Résumé du premier épisode
Nicolas Sarkozy fait des cauchemars toutes les nuits.
Un jour, au début de son sommeil, il se retrouve autour d'une table avec tous ses prédécesseurs de la Vème République.


Charles de Gaulle - Je vous ai convoqués parce que la situation des finances de la France et des Français est au plus mal.
Vous n’êtes pas sans sav…

Nicolas – Euh, oui, bonjour. Sans vouloir vous interrompre ni même vous critiquer, je tiens à dire, comme je le pense, que c’est moi Monsieur qui vous ai demandé de venir tous pour me donner des conseils.

CdG – Qui parle, s’il vous plait ?

Nicolas – Ben, je vais vous le dire ; c’est moi ! le Président de la France, la cinquième puissance mondiale. Et c’est moi qui vous ai demandé de venir, je le répète.

CdG – Mais où êtes vous ? Je ne vous vois pas !

Nicolas – Je suis là, devant vous, dans le fauteuil juste en face du vôtre.

CdG – Ah ! Oui !  Maintenant que sur votre séant vous sautillez comme un cabri je vous aperçois et je constate qu’il vous faut un coussin, manifestement.
Appelez un huissier pour qu’il apporte ce qui convient. On m'avait dit que vous manquiez de grandeur mais je ne m’étais pas douté que c’était à ce point dans le deuxième sens du terme.
Maintenant, je pense qu’il est temps pour vous d’apprendre les bonnes manières. Désormais vous vous tairez lorsque je parlerai et vous ferez de même ensuite d’ailleurs. Vous ne vous exprimerez, si tant est que vous puissiez le faire sans gesticulation aucune, que lorsque je vous inviterai à le faire.
Me suis-je bien fait comprendre ?

Jacques Chirac – Il fait plus le malin maintenant le petit roquet, hein ?

Nicolas – Ben ... oui. Très bien ... Monsieur ... le Général !

CdG - Alors je reprends.
Comme je viens de vous le dire, et j’espère que vous l’avez constaté – je dis "j’espère" car il ne me semble pas évident que ce soit réellement le cas - la situation financière nous fait courir à la catastrophe. Cela résulte d’un enchainement de décisions calamiteuses, pour ne pas dire imbéciles, prises par vous tous lorsque vous occupâtes, à ma suite et chacun successivement, le poste suprême.
J'ai bien dit, tous, car même vous, mon cher Pompidou, vous avez commis une énorme faute au début de 1973.

Georges Pompidou – J'ai pourtant essayé de faire mon devoir vous savez. Mais je ne me suis jamais remis de votre décès. J'avais l'impression d'être veuf !

JC – Fayot !

CdG – Ah ! Chirac. Vous n’avez pas changé depuis vos débuts dans les cabinets de mes gouvernements : toujours comique troupier. Essayez donc de rester sérieux pour une fois.
De cette faute Pompidou, je reparlerai plus tard parce qu'il me semble plus urgent d'évoquer, et cela dès le début de ce Conseil des Présidents, votre manque de vision en 1972, qui fit que vous ne prêtassiez aucune attention au rapport de Monsieur Meadows ; et c’est bien dommage ! Car si vous aviez entendu, comme vous l'auriez dû, les avertissements du Club de Rome cette année là, la situation de la France s’en serait trouvée changée et nous ne serions peut-être pas là où nous en sommes aujourd’hui.
Lorsque j’étais à la tête de l’État, le Monde se reconstruisait après les épreuves douloureuses que vous savez. La conscience écologique n’avait pas encore émergée et, je vous l'avoue, je n'avais pas saisi à quel point les activités économiques dépendent de ce qui s'appelle désormais la biodiversité ; tout comme d'ailleurs, tous les Chefs d'États d’alors, mis à part, sans aucun doute, Sa Majesté le Roi du Bhoutan. Nous étions bien trop préoccupés à nous relever de la guerre. En disant cela, je ne cherche pas d’excuse ! J'affirme seulement que mon erreur, que dis-je ! ma faute ! est là.
Mais maintenant que notre Pays est en paix, considérant l'épuisement des ressources naturelles aujourd'hui évident, je ne doute plus de l'impérieuse nécessité qu’il y a à considérer la question écologique de façon globale, dans l’économie toute entière, c’est-à-dire l’économie à tous ses niveaux.
Cependant, la situation financière, dont je viens de vous dire la gravité, ne permet pas d’orienter la société dans la direction qu’il faudrait.
La finance, à cause de vos négligences et aussi, et surtout, de vos fautes enchainées, s’est emparée du pouvoir et n’est en rien résolue à le rendre, si désastreuse que soit sa santé.
Il faut donc lui reprendre le pouvoir, dussions-nous employer la manière forte, par la toute rigueur de lois et de décrets nouveaux. Je l’ai dit en 1966 lors d'une conférence de presse - vous semblez l’avoir oublié : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille".
La politique de la France, c’est moi qui l’ai conduite lorsque j'étais Président et votre devoir était que vous fissiez de même, chacun à votre tour. Hélas vous ne le fîtes pas. Ainsi Sarkozy, alors que la crise finale s'étend, vous restez passif !
Aussi ma question est la suivante : Vous attendez quoi ?

