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Trucs et astuces pour ruches Warré

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jeudi 15 octobre 2015

Grille anti rongeurs de Dadant sur ruche Warré

L'automne avance ; il fait de plus en plus froid ! Vient le moment de protéger la ruche des intrusions de rongeurs.
Une grille Dadant serait idéale mais comment adapter une telle grille sur une ruche Warré ?
En fait, c'est simplissime ! Un tout petit bricolage suffit.

Il s'agit de fixer deux plats métalliques, que l'on nommera "porte-grilles", sur le socle de la ruche afin de pouvoir y clipser la grille anti-rongeurs à l'aide de deux clous. Comme des photos valent mieux qu'un long discours, visionnez pour comprendre.

Grille 1

Grille 2

Grille 3

Grille 4

Pour y parvenir, procédez comme suit :
- posez un élément de ruche sur le socle à équiper de ses deux porte-grilles ;
- mettez la grille en position (les deux fentes de cette dernière tangentent les bords de la ruche qui doit, normalement, faire 35 x 35 cm de dimension extérieure) ;
- l'un après l'autre, positionnez les porte-grilles avec des serre-joints, de telle sorte qu'ils ne permettent aucun mouvement vertical de la grille, celle-ci devant porter en tous points sur la planche d'envol, tout en plaquant parfaitement sur le socle et l'élément en façade de ruche ;
- vissez les porte-grilles sur le socle, la grille légèrement comprimée par les clous en position d'arrêtoirs, et retirez les serre-joints.

Notez que le trou pour le clou ne se situe pas sur l'axe longitudinal du porte-grille mais en dessous, cela afin d'agir sur la grille au droit de son axe longitudinal à elle. Ainsi, elle plaque uniformément sur le socle et l'élément de ruche.

Enfin, si vous avez lu l'article concernant la cage anti frelon asiatique, vous aurez compris que les porte-grilles sont aussi les porte-cages.

dimanche 20 septembre 2015

Broyeur de rayons pour récolte sur ruches Warré

Sur le blog Ruches Warré 59 un précieux article fourni le plan d'un broyeur à rayons permettant une récolte du miel produit par des ruches Warré, ou tout autre ruche sans cadre.

Au plan fourni par le rédacteur de ce blog nordiste, je n'ai eu qu'a rajouter un peigne pour nettoyer la rampe de couteaux tout au long du fonctionnement.
Merci donc à ce rédacteur généreux, pour son travail à imaginer et présenter son prototype qui fonctionne tel quel mais qui, juste amélioré par l'ajout du peigne à couteaux, fonctionne parfaitement.

Mon broyeur a été construit par un ami chaudronnier, en inox alimentaire (il faut bannir l'aluminium très nocif pour la santé), avec des chutes de tôles ; tôles spéciales-beurre pour ce qui concerne la trémie recevant les pains de miel.
Les couteaux, épais de 1 mm, se sont vus découpés au LASER. Soudés un à un sur un axe avec un décalage de 30 degrés, l'intervalle entre chacun est d'environ 8 mm.
Une petite manivelle termine une extrémité de la rampe de couteaux ainsi constituée. Sur l'autre extrémité, une rondelle et une goupille permettent un calage de la rampe pour que les couteaux passent sans accrocher dans les dents du peigne.
Mon ami a déployé son talent gracieusement, très intéressé et curieux qu'il était de fabriquer une machine toute nouvelle pour lui. Il faut dire aussi qu'il aime le miel !

Admirez donc le résultat en photos :

