème de la monoculture et de la spécialisation des exploitations agricoles. Ils auraient critiqué le fait que le maïs "moderne" nécessite de l'eau, beaucoup d'eau, et donc de l'irrigation, surtout en période de sécheresse.
Mais plus que tout, ils auraient dû remarquer et parler du paysage désertique engendré par cette agriculture-industrielle qu'ils cherchent à maintenir, simplement parce qu'ils sont pour cela grassement payés par des lobbies, à savoir ceux des semences, des engrais, des pesticides, de la viande, des transports et de la grande distribution.

Au lieu de constater cela, ils n'ont rien vu !
Et je vais même jusqu'à dire qu'ils n'ont rien voulu voir ! car Madame le Ministre de l'écologie, en tant que polytechnicienne ingénieur des Eaux et Forêts, est tout à fait à même de voir ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure : dans la région où ils étaient, en Charente, il n'y a pas un arbre ; et, par voie de conséquence, pas de haie non plus.

Ainsi, vous pouvez faire plusieurs kilomètres le long de n'importe quelle petite route de cette région - et c'est la même chose dans nombre de secteurs de notre Pays - sans passer à côté d'un arbre : Les agriculteurs-industriels les ont tout coupés.
Tout est plan dans cette région ; il n'y a plus de troisième dimension ; mis à part des clochers et des châteaux d'eau, tours minérales entourées de platitudes minérales.
Les rares limites de champs ne se distinguent que lorsque il y a changement d'orientation des sillons ou changement de culture, ou mieux, quand un fossé a été creusé, bien rectiligne, afin d'évacuer très efficacement et rapidement l'eau de ruissellement.
La terre est mise à nu ! Pas la moindre couverture de paillage ou de végétation autre que celle résultant de l'emblavement n'est tolérée alors que pourtant de telles couvertures réduiraient le dessèchement sous le soleil.

Allez ! pour faire court, ils auraient dû annoncer que la France a désormais une priorité :

Planter, sous la gouverne d'écologues, des chênes, châtaigniers, frênes, charmes, sureaux, aubépines, saules, noisetiers, merisiers, etc, etc, tout autour des champs, après en avoir réduit les surfaces à 2 ou 3 hectares au maximum.

Tout cela afin d'essayer de contrer les effets des futures sécheresses, pour créer de l'emploi et une nouvelle filière bois, pour améliorer la qualité et les quantités d'eau dans les nappes, pour diminuer l'érosion des sols, pour favoriser la biodiversité, pour bonifier le paysage, etc, etc.