Ecodouble

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lundi 22 août 2016

400 ppm : On y est !

Vous vous souvenez que je vous avais expliqué que tous les jours, sur l'île française d'Amsterdam, au milieu de l'Océan Indien, un jeune scientifique s'emploie à mesurer la chimie de l’atmosphère. En d'autres termes, il mesure les proportions des différents gaz qui la composent.

En fin d'année dernière, le scientifique chargé de ces mesures m'avait confié qu'il craignait de voir la teneur en CO2 atteindre 400 ppm ''(*)'' à la fin de 2016.
Et bien au mois de mai 2016, cette valeur de 400 ppm était atteinte ; en avance de 7 mois.

Quelqu'un qui connaît un peu les Lois de la Physique ne s'en étonnera pas.
En effet, la température moyenne de la Terre (dite "température globale") bat record sur record depuis plus de 9 mois.
Cela veut dire que les mers et océans sont très chauds. El Niño et Blob en témoignent.
Comme la solubilité du CO2 dans l'eau diminue quand la température de l'eau augmente, le CO2 émit par l'économie est de moins en moins absorbée par les mers et océans.
Dès lors, le CO2 en surplus dans l’atmosphère augmente l'effet de serre, ce qui augmente la température des mer et des océans, et ainsi de suite. Bref ! un très fort effet boule de neige (je n'oserai pas dire "fondue") autrement appelé "effet exponentiel", nous conduisant à un basculement.

Vous aller me dire que ce raisonnement est simpliste.
Je vous répondrai qu'il l'est moins que n'importe quel raisonnement d'économiste néolibéral pour qui la bouffonnerie de la COP21 restera une grande victoire des capitalistes, eux qui ne se sont toujours pas rendus compte que tout est foutu au niveau du climat. Car un effet boule neige ne s'arrête pas d'un claquement de doigt lorsqu'il est amorcé : Telle est la dure réalité des exponentielles !

Nous allons maintenant subir le changement climatique, impuissantes et impuissants, jusqu'à l'établissement d'une nouvelle période climatique, qui, assurément, n'offrira pas les conditions thermodynamiques nécessaires à la vie de l'Humanité.

(*) ppm veut dire "partie pour million" ; dans le cas qui nous intéresse, la mesure indique que sur 1 million de molécules prises au hasard dans l'atmosphère, 400 sont des molécules de CO2.
Cela correspond à une concentration en CO2 de 0,04 %.
Pour rappel la concentration en CO2 qui provoque la mort est de 3 %. Les optimistes diront sans doute qu'on a encore du temps.

lundi 15 août 2016

Il y a Lois et lois ; et il y a la fumisterie !

Les Lois de la Physique sont immuables et ceci restera irréfragable à notre échelle.
Quand bien même cela pourrait venir à contrarier des consommateurs qui bénéficieraient, par miracle, d'un éclair de lucidité passager, il convient de s'en accommoder puisque même si se réunissaient en concile tous les parlements des démocraties du Monde (en reste-t-il ? "démocratie capitaliste" étant un oxymore à mon sens) pour édicter des changements à ces Lois, rien ne changerait une fois qu'auraient été édictées les modifications souhaitées et leurs décrets d'applications publiés : les étoiles continueraient de briller, sans un iota de variation de brillance du firmament.
Et que tous les dictateurs vinssent à rejoindre ce concile improbable, bardés de toutes leurs armes, pour déclarer ces Lois illégales, elles resteraient en vigueur. Pour tout dire, si un électron pouvait péter, un de ses pets aurait l'effet d'un cyclone comparé à ces invocations parlementaires appuyées du ridicule renfort dictatorial.

Pour ce qui est des lois des Humains - sans "l" majuscule - il suffit qu'un politique, pardon ! qu'un pourritique ou bien qu'un lobby demande qu'elles soient changées et hop ! elles sont changées. Et le 49.3 facilite grandement la tache s'il y a contestation au sein du Peuple ! Voyez le cas de la loi sur le travail, dite "loi el Komri" ou la loi sur les permis de construire passée l'été dernier au 49.3 et avec effet rétroactif s'il vous plait, preuve "juridique" s'il en est que la Démocratie n'est plus tout à fait.

Enfin, il y a la fumisterie, tout droit sortie, si l'on fait de la novlangue, de la "masse neuronale" (*) des économistes néolibéraux. Ces types qui ont oublié d'être intelligents, en mettant en avant des équations mathématiques déconnectées de la réalité physique, pondent des pseudo-lois toutes plus fumeuses les unes que les autres, qui n'arrivent même pas à être des règles au final. Ainsi, leur adage qui voudrait que lorsque la planche à billet tourne l'inflation est la conséquence immédiate.
Pour cet exemple, on ne peut que constater l’ineptie de leur postula puisque, depuis bientôt une décennie, la FED puis la BCE (qui continue encore à l'heure actuelle avec 80 milliars par mois donnés aux banques car c'est en échange de produits dérivés qui ne vallent absolument plus rien) ont imprimé plusieurs milliers de milliards de dollars et d'euros sans qu'une seule seconde l'inflation ne pointât ni ne pointe le bout de son nez. Sans doute une erreur de calcul de tous ces doctes experts qui se voudraient les spécialistes d'une science exacte mais qui ne sont en réalité que bonimenteurs et gourous d'une chimère, idiots au mieux, mal intentionnés au pire, mais complices de bandits et de spoliateurs (**) dans tous les cas. À moins que ce ne soit par le fait que la planche à billet se nomme désormais "assouplissement quantitatif", ou "QE" dans la langue de Wall Street. Novlangue encore !

Les économistes devraient tous être pourvus d'un cerveau en état de fonctionnement.
Hélas, les seuls, et très rares, d'entre eux qui disposent d'un "assemblage neuronal" (*) capable d'intelligence ne sont jamais, JAMAIS ! invités dans les médias aux heures qu'il faudrait.
En fait, en bon français compréhensible par tous, les seuls économistes invités dans les média, sont TOUJOURS, TOUJOURS ! les plus débiles, stupides et tarés qui se puissent trouver ... sur le marché. D'ailleurs, si un jour un économiste néolibéral prévoit une crise, il faudra s'en souvenir !

Au final, une seule chose est certaine : Par le fait que nos lois ne s'astreignent pas à faire en sorte que, dans nos processus sociétaux et économiques, soient respectées les Lois de la Physique, en particuliers celles de la Thermodynamique, nous allons droit à l'effondrement ... qui ne va pas tarder ! Tel est le verdict si l'on se réfère aux Lois de la Physique.
Dura Lex ! Sed Lex ! Pour ce qui des Lois s'écrivant avec un "L" majuscule, on n'a jamais cru si bien dire.

(*) Traduction de la novlangue énarquienne en français sensé, cette langue utilisée par les géants de la littérature, tels Voltaire et Victor Hugo par exemple : cerveau
(**) Veuillez comprendre "financiers"

jeudi 14 juillet 2016

Les Défenseurs de la Terre 2016

Dans l'urgence qu'il y a à sauver la Terre, et l'Humanité par la même, je désigne Défenseurs de la Terre :

- l'ACRO ;
- la CRIIRAD ;
- l'École des talus.

Considérant en outre l'urgence évidente qu'il y a à protéger tous les lanceurs d'alerte, je désigne aussi :

- Edward Snowden ;
- Julian Assange ;
- Stéphanie Gibaud.

mercredi 13 juillet 2016

Défenseurs de la Terre : Vous ne voterez plus

Je suis fatigué. Fatigué de voir la connerie du Monde et celle de celles et ceux qui le font.

La dictature s'installe surement, à coup de 49.3 ou sous couvert de consultations pseudo démocratiques, comme celle où 27 ou 28 % des atlantico-ligériens se sont exprimés, pour la destruction d'une biodiversité exceptionnelle, aussi connement que les 52 % d'anglais qui ont voté pour la sortie de l'Europe.
Et cela ne va pas aller en s'améliorant. Tout plein de choses me le prouvent ; par exemple ce qui m'arriva samedi 2 juillet dernier alors que je quittai la soirée du feu de la Saint Jean de mon village (il faisait encore jour et le tas de palettes usagées n'avait pas encore été allumé).
Je marchai en regardant un ballon gonflé à l'hélium, perdu à jamais, qui s'élevait doucement dans le ciel, s'éloignant poussé par le vent : un cadeau éphémère à un bambin ayant lâché la ficelle !
C'est alors que je fus apostrophé :
- Eh, Monsieur ! C'est quoi ce truc dans le ciel ?
Je me retournai vers la voix pour découvrir une demie douzaine d'enfants âgés de 8 à 10 ans et dont certains montraient le ballon du doigt.
- C'est un ballon en plastique gonflé avec un gaz plus léger que l'air ; et ce gaz c'est de l'hélium, répondis-je.
Ma réponse provoqua des regards ébahis, comme si j'avais dit un gros mot.
"Gaz", "air", "hélium" ! Des sons incompréhensibles, des mots inutiles, pour des apprentis consommateurs formés par l'éducation (multi)nationale et conditionnés par la pub dès le premier âge. Ils tournèrent les talons, sans plus mot dire, incapables de faire montre de curiosité, remettant en bouche leurs grosses sucettes bariolées à la chimie de synthèse destinées à leur pourrir les dents et à les rendre obèses ou cancéreux, c'est-à-dire consommateurs de médicaments.

Les Défenseurs de la Terre sont des personnes curieuses de tout, conscientes, altruistes, humanistes, holistes.
Elles sont au dessus des gens qui ne résistent pas, ne s'engagent pas, manquent de curiosité, consomment bêtement, ne s'expriment pas et ne se cultivent pas.
Les Défenseurs de la Terre ne peuvent donc pas être désignées par la masse, la plèbe, la communauté "livre de faces", qui prend la direction de l'abattoir sans réagir, sans penser quoi que ce soit et qui, de surcroît, ne cherche pas à s'informer ; par exemple en lisant des journaux sans publicité ou des blogs engagés et non référencés sur "fesses de bouc".

C'est pourquoi, parce que cela me fait plaisir et puis aussi tel est mon bon plaisir - rien que çà ! - je désignerai dorénavant les Défenseurs de la Terre. Surtout, cela vous évitera d'avoir à faire l'effort de poster un commentaire valant bulletin de vote.
Si d'aventure vous vous trouviez contrariés de ne plus avoir la possibilité de voter vous pouvez laisser un commentaire, en bas de ce texte, pour montrer votre désaccord. Contrairement à ceux qui nous gouvernent, je ne vous enverrai pas police et gendarmerie (multi)nationales pour faire taire vos contestations.

En tout cas, si vous voulez savoir qui sera Défenseur de la Terre cette année, rendez-vous sur "écodouble" le 14 juillet à 10H30.

dimanche 27 mars 2016

Folie des grandeurs d'une fin d'époque ou comment réinventer le passé, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Nous pensions, après la présentation de la loi El-Khomri, qu’il n’était pas possible de ravaler plus bas le projet politique socialiste, dont je rappelle qu’il se formulait ainsi au début du XXe siècle : mettre l’économie au service d’une société plus juste. Eh bien non. Il y a un degré supplémentaire dans la descente aux abysses qui nous rapproche dangereusement de l’enfer dantesque. C’est à ce niveau-là qu’il faut loger le gigaprojet de mall à 3 milliards d’euros, EuropaCity, que le groupe chinois Dalian Wanda et Immochan, branche immobilière d’Auchan (famille Mulliez, évadée fiscale engraissée au CICE), comptent réaliser dans le triangle de Gonesse, sur 80 ha, avec les encouragements intéressés de l’État aménageur et d’une majorité d’édiles locaux (les quelques résistants se recrutent à droite (LR), à l’extrême droite (FN) et chez EELV). Ce triangle de Gonesse, déjà grignoté de partout, ce sont 800 ha d’excellentes terres agricoles (un miracle en exploitation intensive), parmi les dernières d’Île-de-France. Il y avait bien la friche industrielle de PSA-Aulnay, plus au sud, 180 ha, mais Auchan n’en a pas voulu. C’est tellement plus grisant, tellement plus moderne de saccager le bel et le bon que de dépolluer !