broyeur Warré 1

broyeur Warré 2

broyeur Warré 3

broyeur Warré 4

Comment cela se passe

L'élément de ruche à récolter est positionné sur le broyeur dont l'ouverture est à la dimension de l'élément (Cf. le plan de Warré 59).
Avec un couteau, la barrette est détachés du pain de miel et retirée, puis le rayon est décollé des parois de l'élément : Il tombe alors dans la trémie.
Il est préférable que le pain se retrouve adossé au plan de trémie qui voit les couteaux attaquer le rayon à la descente, coté contre-lame donc (si l'on reprend la nomenclature donnée sur le blog Warré 59). Si tel n'est pas le cas après sa chute dans la trémie, afin d'éviter de nombreux tours de manivelle dans le vide, préférez le repositionner du bon coté à l'aide d'une spatule à long manche. Cet outil permet d'agir depuis le haut de l’élément, et au travers de ce dernier qui peut ainsi rester en place sur le broyeur lors de ce repositionnement. De cette façon, sont évitées des coulures de miel partout, qui ne manqueraient pas de survenir si les éléments étaient plusieurs fois manipulés durant leur récolte.
Avec la pratique, j'ai remarqué que la spatule, placée de telle sorte qu'elle forme un toboggan, parvient à guider le rayon dans sa chute vers le bon positionnement
Ensuite, deux à trois tours de manivelle suffisent à broyer complètement un rayon (notons que le broyage sans le peigne - j'ai essayé - génère un bourrage entre les couteaux, surtout avec des rayons de vieille cire).
Le broyat tombe sur une colonne de deux tamis, elle même positionnée sur le haut du maturateur qui, dès lors, se remplit de la récolte percolant au travers des tamis.

Remarques

Il est préférable d'affuter les couteaux pour que l'action sur la manivelle se fasse sans effort, ce qui permet aussi de se satisfaire des paliers les plus simples qui soient (frottements métal contre métal sans aucun joint) pour l'axe de la rampe de couteaux.
Le nettoyage se fait au jet d'eau mais il faut démonter le peigne et la rampe de couteaux pour enlever quelques petits fragments de cire qui restent immanquablement coincés ici et là, comme ceux visibles sur la dernière photo.
Pour la prochaine récolte, je prévoie de rajouter un système permettant de bien stabiliser le broyeur sur la colonne de tamis. Deux encoches à la base de chacun des deux montants du broyeur, permettant un encastrement sur le bord haut du premier tamis rond, devraient suffire. La quadrature du cercle donc, un carré venant s'encastrer sur un cercle.

lundi 17 août 2015

Piège sélectif pour frelon asiatique

De nombreux modèles de pièges à frelons asiatiques ont été proposés sur le Net et se trouvent aussi dans le commerce désormais : ou quand les nuisibles, sorte d'externalités négatives, générées par la mondialisation permettent de faire des affaires !
Je hais ce genre de bizness !

D'après les scientifiques, le piégeage est intéressant seulement en août-septembre, au moment où les frelons sont les plus nombreux et celui-ci doit se faire aux environs immédiats des ruches.

Tout ceci m'a amené à fabriquer un piège sélectif en intégrant deux données largement diffusées sur le Net et qui m'ont été confirmées par des naturalistes :

- Trou d'entrée de 9 mm de diamètre ;
- Trou de sortie de 5,5 mm de diamètre.

Le résultat est une boite à deux compartiments superposés, une tôle la protégeant de la pluie.

Piège sélectif 1

Le piège ne peut pas être plus prés du rucher : il est posé sur une ruche !

Piège sélectif 2

Les 6 trous dans la tôle font 9 mm de diamètre. Ils donnent accès au compartiment supérieur qui n'est visitable que par démontage du toit.
Pour moi, l'intérieur du piège doit rester sombre pour que les deux trous de sortie, de 5,5 mm, de part et d'autre de la boite (la petite tôle visible sur le coté est l'un d'entre-eux) soient des point lumineux indiquant la sortie aux petits insectes sensés ne pas être piégés.
Cependant, il m'a paru nécessaire de pouvoir regarder à l'intérieur pour voir ce qui s'y passe avant de l'ouvrir : c'est un petit volet qui permet cela.

Piège sélectif 3

Une fois ouvert, le compartiment inférieur révèle un bac contenant l'appât composé du mélange de sirop de cassis et de bière brune. Le passage entre les deux compartiments se fait, au centre, par l'intermédiaire d'un col de bouteille en plastique disposé en entonnoir entre le haut et le bas.

Piège sélectif 4

Une éponge dans le bac permet aux petits insectes de se désaltérer sans se noyer. Ensuite, grâce à de petits bouts de bois, ils peuvent regagner une des deux sorties (le point lumineux dans le rond noir en arrière-plan). Les gros insectes, les frelons, restent condamnés à se noyer dans l'appât : les trous de sorties sont trop petits pour eux !