Nicolas – Euh ! Qu’est-ce que j’attends ?

JC – Ça va chauffer.

CdG – Oui ! Qu’avez-vous l’intention de faire ? Car il est temps d’agir mon brave ! D'entrer dans la bataille ! Et d'écraser l'ennemi !

Nicolas – Ben … j’sais pas moi. En fait c’est pour vous demander ce qu’il faut faire que je vous ai tous fait venir.

CdG – Alors comme ça, jeune homme, vous ne savez pas ! Vous êtes le Président en exercice et vous ne savez pas ! Comprenez que je me retourne dans ma tombe.
Seriez-vous, comme il me vient à le penser, inconséquent et dégoulinant d’incompétence ?

Nicolas – Ben … je ne sais pas. Je me demande …

CdG – Décidément, vous ne savez rien. Les français sont bien des veaux de vous avoir élu.
Il n’est plus temps Monsieur de se demander quoi que ce soit. Sachez-le ! Il n'est que temps de faire mouvement et de frapper.
Et vous autres ! Que feriez vous ?

Silence.

CdG – Personne n’a une idée ? Mon pauvre Pays ! Où donc as-tu fait naufrage ?

Silence.

Valéry Giscard d'Estaing – Moi, j’ai, il ne faut pas s'en étonner, une idée lumineuse.

CdD – Ah ! Enfin ! Dites toujours Giscard.

VGE – Je demanderais au Ministre de l’économie de me remettre un rapport sur la situation. Ensuite je pourrais décider des actions à mener pour obliger la finance à être moins possessive.

CdG – Voyez-vous Giscard, je crains que cela ne suffise. Et à l’évidence, vous demeurez ce que vous fûtes toujours : un parfait homme d’administration, tout dévoué au pouvoir de l'argent !
D’autres idées ?
Chirac ? Non ?
Mitt'rand ? Un proposition ? La 111 ème peut-être ? Remarquez que je vous consulte alors que je sais bien qu'il vous est impossible de trouver une solution aux problèmes du Pays tant il est vrai que par le passé il ne fut pas dans votre nature d’aller contre le vent. Vous me comprenez, n’est-ce pas ?

François Mitt'rand – À vrai dire, Monsieur de Gaulle, je ne vois pas ce dont vous voulez parler.

JC – Collabo ! Voilà ce qu’il veut que tu comprennes.
Quand je pense que t’as eu le toupet de me traiter de colonialiste pour le coup de la grotte d’Ouvéa.

FM – Et bien Monsieur le Premier Ministre, dans les yeux, je vous le redis : vous n'êtes qu'un colonialiste. Wheuu !

JC – Mais au moins, regarde moi ! quand tu dis "dans les yeux" ; pétainiste !

CdG – Cessez ces bisbilles de cour de récréation ! Savez-vous seulement ce qu’est la grandeur ? Faudra-t-il que, toujours, je sois étonné par votre constance dans la médiocrité.
Reprenons. Pompidou ! Une idée ? ... Non pas ! ... Vous aussi !
C’est donc à moi, encore une fois, que revient la lourde tâche de redresser le Pays.
Pauvre de vous. Vous accablez la France par votre vacuité intellectuelle pesante et par l'affairisme qui vous aveugle.
Je vais vous dire ce qu’il faut faire : il faut nationaliser les banques ! Et sans payer bien sûr puisque leurs caisses sont vides, ou plus précisément, seulement pleines de dettes.
Quant à leurs patrons actuels, ils doivent être traduits en justice ; sur le champ ! Qu'ils soient condamnés à faire un choix : celui de travailler à leur poste, gratuitement et sous notre plein contrôle, au service de la France, ou bien d'aller en prison pour le restant de leur vie.

Nicolas – Oui. Mais ça c’est pas possible. Parce que j’ai des amis qui perdraient la liberté et beaucoup d’argent dans cette affaire et …

CdG – Taisez-vous Monsieur ! Au poste qui est le vôtre, vous ne devriez avoir aucun ami. Le défilé de vos courtisans, qui quotidiennement se pressent à l’Élysée, déshonore la fonction de Président et bafoue la République. J’entends que vous mettiez un terme, au plus vite, à ces audiences d’impétrants de tous ordres. Votre cour est scandaleuse et n’est pas celle qui devrait.

(À suivre)