En matière de malls dispendieux et énergivores, la France souhaite en remontrer à Dubaï et à Riyad, mais COP 21 oblige, et dans la mesure où son président, Laurent Fabius, qui n’est plus à une incohérence près, soutient le projet, les commanditaires d’EuropaCity ont verdi et gadgétisé leur copie : on lui fera une carapace de panneaux solaires usinés en Chine, on y aménagera 50 000 m² d’équipements culturels pleins d’écrans abrutissants et de machins à acheter, on y ouvrira un FabLab pour impotents manuels et des espaces de coworking pour geeks posthumains. Cela fera sans doute oublier le centre commercial de 230 000 m², le parc d’attractions, la piscine sous bulle et la station de ski sur neige artificielle. La promesse de création de plus de 11 800 emplois dans un paysage socio-économique sinistré (chômage à 16,7 %, taux de pauvreté à 25 %) fait bander les inverseurs de la courbe du chômage. Et tant pis si la plupart des emplois destinés aux locaux consistera probablement en jobs de gardiennage, de nettoyage, de vente et de mise en rayons, pourvu que le lumpenprolétariat ait de quoi s’en mettre plein les mirettes ; et tant pis, également, si le ratio emplois détruits/emplois créés, dans un espace déjà saturés de malls, risque rapidement d’être négatif. Il se trouve d’ineptes sociologues tel Jean Viard pour y voir la pouponnière de la société commerciale du futur.

Les consultations publiques, sans valeur décisionnaire (vive la démocratie participative !), donnent de bonnes raisons d’espérer aux promoteurs d’EuropaCity. Il ne sera pas nécessaire d’envoyer l’armée ou les CRS contre les opposants. On laissera les pauvres embauchés en CDD taper sur d’autres pauvres. L’assurance (rarement vérifiée) d’un ruissellement des bénéfices motive de nombreux habitants qui, prêts à signer ce pacte faustien, ont visiblement fait une croix sur le futur pour croire que le futur, dans une économie globalisée de l’accaparement au bord du krach, c’est forcément cela.

Comment appelle-t-on un régime politique qui préfère nourrir les illusions de son peuple plutôt que les ventres ? Et comment qualifier un secrétaire d’état à la réforme territoriale, André Vallini pour le nommer et le marquer au fer rouge de l’infamie, qui, ignorant le bilan carbone désastreux de ces aménagements, ose dire : « Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV, des équipements de tourisme. » La direction est donnée : on regarde résolument vers le passé. Le saupoudrage des nouvelles technologies à la mode n’y changera rien. Cette façon de penser, construire pour construire, sans même se soucier du pourquoi et du pour qui, est d’un archaïsme ahurissant. Pour que la France reste la France, il serait bon qu’on tienne compte des Français qui y vivent ou tentent d’y vivre, dans un environnement de plus en plus dégradé. Ah qu’il est beau et fort, le symbole : Auchan détruisant des champs avec l’argent chinois...

Il y avait bien d’autres façons de valoriser le triangle de Gonesse, comme transformer ces 80 ha de bonne terre en zone sauvage ou en jardins collectifs pour aider les riverains à accéder à l’autonomie alimentaire, mais l’imagination n’est pas au pouvoir. Nous avons, paraît-il, les meilleurs experts du monde, formés, comme la plupart des dictateurs de l’Afrique francophone de l’après-décolonisation, dans les meilleures écoles, Sciences Po, l’ENA, Normale Sup, l’EHESS, Polytechnique, et y enseignant à leur tour, parce qu’on y végète à l’aise. Ils sont très écoutés, ratiocinent à tout vent, à tous les carrefours médiatiques, nous entretenant de leurs radotages à longueur d’année. Ces radotages doivent bien avoir un fond de génie : ils sont tellement au-dessus de toute critique que la contradiction est assurée le plus souvent par des collègues et amis qui sont d’accord avec eux à peu près sur tout. Alors, comment se fait-il, dans un contexte aussi propice à la propulsion du schmilblick, que leurs lumineux diagnostics éclairent si peu, que leurs avant-gardistes préconisations fassent régresser un pays qui fut, au XVIIIe siècle, un phare intellectuel et un laboratoire politique si bouillonnant ? L’excuse suivant laquelle ils ne seraient écoutés des décideurs qu’à demi ou de travers ne tient pas, puisqu’ils fréquentent les mêmes cercles et qu’on ne s’y entend que trop bien pour se partager les derniers rogatons d’une croissance égrotante. Non, les professionnels de la politique, de concert avec une partie de la haute fonction publique de l’État, considérant que la société civile est trop inculte pour leur disputer un magistère pourtant si peu inventif, appliquent au contraire avec un zèle stupide les recommandations de ces experts qui ont intérêt à ce que tout change en surface pour que rien ne change en profondeur. Ils savent pour nous, parce qu’ils voient grand et gros (BIG est d’ailleurs l’acronyme du cabinet d’architecture danois mégalomaniaque qui a conçu les plans d’EuropaCity) et que nous sommes petits et faibles. Certes, ils ne voient pas loin et jettent la République sur l’iceberg, mais que leur importe ? Si le paquebot coule, ils n’auront pas l’élégance d’attendre que le gros des passagers ait été évacué pour accaparer les rares canots de sauvetage que leur prévoyance à ras de nez aura embarqués.

Alors que faire ? L’entartage est un rappel à l’ordre trop gentillet. Les Ukrainiens avaient trouvé une méthode radicale, vite jugée par nos experts d’un populisme vulgaire, pour ne pas dire abject : jeter littéralement à la poubelle les représentants et leurs séides notoirement incompétents et/ou convaincus de mensonge et/ou de malversation. Ce pourrait être une étape avant la mélasse (il y a assez de goudron comme cela) et les plumes, et, à la fin des fins, l’ostracisme, par quoi l’on rendrait l’exercice d’un mandat politique beaucoup moins désirable.

Ne laissons pas les interstices de vie aux marchands et à leurs supplétifs politiques ou ils feront le vide dans nos âmes et dans nos cœurs. Chassons-les de la cité avant qu’ils ne la transforment en prison consumériste pour anthropophages conditionnés. Proposons, occupons, expérimentons, avant même d’en avoir reçu l’autorisation, sinon pour nous, du moins pour les générations futures. C’est le minimum requis en matière de morale.

Parallèlement, exigeons une nouvelle Constitution qui s’inspirerait du préambule de la Constitution de l’archipel des Seychelles, en première ligne face au bouleversement climatique :

Nous, le peuple seychellois,
Remerciant le Tout-Puissant d’habiter l’un des plus beaux pays du monde ;
Toujours soucieux du caractère unique mais fragile des Seychelles ;

Déclarant solennellement notre engagement inébranlable … à contribuer à la préservation d’un environnement sûr, sain et viable pour nous-mêmes et pour notre postérité…

Avec Fabius au Conseil constitutionnel, nous sommes certains que pareil préambule ne verra jamais le jour. Mais la France est le plus beau pays du monde, n’est-ce pas ? Elle n’a pas de leçon à recevoir de quelques confettis du Pacifique. Elle a Laurent Fabius, elle a André Vallini, elle a Auchan.



En politique, les insensés peuvent faire en sorte que ce soient les sages qui aient tort.
Jean Rostand.

Bertrand Rouziès-Léonardi

jeudi 17 mars 2016

Il était une fois les arbres et nous, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Avertissement, par Écodouble :
Le texte qui suit aurait dû figurer dans un ouvrage collectif qui, sous la direction de Paul Jorion, ne vit jamais le jour.
Son titre devait être : Encyclopédie du XXI ème siècle.
En 2014, Bertrand Rouziès-Léonardi fut le principal contributeur durant les travaux préparatoires de cet ouvrage.


Votre monde est superbe, et votre homme est parfait !
Les monts sont nivelés, la plaine est éclaircie ;
Vous avez sagement taillé l'arbre de vie ;
Tout est bien balayé sur vos chemins de fer ;
Tout est grand, tout est beau, mais on meurt dans votre air.

Alfred de Musset, « Rolla », 1833.

Il était une fois, en des temps pas si lointains, un empire terrestre, empire de Libre-Échange, qui ne connaissait que la liberté de piller et de gaspiller à grande échelle, à échelle globale, les fruits inégalement répartis du pillage, ce qui entraînait une dévaluation permanente de tout ce que les notions de liberté et d’échange charrient de positif, au grand désespoir des peuples sommés d’embrasser cette liberté-là ou la mort, et qui troquaient en fait une mort immédiate contre une mort lente. Dans cette économie marchande de la rapine ou Raubwirtschaft1, les intérieurs cossus des habitants les plus favorisés se remplissaient et se renouvelaient au prix d’une extension continue des déserts autour d’eux et du vide en eux.

Les administrateurs de l’empire bornaient leur gestion du progrès à applaudir chaque saut technologique en interrogeant le moins possible ses effets sur les sociétés concernées et leurs environnements et en se focalisant presque exclusivement sur le moyen de démultiplier les gains pour l’industrie. Le condominium industriel qui, en association avec le condominium financier, se partageait alors le gâteau du monde aimait à se parer des atours flamboyants de l’innovation pour justifier ses agissements primitifs, régis par la bête loi du plus fort. Les produits de consommation courante assemblés dans ses usines avaient beau être de plus en plus sophistiqués, au point de devenir, pour certains d’entre eux, des objets ésotériques à révérer autant qu’à consommer, leur fabrication n’en dépendait pas moins des énergies fossiles, extraites du charbon, du gaz et du pétrole. Si le progrès consistait à faire du neuf avec du vieux, il ne fallait pas s’étonner que le neuf sentît la mort une fois déballé. L’industrie était fondamentalement archaïque et ses stratégies de développement, à courte vue, l’étaient tout autant.

De toutes les ressources fossiles, la plus sollicitée était le charbon de bois, qu’il provînt des mines ou du bois vivant. Les autres ressources, d’exploitation plus récente, n’avaient fait que s’ajouter à celle-là, sans jamais parvenir à lui ravir l’hégémonie. Quoique tout le monde en parlât, la transition énergétique n’avait pas eu lieu. Les hommes exploitaient toujours plus de ressources, mais toujours les mêmes, en somme, de celles qui ne sont pas trop difficiles à atteindre et qui ne se reconstituent pas.

Dans ce monde de maîtres de forge, de Toubal-Caïn et de Vulcain, la machine économique ne tournait que grâce aux forêts et c’était aussi grâce aux forêts que l’air continuait d’être à peu près respirable, même s’il l’était de moins en moins pour de plus en plus d’hommes et de bêtes. Une étrange fête avait d’ailleurs été instituée, en l’honneur d’un Enfant-Dieu, né supposément au solstice d’hiver, qui consistait à abattre des dizaines de millions de jeunes arbres pour les décorer et les regarder mourir, et à consommer au réveillon un dessert en forme de bûche. L’extermination de masse et son simulacre réunis dans une même fête. C’était donc cela, le progrès. C’était comme si le Dieu des marchands de sapins, ces sapins dont on faisait aussi les cercueils, exigeait le sacrifice symbolique et le sacrifice réel.

Imaginez Yahvé réclamant et l’agneau et Isaac. Et encore, dans cet exemple, l’agneau est de trop.

Dans cet empire-là, toutes les provinces n’étaient pas au même stade d’exploitation du bois. Certaines avaient tellement misé sur le charbon pour leur décollage industriel qu’elles en avaient fait le tour un siècle après l’avoir orchestré. La province appelée Angleterre, qui brûla les forêts américaines, après avoir brûlé les siennes, et dévora sans retenue le charbon de son sous-sol pour gonfler ses exportations, pour faire tourner les moteurs à vapeur à faible rendement de ses bateaux, de ses trains et de sa lourde machinerie industrielle2, ainsi que pour alimenter le réseau mal conçu, inefficace et dispendieux des becs de gaz de son éclairage public3, l’Angleterre, dis-je, commença très tôt à mesurer les conséquences de l’intensification et de la généralisation de l’usage du charbon. Elle mesura et ne fit pas grand-chose, car en ce temps-là l’homme était savant et inconséquent.