Le bilan

Après une dizaine de jours sur fin juillet-début août 2015, j'ai trouvé trois frelons asiatiques, un frelon européens, deux guêpes et une mouche. Sur l'éponges moisie, de nombreuses petites larves se délectaient du sucre. Le piège ainsi constitué semble assez sélectif mais peu attractifs pour la cible : le frelon à chaussettes jaunes.
Hélas, j'ai eu le déplaisir de trouver un frelon européen. Or les frelons européens sont de mes protégés même s'ils se servent eux aussi dans les ruches. Je vais donc essayer des trous d'entrée de 8 mm de diamètre car, lorsque l'on compare les deux frelons, on constate facilement que l'asiatique est vraiment plus petit que l'européen. De plus, les variations de tailles sont très importantes entre les spécimens d'asiatiques, certains étant vraiment très petits.
J'espère que l'entrée de 8 mm augmentera la sélectivité, et qu'ainsi Vespa crabro ne se fera plus piéger. Pour ce qui est du volume des prises, il faut attendre et compter sur une plus longue durée, intégrant aout et septembre.
Je vous tiendrai informés.


Addendum du 24 août 2015
Le piège a été relevé le 23 août 2015.
Il y avait, pour 8 jours de fonctionnement, 8 frelons asiatiques, 3 frelons européens, deux guêpes.
Les trous d'entrée faisaient toujours 9 mm.
Le piège est de nouveau en place avec une dose bière-sirop fraiche, mais avec des trous d'entrée de 8,5 mm.

Addendum du 12 janvier 2016
Le piège remis en place le 23 août 2015 avec ses nouveaux trous d'entrée de 8,5 mm fut relevé le 27 août, soit après 4 jours de fonctionnement.
Il contenait 4 frelons asiatiques et rien d'autre.
La sélectivité semble s'être améliorée.
Ce sera à confirmer en août et septembre prochains.

mercredi 12 août 2015

Cage anti frelon asiatique

Le frelon asiatique ennuie les apiculteurs et surtout les abeilles, mais comme je suis un défenseur de tous les animaux, je me déclare contre le piégeage systématique des fondatrices. Et il suffit pour s'en convaincre de lire une note du Muséum National d'Histoire Naturelle (j'ai plus la référence ! mais vous pouvez lire ''terraeco'' à ce sujet) et de découvrir que même l'INRA, institution au service de l'agriculture intensive, pense que ce piégeage des fondatrices est contre-productifs.

Ceci étant écrit, il ne reste donc plus, pour le moment, que la défense passive pour se protéger du frelon asiatique.
Ayant vu sur le Net des cages, ou muselières, toujours en maille carré 6x6 mm, je me suis attelé à la fabrication de trois cages, une pour chacune de mes trois ruches Warré. Bien évidemment, j'ai voulu apporter ma touche personnelle : le bricoleur que je suis est toujours curieux et cherche à réfléchir et améliorer. Réfléchit-il bien ? Améliore-t-il vraiment ? C'est une autre histoire ! Toujours est-il que les photos ci-dessous montrent le résultat.

cage frelon 1

cage frelon 2

cage frelon 3

Ainsi que vous pouvez le voir, l'entrée est fortement dissimulée par une planche inclinée positionnée 20 à 30 mm au-dessus de la plage d'envol et à 20 mm de la paroi de la ruche. Cela forme ainsi une sorte de "casquette", ou "cache-entrée", en pente vers l'extérieur de la ruche.
Sous cette planche, une autre est positionnée pour prolonger la plage d'envol, en soignant l'ajustage, les abeille devant pouvoir passer de la plage d'envol à son prolongement sans avoir à franchir un "fossé".
Casquette et prolongement sont maintenus par l'intermédiaire de carrés de bois vissés à leurs extrémités. De plus, un tasseau horizontal permet de raidir la cage et de parfaire l'étanchéité au frelon en façade de ruche. L’agrafage du grillage se fait sur toutes ces pièces de bois.
L'ensemble du dispositif s'accroche à la ruche au droit de 2 pattes métalliques fixées au socle à l'aide de 2 plats crochetant un clou, tordu, enfilé dans un trou percé dans chacune des 2 pattes solidaire du socle (Cf. Photos).

