Avertissement :
J'ai voulu retravailler un texte déjà paru sur ce blog : je le trouvais un peu lourd et très maladroit dans sa première version. Et puis la réflexion que ce texte provoque chez moi me semble toujours d'actualité. Et puis aussi, j'aime bien voyager dans le ciel.
Certaines de mes connaissances n'apprécieront sans doute pas cette réédition car elles n'avaient pas aimé la première mouture. Mais bon ! Tant pis.

Le grand spectacle d’une nuit d’été sans nuage se regarde en levant la tête.

Près d’un réverbère nous pourrons voir des insectes et parfois les chauves-souris qui les chassent ; sur un chemin de campagne, nous apercevrons l’ombre blanche d’une chouette silencieuse ou, plus haut, des canards sauvages bien moins discrets.
C’est la couche supérieure de la biosphère qui s’offre ainsi à nous.

Au-dessus, à cause de l'intense trafic aérien qui caractérise notre époque, immanquablement, des clignotements signaleront un ou plusieurs avions. Parfois, plus éloigné encore, comme tiré par une ficelle invisible, le point lumineux d'un satellite artificiel glissera sur la voute et s'éteindra.
Mais même si avions et satellites intègrent le meilleur de notre technologie, ils restent relativement très peu éloignés, dans « l'humano-technosphère » désespérément petite.

Au-delà, sur le noir, trône la Lune bien en avant du flou de La Voie lactée ponctuée de ses quelques centaines d'étoiles visibles à l'œil nu, au milieu desquelles certaines planètes de notre Soleil se camouflent par leur lenteur à se déplacer.
Avec un peu de chance, nous pourrons aussi admirer le trait lumineux d'une météorite entrant dans l'atmosphère ou bien contempler une comète.
Partout l'Univers s'étale !
Inaccessible au-delà de la technosphère !??
Il a sa Constante : l'ensemble des Lois de la Physique.
Il contient, groupées en galaxies, des milliards de milliards de dollars d'étoiles avec, pour un grand nombre d'entre elles, un système planétaire, des exoplanètes étant découvertes très régulièrement depuis quelques années. On en dénombre plus de 400 désormais. En 2009, l’une d’entre elles, de deux fois la masse terrestre, a ainsi été découverte à « quelques » encablures : 20,5 années lumière, autour de la naine rouge Gliese 581.

Mais si le spectacle que je viens de décrire dans les lignes qui précèdent s'avère déjà infini, il n'en demeure pas moins que nous ne verrons rien d'autre ! J'entends par là qu'aucune soucoupe volante pilotée par des extra-terrestres n'entrera jamais dans notre champ de vision.

Pourtant, une seule chose parait évidente pour le géologue que je suis : Ailleurs dans l'Univers, des planètes portent la vie, avec pour la régir, les mêmes "Lois de la Nature" qu'ici bas.
Dans ces endroits il y a comme "chez nous" des chaînes alimentaires avec, au bout de chacune, un super prédateur.

Et par le fait qu'il existe un nombre considérable d'étoiles (que déjà elles sont 4% à être du type G, le type de notre Soleil), le nombre de planètes qui peuvent présenter des conditions favorables à la vie est immense. Et là où la vie est effectivement apparue, même si nous tenons compte des inévitables décalages chronologiques entre les "dates" de son apparition sur chacune d'entre elles, et bien il est certain que des êtres doués d'intelligence existent ailleurs, à l'instant où vous lisez ces lignes, fruits d'autres évolutions biologiques mais qui, je le rappelle, auront respecté les Lois de la Physique.

En tout cas sur Terre, à l’instant du temps qui est le nôtre, le prédateur c'est nous : Homo sapiens sapiens, conscient de lui-même. Ailleurs, ce sera pourquoi pas "G Magellan 53219 (1) Carnivora rex" s'il n'est qu'un simple mangeur de viande et "G Vierge 33133 (1) Autochtonus sapiens" si, comme nous, il pense.

Mais pourquoi alors n'y a t-il pas des extra-terrestres qui viennent nous visiter ?

Pour moi, la réponse tient dans la petite théorie suivante :
Nous ne recevons pas la visite d'extra-terrestres parce que sur une planète où un être intelligent et conscient apparaît, ce dernier développe une économie qui est toujours au stade ultime de son évolution basée sur la Croissance : en bref une économie comme la nôtre destructrice de tout son environnement.
Cette Croissance résulte de l'expression de ce qui reste au fond de nous de façon résiduelle et que nous appelons vulgairement la "Loi du plus fort" ou "Loi de la Nature".
Pour cette Croissance, l'espèce reine d'un monde dilapide toujours sur une très brève période la quasi totalité des ressources minérales et énergétiques fossiles à sa disposition. Et comme il est facile et rapide de consommer et long et difficile de faire de la recherche fondamentale, cette espèce se voit ainsi toujours empêchée d'accéder aux niveaux de connaissance qui lui seraient nécessaires pour aller coloniser d'autres mondes.

Ma petite théorie est celle de l'isolement des biodiversités dans l'Univers. Elle affirme que les biodiversités des planètes sont protégées les unes des autres parce qu’une économie cause toujours la disparition de l'espèce intelligente qui l'a développée, sans lui laisser le temps de pouvoir expérimenter le voyage interstellaire.
"La Guerre des Mondes" n'est donc pas possible et c’est tant mieux !

Ainsi sur Terre, parce que nous avons tout à fait naturellement choisi la croissance économique au lieu, grâce à notre conscience d'aller "contre nature" et d'opter pour le Développement de l'Humain, nous sommes condamnés à rester à jamais sur notre planète-berceau. Nous sommes déjà en phase de déclin (2) et nous rentrerons bientôt en phase de déclin définitif. D'ailleurs, les conclusions du rapport Meadows datant de 1972 annonçaient le déclin pour 2010-2015 si l'Humanité optait pour une économie "croissanciste", ce qu'elle a fait.
Aussi, pour les financiers et presque tous les économistes, qui sont du genre à croire que si nous manquons de pétrole pour que la croissance continue « nous irons en chercher ailleurs », leurs affaires et leurs théories s'annoncent respectivement mauvaises et ... mauvaises.

Bien sûr, ceci n'est qu'une théorie peu sérieuse mais, comme toutes les théories, il faut l'éprouver afin de voir s'il n'y a pas une situation ou des circonstances pour lesquelles elle s'avèrerait fausse.
En fait, il faut la voir plutôt comme un outil d'aide à la réflexion sur les possibilités d'évolution de l'Humanité et de son économie.

Si grâce à nos cultures et nos éducations, grâce aussi à notre conscience acquise au cours de l’évolution, nous décidons de ne pas nous laisser aller à la « facilité naturelle », propre à notre statut de super-prédateur, alors il nous revient de faire des propositions à nos politiques.
Ces propositions, nécessairement réalistes sur le plan énergétique, il reviendra à ces derniers, parce qu’ils sont normalement au service des Peuples, de les mettre en pratique, vite, pour permettre l’émergence d'une nouvelle économie.
Cette économie, écologique bien sûr, outre qu’elle pourra sans doute donner à Homo sapiens sapiens les chances de « vivre son potentiel génétique », pourrait aussi être le moyen de prouver, peut-être, que cette petite théorie n'est pas valide.

(1) Nom de la planète précédé de celui de l'étoile avec son type, le nom de l'espèce venant à la suite.
(2) Une preuve en matière de transport : l'avion Concorde. Certes très inécologique, ce trésor de technologie n'a pas eu de successeur si bien que pour la première fois dans l'Histoire de l'Humanité il faut aujourd'hui plus de temps que par le passé pour aller d'un point A à un point B.