William Turner, peintre réaliste et non pré-impressionniste, comme le proclamaient les historiens de l’art qui n’avaient pas l’heur de vivre à proximité des centrales à charbon chinoises du début du XXIe siècle, avait fixé pour les générations futures la vision de paysages urbains rongés par le smog industriel. L’historien Alexis de Tocqueville a décrit ce Pandémonium qu’était devenu en quelques années Manchester, capitale mondiale du textile. Centre névralgique de la puissance économique britannique (40 % des exportations dans les premières décennies du XIXe siècle), la ville cuisinait la mort dans ses entrailles et la rotait par près de 500 cheminées en 1843 :

« Une épaisse et noire fumée couvre la cité. Le soleil paraît au travers comme un disque sans rayons. C’est au milieu de ce jour incomplet que s’agitent sans cesse 300 000 créatures humaines. ... C’est au milieu de ce cloaque infect que le plus grand fleuve de l'industrie humaine prend sa source et va féconder l’univers. »4

Turner peignait en 1844 son célèbre Rain, Steam and Speed ‒ The Great Western Railway.

L’enfumage des villes anglaises était tel que le rachitisme touchait toutes les classes sociales. La luminosité avait baissé de 50 % en certains endroits. La plupart des arbres dépérissaient dans les jardins publics, victimes de ce que l’on commença à appeler, à partir de 1872, les « pluies acides ». Les oiseaux désertaient leurs frondaisons dégarnies. Dès 1842, était créée une Association for Prevention of Smoke, première d’une longue liste d’associations de défenseurs de l’environnement aussi bruyantes qu’inécoutées. En 1899, la plupart des Mancuniens (habitants de Manchester) désireux d’aller casser du Boers furent réformés pour cause de constitution malingre5.

À la même époque, la province des États-Unis, qui n’avait pas encore basculé dans le tout pétrole, faisait d’autres choix. L’historiographie de la conquête de l’ouest a longtemps marqué une plus grande fascination pour les percées du cheval vapeur que pour celles des convois de chariots, lesquels ne faisaient sans doute pas assez honneur à l’ingéniosité humaine. Or, l’épopée de la frontière, comme la première révolution industrielle américaine, aura surtout dépendu de l’eau et des chevaux. Ces derniers fournissaient la moitié de l’énergie totale en 1850. Les chevaux de trait américains, grâce à une sélection intelligente, gagnèrent en puissance et en rapidité. Ils étaient 50 % plus puissants en 1890 qu’en 1860 ; leur vitesse de trot passa de 3 à 2 minutes par mille entre 1840 et 1880. À la fin du XIXe siècle, on dénombrait un cheval pour vingt-cinq citadins environ à Chicago et à New York6. Quant à l’énergie hydraulique, captée par des turbines de plus en plus performantes, elle représentait 75 % de l’énergie industrielle en 18707.

Même après que l’automobile eut triomphé de l’hippomobile au XXe siècle, les chevaux continuèrent de rendre des services inappréciables. Pendant les deux immenses boucheries guerrières qui déchirèrent les provinces européennes, ils subirent, essentiellement dans les services logistiques, des pertes considérables. La Première guerre mondiale coûta à l’armée anglaise 484 000 chevaux, soit un cheval pour deux soldats tués au front. Les batailles hivernales de la Seconde guerre mondiale sur le front de l’est furent le théâtre de scènes insolites : on y vit souvent des chars lourds tirés par des chevaux efflanqués, qui « accrochaient » mieux la neige que les chenilles. On n’ose imaginer combien périrent dans ces occasions. Ils n’eurent pas droit aux hommages que les hommes réservent aux dépouilles de leurs soldats. Pourtant, l’horreur de ces guerres avait gommé la frontière que la civilisation matérialiste, à son apogée, trace présomptueusement entre l’homme et la bête. Les animaux pouvaient toujours se consoler en constatant qu’il y avait aussi des abattoirs pour la viande humaine.

Si le monopole du charbon fut brisé au XXe siècle dans les provinces occidentales, s’il fallut compter avec le pétrole et le gaz, pompés d’abord chez soi puis sans vergogne dans des provinces vassalisées (et dévalisées), il n’est pas certain que leurs habitants y aient gagné au change. On faisait encore, plus encore dans le fossile, dans le cancérigène et l’asphyxiant, et le climat global se mit à accuser le coup des rejets croissants de dioxyde de carbone. On avait toujours besoin de charbon pour les centrales électriques, on avait besoin de toujours plus de bois pour la construction, l’ameublement et le chauffage. Entre la dernière glaciation et le XXIe siècle, 10 millions de kilomètres carrés de forêts furent consommés, dont la moitié durant le seul XXe siècle. Les provinces dominantes étaient parvenues à maîtriser leur déboisement mais leurs compagnies forestières ravageaient les provinces dominées. Ainsi du Japon qui, après plusieurs siècles de laxisme, se targuait au début du XXIe siècle de sous-exploiter ses forêts tandis que ses agents organisaient la destruction méthodique des forêts primaires du Sarawak, en Malaisie.

Cela faisait longtemps que l’accès au bois était l’enjeu de luttes sociales acharnées. Bien davantage que la révolte des luddites en Angleterre, cette question d’écologie politique, qui touchait aussi à la question délicate de la propriété, avait inspiré les premiers travaux du jeune économiste Karl Marx8. La privatisation des forêts, l’abolition des usages communaux qui y étaient attachés et le développement de l’ingénierie forestière sur le domaine de l’État s’étaient heurtés à de vives résistances. Dans la France d’Ancien Régime, l’application du modèle d’exploitation à l’allemande, rationnelle et « soutenable » (le terme apparut dès le XVIIIe siècle), avait provoqué la « révolte des demoiselles » dans le Jura en 1765, révolte de villageois et de petits artisans qui se retrouvaient privés d’un bois bon marché. Les cahiers de doléances de 1789 fourmilleraient un peu plus tard de récriminations contre les activités industrielles, les forges et les salines, accusées d’accélérer la déforestation et d’augmenter le prix du bois. En réponse, une loi avait été promulguée le 29 septembre 1791, qui, à la stupéfaction des intéressés, renforçait les droits des propriétaires et interdisait aux agents royaux d’aller fourrer leur nez dans la gestion du domaine forestier privé. La mesure fut comble quand le code forestier de 1827 supprima certains droits coutumiers de prélèvements villageois. Le message était clair : priorité à l’effort d’industrialisation. En 1830, dans les Pyrénées, des villageois prirent les armes contre les maîtres de forge et les charbonniers ; il fallut treize compagnies d’infanterie pour les réduire.

N’ayant quasiment plus de forêts sur leur propre sol, les Anglais rationalisèrent l’exploitation des forêts de leurs colonies, constituées d’office en réservoirs. Là aussi, la « foresterie technocratique »9 s’aliéna à peu près tous les groupes sociaux non concernés par la coupe industrielle « raisonnée », les communautés de chasseurs-cueilleurs, les adeptes de la culture sur brûlis et de l’élevage extensif, les communautés villageoises privées de leur petit bois de chauffage et même les marchands de bois précieux. Des révoltes éclatèrent régulièrement (Gudem Rampa en 1879, Chotangpur en 1893, Madhya Pradesh en 1910), qui forgèrent la conscience nationale indienne et furent l’occasion d’expérimenter des formes de protestation pacifiques comme la grève de la faim et la désobéissance civile.

Durant le XXe siècle, les conflits autour du déboisement industriel et agro-industriel (transformation de la forêt en plantation monospécifique d’eucalyptus, pour le papier, d’hévéas, pour le caoutchouc, ou de palmiers à huile) firent peut-être moins de morts, mais les conséquences affectèrent tous les territoires possédant un couvert forestier, y compris les territoires pratiquant une gestion scientifique. Il suffisait de si peu de chose, alors, pour que le bien public se confondît avec les intérêts privés et que la science apportât sa caution.

Beaucoup de temps a passé. Après plusieurs bouleversements climatiques majeurs, les hommes ont compris qu’il fallait coopérer avec la forêt, que l’aventure de l’espèce a commencé là et que c’est là, parmi les arbres, en leur compagnie apaisante et grandiose, que la vie vaut la peine d’être vécue, au rythme lent des choses qui se pénètrent du monde qu’elles pénètrent. Dans un sursaut de lucidité, les hommes du XXIe siècle s’étaient promis de planter un arbre pour un arbre arraché. Nous, plusieurs siècles plus tard, nous en plantons dix, de diverses essences, dix pour un prélevé, ceci pour donner dix fois plus de chances à la biodiversité de nous émerveiller un million de fois plus à chaque poussée de sève, et nos enfants ont la charge de veiller sur leur croissance comme nous veillons sur la leur. Prenant acte de ce que les meilleurs sols sont les sols forestiers, nous avons développé tous ensemble, dans le respect de savoir-faire et de savoir-vivre pluriséculaires, une agriculture symbiotique qui fait avec les arbres, qui se protège par eux et se développe par eux. Longtemps l’humanité a mesuré sa force à l’ampleur des destructions qu’elle opérait. Il s’agissait là d’une puissance nihiliste. À présent, sa force se mesure à sa capacité d’épouser sans la violer l’une des formes les plus achevées de la nature pour y régénérer la grammaire de sa culture.

Qui s’identifie à l’arbre se sent de la force mais ne se croit pas immortel.

Bertrand Rouziès-Léonardi

1 Ernst Friedrich, Wesen und Geographische Verbreitung der Raubwirtschaft, Petermanns Mitteilungen, 50, 1904. 2 Si l’on en croit le témoignage d’un film d’animation japonais de Katsuhiro Ōtomo, Steamboy, sorti en 2004 sur les écrans de cinéma.  3 Apparu à Londres dans les années 1810, le gaz d’éclairage était un produit de la distillation du charbon ‒ et il fallait beaucoup de charbon pour distiller le charbon. Son pouvoir éclairant était médiocre. Les conduites qui l’acheminaient étaient de véritables passoires. 30 % du gaz rejoignait l’atmosphère délétère des villes dans les années 1850. Voir Jean-Baptiste Fressoz, L’Apocalypse joyeuse, Une histoire du risque technologique, Paris, Seuil, 2012, p. 203-235.  4 Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes : Voyages en Angleterre, Irlande, Suisse et Algérie, éd. J.-P. Mayer, t. V, fasc. 2, Paris, Gallimard, 1958, p. 82. 5 Stephen Mosley, The Environment in World History, New York, Routledge, 2010, p. 106-107. 6 Voir Joel Tarr & Clay McShane, The Horse in the City. Living Machines in the Nineteenth Century, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2007. 7 David E. Nye, Consuming Power. A Social History of American Energies, Cambridge (MA), MIT Press, 1998, p. 82. 8 John Bellamy Foster, Marx’s Ecology : Materialism and Nature, New York, Monthly Review Press, 2000, p. 67. 9 Christophe Bonneuil & Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement anthropocène, Paris, Seuil, 2013, p. 241.

dimanche 21 février 2016

Réveille-toi Acaaadémiiiie ! Réveille-toi.

Nota : Ce texte parait sur écodouble le 21 février 2016, à l'heure juste où il y a 100 ans jour pour jour, un calvaire de 9 mois commence pour les hommes de France envoyés sur les lignes de défenses de Verdun. L'anéantissement de ces hommes résulta de l'infinie stupidité de politiques et de généraux assujettis au capitalisme débridé et amoral qui, encore aujourd'hui et sans exception aucune, fait son beurre sur des monceaux de cadavres et des destructions écologiques de masse, de sorte que toute l'Humanité se retrouve en péril.

Académie ! Houhou, Académie !?
Tu dors ? Pourquoi ne réponds-tu pas à mes lettres ouvertes ?
Tu es gêné aux entournures ?
Ou alors, dois-je commencer à croire que tu ne sais ni lire ni écrire, très chère Académie.

Très chère oui ! Car pour justifier ton retard à répondre, n'avance pas le manque de moyens financiers ; ce serait de la mauvaise foi !
En effet, si on regarde ce que tu nous coûtes, la crise, toi, tu ne connais pas ! Le chiffre est vertigineux : 2,6 millions d'euros par tête et par an ! Voilà ce que nous, citoyennes et citoyens, consentons à dépenser, sans que nous puissions faire autrement semble-t-il, pour chacun de tes pensionnés si l'on en croit la Cour des comptes, relayée par Le Figaro (*), journal où sévissait, et peut-être encore, un de tes locataires-médiatiques-à-titre-gratuit-et-intéressé qui nous barbe régulièrement à la téloche.

Chère Académie, en 17 mois tu as reçu 2 lettres ouvertes, datées du 22 août 2014 et du 22 août 2015, plus un courriel sur ton site Internet, concernant le désastre humain du 22 août 1914 dont la responsabilité incombe à deux maréchaux criminels qui ont trouvé refuge sous ta coupole.
Il est notable de constater qu'à ce jour il n'y a toujours pas de réponse à ces courriers dans lesquels il t'est suggéré d'exclure ces maréchaux.