J'ai mis la cage en place à la nuit tombée. Placée de jour, c'est l'embouteillage assuré à l'entrée pour les butineuses qui, parties avant la pose de la cage, rentrent de mission. Je me suis "amusé" à essayer : c'est angoissant !
Au début, elles sont plutôt sorties par le haut de la cage, avec force contorsions malhabiles et vraisemblablement fatigantes, sans doute parce qu'elles étaient attirées par la lumière.
C'est pourquoi, j'ai positionné une ardoise pour couvrir le dispositif, qui, finalement, protège aussi de la pluie. Un bout de tôle peut faire l'affaire de la même manière. Des crochets en fil de fer assureront un maintient incliné, qui favorisera l'évacuation de l'eau. Le lendemain, la quasi totalité des butineuses sortaient par le prolongement le la plage d'envol et rentraient de même. La partie haute de la cage servait au stockage des déchets trop gros pour passer dans la maille de la grille. On peut enlever ces déchets de temps en temps, en décrochant la cage et en la remettant en place après purge.

Petit conseil : si, lors de l'agrafage de la grille, vous prenez la peine de faire correspondre un fil horizontal de la grille avec l'arête haute du prolongement de la plage d'envol, vous verrez les butineuses, nullement gênées, sortir comme des diables de la ruche, après être passé en trombe au travers de la grille.

Que se passe-t-il, alors qu'au mois d'août la pression du frelon à chaussettes jaunes devient maximale ?

D'abord, hormis quelques rares accidents, le pollen rentre bien dans la ruche, restant bien collé aux pattes arrières, cela grâce à un petit mouvement de ces dernières, facilement observable, au franchissement de la grille de la plage d'envol. C'est rigolo ! (Au pire, un petit dispositif pourrait facilement être rajouté sous le prolongement de la planche d'envol pour récupérer les boules de pollen qui viendraient à se détacher des pattes maladroites.)
Pour ce qui est des mâles, ils peuvent sortir bien qu'ils y mettent du temps. Heureusement, la période des mâles ne correspond pas avec celle où la cage semble utile.
Ensuite, comme mes 3 ruches côtoient 3 ruches Dadant d'un ami, dont l'ouverture et la planche d'envol sont bien larges comparées au 8,5 mm et 20 mm de mes Warré auto-construites, il semble que les chasseurs se rabattent sur les Dadant qui ne sont pas équipées, elles, de cages anti-frelons. J'ai même vu de ces prédateurs, tant européens qu'asiatiques, si culottés qu'ils y rentraient quelques secondes sans problème : les pauvresses !
En tout cas, sur les Warré équipées de leurs cages, les bandits sont obligés de mener leurs attaques en montée, au départ d'un vol au ras du sol. Gênés vraisemblablement, s'ils capturent une abeille, c'est plutôt une qui a fait "une erreur de pilotage" (roulé-boulé au sol) ou une qui traine parterre devant l'entrée ou une autre qui se ballade sous la ruche.
Je n'ai pas encore essayé, mais il est possible qu'en interdisant l'accès sous la ruche et en faisant en sorte que les frelons ne puissent pas faire leurs impressionnants vols sur-place avec vue sous la cage (par exemple, grâce à un plot de parpaings compacts et avançant largement sous la cage) cela gênerait davantage les attaques.

Pour le moment tout ça n'est qu'une expérimentation. Il me faut attendre un peu pour voir si les "chaussettes jaunes" sont réellement ralenties et contrariées par cette cage et l'environnement qu'on peut lui faire. Pour tout dire, il me faudrait le temps d'observer de longues heures et journées mon rucher, pour faire des comptages. En tout cas, je vous tiendrai au courant.

Autorisez moi maintenant deux réflexions :

1. Les ruches qui se multiplient - elles sont en vente libre dans les magasins de jardinage et on achète des essaims sur Internet - favorisent le frelon à chaussettes jaunes car elles se révèlent être leurs cantines principales (Cf. les études disponibles). Il est probable que "Chaussette jaune" aurait plus de mal à se nourrir en se contentant seulement des abeilles sauvages !

2. Ne croyez pas défendre les abeilles en mettant des ruches dans votre jardin. Au contraire même, si on en juge par une récente étude de l'observatoire des abeilles (à l'adresse oabeilles.net, cliquez sur "Apis & non Apis") Faites plutôt en sorte de rendre votre jardin accueillant pour toutes les abeilles car elles manquent plus que jamais de nourriture : plantez des végétaux-restaurants ! Bannissez les fleurs hybrides des grandes firmes de la semences !