Tu auras un lieu hors du camp, et c'est là dehors que tu iras.
Tu auras parmi ton bagage un instrument, dont tu te serviras pour faire un creux et recouvrir tes excréments, quand tu voudras aller dehors.
Deutéronome 23:12,13.
Ou quand la Bible parle de choses sérieuses !

Nous avons tous des besoins quotidiens. A Liberté, Égalité, Fraternité on peut rajouter Manger, Digérer, Crotter.
"C'est chié ! Non ?" dirait Laurent Gerrat en imitant un ancien ministre de la Culture.

"C'est fondamental !" Nous avons toutes et tous l'obligation d'y aller, parce que nous mangeons. D’ailleurs, c’est expression d’une des règles fondamentales de la thermodynamique : aucun système viable ne peut fonctionner s’il n’est pas ouvert. En d’autres termes, pour qu’un système vive ou fonctionne, des choses doivent y rentrer, y transiter pour être transformées et d’autres choses doivent en sortir.

Dans l'économie du futur, nous ne pourrons pas nous permettre de gaspiller la moindre chose. Tout sera recyclé mais surtout, et c'est bien mieux, récupéré (*).
Déjà, aujourd'hui, les habitants de certains immeubles de Suède envisagent de pouvoir payer une partie des charges de copropriété par la vente de leurs urines, soigneusement séparée du "reste", car ce produit est très riche en phosphate. Les gisements de phosphate dans le Monde venant à s'épuiser (comme toutes les autres ressources naturelles, preuve que notre économie en l'état n'est que provisoire) les agriculteurs pourront s'approvisionner dans les villes.
Ce qui demeure un déchet à nos yeux, pourrait bien être regardé, d'ici quelques années, comme une source de revenu.

En tout cas, la chose est aussi sérieuse que l’alimentation, y compris dans les plus hautes sphères de l’administration mondiale, un fonctionnaire de l'ONU ayant, un jour, commencé un discours par : "L'Homme mange, l'Homme excrète".
Et que l'année 2008 ait été déclarée "Année internationale de l'assainissement" en est une autre preuve (voir la page 25 de ce rapport de l'AIA, qui parle du besoin de changement dans le domaine des égouts et du gisement d'emplois que ce changement pourrait générer).
Quant à cet autre rapport, de l'OMS, il présente de nombreuses techniques d'assainissement (à partir de la page 204, avec plein de petits dessins) peu coûteuses et génératrices d'engrais (lisons aussi la page 13 qui rend compte du problème des tabous sur le sujet).

Peu de gens sur Terre ont leurs toilettes équipées d’une chasse d’eau. Et encore heureux car la situation sanitaire mondiale serait bien pire que ce qu’elle est déjà !
Dans nombre de campagnes du Monde, l’habitude du compostage des excréments demeure.
Il y a quelques décennies encore, dans nos campagnes, la richesse d’un paysan se mesurait à la taille de son tas de fumier et son tas d’or, tous les jours, il l’augmentait de ses « bronzes », pour ne pas perdre d’argent. Le bon sens paysan !

Sans vouloir revenir en arrière ou, si vous préférez, forcément regarder derrière nous, des techniques modernes (**) peuvent nous permettre une gestion plus rationnelle des matières qui nous rappellent, péniblement pour certains, notre condition animale.

Alors, pour faire des économies et pour être écologique - ou l’inverse - si vous avez un jardin, pensez à l’agrémenter d’une petite cabane, au fond à droite, avec petit tas de compost attenant habité de locataires tranquilles (bactéries et vers), travaillant à vous fabriquer un substantiel apport pour votre potager.
De quoi, avouez-le, vous aider à vous régaler de votre (vos) production(s) que vous pourrez faire croitre ; jusqu'au juste optimum économico-écologique.

Je vous laisse ! Il faut que j’y aille.

(*) Il y a une différence entre recyclage et récupération : l'un consomme beaucoup plus d'énergie que l'autre.
(**) J'aurais dû parler de ces techniques dans l'article sur la technodiversité. Je n'avais pas posé osé.