Je sais bien que tu as le temps, que tu te sens immortelle.
Mais moi, je ne suis pas une créature immortelle.
Ni l'Humanité d'ailleurs, celle-ci ne l'étant plus à force de voir les "zélites" ne pas vouloir traiter les problèmes qui se présentent ! Et justement, Foch et Joffre sont parmi les problèmes : des problèmes de Morale et de Justice ; des problèmes qui traversent les siècles et qui pèsent bien trop sur les Peuples et la biosphère toute entière.

Mais bon ! Je suis bon prince ! Si tu es vraiment à ce point fauch ...ée (heureusement, pas par une mitrailleuse, "pan,pan,pan") que tu ne peux acheter ni timbre ni enveloppe pour me répondre, j'offre les deux. Et aussi le papier et l'encre s'il le faut : tu n'as qu'à me le demander. (Par tous les saints, par ma générosité je m'étonne moi même !)
En tout cas, tes mots pour répondre à la proposition qui t'a été faite d'exclure Foch et Joffre, tu es en devoir de les donner car tu reconnaîtras volontiers avec moi, je n'en doute pas une seconde, que tu ne peux jouir des avantages que tu t’octroies sans t'imposer des devoirs en retour, fussent-ils "coûteux" pour l'apparat, le fatras et tout le reste. Sans quoi, ce serait une désertion devant le Peuple, Peuple qui t'oblige, chère Académie. Et avec ce mot "désertion" dit tout haut, j'entends déjà des généraux, dont certains "maréchalisés", qui se réveillent, verts de rage, pour fusiller sur le champ et à tour de bras.
Ah, les bougres ! Toujours prêts, ceux-là, à faire couler le sang, pourvu qu'il ne soit pas le leur.

Aller très, très, chère Académie, un peu de grandeur !
Écrit donc pour nous dire ton opinion sur cette proposition de renvoyer Foch et Joffre au rang des mortels.
Merci d'avance et salutations.




(*) Ce que l'on peut lire dans Le Figaro à propos de l’Institut et de ses Académies :

«Gestion du patrimoine peu rigoureuse», «fonctionnement interne marqué par des dérives»… La Cour des comptes dénonce la gabegie de l'Institut de France et des cinq Académies. Les sages de la rue Cambon évoquent ainsi une gestion qui «demeure très insatisfaisante», «malgré des progrès limités dans des domaines spécifiques», selon un rapport publié en fin de semaine.

La Cour rappelle que l'Institut et les Académies (française, sciences, beaux-arts, inscriptions et belles-lettres, et sciences morales et politiques) sont depuis une réforme de 2006 «libérés de toute tutelle» et «placés sous le contrôle de la Cour des comptes».

La Cour des Comptes s'étonne notamment que «l'apport de l'État au titre du ministère chargé de l'enseignement supérieur a été multiplié par 6,5 d'une année sur l'autre (2010-2011), sans que les missions dévolues à ladite académie aient été modifiées en quoi que ce soit». __Les Sages de la rue Cambon soulignent également «le coût représenté par les indemnités versées par l'État à chaque académicien, qui s'est élevé en 2013 à 2,6 millions d'euros». __ La Cour épingle par ailleurs la gestion du patrimoine immobilier «déléguée à quelques rares gestionnaires pour des durées anormalement longues et en l'absence de mise en concurrence et de tout contrôle».

Autre critique, la gestion du personnel et la politique salariale. Elles sont «marquées par une absence quasi totale de règles formalisées, notamment en matière d'attribution de primes et d'indemnités», estime la Cour. «Des logements sont attribués à des conditions particulièrement avantageuses, voire gratuitement, sans aucune justification et parfois sans que les instances dirigeantes aient été consultées», s'indignent ainsi les Sages de la rue Cambon. Ils citent l'exemple de Maurice Genevoix, élu académicien en 1949 puis secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1958 avant de démissionner en 1974, qui avait continué à bénéficier gracieusement d'un appartement de 137m2 même après avoir quitté ses fonctions. Plus étonnant encore, à sa mort, son épouse est restée dans ce logement aux mêmes conditions, jusqu'à son décès en 2012, les locaux ont ensuite été reloués pour un loyer mensuel de 3450 euros.

Autre situation pour le moins étonnante, l'exemple de Maurice Druon. Le secrétaire perpétuel de l'académie française avait annoncé qu'aucun appartement du parc immobilier de l'académie ne correspondait à ses souhaits, la commission l'avait alors laissé choisir un logement. Celui qui s'était opposé à l'entrée de la première académicienne en 1980, Marguerite Yourcenar, avait ainsi élu domicile, aux frais de l'Académie, dans un appartement de sept pièces dans le 7e arrondissement d'une valeur de 5400 euros par mois. Puis à la mort de ce dernier, l'Académie avait décidé de verser une participation financière de 3000 euros par mois à sa veuve sans justification. La Cour des comptes souligne ainsi que «de nombreux régimes de faveur sont accordés sans base juridique ou sans fondement objectif, notamment en matière de logement».

La Cour des comptes relève en outre que la masse salariale s'est accrue, depuis 2005, de 6 % à 60 % selon l'Académie «alors que l'effectif est resté globalement stable». Elle évoque ainsi la hausse exponentielle des salaires des présidents des fondations Claude-Monet et Marmottan Monet qui sont passées respectivement de 1300 en 2006 à 4000 euros en 2013 et de 1200 en 2007 à 5000 euros en 2013. En plus de ces indemnités, la Cour fait mention de «d'avantages en nature injustifiés».

Fort de ces constats, le rapport préconise «une meilleure coordination des institutions entre elles» et «une remise en concurrence de l'ensemble des mandats de gestion». La Cour recommande également de «procéder à une évaluation par l'État de la dépense fiscale liée aux mécénats reçus» par les quelque 1100 fondations abritées par ces institutions.

L'institut de France indique qu'il va suivre les recommandations de la Cour des comptes. Il souligne par ailleurs que le rapport de la cour des comptes a été réalisé sur une période allant de 2005 à 2013, et l'institut «a, depuis, pris des mesures afin d'améliorer l'efficacité de sa gestion», souligne une porte-parole. Ainsi «deux commissions ont été mises en place, depuis 2012, un audit et une démarche de certification des comptes sont en cours, ainsi que l'a recommandé la Cour des Comptes. Un rapport annuel doit en outre être publié».

Message laissé le 19 janvier 2016 à la page "contact" du site Internet de l'Académie française

Adressé au Secrétariat général

Bonjour Madame

Je m'étonne de n'avoir reçu, à ce jour, aucune réponse à deux lettres ouvertes (publiées sur mon blog "écodouble") concernant le statut d'immortel que conservent encore MM. Joffre et Foch.

Avez-vous réceptionné ces deux courriers qui datent des 22 août de 2014 et 2015. J'ai besoin de savoir. Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer mes respectueuses salutations.

vendredi 15 janvier 2016

Cela grimpe toujours !

Au beau milieu de l'Océan indien, il y a Amsterdam, une petite île de France. L'air qu'on y respire est l'un des plus pur disponible sur notre Terre si bien que l'endroit est devenu la référence pour étudier la chimie de l'atmosphère. Depuis bientôt 30 ans des mesures très précises y sont faites quotidiennement dans le cadre du programme RAMCES.

En novembre 2014, le jeune scientifique VSC qui prit le relai de son prédécesseur pour réaliser ces mesures journalières trouvait des concentrations en CO2 de 393 ppm (*). Un an après, lorsqu’il laissa la place à son successeur, les concentrations qu'il mesurait tous les jours étaient de 396 ppm.
Le 23 décembre dernier, au bar d'Amsterdam, il me confia : "L'année prochaine nous serons à 400 ppm !"
Pour rappel, avant la révolution industrielle, cette concentration était de 260 à 270 ppm. Elle augmentait de 1,5 ppm par an au début des années 1980, puis de 2,0 ppm par an au début des années 2000. Aujourd'hui, elle augmente d'un peu plus de 3,0 ppm par an.

Mettons en doute les conclusions du GIEC !
Il tend à minimiser l'ampleur du désastre qui nous attend par le fait qu'il utilise des modèles de calculs qui sous estime l'impact des gaz à effet de serre que notre économie disperse dans l'atmosphère. De plus, il ne tient pas compte des études les plus alarmistes qui, pour certaines, annoncent bien plus de 2 °C d'augmentation de température moyenne à la fin du siècle.
Pour cela nous pouvons être gieco-sceptiques mais nous ne devons pas être climato-sceptiques.
En effet, c'est une certitude, le Monde va chauffer ! L'accélération de l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère en est la preuve annonciatrice irréfutable.

(*) ppm veut dire partie par millions. Ainsi, une concentration de 10 ppm de CO2 équivaut à dire que, pour 1 millions de molécules d'atmosphère, 10 sont des molécules de CO2.

mercredi 13 janvier 2016

Mort imminente de la déesse Auto

Article écrit par Bertrand Rouziès Léonardi, initialement publié le 11 janvier 2016 sur son blog du Club de Médiapart.

« Et après ? », d'aucuns rétorqueront. L'humanité s'est fait une spécialité, par son ingéniosité, de surmonter les défis qui se présentent à elle, qu'ils soient d'origine naturelle ou d'origine anthropique.

Tant que le péril était localisé, les communautés humaines réussissaient souvent, en effet, à le circonscrire ou, du moins, à en amortir les effets. Mais pas toujours, comme l'analyse Jared Diamond dans Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition et de leur survie (Paris, Gallimard, « NRF-Essais », 2006). La différence avec l'époque où nous vivons est que les conséquences d'une connerie persévérante, en dépit de l'effet papillon, débordaient rarement, alors, les limites du secteur où elle se déployait. Maintenant, sous le régime globalisé du libre-échange, la connerie joue à saute-frontières et nous met tous dans la panade, quelque part que nous y ayons. Or, il est tout à fait possible d'être fort ingénieux et suprêmement con. Cherchez autour de vous, les exemples abondent.

L'industrie automobile, comme chacun d'entre nous le sait ou le subodore à sa naissance, simplement en promenant les yeux sur les espaces artificialisés, est devenue le baromètre de la santé de notre civilisation thermo-industrielle. Une bonne partie, sinon la plus grosse, de l'économie capitaliste mondialisée tourne autour de ce moyen de transport ; une bonne partie, sinon la plus grosse, de notre insatiable appétit de puissance est captée par lui. Inutile de montrer du doigt les étatsuniens. Nous, Français, nous leur tenons la dragée haute, comme l'atteste cette épidémie de delirium voiturolâtre aigu qui, lors des dernières grosses inondations saisonnières, a conduit quelques-uns de nos concitoyens, imperméables aux objurgations des autorités, à chercher à tout prix à sauver leur bagnole, plutôt que leur propre peau ou celle de leurs proches, dans des garages fermés et à demi submergés.

Le problème de l'industrie automobile et des systèmes complexes, financiers, sociaux et infrastructurels, qu'elle détermine, est son extrême sensibilité et donc vulnérabilité aux chocs conjoncturels. La qualification de « colosse aux pieds d'argile » lui sied comme un gant. Les effets de seuil (phénomène du « tout ou rien »), les effets en cascade (contagion) et la difficulté de retrouver un état d'équilibre après le choc (phénomène d'hystérésis) en malmènent régulièrement les fondements mous. Elle peine à trouver en elle les ressources pour y faire face et, comme le Veau d'or bancaire, ne doit souvent son salut, dans les périodes de crise, qu'à la collectivisation étatique des pertes, car le marché, tout aussi sensible et vulnérable qu'elle, n'y pourvoit pas. L'ingéniosité technique ne peut pas grand-chose contre la menace multiforme qui pèse sur la déesse Auto. Elle n'a d'ailleurs pas particulièrement brillé, s'agissant de l'objet lui-même, dont les principes de motorisation et de combustion n'ont pas bougé depuis plus d'un siècle. Une voiture reste un moteur posé sur un châssis, lui-même posé sur quatre roues. Les voitures volantes, recyclant pour se mouvoir les déchets domestiques, ne sont la norme que dans Retour vers le futur.

C'est en revenant à l'objet lui-même qu'on en mesurera la fragilité absolue, laquelle aurait dû en interdire la promotion et en sceller le destin industriel. Du carburant, on peut toujours en fabriquer, quasiment avec n'importe quelle matière organique, tant qu'il y a de la matière et des distilleries, mais sans roues, la voiture n'est rien plus rien. Or, les roues sont enrobées de caoutchouc, et pas d'un caoutchouc de synthèse, qui ne serait pas assez résistant, mais d'un caoutchouc naturel, tiré de Hevea brasiliensis. Les trois quarts de la récolte mondiale annuelle de caoutchouc sont affectés à la fabrication de près de 2 milliards de pneus de voiture, de camion, de tracteur et d'avion. Le caoutchouc naturel représente 40 % de la production totale de caoutchouc. Quand on pense aux méfaits de l'exploitation du caoutchouc naturel, en pense généralement à l'épopée négative du « red rubber » au Congo belge. On n'imagine pas forcément la catastrophe écologique majeure à laquelle elle donne lieu actuellement en Asie du Sud-Est, au Viêt-Nam, au Laos, en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie et même dans le Yunnan chinois, où, contrairement à ce que le nom scientifique de l'arbre laisse entendre, se concentre l'essentiel d'une production comparable, par ses ravages sur les écosystèmes, à la monoculture du palmier à huile. Cela fait depuis 1911 que le caoutchouc asiatique inonde le marché, au prix d'une déforestation galopante et, aujourd'hui, exponentielle.

Le hic est qu'il suffit d'un rien pour que ce centre de production asiatique s'effondre quasiment du jour au lendemain, sans laisser la moindre chance à l'industrie automobile de s'adapter dans un délai court, puisque, de toute façon, le capitalisme est fondamentalement con et nous encore plus cons de le croire inventif et immortel. Le hic, en l'occurrence, c'est un champignon brésilien friand de l'hévéa, Microcyclus ulei, qui provoque la maladie dite des feuilles et entraîne un dépérissement irrémédiable des arbres atteints. La monoculture de l'hévéa lui déroule une autoroute en lui permettant de voyager d'arbre en arbre sans risquer de voir ses spores interceptées par d'autres végétaux. Le « génial » capitaine d'industrie qu'était Henry Ford en fit la coûteuse expérience dans sa mégaplantation utopique de Forlandia, au Brésil, le long de la rivière Tapajós. Cet admirateur et inspirateur des autocrates crut pouvoir se passer des avis des botanistes et y laissa 20 millions de dollars (270 millions d'euros actuels). En 1935, tous les hévéas de Forlandia perdirent leurs feuilles en l'espace de quelques mois, quelques années seulement après le début de l'exploitation et, en 1945, Ford revendit son million d'hectares à vil prix. C'est exactement le même type de monoculture qui prévaut en Asie, de nos jours. Des scientifiques tirent la sonnette d'alarme depuis les années 1980 : qu'une seule spore de Microcyclus ulei vienne à s'égarer en Asie, par le truchement d'un vol intercontinental, et l'ère de la voiture et de ses dérivés se conclura abruptement. Dans un rapport daté de 2011, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture préconisait d'examiner tout passager d'un vol pour l'Asie du Sud-Est qui se serait rendu moins de trois semaines auparavant dans une région d'Amérique du Sud où sévit ce champignon. Il n'en a été tenu aucun compte, ni par les politiques, ni par les industriels, ni par les écologistes eux-mêmes, occupés sur d'autres fronts. Pourtant, Microcyclus ulei a un potentiel destructeur à faire pâlir d'envie Kim Jong-Un soi-même, grand amateur de champignons. Songez à tous les maillons de la chaîne des interdépendances associées à l'automobile dans nos sociétés modernes et vous comprendrez mieux ce que veut dire « être assis sur un volcan ».

Cet engouement suicidaire et exclusif pour l'hévéa est une illustration parmi d'autres de la tragi-comédie de l'anthropocène. Il confirme, s'il le fallait encore, le jugement au tranchoir de Schopenhauer sur la mécanique du génie humain : « semper eadem, sed aliter », « toujours la même chose, mais autrement ».

URL source : https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/110116/mort-imminente-de-la-deesse-auto

vendredi 8 janvier 2016

Le côté obscur de la foi

Orly ouest, ce jour, à 11H10. Assis sur mon sac, dans un coin, je lis le dernier Charlie dont la une, sur fond noir, montre Dieu en assassin qui court toujours. Une jeune femme d'environ 25 ans, jolie, bien vêtue, brune, type européen, propre, parfumée, m'interrompt dans ma lecture. Elle m'explique qu'elle est SDF et qu'elle et son copain auraient besoin d'une petite pièce pour manger ce soir. Elle est en effet flanqué d'un type, resté un peu en retrait mais qui, pour autant, ne perd rien de ce qui est dit.
Ne croyant pas un mot de son histoire, sans doute pour acheter une tranquillité, je me lève pour voir si des rondelles monétaires ne sédimentent pas dans mes poches. Dans la manœuvre, la dame découvre mon Charlie hebdo. Tout net elle me lance, en se dévoilant le plus naturellement du monde :

- Ah, c'est Charlie. Moi je ne le lis pas. Ce qui leur arrive c'est leur faute. En plus dans ce numéro ils insultent la religion et disent que Dieu est assassin.

Abasourdi, la regardant tout en sondant mes poches, je lui dis que je n'ai rien pour elle (ce qui était vrai du reste, je n'ai pas eu besoin de mentir -alaouacbar !) et je me rassois sur mon sac. Visiblement agacée elle me lance un "c'est pas grave" hypocrite et s'éloigne avec son ombre masculine à ses basques.

L'obscurantisme religieux s'avère, au même titre que celui de la finance (l'argent n'est-il pas un dieu ?), le plus prégnant des côtés obscurs de la Force.

Au fait, les bourses sont agitées ces temps-ci. Ça sent, comme en 2008, un nouveau sacrifice des peuples sur l'autel du capitalisme. Il va falloir très bientôt sauver les banquiers une nouvelle fois.

Obscurantisme quand tu nous tiens, la raison est le diable !

lundi 4 janvier 2016

De retour des Terres Australes

Il aura suffit que je m'absente quatre mois pour que le pays bascule ouvertement dans la dictature. Sans blagues, vous déconnez grave !

On nous surveillait déjà de près sur le Net depuis un an.
Avec le 49.3, on avait fait passer une loi retro active sur les permis de construire l'été dernier.
Voilà que maintenant on a l'état d'urgence et que, sous prétexte de terrorisme, on peut se retrouver en résidence surveillée, comme en Birmanie qui est un modèle de démocratie, tout le monde le sait.
Toutes ces nouveautés ont été inscrites dans la loi par les socialistes, ces braves gens qui osent tout, même ce que la droite néo libérale n'oserait pas !
Le petit caudillo Manuel a sans nul doute la prochaine étape bien en vue : que "terroriste" devienne synonyme de "kyste à éliminer", la novlangue permettant tout. Les ZAD de France pourront ainsi être rayées de la carte, la jeunesse qui les peuple nuisant aux intérêts d'amis puissants. Et peu importe si le capitalisme outrancier se trouve être à la source de tous les terrorismes par la misère qu'il sème dans le monde entier : Les zadistes ne distribuent pas des valises de billets.

Tant que nos élus et élites seront à la solde de la finance rien ne changera. D'ailleurs, au point où nous en sommes, je crois que plus rien ne changera. Pour faire évoluer les choses dans le bon sens, il eut fallu que vous réagissiez il y a bien longtemps ; en 2008 par exemple, afin que fussent enfermés tous les banquiers et leurs complices. Il aurait fallu que ...
Mais à quoi bon puisque cela ne sert plus à rien.

Il vous suffit juste maintenant de faire comme vous avez toujours fait mais avec obligation de le faire désormais :
Ne pensez pas. Regardez la télé.
Ne réfléchissez pas. Achetez tout ce que vous pouvez.
Ne vous instruisez pas. Lisez les publicités.
Ne vous informez pas. Écoutez le 20H00.
Ne vous cultivez pas. Oubliez.
Ne soyez pas. Paraissez.
Ne contemplez pas. Profitez.
Ne resistez pas. Collaborez.
Brûlez du pétrole, vous jouirez.
Consommez, consommez, consommez !

La déesse croissance pourvoira à toutes vos envies et tous vos besoins. Du moins le ferait-elle, peut-être, rien n'est moins sûr, si seulement il lui était possible de pouvoir revenir maintenant que la déplession pétrolière commence.

Ah, au fait : Bonne année.

jeudi 12 novembre 2015

Le prix des fruits moches est parti

L'association lisbonnaise Fruta Feia va enfin recevoir son diplôme de Défenseur de la Terre.
Comme d'habitude, ce fut un peu long de trouver un talent du dessin pour le réaliser. Mais c'est bien parti ; avec les 50 euros du prix, bien entendu.
Merci à Marin, dont vous pouvez admirer l'œuvre ci-dessous :

Diplôme les Fruits Moches

Il faut reconnaitre que des choses bougent dans le bon sens à Lisbonne. Les responsables de la municipalité semblent comprendre que le capitalisme n'a plus grand avenir.
Ainsi, des parcs et jardins publics deviennent des jardins potagers pour les habitants de la ville. Quelle superbe idée !

Et en France, on fait la même chose ?
Oh ben non, ce serait ben trop beau !
Et même que nous ne verrons pas pareille bonne idée se réaliser de sitôt parce que nos élus, les nôtres, préfèrent poser candidature aux Jeux "Capitalystes" (ils sont tous toujours candidats à tout) ; quand ils ne projettent pas des tours triangles, des aéroports, des médiathèques, des ports qui s'envasent (projets vaseux et régulièrement très coûteux) ; tout en faisant construire des salles des fêtes, des ZAC, des supermarchés, des espaces paysagés en lieu et place du paysage, des terrains de sport (même lorsqu'il y en a deux déjà existants), des "espaces naturels" ouverts au public, des routes, des parkings, des complexes de cinéma, de nouveaux bâtiments de mairie, des TGV, des plateformes multimodales, un lagon en montagne, un barrage, etc.
Mais si cela s'arrêtait là !?!
Oh dame, non !
Car, comme une cerise sur un gâteau merdique, tous les espaces qui se retrouvent artificialisés par leur génie d'aménageurs sont ensuite maintenus "propres" par l'emploi de désherbants MONSANTO & consorts achetés, aussi, avec l'argent de nos impôts.
En résumé, nous payons, avec le sourire, la destruction de notre environnement ainsi que notre propre empoisonnement ! Et nous ne disons rien ! Pire ! Nous revotons pour eux, encore et encore, si bien qu'il faut l'affirmer : nous avons les élus que nous méritons !

Mais revenons-en à nos moutons : encore BRAVO à Fruta Feia !

lundi 2 novembre 2015

Une application du génie malfaisant de notre "Prix Nobel" Jean Tirole : le compteur Linky.

Billet initialement publié par Bertrand Rouziès-Léonardi le 7 octobre dernier sur son Blog du Club de Mediapart.

Tout d’abord, précisons une chose : ce qu’on appelle indûment « Prix Nobel d’économie » est en réalité un prix décerné par la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel. S’il est bien géré par la Fondation Nobel, ce prix ‒ et c’est le seul dans ce cas ‒ n’a pas été voulu par le testament d’Alfred Nobel. Un détail qui n’en est pas un, car l’inventeur de la dynamite devait bien se soucier des aspects économiques de sa découverte, et pourtant, il n’a pas jugé bon d’élever l’économie au rang de science digne d’être soutenue dans ses œuvres.

L’économiste français Jean Tirole, qui tient les rênes de l’école d’économie de Toulouse, est le dernier lauréat du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel. Il est toujours intéressant de citer la raison pour laquelle un lauréat a été récompensé. En l’occurrence, Jean Tirole l’a été, dans son domaine de prédilection, à savoir l’organisation industrielle, « pour son analyse du pouvoir de marché et de la régulation ».

Tiens, tiens…

Jean Tirole et ses disciples travaillent sur les abus de pouvoir, en matière de fixation des prix, des entreprises en situation monopolistique et sur le moyen d’y mettre bon ordre. Mais quel ordre, au fait ? Un ordre gagnant-gagnant pour l’entreprise et l’État régulateur et partenaire (voire actionnaire), mais toujours sur le dos des consommateurs-citoyens. Nous découvrons par là qu’il n’y a pas d’un côté l’économie libéralisée et autorégulée et de l’autre l’économie planifiée. Les discours idéologiques manichéens entretiennent l’illusion de deux systèmes imperméables et antagonistes, alors que la simple analyse de l’histoire économique de l’URSS démontre que la règle est plutôt l’imbrication des deux systèmes, pour le profit d’une petite élite politico-financière à peine élargie. Une illustration contemporaine nous en est apportée par les « smart grids », ces réseaux dits « intelligents ».

L’idée des smart grids, si chère à Jeremy Rifkin, ludion technolâtre et énergivore, est celle d’une superposition des réseaux informatiques aux réseaux électriques au moyen de la technique CPL (Courant Porteur de Ligne). Le principe de la superposition n’est pas nouveau. Songez aux lignes télégraphiques puis téléphoniques longeant les lignes de chemin de fer ou les routes. Ce qui est nouveau, c’est qu’un même opérateur détienne tous les réseaux superposés. Dans un souci de performance opérationnelle, l’État et les producteurs-distributeurs d’électricité (enfin, surtout un, en France, ERDF) ont décidé ensemble d’exploiter le plus possible les infrastructures existantes, plutôt que d’en créer de nouvelles, trop onéreuses. Leur attention s’est donc tout naturellement portée sur l’amélioration des capteurs et des compteurs-mouchards. À l’avenir, les centres de gestion des DSO (Opérateurs de distribution), plus ou moins automatisés, analyseront en temps réel les données recueillies et décideront dans la foulée d’ajuster les flux, sans que les consommateurs en soient avertis, par exemple pour alimenter en priorité les bornes de rechargement des véhicules électriques, marotte de notre actuelle Ministre de l’Écologie, du Développement durable et… de l’Énergie, Ségolène Royal. Il s’agit bien là d’une planification cybernétique impliquant l’État et les entreprises concernées. Et comme l’État, c’est de moins en moins nous, on peut craindre le pire dès lors qu’il est question d’« écrêter », d’« effacer » ou de « délester » la consommation, pour reprendre les maîtres mots d’une « gestion dynamique ».

Et le pire, c’est Jean Tirole qui le conceptualise et le perfectionne. Sa marotte à lui, ce sont les « marchés biface » (« Two-sided markets »), autrement appelés « néomarchés intégrés » par la « Task Force for Smart Grids » de la Commission européenne, qui est à la pointe sur le sujet. Le principe d’un marché biface est celui d’un double gain, à partir d’un service ordinaire, grâce au trafic de données. Exemple : si vous êtes une plateforme de paiement par carte bancaire, vous gagnez non seulement de l’argent en assurant le bon déroulement des opérations, mais aussi en vendant à d’autres acteurs du marché les données comportementales de la clientèle conservées par le détail des opérations.

Le compteur « intelligent » Linky d’ERDF* apparaît comme un facilitateur idéal des « marchés biface ». On ne s’étonnera donc pas que l’école de Toulouse contribue, entre autres tâches essentielles, à l’optimisation de la tarification électrique. Dans le monde néolibéral du marché conçu comme automate programmable (théorie néoclassique), on ne mise pas sur l’intelligence des consommateurs, qu’on aurait pu impliquer dans la gestion de leur consommation d’énergie, mais sur celle des agents électroniques de surveillance des consommateurs. L’intelligence du compteur Linky est donc à comprendre dans le sens que les Anglais donnent à intelligence dans « Intelligence Service ». Imaginons un instant que les données collectées par ERDF soient fournies à un assureur. Gageons que ce dernier comptera le nombre de jours où M. un tel n’est pas chez lui et ajustera ses tarifs en conséquence. Cette manière inquisitrice de procéder, en multipliant, grâce au trafic de données, les rappels à l’ordre (ordre que les acteurs du marché définissent entre eux), s’appelle « smart building ». Et comme les promoteurs de ce smart building n’aiment rien tant qu’affubler leur cauchemar de beaux atours lexicaux, à la façon des novlinguistes orwelliens, ils ne parleront jamais de contraintes mais d’« incitations ». Cela tombe bien, Jean Tirole est the specialist des incitations.

Nous pourrions individuellement snober les compteurs-mouchards, si nous avions le choix. Las ! La collusion entre l’État et les producteurs-distributeurs d’énergie nous interdit de choisir. Nous ne sommes pas censés être intelligents, veaux que nous sommes ! Nous nous acheminons donc à grand train vers une généralisation forcée de ces compteurs. Si ce n’est l’État français, l’UE poussera à la roue. La directive relative aux services énergétiques (troisième paquet énergie), qu’il reste à transcrire nationalement, exige que les consommateurs soient tous équipés de compteurs intelligents. Certaines lois, déjà oubliées, ont préparé le terrain en France, comme la loi Brottes du 15 avril 2013, « visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre et portant dispositions sur la tarification ». Le Conseil Constitutionnel a censuré le titre 1 de cette loi, qui prévoyait un « bonus-malus sur les consommations domestiques d’énergie », au risque de pénaliser les clients les plus pauvres, incapables de se mettre aux normes environnementales. L’article 14, lui, a échappé à la vigilance des sages. Il concerne l’effacement de la consommation d’électricité. Qu’est-ce au juste qu’un effacement ? Cela consiste, « en cas de déséquilibre offre/demande d’électricité, à provisoirement (en période de pointe journalière et/ou saisonnière de consommation électrique) réduire la consommation physique d’un site donné ou d’un groupe d’acteurs (par rapport à sa consommation « normale »), l’effacement étant déclenché par une stimulation extérieure ». « Site », « groupe d’acteurs », tout cela est bien flou et peut justifier qu’on coupe le courant à des quartiers en révolte ou à des associations dérangeantes. On ne soupçonnera évidemment pas François Brottes, député socialiste et président du directoire de RTE (Réseau de transport d’électricité), de servir par cette loi d’autres intérêts que ceux de la collectivité.

Comment échapper à ce piège ? Par la création de coopératives d’énergie ? Mais elles-mêmes devront se plier aux diktats des « néomarchés intégrés », sous peine d’être hors la loi. Il ne nous reste plus qu’à ruser, à être plus intelligents que les réseaux intelligents, plus ingénieux que les ingénieurs. Ou bien nous produisons notre électricité nous-mêmes, sans passer par le réseau existant, en bricolant une génératrice, voire apprenons à nous en passer, ou bien nous achevons d’installer Big Brother à domicile. Mais il n’est pire lâcheté que le consentement. Le lâche qui fuit se donne encore une chance de résister.

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* Linky, ce n’est pas seulement un compteur, c’est une architecture communicationnelle. Cette merveille de mouchardise comporte trois niveaux : un système central de programmation et de supervision ; un système décentralisé (piloté à distance), le compteur et son logiciel, le concentrateur et ses logiciels ; un centre d’opération qui gère les échanges entre le centre de supervision et ses périphériques.

jeudi 15 octobre 2015

Grille anti rongeurs de Dadant sur ruche Warré

L'automne avance ; il fait de plus en plus froid ! Vient le moment de protéger la ruche des intrusions de rongeurs.
Une grille Dadant serait idéale mais comment adapter une telle grille sur une ruche Warré ?
En fait, c'est simplissime ! Un tout petit bricolage suffit.

Il s'agit de fixer deux plats métalliques, que l'on nommera "porte-grilles", sur le socle de la ruche afin de pouvoir y clipser la grille anti-rongeurs à l'aide de deux clous. Comme des photos valent mieux qu'un long discours, visionnez pour comprendre.

Grille 1

Grille 2

Grille 3

Grille 4

Pour y parvenir, procédez comme suit :
- posez un élément de ruche sur le socle à équiper de ses deux porte-grilles ;
- mettez la grille en position (les deux fentes de cette dernière tangentent les bords de la ruche qui doit, normalement, faire 35 x 35 cm de dimension extérieure) ;
- l'un après l'autre, positionnez les porte-grilles avec des serre-joints, de telle sorte qu'ils ne permettent aucun mouvement vertical de la grille, celle-ci devant porter en tous points sur la planche d'envol, tout en plaquant parfaitement sur le socle et l'élément en façade de ruche ;
- vissez les porte-grilles sur le socle, la grille légèrement comprimée par les clous en position d'arrêtoirs, et retirez les serre-joints.

Notez que le trou pour le clou ne se situe pas sur l'axe longitudinal du porte-grille mais en dessous, cela afin d'agir sur la grille au droit de son axe longitudinal à elle. Ainsi, elle plaque uniformément sur le socle et l'élément de ruche.

Enfin, si vous avez lu l'article concernant la cage anti frelon asiatique, vous aurez compris que les porte-grilles sont aussi les porte-cages.

mercredi 14 octobre 2015

Liste des Défenseurs de la Terre

Pour rappel :

L'Ordre des Défenseurs de la Terre a été créé le 14 juillet 2009.

Figurent dans l'Ordre des Défenseurs de la Terre :

Aurélien Brulé - 2009

Bolivia Inti (association) - 2009

Wangari Maathai - 2010

José Claudio Ribeiro da Silva (à titre posthume) - 2011

Maria do Esperito Santo da Silva (à titre posthume) - 2011

Pierre Rabhi - 2011

Bunker Roy - 2012

Les habitants de Niamone au Sénégal - 2012

Sea Shepherd Conservation Society et Paul Watson - 2013

Naoto Matsumura - 2013

Fruta Feia - 2014

Miranda Gibson - 2015

Bretagne Vivante - 2015

 

mercredi 30 septembre 2015

Je me suis fait avoir : Grosse bourde et grande déception !

Qu'il est difficile de trouver une personne digne d'être Défenseur de la Terre !
Et bon sang que les médias sont désinformateurs, ou menteurs, ou négligents, selon que nous les penserons asservis, complices ou stupides.

Ce que je vais vous révéler est un "scoup" ! comme on dit dans le jargon du journalisme d'investigation ou du journalisme "pipole", qui ont tendance à devenir les mêmes ; à moins que certains journalistes d'investigations n'aient plus les moyens de travailler !? Ce qui ne serait pas étonnant finalement : souvenons nous des pressions sur certains d'entre-eux visant à leur faire dévoiler leurs sources, du fichage selon l'opinion ou juste de la démission d'Hervé Kempf du Monde, puisqu'il ne pouvait plus informer sur Notre-Dame-des-Landes dans ce journal.

Mais venons-en au "scoup" !
Lorsque je vous propose, chaque année, une série de nom en vous demandant de désigner parmi eux celui qui sera Défenseur de la Terre, je prends bien garde de vérifier au préalable que tout est "clair", c'est-à-dire que la probité des personnes ou des associations que je vous propose ne peut être remise en cause.
Je passe donc beaucoup de temps à croiser les infos sur le Net.
En 2012, je vous avais proposé de désigner le Défenseur de la Terre de l'année. Il vous fallait choisir entre le journal La Hulotte, l'association L'école des talus, la CRIIRAD et Haïdar el Ali ; et vous aviez désignés ce dernier.
Son diplôme fut dessiné par Joshua mais je ne suis jamais parvenu à trouver, ne serait-ce qu'un contact, à qui envoyer le diplôme et les 50 euros du prix.
Le temps passait et je n'y arrivais toujours pas.
Puis, un jour, lors d'une conférence-formation à Brest sur les parcs marins à laquelle il me fut donné d'assister, j'ai eu le plaisir de rencontrer trois sénégalais qui suivaient aussi cette conférence-formation. Il y avait Monsieur Léopold Yancouba Coly, équivalent de Maire de la commune de Niamone, un capitaine de l'armée sénégalaise et une autre personne qui, si j'ai bon souvenir, est fonctionnaire.
Lorsque j'ai su qu'ils étaient sénégalais, je me suis empressé de leur parler d'Haïdar el Ali.
Leur réaction fut un grand rire, comme je les aime.
Après avoir bien ri, ils m'apprirent que ce dernier, qui venait tout juste d'être démis de sa fonction de ministre des pêches, aurait fait en sorte de s'attribuer tout le mérite de l'idée de replanter la mangrove dans leur région, qu'il n'aurait en rien été un initiateur de cette action et qu'il se serait arrangé, en outre, pour percevoir des fonds de compensations carbone émis par la société Danone (*). Le montant perçu serait de plusieurs millions d'euros, dont seulement une infime partie aurait été reversée aux habitants-planteurs de la région, représentés par l'association PGIEM-TOBOR, présidée par Monsieur William Diadhiou, véritable initiatrice de cette merveilleuse action de replantation (site www.pgiem-tobor.com, site qui se télécharge difficilement).

Les affirmations des trois messieurs, qui me semblent dignes de confiance, m'ont décidé à ne plus chercher à remettre le diplôme et les 50 euros à Haïdar el Ali. Cette personne, contrairement à ce que j'avais pu lire ou entendre partout sur les médias qui me sont accessibles, semble n'être qu'un politique du genre de ceux de chez nous, s'attribuant systématiquement les mérites d'actions menées par d'autres.
De fait, je l'exclue de l'Ordre des Défenseurs de la Terre et je nomme, à sa place, comme si elle avait été désignée par vous, chères lectrices et chers lecteurs, l'association PGIEM TOBOR émanation de la population de la "commune" de Niamone où la mangrove a été replantée.
Ainsi, c'est PGIEM TOBOR qui recevra non pas 50 mais 100 euros - pour me faire pardonner ma bévue - et le diplôme, que Joshua va s'attacher à redessiner.
En attendant, souhaitons que la Justice Sénégalaise pourra punir les responsables de ce qui semble être un détournement d'argent en bonne et due forme. Haïdar el Ali n'étant plus ministre, espérons que cela facilitera l'action des juges.

Maintenant, je tiens à saluer les trois personnes du Sénégal qui m'ont ouvert les yeux, et grâce auxquelles l'Ordre des Défenseurs de la Terre n'est pas sali par la présence en son sein d'une personne indigne d'y figurer. Je leur souhaite bonne chance et grand courage pour mener à bien le projet qu'ils ont de créer un parc naturel marin dans leur région : Bon vent à ceux qui plantent des arbres et vive le Sénégal !

Cette mésaventure m'a décidé à ne plus vous proposer de personne pour le titre de Défenseur de la Terre mais seulement des associations. Il y aura moins de risques de se voir roulé dans la farine.

Moralité :

1 - Méfions-nous du Net, qui répète, qui répète, qui répète ...
2 - Le marché du carbone permet des détournement de fonds.
3 - Méfions-nous des médias.
4 - Les multinationales font rien que de la pub et de la com.

Mais tout cela, on le savait déjà ! Non ?

(*) Voici le texte de communication de Danone qui se trouve sous le lien, au cas où la page Internet viendrait à disparaître :

Le Fonds Danone pour la nature (FDN) est une initiative partenariale non partisane, conclue par le groupe Danone, la Convention de Ramsar et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le Fonds Danone pour la nature a été créé en 2008, avec un capital d’investissement s’élevant à un million d’euros.

Lutte contre le réchauffement climatique
L’objectif déclaré est de lutter contre le réchauffement climatique ainsi qu’en faveur de la préservation et de la restauration des zones humides et de la biodiversité. Le fonds est voué à soutenir des projets associant la gestion des ressources en eau à la conservation de la biodiversité, améliorant la qualité des denrées originaires des écosystèmes humides et renforçant l’aptitude naturelle de ces derniers à absorber de grandes quantités de CO2.

Intérêt du projet pour Danone
Le FDN nous fait profiter, au côté de nos partenaires de coopération, d’une plateforme privilégiée pour mener une action conjointe en faveur de la préservation de nos écosystèmes. L’affiliation au FDN met à la disposition de la Convention de Ramsar et de l’UICN un forum permettant de faire connaître l’importance des biotopes en zones humides dans la lutte contre le réchauffement climatique et de sensibiliser l’opinion publique à ce thème.

Critères de promotion
De manière générale, les projets susceptibles de bénéficier du soutien du FDN doivent satisfaire les trois critères suivants: • Contribuer à la réduction des émissions de CO2 et à l’obtention de crédits carbone en notre faveur. • Représenter une utilité réelle pour la population locale qui doit être intégrée de manière active à la réalisation des projets. • Contribuer concrètement à la préservation des zones humides et de la biodiversité dans le monde entier.

Projets sélectionnés: plantation de nouvelles forêts de mangroves au Sénégal
Dans le cadre d’un premier projet du Fonds Danone pour la nature, de nouvelles forêts de mangroves ont été plantées au Sénégal, celles-ci jouant un rôle de premier plan dans le stockage du carbone et la préservation de la biodiversité.

Les moyens financiers du Fonds Danone pour la nature ne sont toutefois pas alloués exclusivement à des projets ou à des activités autocréés, mais sont également reversés pour des programmes externes partageant les mêmes objectifs et visions.

Par ailleurs, l’ensemble des projets entrant en ligne de compte pour bénéficier du soutien du FDN doivent faire montre d’une orientation à long terme ainsi que d’un financement assuré à la fois pour la première mise en œuvre du projet et pour l’accomplissement des objectifs sociaux, écologiques et climatiques visés sur le long terme.

¹ La Convention de Ramsar désigne un traité international adopté en 1971, dans lequel les Etats membres s’engagent à participer activement à la protection et à la préservation des zones humides et de la biodiversité dans le monde entier.
² L’Union internationale pour la conservation de la nature est l’organisation la plus grande et la plus ancienne du monde à regrouper des milliers d’ONG, d’agences gouvernementales, de scientifiques et de particuliers soucieux de protéger l’environnement.

mercredi 23 septembre 2015

La course à l'abîme de l'ingénierie énergétique

Billet initialement publié le 1er septembre dernier par Bertrand Rouziès-Léonardi sur son blog du Club de Mediapart.

Nous savions l’industrie nucléaire française grevée de dettes vis-à-vis de ses actionnaires et des générations futures, nous nous attendions donc à ce que le tabou de sa finitude, dans notre hexagone densément nucléarisé, fût incessamment levé. C’est à présent chose faite, mais le plus étonnant est que ça l’ait été par un opérateur de l’État : l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Celle-ci, au regard de la progression spectaculaire des énergies dites renouvelables chez quelques-uns de nos voisins, a élaboré, avec l’aide de chercheurs de l’École des Mines et d’ingénieurs d’Artelys, un bureau d’études proches des grands énergéticiens, un scénario plausible d’abandon complet à moyen terme de la filière nucléaire au profit d’un nouveau « mix » ou paquet énergétique « 100 % vert », adossé pour l’essentiel à l’éolien, au solaire et à l’hydraulique (voir schémas ci-dessous). Le très technophile magazine Science et vie, dans son numéro de septembre 2015, s’en est fait le bruyant relais, sous une de ces titrailles racoleuses destinées à hameçonner le gogo : « La France sans nucléaire, c’est possible ! » Cela impliquerait un effort nullement insurmontable : il n’y aurait qu’à multiplier par dix le nombre d’éoliennes, par onze le nombre de panneaux solaires et à opérer de menus « ajustements » sur le parc hydraulique existant. « Il n’y a pas de limite scientifiquement établie »1 à cette montée en puissance, s’enthousiasme Jean-Philippe Roudil, responsable de la prospective chez Réseau de transport d’électricité (RTE). Il est vrai qu’en Espagne l’éolien est devenu la première source d’électricité et qu’il couvre déjà 40 % des besoins au Danemark. Cela donne des ailes à l’imagination des marchands de tapis et fait grincer bien des dents à Polytechnique, école rivale des Mines (vieux clivage). Nouredine Hadjsaid, de l’Institut national polytechnique de Grenoble, rappelle qu’« à tout moment, la production d’électricité et sa consommation doivent être parfaitement égales, sinon le réseau risque de s’effondrer dans la minute ». Sous-entendu : le nucléaire seul assure l’équanimité énergétique. Le 100 % renouvelable obligerait à une gestion complexe de l’intermittence. Sauf que le nucléaire, tributaire du niveau des fleuves au long desquels la plupart des centrales sont implantées, peut être frappé lui aussi d’intermittence en cas d’épisode caniculaire…

En fait, nonobstant les affirmations de Philippe Roudil, il y a deux limites scientifiques au 100 % renouvelable, tel que le conçoivent les industriels et une majorité d’ingénieurs. La première est physique, au sens de ce que nous savons des stocks de matières premières accessibles : si tout le monde s’y met en même temps, les ressources disponibles en métaux et en terres rares, déjà grandement entamées, n’y suffiront pas et l’on se battra pour avoir l’usage exclusif des miettes ultimes. La seconde est également physique, mais cette fois-ci au sens de ce que nous savons de l’économie de l’énergie : le rendement des sources d’énergie renouvelable actuellement promues est très mauvais, comparativement à ceux du pétrole et du charbon. Les idolâtres du gigantisme verdâtre ignorent volontairement un instrument de mesure imparable de la faisabilité, le taux de retour énergétique ou TRE (ERoEI en anglais pour « Energy Return on Energy Invested »), qui se définit comme le rapport entre l’énergie produite et l’énergie investie. Le TRE moyen de la production mondiale de pétrole conventionnel est compris entre 10:1 et 20:12 (il était de 100:1 aux États-Unis au début du XXe siècle, quand le pétrole jaillissait du sol au premier coup de pioche). Le TRE des sables bitumeux aux États-Unis oscille entre 2:1 et 4:1 ; celui des agrocarburants, entre 1:1 et 1,6:1 (exception faite de l’éthanol, tiré de la canne à sucre, qui flirte avec les 10:1) ; celui du nucléaire, entre 5:1 et 15:13. Le TRE du bon vieux charbon demeure imbattable : 50:1 (27:1 en Chine) ; celui du pétrole de schiste culmine à 5:1 ; celui du gaz naturel, à 10:14. Tous ces TRE sont en net déclin depuis une dizaine d’années. Du côté des renouvelables, rien de mirobolant : aux États-Unis, le solaire à concentration (miroirs) a un TRE de 1,6:1 ; le photovoltaïque en Espagne a un TRE de 2,5:15. Quant à l’éolien, il croit pouvoir se glorifier d’un TRE de 18:16, mais si l’on prend en compte les externalités négatives (extraction des terres rares pour les aimants permanents, pollutions associées à la production et au recyclage des divers composants, entretien coûteux et complexe, remise en état du paysage après travaux d’implantation) et les extensions nécessaires (centres informatiques de gestion de l’intermittence, systèmes de stockage, centrales électriques), le TRE tombe à 3,8:17. Seule l’hydroélectricité tire son épingle du jeu à 35:1, voire 49:1. Le hic est qu’on a atteint en France un quasi maximum de capacité, comme l’indique la projection de l’ADEME.

Par ailleurs, l’ignorance du TRE est un vice capital de l’analyse courante dès lors qu’on se penche sur l’impact social de la crise énergétique planétaire qui se profile. L’offre de services essentiels à la population dépend en effet du surplus de production dont nous disposons. Or le TRE minimal pour pourvoir à tous nos besoins, dans le cadre d’un état providence de type occidental, se situe dans une fourchette comprise entre 12:1 et 13:18. En deçà de ce seuil, nous serons forcés de réviser et de réduire la liste des priorités existantes auxquelles nous ne sommes pas encore prêts à renoncer. Le 100 % renouvelable cantonné à l’éolien, au solaire et à l’hydraulique, s’il est mis en route au pas de charge par des démocraties égrotantes et inféodées aux lobbies industriels, réalisera le cauchemar de l’écofascisme. Car c’est bien là que le bât blesse. À aucun moment le scénario de l’ADEME n’évoque une réorientation de la politique énergétique concertée avec les populations des territoires concernés. Les ingénieurs décident de tout et le politique suit ou ne suit pas. Rien n’est proposé sur l’amplification nécessaire des économies d’énergie ; rien n’est dit sur la soutenabilité pour la planète d’une multiplication des éoliennes géantes et des panneaux photovoltaïques ; rien non plus sur la microproduction locale simple (le petit éolien, par exemple, d’antique conception, à réétudier de près), économe en matières premières, facile d’entretien, qui se passerait de techniciens hyperspécialisés, d’ingénieurs planificateurs et de centres informatiques9. Sous couvert d’écologie et d’interconnexion, la fin désirable du nucléaire se présente comme une course toujours plus poussée à la sophistication d’une machine folle qui sera le tombeau de l’humanité.

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1 Science et vie, n° 1176, septembre 2015, p. 95.

2 N. Gagnon et al., « A preliminary investigation of energy return on energy investment for global oil and gas production », Energies, vol. 2, n° 3, 2009, p. 490-503.

3 D. J. Murphy et C. A. S. Hall, « Year in review ‒ EROI or energy return on (energy) invested », Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1185, n° 1, 2010, p. 102-118.

4 C. S. A. Hall et al., « EROI of different fuels and the implications for society », Energy Policy, vol. 64, 2014, p. 141-152.

5 P. A. Prieto et C. A. S. Hall, « Spain’s Photovoltaic Revolution : The Energy Return on Investment », Springer, 2013.

6 C. A. S. Hall et al., 2014, op. cit.

7 D. Weiẞbach et al., « Energy intensities, EROIs (energy returned on invested), and energy payback times of electricity generating power plants », Energy, vol. 52, 2013, p. 210-221.

8 J. G. Lambert et al., « Energy, EROI and quality of life », Energy Policy, vol. 64, 2014, p. 153-167.

9 Le rapport final de l’ADEME est accessible ici.

dimanche 20 septembre 2015

Broyeur de rayons pour récolte sur ruches Warré

Sur le blog Ruches Warré 59 un précieux article fourni le plan d'un broyeur à rayons permettant une récolte du miel produit par des ruches Warré, ou tout autre ruche sans cadre.

Au plan fourni par le rédacteur de ce blog nordiste, je n'ai eu qu'a rajouter un peigne pour nettoyer la rampe de couteaux tout au long du fonctionnement.
Merci donc à ce rédacteur généreux, pour son travail à imaginer et présenter son prototype qui fonctionne tel quel mais qui, juste amélioré par l'ajout du peigne à couteaux, fonctionne parfaitement.

Mon broyeur a été construit par un ami chaudronnier, en inox alimentaire (il faut bannir l'aluminium très nocif pour la santé), avec des chutes de tôles ; tôles spéciales-beurre pour ce qui concerne la trémie recevant les pains de miel.
Les couteaux, épais de 1 mm, se sont vus découpés au LASER. Soudés un à un sur un axe avec un décalage de 30 degrés, l'intervalle entre chacun est d'environ 8 mm.
Une petite manivelle termine une extrémité de la rampe de couteaux ainsi constituée. Sur l'autre extrémité, une rondelle et une goupille permettent un calage de la rampe pour que les couteaux passent sans accrocher dans les dents du peigne.
Mon ami a déployé son talent gracieusement, très intéressé et curieux qu'il était de fabriquer une machine toute nouvelle pour lui. Il faut dire aussi qu'il aime le miel !

Admirez donc le résultat en photos :

broyeur Warré 1

broyeur Warré 2

broyeur Warré 3

broyeur Warré 4

Comment cela se passe

L'élément de ruche à récolter est positionné sur le broyeur dont l'ouverture est à la dimension de l'élément (Cf. le plan de Warré 59).
Avec un couteau, la barrette est détachés du pain de miel et retirée, puis le rayon est décollé des parois de l'élément : Il tombe alors dans la trémie.
Il est préférable que le pain se retrouve adossé au plan de trémie qui voit les couteaux attaquer le rayon à la descente, coté contre-lame donc (si l'on reprend la nomenclature donnée sur le blog Warré 59). Si tel n'est pas le cas après sa chute dans la trémie, afin d'éviter de nombreux tours de manivelle dans le vide, préférez le repositionner du bon coté à l'aide d'une spatule à long manche. Cet outil permet d'agir depuis le haut de l’élément, et au travers de ce dernier qui peut ainsi rester en place sur le broyeur lors de ce repositionnement. De cette façon, sont évitées des coulures de miel partout, qui ne manqueraient pas de survenir si les éléments étaient plusieurs fois manipulés durant leur récolte.
Avec la pratique, j'ai remarqué que la spatule, placée de telle sorte qu'elle forme un toboggan, parvient à guider le rayon dans sa chute vers le bon positionnement
Ensuite, deux à trois tours de manivelle suffisent à broyer complètement un rayon (notons que le broyage sans le peigne - j'ai essayé - génère un bourrage entre les couteaux, surtout avec des rayons de vieille cire).
Le broyat tombe sur une colonne de deux tamis, elle même positionnée sur le haut du maturateur qui, dès lors, se remplit de la récolte percolant au travers des tamis.

Remarques

Il est préférable d'affuter les couteaux pour que l'action sur la manivelle se fasse sans effort, ce qui permet aussi de se satisfaire des paliers les plus simples qui soient (frottements métal contre métal sans aucun joint) pour l'axe de la rampe de couteaux.
Le nettoyage se fait au jet d'eau mais il faut démonter le peigne et la rampe de couteaux pour enlever quelques petits fragments de cire qui restent immanquablement coincés ici et là, comme ceux visibles sur la dernière photo.
Pour la prochaine récolte, je prévoie de rajouter un système permettant de bien stabiliser le broyeur sur la colonne de tamis. Deux encoches à la base de chacun des deux montants du broyeur, permettant un encastrement sur le bord haut du premier tamis rond, devraient suffire. La quadrature du cercle donc, un carré venant s'encastrer sur un cercle.

mercredi 9 septembre 2015

Pour résumer le blog écodouble

Si tout s'est bien passé, alors que vous lisez ces lignes, je suis à bord d'un bateau mythique, le Marion Dufresne 2, pour une mission de 2 ou 3 mois aux Kerguelen.
Ma chance est immense !
Néanmoins, j'ai le pressentiment que tout ce que je verrai là-bas ne pourra que me conforter dans l'impression qui ne me quitte pas depuis plus de 30 ans, à savoir que le Monde ne tourne pas rond.
Alors il me vient l'envie de faire une sorte de bilan, ou plutôt une synthèse de tout ce que j'ai essayé d'exprimer, depuis presque 8 ans.
Ainsi, s'il fallait résumer le message transmis grâce à écodouble, je vous dirais ce qui suit :

- Nous sommes entrés dans le tournant le plus important de toute l'Histoire de l'Humanité parce que, pour la première fois dans les temps humains, une économie de croissance n'est plus possible par le fait que nous avons consommé quasiment toutes les ressources énergétiques et métallifères facilement exploitables sur Terre ;

- Nous allons dans les années, ou les mois qui viennent, vivre un effondrement de notre civilisation thermo-industrielle (les lectures de Effondrement de Jared Diamond, de L'effondrement des sociétés complexes de Joseph A. Tainter et de Comment tout peut s'effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens m'ont rassuré, paradoxalement, car j'ai compris que je ne suis pas seul à être réaliste - je ne suis donc pas fou ! - et j'ai eu confirmation qu'il reste encore un mince espoir) ;

- Désormais, seule une économie fonctionnant comme un être vivant, une économie écologique que j'appelle "écodouble", c'est-à-dire qui respecte les Lois de la Physique, parviendra, peut-être, cela dépend de nous tous, à assurer un avenir à l'Humanité ;

Dès lors, pour nous assurer cet avenir, qui peut être supportable :

- Nous devons, tout de suite, éliminer les financiers actuels, sans regret, et tous les types de spéculations doivent être interdits ;

- L'argent ne doit plus pouvoir être accumulé et taux d'intérêts et usure doivent être interdits ;

- Nous devons, tout de suite, admettre qu'un des buts de l'économie peut être d'économiser l'énergie, ceci étant le meilleur moyen d'arriver à instaurer une économie socialement juste et équitable ;

- Nous devons, tout de suite, restaurer un système éducatif permettant aux Humains de devenir des êtres éclairés, citoyennes et citoyens ;

- Nous devons, tout de suite, stopper tous les réacteurs nucléaires (condition primordiale, il en va de la résilience de l'Humanité et de tous les biotopes) ;

- Nous devons, tout de suite, interdire tous les pesticides ;

- Nous devons, tout de suite, interdire l'agriculture industrielle pratiquée par les agriculteurs, qui n'ont plus aucun bon sens ;

- Nous devons, tout de suite, rendre la terre aux paysans et paysannes qui en ont été spoliés ;

- Nous devons, tout de suite, favoriser et généraliser l'agroécologie - la réelle ! pas celle du ministre Le Foll ou de l'INRA et consorts - et tous les modes d'agricultures s'appuyant sur les associations de plantes et la biodiversité des sols ;

- Nous devons arrêter tous les projets de Génie Civil et nos habitations doivent désormais être construites ou restaurées avec des matériaux locaux, conçues passives et/ou à "température de confort" basse ;

- Il nous faut commencer, tout de suite, la réparation de la Nature par l'emploi du Génie Écologique, afin de restaurer nos paysages tout en rétablissant les cycles de l'eau, de l'azote et du carbone qui permettent que nous soient rendus les services écosystémiques ;

- Nous devons, tout de suite, entamer un programme global de restauration des zones humides partout sur Terre ;

- Toutes décisions, politiques et économiques - aux sens nobles, doivent être prises à l'aune du rendement énergétique global ;

- Nous devons en finir avec l'ingénierie de la complexification et mettre en place une ingénierie de la simplification qui sera la seule capable d'évaluer un rendement énergétique global et d'aider à la mise en place d'une économie respectant les Lois de la Physique ;

- L'énergie utilisée pour le fonctionnement des économies futures doit être prélevée dans le flux de l'énergie solaire incidente en ne perdant pas de vue que les meilleurs capteurs d'énergie solaire sont, et resteront, le chauffe-eau solaire et l'arbre, local et non OGM ;

- Les énergies fossiles doivent être réservées à des usages nobles, tels que recherche, éducation, secours, santé.

Voilà un "vaste programme" puisqu'il s'agit, en fait, d'éliminer les cons qui dirigent le Monde !

samedi 22 août 2015

Lettre ouverte à l'Académie française ; deuxième.

Comme je suis têtu, et pas seulement parce que breton d'adoption, je ré-écris à l'Académie française pour suggérer une deuxième fois d'exclure Foch et Joffre du nombre des Immortels.
Je rappelle que ma première lettre ouverte, publiée ici même le 22 août 2014 et postée le même jour à l'adresse du Quai de Conti, n'a toujours pas reçu de réponse.
Tant que je n'aurais pas de réponse, j'écrirai ! Dussè-je mitrailler de lettres notre très docte académie, j'obtiendrai une réponse ! Pan ! Pan ! Pan ! Panmmm ! Enfin bon ! j'irai au moins jusqu'à la Cinquième ; je ne vais tout de même pas y passer ma vie !
Après, on verra. Peut-être que parce que je ne risque pas la mitrailleuse - mon courage n'est pas grand, je me défoulerai par une vaillante charge devant ... mon clavier seulement, car je ne suis pas un assassin.



Madame le Secrétaire perpétuel,
Mesdames et Messieurs de l'Académie française

L'été que nous vivons marque les 101 ans du début de la grande catastrophe que fut pour les peuples de la Planète la Première Guerre mondiale, guerre qui conduisit à la seconde, deux décennies plus tard, tant nos chefs d'alors ne surent pas - ou ne voulurent pas - mettre en place les conditions pour une Paix stable.

Déjà, voici un an, je vous avais envoyé une lettre ouverte, publiée sur mon blog écodouble, à l'occasion du centenaire du massacre du 22 août 1914, vous suggérant d'exclure de votre assemblée les Maréchaux Joffre et Foch maintenant qu'au regard de l'Histoire ces deux personnes apparaissent comme de véritables criminels du fait de leur stratégie de "l'offensive à outrance" qui a fait, en 1914, des centaines de milliers de morts dans les rangs des soldats de la France.

Je ne sais pourquoi mais je n'ai toujours pas, un an après, de réponse à cette lettre, qui en mérite une, à mes yeux du moins. Je vous serais donc gré de bien vouloir considérer, ou reconsidérer, ma requête qui concerne ce statut d'Immortel que conserve encore Messieurs Joseph Joffre et Ferdinand Foch, requête certes un tantinet cavalière mais qui, je le rappelle, pourrait être celle d'un grand nombre de nos compatriotes, au moins ceux dont des ancêtres portèrent le pantalon garance.

En fait, je suis de plus en plus convaincu que rien hormis l'exclusion de ces hommes et l'impossibilité qui serait faite à un militaire de siéger sous la Coupole dans le futur ne pourrait être une plus forte condamnation de la guerre.

En vous remerciant de nouveau pour l'attention que vous aurez bien voulu m'accordez, veuillez, Madame le Secrétaire perpétuel et Mesdames et Messieurs de l'Académie, agréer mes plus respectueuses salutations.

Pièce jointe : Un exemplaire de ma lettre du 22 août 2014

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